All posts tagged: lecture

Causerie entre Dany Laferrière et Alain Mabanckou

Dany Laferrière et moi, c’est une grande histoire d’amour, bien qu’elle ait commencé assez récemment. Non seulement je raffole de ses livres colorés, magiques et profonds, mais aussi, lors de chacune de ses apparitions télévisuelles, je le trouve si charmant. Et je suis béate d’admiration devant l’aisance de son discours et sa facilité à jongler avec les mots. J’apprécie beaucoup aussi Alain Mabanckou. J’ai étudié Verre Cassé à l’Université, dans le cadre d’un cours sur la Francophonie, et l’exemplaire que j’ai encore en ma possession témoigne de mes nombreuses lectures avec ses milliers de post-its et ses mots soulignés pratiquement à chaque phrase. À l’époque, j’avais été impressionnée en découvrant une écriture si vivante et réelle, moi qui avais été nourrie aux Grands Classiques plus formels dans leur usage de la langue. J’avais déjà eu le plaisir de rencontrer les deux écrivains, mais séparés; Alain Mabanckou dans une librairie en France, Dany Laferrière dans le cadre du Salon du Livre de Montréal. J’avais un peu discuté avec eux quelques instants et reçu mes dédicaces. Mais …

Autour des livres : Rencontre avec Alexandra, collaboratrice chez Le fil rouge

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Mon premier souvenir me ramène à Tintin. Avant même que je ne sache lire, je parcourais les vieilles bandes dessinées de mon grand frère et j’inventais des dialogues entre les personnages. Plus tard, mon premier coup de cœur a été Les Aventures du Petit Nicolas de Goscinny. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Enfant, je lisais tout le temps donc je n’avais pas un rituel en soi. Je n’aimais pas regarder la télé. La lecture était mon refuge. J’avais l’impression d’apprendre plus qu’à l’école. J’avais soif constamment de lecture. Je lisais tout ce que je trouvais même des romans destinés plutôt aux adultes, appartenant à mes parents (j’ai connu quelques chocs un peu trop jeune!). Les livres n’étaient jamais assez volumineux pour moi. Beaucoup de livres ont laissé leur empreinte en moi, en me faisant comprendre une réalité autre que la mienne. Mais je pense que le roman que j’ai le plus adoré …

Mon expérience dans un club de lecture

    Une ancienne de mes professeures de français du cégep, avec qui j’ai toujours gardé contact, m’écrit, une de ces journées où je perdais mon temps sur Facebook, qu’elle fait partie d’un projet qui pourrait sans doute m’intéresser. « Tu connais l’UNEQ? », me demande-t-elle, « l’Union des écrivaines et des écrivains québécois? ». De toute ma hauteur universitaire, je me hâte de lui répondre que « Ben oui, voyons! », alors qu’au fond, je n’avais aucune véritable idée de ce que cette union pouvait bien accomplir. « Mon amie Élise y travaille, et l’UNEQ a mis sur pied un club de lecture, m’écrit-elle, ça te tentes-tu? ». Pourquoi pas, me dis-je à moi-même, ça m’offrira un autre rapport à la littérature. Avec le recul (le club de l’année 2015-2016 est maintenant terminé), je me suis demandé de quel « autre » rapport il s’agissait, pourquoi ce fut la première réflexion qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai reçu cette invitation de mon ancienne prof. Alors qu’il me semblait, bien humblement, que j’allais être le plus à même d’émettre des critiques adéquates, justes, fondées …

Les prix littéraires qui réchauffent la gorge

Il n’aura fallu que cinq minutes avant que mon problème d’acheteuse compulsive et ma passion pour la littérature jeunesse ne s’allient lorsque j’ai aperçu que les plus récents nominés au prix littéraire des libraires jeunesse venaient de paraitre. Un gros cinq minutes pour que je me mette à fantasmer sur les deux romans que l’on annonçait dans la catégorie 12-17 ans. Cinq minutes avant que je passe une commande en ligne et que je me retrouve plus pauvre, oui, mais avec l’assurance que du grand allait me parvenir par la poste dans le bientôt. Les lauréats de cette année se séparent en deux catégories bien distinctes.  Une oeuvre d’Amélie Dumoulin, FémFé, a été choisie pour représenter la catégorie québécoise, tandis que, du côté des écrits internationaux, on retrouve Le soleil est pour toi, de Jandy Nelson. Deux romans très différents qui parlent d’adolescence, de découvertes et de grandes tristesses. Deux romans qui ont su me toucher à leur manière respective. FémFé, c’est l’histoire d’une rencontre qui embellit l’existence, d’un amour puissant, mais également empli de …

K : Un t’es-pas-tout-seul, format papier

À l’adolescence, je passais mon temps à lire, à errer dans les bibliothèques en quête de la nouvelle lecture qui changerait ma vie. Des frissons, des gorges nouées, des mains qui shakent. Des mots qui me transperceraient mieux qu’un regard. L’amour des mots, je l’ai cultivé très tôt. Peut-être que je me sentais tellement différente pis hors de tout que l’endroit où je me retrouvais le mieux, c’était avec les livres, dans les allées de bouquins vieux et plus intéressants que ces quelques jeunes qui les parcouraient. J’associe l’adolescence avec un tel moment de doutes et de craintes, de revirements et de sursauts, que j’admire peu d’auteurs comme les auteurs jeunesse. J’admire ceux qui prennent la plume pour dire aux ados qui se sentent tous mêlés-fuckés-pas-pareils-pas-beaux que ça va être correct. Qu’on est peut-être mêlé, mais qu’on n’est pas tout seul. C’est ça qu’on veut, au fond. On veut pas ressembler à la masse, ni plaire à tout le monde, on veut savoir qu’on est pas tout seul à vivre dans le tourbillon. Sophie Bienvenu …

