All posts tagged: lecture

Ce qui n’a pas d’âge

« Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout. » Victor Hugo En février 2014, quand je suis partie pour l’Irlande dans le but d’y faire un stage dans une petite classe de maternelle, je trainais, dans mes bagages, des livres. Des albums jeunesse qui avaient su m’émerveiller. Des couleurs, des images, des mots que je voulais partager. Cette année-là, j’ai parcouru une dizaine de pays en conservant sur mon dos cet immense bagage qui était presque impossible à transporter. Au fil des jours, je me suis détachée des objets que je considérais superflus. Des vêtements trop chauds, des chandails usés, des cosmétiques que je n’utilisais jamais de toute façon… Mais je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser de mes albums jeunesse. Mes albums sont usés et incroyablement vivants. Ils ont fait rire des enfants sur tous les continents. Mes albums ont transporté des enfants dans des univers nouveaux et remplis de fantaisie. Ces albums, je les découvre au fil des jours avec tous les élèves …

American (dream) Psycho

Je vais vous parler d’un roman que j’adore et qui mérite d’être lu, malgré le fait que son épaisseur (assez) imposante a tendance à en rebuter certains.es : American Psycho, de l’américain Bret Easton Ellis. La littérature des années quatre-vingt-dix a été fortement marquée par la curieuse fascination des Américains pour les meurtriers psychopathes tels qu’Ed Gein, Ted Bundy, ou encore le fameux Charles Manson. De célèbres auteurs – il suffit de penser à Joyce Carol Oates avec son Zombi et à Thomas Harris avec Hannibal (Lecter), pour n’en nommer que deux – se sont fortement inspirés de ces personnages afin de créer les leurs. D’ailleurs, Bret Easton Ellis lui-même s’est fait verser par son éditeur, Simon & Schuster, une avance de 200 000 dollars (rien de moins!) pour qu’il élabore son prochain récit autour d’un de ces monstres contemporains qui réjouissaient tant les lecteurs de cette époque. C’est comme cela que le personnage de Patrick Bateman, d’American Psycho, est né. Le nom du protagoniste seulement fait tout de suite penser à Norman Bates, du …

La liste des livres les plus réconfortants selon les rédactrices du Fil Rouge

  L’automne commence pas mal à ressembler à l’hiver, non? Ce n’est pas grave, ça veut dire qu’on peut encore boire plein de tisane, porter nos pulls préférés et nos plus gros bas de laine. JOIE! Quoi de mieux qu’un bouquin qui nous réchauffe le cœur pour accompagner tout ça? J’ai demandé à mes copines blogueuses du Fil Rouge quelles étaient leurs lectures préférées d’automne. Je vous les partage pour que vos puissiez vous aussi en profiter, emmitouflée dans une grosse couverture! Voici notre liste, en vrac: Des classiques: Fanie: Les Hauts de Hurlevent d’Emlily Brontë Karina: Jane Eyre de Charlotte Bronte Raphaëlle: Le Petit Prince de Saint-Exupéry  – Un classique, lu et relu à différents moments de ma vie. De la poésie: Alexandra: Paroles de Jacques Prévert – Il a réconforté à de nombreuses reprises mon petit cœur d’automne! Un peu de quétaine: Valérie:  Et si c’était vrai de Marc Lévy  – Ô combien quétaine, mais ô combien réconfortant pour le cœur! Des bandes-dessinées: Louba-Christina: Paul à Québec de Michel Rabagliati Des lectures québécoises: Martine: Ce n’est pas une façon de dire adieu …

Nord Alice, un troisième roman signé Marc Séguin

C’est avec un immense plaisir que je vous parle aujourd’hui d’un homme que j’admire profondément, et j’ai nommé Marc Séguin. La sortie, en octobre dernier, de son troisième roman, Nord Alice, publié chez Léméac, m’est apparue comme l’excuse idéale de vous le présenter et comme la porte d’entrée vers l’univers de cet artiste aux multiples talents. Mais avant toute chose, ce que j’admire particulièrement chez lui, c’est son honnêteté et sa sincérité, mais aussi son esprit vif, sa sensibilité et ce côté homme de la terre, mâle, qu’il partage autant par son regard sur notre monde que sa manière de créer à partir de ce monde. Après cela, j’envie un peu sa carrière vaste et florissante (j’aimerais en avoir une semblable), ses tableaux me choquent autant qu’ils me troublent, tout comme ses trois romans La foi du braconnier paru en 2009, Hollywood paru en 2012 et finalement, le petit nouveau Nord Alice. « [Marc Séguin est] né à Ottawa, Canada. Ses œuvres sont vues et collectionnées dans plusieurs pays par les musées, galeries, et par …

Laissez venir, à moi, les livres !

On attend toujours la belle saison avec l’espoir de réaliser des projets gardés sur la tablette tout l’hiver. Pour être tout à fait honnête, la réalité ne ressemble en rien avec ce que l’on avait imaginé ou si bien planifié. Je parle peut-être pour moi seule, mais l’été 2015 a été une belle surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Mais ça, vous le savez déjà ! En début d’été, j’ai écrit une liste. La liste des titres que j’allais lire dans les deux, trois mois à venir : –Anna Karénine de Léon Tolstoï – Tome I et II –Femmes qui courent avec les loups : histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage de Clarissa Pinkola Estés –Libérez votre créativité de Julia Cameron (à relire) –L’art pratique de la créativité de Julia Cameron (à relire) –L’homme rapaillé de Gaston Miron (ça, je l’ai lu à voix haute dans mon bain !) Mais au lieu de choisir les livres que j’allais lire, ce sont d’autres livres qui m’ont choisie et qui sont venus vers …

