All posts tagged: féminisme

Manuel de résistance féministe, à mettre entre les mains de toutes les femmes

Au salon du livre de Montréal en novembre dernier, je me suis laissé tenter par beaucoup de livres, et le petit dernier qu’il me restait à lire est le suivant : Manuel de résistance féministe de Marie-Eve Surprenant publié chez les Éditions du remue-ménage. Honnêtement, j’avais quelques a priori dans le sens où j’avais un peu l’impression que le manuel serait un guide pour les jeunes féministes. Bien que oui, l’ouvrage soit parfait pour les nouvelles féministes, il reste une source non négligeable de références et de faits qui concernent le féminisme. En bref, il s’adresse à toutes les féministes. Et bien honnêtement, à toutes celles qui ne le sont pas aussi, parce que j’aimerais bien voir le visage de lectrices à la suite de cette lecture et qu’elles osent dire qu’elles ne se considèrent pas comme féministes. On dirait que dans ma tête, c’est presque impossible. Le petit livre fuchsia regorge de données chiffrées ou pas qui démontrent la nécessité du féminisme dans notre société québécoise. Bien difficile de renier l’importance du mouvement féministe en …

Les héroïnes littéraires qui nous inspirent

Quand je lis un livre, j’aime être transportée dans un univers qui me fascine. Un univers qui refuse de me laisser décrocher tant que je n’ai pas terminé la dernière ligne de la page finale. C’est uniquement possible si l’auteur a créé un personnage tout à fait attachant, mais plein de surprises. Un personnage qui te donne le goût de te lever et de faire une différence dans ta vie et auprès des autres qui t’entourent. Sans plus tarder, voici quelques-unes des héroïnes qui nous inspirent le plus : Hermione Granger Comment aurait été notre enfance sans le charme de Mlle Granger? On doit avouer qu’à ses débuts, Hermione nous fatiguait un peu avec sa manie de tout connaître et son attitude d’être mieux que les autres. Par contre, au fil des romans, on a appris à aimer Hermione et même à vouloir être comme elle. On peut dire qu’avec cette jeune sorcière brillante, on a compris qu’être studieuse et travaillante n’est pas un défaut, mais une habileté dont on doit être fière. Puis, son désir de …

Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir : lecture obligatoire (malgré tout)

Dans le cadre des études universitaires, il faut faire beaucoup de recherche. Encore plus aux deuxième et troisième cycles. On a tendance à privilégier des textes écrits récemment : les données sont plus neuves, les constats plus contemporains, les avancées plus technologiques. Pourtant, je me suis donné le défi (le devoir?) de lire le fameux Deuxième Sexe de la non moins fameuse Simone de Beauvoir, écrit en 1949 à la jonction des première et deuxième vagues de féminisme. Verdict? Ce devrait être une lecture obligatoire pour tous les étudiants en sciences humaines et en arts, hommes comme femmes. Rien de moins. Oui, parfois c’est aride, parfois c’est daté. Par exemple, je suppose qu’au Québec, la majorité des jeunes filles ont les conseils de leur mère lorsque viennent les premières menstruations. Je suppose aussi que les jeunes femmes sont encouragées à poursuivre leurs études au-delà de la puberté ou de l’âge adulte. Ce ne sont là que quelques exemples, car autrement, l’essai de Simone de Beauvoir est patent d’actualité. Tout ce qui a trait aux relations filiales et …