Les héroïnes littéraires qui nous inspirent

Quand je lis un livre, j’aime être transportée dans un univers qui me fascine. Un univers qui refuse de me laisser décrocher tant que je n’ai pas terminé la dernière ligne de la page finale. C’est uniquement possible si l’auteur a créé un personnage tout à fait attachant, mais plein de surprises. Un personnage qui te donne le goût de te lever et de faire une différence dans ta vie et auprès des autres qui t’entourent. Sans plus tarder, voici quelques-unes des héroïnes qui nous inspirent le plus : Hermione Granger Comment aurait été notre enfance sans le charme de Mlle Granger? On doit avouer qu’à ses débuts, Hermione nous fatiguait un peu avec sa manie de tout connaître et son attitude d’être mieux que les autres. Par contre, au fil des romans, on a appris à aimer Hermione et même à vouloir être comme elle. On peut dire qu’avec cette jeune sorcière brillante, on a compris qu’être studieuse et travaillante n’est pas un défaut, mais une habileté dont on doit être fière. Puis, son désir de …

Apprivoiser la science-fiction avec Isaac Asimov

Les gens sont souvent surpris lorsqu’ils apprennent que je lis de la science-fiction. Non seulement ce n’est pas considéré comme une lecture pour les filles, mais en plus je n’ai pas l’allure stéréotypée associée à ce genre littéraire; je ne suis pas une geek cachée derrière mon écran et j’ai toujours détesté les matières scientifiques. Mais dans mes lectures, je recherche toujours deux choses : mieux comprendre les autres et rêver ou voyager. Alors je ne vais pas bouder un livre qui m’offre ce que je veux, sous prétexte qu’il fasse partie d’un genre moins apprécié. Or, au début de ma vie d’adulte, en fouillant dans la bibliothèque municipale de mon quartier, je suis tombée sur mon premier roman d’Isaac Asimov, L’homme bicentenaire, et mon histoire d’amour pour l’œuvre phénoménale de ce dieu de la science-fiction a commencé. Pourquoi Isaac Asimov m’a accrochée? Tout simplement parce qu’en créant pourtant un monde de toute pièce dans le futur, il réussit toujours à rester crédible et garder un pied dans la vraisemblance. Pas d’extraterrestre. Pas de théorie loufoque. On …

Les bouquins de ma vie

J’ai grandi entourée de livres. J’en avais toujours un dans les mains, je les enchaînais un après l’autre. La lecture me permettait de m’évader, d’apprendre, de découvrir. C’est encore le cas aujourd’hui, d’ailleurs. Avec les années, certains m’ont marquée plus que d’autres. Et ces livres-là, je les ai gardés. Maintenant, j’ai une bibliothèque bien garnie qui témoigne bien de ma vie de lectrice assidue depuis 1996. Chaque tranche d’âge a son bouquin préféré. 0-3 ans: Je t’aimerai toujours, Robert Munsch « Je t’aimerai toujours, la nuit comme le jour, et tant que je vivrai, tu seras mon bébé. » Ma mère me racontait l’histoire très touchante de Robert Munsch le soir avant que je m’endorme, mais j’ai véritablement compris son sens en vieillissant. Elle raconte les étapes par lesquelles un jeune garçon a dû passer pour devenir un adulte. Sa mère s’est occupé de lui tout au long de son enfance mais, plus le temps avance, plus les rôles s’inversent: c’est l’homme qui finit par prendre soin de sa maman, puisqu’elle aussi a vieilli. 3-6 ans: Simon, Gilles …

Les heures souterraines

« Elle fait chaque jour ce trajet depuis huit ans, chaque jour les mêmes marches, les mêmes tourniquets, les mêmes souterrains, les mêmes regards jetés aux horloges, chaque jour sa main se tend au même endroit pour tenir ou pousser les mêmes portes, se pose sur les mêmes rampes. » Il existe des livres qui vous accrochent de leurs griffes et qui prennent le contrôle de vous. Vous n’avez plus le choix de continuer à lire et vous n’êtes plus capables de refermer le livre avant d’avoir atteint la dernière ligne. Les heures souterraines de Delphine de Vigan m’a prise dans son emprise et ne m’a plus lâchée jusqu’à ce que je le referme. Cela tombait bien : j’avais plusieurs heures d’avion devant moi. Mais, une fois achevé, le roman a continué à m’habiter, me donnant l’impression que je pouvais en discuter le sens pendant des heures. Un livre profond et marquant. Il raconte en premier lieu une histoire de harcèlement psychologique au travail. Mathilde travaille dans le département marketing, pour la même entreprise depuis …

Scarlett O’Hara et moi

Lorsque j’ai atterri à Atlanta, j’ai tout de suite senti que je mettais les pieds dans une partie des États-Unis à part. Évidemment, on parle souvent des américains comme s’il faisait partie d’un seul bloc uni, mais les États-Unis sont un pays gigantesque, composé d’autant d’états que de cultures différentes. Cependant, le sud a un héritage particulièrement distinct des autres régions, en partie à cause de son antécédent colonial (France, Espagne..), son économie anciennement et tragiquement basée sur l’esclavage et son séparatisme pendant la guerre de Sécession. Le Sud, mélange de différentes cultures, est imprégné d’une histoire très forte, encore présente partout, comme si les habitants préféraient rester dans une douce nostalgie du passé au lieu de se tourner vers la modernité excessive comme à New York ou Los Angeles. Mais surtout, le Sud se démarque par une place accrue donnée à la création artistique : musique, littérature, arts visuels… les arts sont partout, vivants et merveilleux. Des arts d’antan et traditionnels, mais qui continuent à être actualisés par les jeunes artistes. Dans un Saloon au bord …