Une lectrice exigeante passe aux aveux

Vous l’aurez compris, comme toutes les collaboratrices de ce blogue, la lecture figure en tête du palmarès de mes activités favorites. Je l’ai déjà mentionné auparavant, mais ce passe-temps en est un duquel je ne pourrai jamais me lasser et dont je n’atteindrai jamais « le fond » : de nouveaux livres paraissent en librairie chaque semaine, sans compter la panoplie de classiques que l’on ne parvient jamais à lire en entier… et c’est absolument merveilleux. Je ne lirai jamais tout, je ne manquerai jamais de lecture… le simple fait d’y penser me rend très heureuse! (Mais ça, c’est moi, hein ; je connais beaucoup de gens qui sont angoissés à l’idée qu’ils n’auront jamais assez d’une vie pour lire tout ce qui les intéresse!) Ceci étant dit, j’ai récemment constaté, en analysant mes intérêts littéraires, un phénomène qui m’a fait sourciller. Vous savez, à l’adolescence, quand notre visage change et qu’on ne s’en rend pas vraiment compte, mais qu’un beau matin, on ressort une vieille photo datant d’il y a quelques années et on réalise à …

La voix de Dieu

Chaque livre est une voix. Dans notre enfance, elle est celle de papa et de maman. Lors de mon jeune âge, la littérature, c’était ma mère. Si dans mes veines coulent les vers, c’est grâce à son amour indéniable et insatiable pour la lecture. Cependant, je me rappellerai toujours ce mois de décembre. Je n’arrive pas à me souvenir quelle année nous étions. Peut-être avais-je sept ou huit ans. Mon paternel est devenu la littérature pour un bref moment. Chaque soir précédent Noël, papa s’asseyait sur le bord du lit pour faire la lecture d’un conte à quatre enfants écoutant attentivement et attendant patiemment le fameux soir de la fête de Jésus. C’est probablement l’une des premières fois où je fus mise en contact avec la lecture à haute voix. Les mots prenaient vie dans cette voix qui me semblait divine, un peu comme si c’était le Christ lui-même qui la commandait pour son anniversaire. Ce fut intime et court comme rencontre, mais je sus apprécier immédiatement cette façon de faire la lecture. Malheureusement, à l’école primaire, …

Destinations littéraires estivales

L’appel des vacances se fait sentir et certaines d’entre nous sont même soit déjà parties (allô Marjo, allô Alexandra!) ou sur le point de le faire (allô Martine!). Je vous ai concocté une petite liste de destinations littéraires: il y en a pour tous les goûts et tous les budgets! Une escapade à Mount Desert Island, Maine, États-Unis Marguerite Yourcenar y a écrit une bonne partie de ses Mémoires d’Hadrien. La maison, qu’elle et sa compagne Grace Frick avaient achetée à l’époque, s’appelle « Petite Plaisance ». Et vous pouvez maintenant la visiter! En plus, le Maine est (paraît-il, je pourrai vous le confirmer au mois d’août!) une région très belle et super agréable pour prendre des vacances. Un voyage entre amies à San Francisco, Californie, États-Unis Partez sur les traces de Jack Kerouac et de ses acolytes de l’époque! Ville phare de la beat generation, San Francisco saura charmer la hippie en vous. Ses maisons pastel et sa culture culinaire gagneront votre cœur! Arrêt obligatoire à la librairie City Lights Bookstore, célèbre pour la …

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

On dit souvent qu’il ne faut pas juger un livre d’après sa couverture. Dans la vie de tous les jours, je m’efforce d’appliquer ce principe de non-jugement, surtout en ce qui concerne les gens que je rencontre. Mais, il y a environ deux ans, j’ai littéralement jugé un livre d’après sa couverture… et on ne m’y reprendra plus! À la librairie où je travaillais, on recevait à l’occasion des services de presse, livres qui nous étaient offerts gratuitement (et parfois avant leur sortie officielle) afin de permettre aux libraires de découvrir les nouveautés et de mieux conseiller les clients. Ce jour-là, mon assistant gérant m’avait tendu un livre blanc, simple, avec comme illustration de couverture une peinture montrant une rue de village au style vieillot. Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, roman. J’avais examiné le livre dont l’esthétique ne me plaisait pas, parcouru en diagonale la quatrième de couverture… et je l’avais laissé sur le bureau, disant que je n’en voulais pas. (Je sais, il faut être folle pour refuser un livre gratuit. …

Tout commence avec un poisson rouge (partie 1)

Récemment, j’ai eu un coup d’cœur pour le dernier roman de Mélissa Verreault, « L’angoisse du poisson rouge », paru en 2014. J’ai lu beaucoup d’articles et entendu plusieurs critiques positives au sujet de ce livre qui m’ont donné envie de le lire à mon tour ! J’suis une fille curieuse (et légèrement influençable). Bref, j’ai pas été déçue. Le roman est divisé en trois parties. Dans la première, on apprend à connaître Manue, jeune femme moderne persuadée que sa vie n’est qu’une série de drames et de catastrophes. La deuxième partie raconte l’histoire de Sergio, soldat de la Seconde Guerre mondiale. La troisième (et dernière) est davantage axée sur Fabio, jeune homme italien venu habiter à Montréal. Ce qui m’a le plus impressionnée est le lien qui existe entre ces trois personnages, pourtant chacun si différent l’un de l’autre. Leurs chemins se croisent grâce à Hector, le poisson rouge de Manue. Plus précisément, après sa disparition mystérieuse. Il est le «personnage» le plus important du livre, celui qui les relie tous. Parce que, sans lui, les 446 …