Madame Victoria : écrire l’effacement

Tout ce que je savais en ouvrant le roman Madame Victoria de Catherine Leroux, c’est qu’il était inspiré d’un fait divers : à l’été 2001, le cadavre d’une femme est retrouvé dans le stationnement de l’hôpital Royal-Victoria. Après de multiples enquêtes et recherches, son identité n’est toujours pas connue à ce jour, ni les circonstances de son décès. Que des hypothèses. On décide donc de la surnommer « Madame Victoria », en référence à l’hôpital d’où, selon certain.e.s expert.e.s, elle se serait enfuie. Le roman débute alors qu’un infirmier retrouve le corps. Or, la suite est d’un tout autre ordre : Leroux s’est affairée à imaginer qui a pu être cette Victoria. Il s’agit d’une série de douze portraits, d’une galerie de personnages qui cherchent à coller une identité à cette femme. On croise une itinérante, une esclave d’une époque révolue, une femme devenue invisible à la suite d’expériences scientifiques, une femme allergique à la chaleur humaine. Toutes héroïnes des petits récits de l’auteure, elles proposent de multiples points de vue, à travers des époques qui varient, des conditions sociales différentes. La lectrice a …

Apocalypse bébé de Virginie Despentes : filature, sexe et explosions

Je ne suis vraiment pas le public cible des romans policiers. J’ai plutôt ouvert Apocalypse bébé parce que c’était de Virginie Despentes, enfant terrible de la littérature française, et non pas pour l’appartenance générique du roman. Eh bien, j’ai été servie ! Apocalypse bébé raconte l’histoire de deux détectives privées, Lucie et « L’Hyène », à la recherche de Valentine, adolescente parisienne en fugue. On se retrouve dans une dynamique « Sherlock/Watson », où La Hyène éblouit Lucie par ses qualités d’enquêtrice. Les deux femmes partent en mission à Barcelone pour mettre la main sur Valentine et la ramener à sa famille. Bien qu’écrit il y a presque 6 ans, le roman de Despentes est patent d’actualité : il s’y produit un attentat terroriste en plein cœur de Paris qui fait des centaines de victimes. C’est un attentat « juste parce que », semble dire Valentine, juste parce que la société fait chier. Dans Apocalypse bébé, on fait sauter le patriarcat blanc et raciste, l’institution élitiste et bourgeoise, la religion comme la surconsommation. C’est une colère violente qui anime la jeunesse française et …

Emma Watson, le féminisme et la lecture

Our Shared Shelf, c’est le nom qu’a finalement choisi Emma Watson en créant son club de lecture féministe en ce début janvier. Âgée de 25 ans, l’ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes souhaite interpeller activement une plus jeune génération en instaurant diverses initiatives du genre. C’est sur la Twittosphère que l’ancienne interprète d’Hermione Granger a lancé l’idée et invité ses abonné-e-s à trouver le nom de son club de lecture. Après de multiples tweets, elle a arrêté son choix sur la proposition d’une admiratrice : Our Shared Shelf. Pour premier titre, Emma Watson a opté pour le mémoire récemment paru de Gloria Steinem, leader du féminisme des années 60 et 70 aux États-Unis. À la suite de chaque lecture, une discussion sur le bouquin sera lancée et on invitera les auteur-e-s ou des intervenant-e-s pertinent-e-s à échanger avec les lecteurs et lectrices. L’engouement est tel, que la page dédiée au club sur Goodreads comptait déjà plus de 30 000 abonné-e-s après seulement quelques heures ! Cette initiative risque fort bien de prendre de l’ampleur et permettra des discussions et des …

Il faut lire «Sœurs volées »

Comme Martine, je redoutais d’entamer la lecture de l’essai d’Emmanuelle Walter, Sœurs volées. Enquête sur un féminicide au Canada. Un sujet qui nous touche trop, nous, de jeunes femmes qui auraient pu être à la place de Maisy et Shannon. Or, une grande différence nous séparent: Maisy et Shannon sont des femmes autochtones. J’ai pourtant dû m’y plonger, puisque j’organisais, avec des collègues universitaires, une soirée de projection d’un documentaire qui portait sur la disparition et l’assassinat de femmes autochtones canadiennes. Et Emmanuelle a accepté de participer à la discussion qui suivait le visionnement. C’est alors que j’ai découvert un roman. Véritablement, il s’agit d’un essai. Mais Walter mène son enquête avec une si grande sensibilité que ses mots nous traversent, on tourne les pages comme on tournerait ceux d’un roman policier. Avec elle, nous parcourons le Québec, nous découvrons avec elle ces crimes scandaleux perpétrés contre des femmes autochtones. Peut-être est-ce aussi parce qu’on a le sentiment qu’il s’agit d’une fiction… Les chiffres sont irréels, les faits sont trop absurdes pour être raisonnables. Et pourtant. Emmanuelle Walter …

Femmes au temps des carnassiers

Femmes au temps des carnassiers raconte l’histoire de plusieurs femmes qui, toutes à leur manière, vivent avec les conséquences quotidiennes du règne de François Duvalier à Haïti des années 1957 à 1971.  Le roman débute dans la cuisine de Mika, une grande journaliste qui est affaiblie d’une peur incontrôlable et sauvage de ce qui se passe dans son pays. Toutefois, elle n’arrête pas d’écrire des articles dénonciateurs. Cette première voix du récit nous entrainera dans les déboires d’une société habitée par la peur. Au fil des pages, on y découvrira des femmes résistantes, fortes et incommensurablement inspirantes.  « Cet ouvrage, simplement pour dire qu’une histoire tue est une histoire tuée » L’écriture de Marie-Celie Agnant est extrêmement noble : elle nomme et raconte les plus terribles émotions et le chaos, toujours de façon sensible et poétique. Le destin des femmes qu’elle présente ne reste scellé dans les tourments de leur quotidien, mais bien dans l’humanité de chacune d’elle. Agnant nous montre par ces portraits de femmes, des courageuses, des femmes remplies d’espoir, et ce, en ne sous-estimant jamais …

Une féministe chez les marocain-e-s !

Mon intérêt pour cette culture souvent mal jugée ne date pas d’hier. Longtemps, je me suis faite amie avec des personnes d’origine marocaine, algérienne ou autre. J’aime apprendre d’eux, tout comme j’aime leur apprendre ce qui me définit comme québécoise et comme personne. Un des aspects qui me caractérisent le plus est le fait que je suis une féministe. C’est une de mes amies qui m’a fait découvrir cette auteure, Fatima Mernissi. Elle est féministe et marocaine. Cela peut en surprendre plusieurs puisque, étant parfois ignorants, nous pouvons croire que le féminisme ne peut exister dans un pays où toutes les femmes semblent soumises. Je crois qu’il ne faut pas oublier qu’il existe plusieurs formes de féministes et que chacun d’entre nous peut l’adapter à nos valeurs et à notre culture. Il n’a pas UN féminisme, mais DES féminismes. Bref. J’ai donc lu deux œuvres de cette sociologue féministe. En fait, lorsqu’on regarde sa bibliographie, on constate qu’il a un thème récurant, le Harem. Ce mystère toujours présent encore de nos jours dans ce monde …

Des diamants et des femmes

Dans mon tout premier article chez Le fil rouge, je vous parlais du roman Les débutantes de J. Courtney Sullivan. J’avais vraiment été portée par l’histoire et surtout charmée par le ton féministe de l’auteure. En lisant son deuxième roman Maine, j’avais aussi retrouvé autant dans son écriture que chez les personnages féminins une réelle connivence et je m’étais promise de me tenir au courant du parcours de l’auteure! En juin dernier, j’ai appris que son oeuvre Les liens du mariage était enfin disponible en format poche, mais impossible de le trouver à Montréal avant mon départ, c’est donc à St-Malo en France que j’ai eu la chance de mettre la main sur cette petite brique de 600 pages.  Après avoir analysé l’amitié dans Les débutantes et la famille dans Maine, elle nous raconte cette fois-ci les liens du mariage. Bon, d’emblée ça m’attirait pas comme thématique, sauf que Sullivan nous montre plusieurs facettes du mariage et ce, en ne tombant jamais dans les clichés. Le roman suit cinq couples dans différentes époques et selon …