All posts tagged: littérature québécoise

Moitié vrai, moitié père

Mimi, une jeune avocate agitée, anxieuse, exaspérée, hypersensible, maladroite et rêveuse, a le cœur qui déborde et une vie trop étroite pour elle. Heureusement, elle peut accuser son père pour tous ses maux! Son père autoritaire, abrupt, sarcastique, impossible… et au bout du rouleau. Mais le peut-elle vraiment? Son père est-il véritablement son père? Se lançant dans une folle recherche de ses origines familiales, Mimi remonte le cours du temps comme un saumon sa rivière, en gigotant pour éviter les hauts fonds. Du Québec à la France, on suit donc la quête d’un lâcher-prise aussi amusante que touchante et servie par une écriture simple sans être simpliste, juste et évocatrice. Mimi et son père sont aux antipodes l’un de l’autre, à en croire qu’ils ne sont pas vraiment de la même famille. Du moins, c’est de ce dont Mimi essaie de se convaincre, au point de partir en France à la recherche de celui qui pourrait enfin lui donner raison. Ce n’est pas sans surprise que rien ne se déroule comme prévu, que les réponses …

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie II

Entre réalité et rêve, la vie À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre davantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier. 1-D’abord, qui êtes-vous ? Et quel est votre cheminement en quelques mots? Je suis née et j’ai grandi à Gaspé, en Gaspésie. J’ai d’abord fait mon cégep en sciences de la nature, avant de bifurquer et de choisir les lettres à l’université. J’ai ensuite poursuivi à la maîtrise, orientant alors mon parcours vers la création littéraire. Au cours de mes études universitaires, j’ai suivi plusieurs ateliers d’écriture avec des écrivains, et j’ai reçu pour la première fois des retours …

Coup de coeur : «La nageuse au milieu du lac» de Patrick Nicol

Depuis quelques semaines, j’ai en tête une nageuse, essoufflée au milieu d’un lac, une dame perdue qui cherche un rivage qui n’est au loin plus qu’un simple souvenir. C’est l’image que donne Patrick Nicol de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer dans son dernier roman La nageuse au milieu du lac, publié début mars chez Le Quartanier. On explore le quotidien d’un homme, un professeur de cégep, qui pose un regard lucide, mais d’une extrême poésie sur sa vie de tous les jours. Une vie ponctuée d’allers-retours entre les hôpitaux et la maison de sa mère, une vie ponctuée de questionnements face à la mort, à la dégradation du corps, à une vision de la vieillesse réaliste. Une vie teintée, surtout ces mois-là, par la maladie souvent insaisissable de sa mère. Nicol apporte par contre un point de vue particulier sur l’expérience de son narrateur, on ne le sent pas amer, triste c’est sûr, mais c’est un regard empreint de tendresse et de bonté que l’on ressent chez lui. À mi-chemin entre le roman …

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie I

La fille de Coin-du-banc À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but de mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre d’avantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier. «Voici mes réponses, peut-être nébuleuses, à tes questions qui m’ont profondément fait réfléchir sur le coup. J’ai choisi, comme d’habitude, de traiter cela par de l’écriture automatique. Alors c’est ce que ça donne! » 1- D’abord, qui êtes-vous? Et quel est votre cheminement en quelques mots? Je m’appelle Marie-Ève Trudel Vibert et je suis née à Gaspé le 10 septembre 1983. Petite auteure, j’ai grandi à Coin-du-Banc, Corner of the Beach, un village aux portes de Percé bordé par une …

Un duplex, Paris et de vieilles amies

Ce premier roman de la cinéastre Éléonore Létourneau raconte l’histoire de deux amies: Marie et Véronique. Ayant été à une époque extrêmement proches, elles ont décidé d’acheter un duplex ensemble. Toutes les deux célibataires, rêveuses, ambitieuses et cinéastes, elles rêvaient de faire des films pour changer le monde. Véronique et Marie, ce sont les amies qui rêvassaient et qui rêvaient… S’ensuit des chums, des contrats, des projets qui ne déboulent pas et un silence tranquille qui s’installe entre les deux amies, dans le duplex. Le roman met l’accent sur Véronique principalement. Écrit au Je, on entre entièrement dans les pensées et les tourments de Véronique. Cette dernière se trouve à devenir de plus en plus déprimée et maussade à tous les niveaux de sa vie. La réalité la mène à comprendre que ses vieux rêves ne se réaliseront pas. Son scénario tant de fois travaillé et retravaillé ne sera jamais un film. Elle avance dans une vie qui n’est pas la sienne, dans une ville qui la déçoit, dans un Montréal après le printemps érable. J’ai adoré …

Entre un corps cactus et la peur de vieillir

Demoiselles-Cactus, c’est avant tout l’histoire de Mélisse, une femme (fille?) qui est continuellement en refus de grandir, de vieillir, d’accepter le temps qui passe. Atteinte de troubles alimentaires tels que l’anorexie et la boulimie, on l’a suit dans ses pensées chaotiques, son mal être et sa grande solitude. Melisse est complexe, froide, instable, oserais-je dire, folle. Elle traverse la vie en ayant en tête des pensées confuses, enfantines et blessantes, surtout envers elle-même. Ses troubles alimentaires l’amènent à avoir un regard ultra noir sur le monde médical et un ton vraiment méprisant. C’est un peu la complexité du personnage qui vient retarder le déroulement de l’histoire… J’avoue que je n’ai pas été entièrement charmée par ce premier roman de l’auteure Clara B.Turcotte. J’ai trouvé qu’il y avait trop de thèmes dans le roman et qu’ils étaient souvent trop en surface. Je m’explique: Mélisse vit avec l’autre, son « chum », même s’ils ne partagent aucune intimité ensemble. Elle se doute clairement qu’il consomme de la pornographie juvénile, mais prend lentement conscience du besoin d’éclaircir cela. Déjà là, on …

Le vendeur de goyaves ou la neuvième incarnation de Vishnu

On connait tous l’Inde en tant que pays, bien entendu, mais les particularités de sa culture et de ses religions restent un peu moins connues. Au moment même où j’ai eu ce livre entre les mains, j’avais un cours à l’université où on parlait de l’hindouisme. Belle coïncidence qui m’a permise de ne pas trop être perdue dans ma lecture. Ce n’est pas que c’est mêlant, c’est plutôt que j’aime comprendre ce que je lis au-delà du mot lui-même.

Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? Car moi, j’embarque

Critique du recueil Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ? de Joanie Lemieux  Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? de Joanie Lemieux, est un recueil de nouvelles contemporaines. Dix nouvelles, dix histoires, dix femmes qui se frottent aux mondes invisibles. Je dois en premier lieu vous avouer que l’auteure dont il sera question ici est une grande amie à moi. J’ai choisi de critiquer son premier ouvrage Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ? paru chez Lévesque éditeur le 17 février dernier, pour vous permettre de la découvrir. Mais je n’imaginais pas l’angoisse que ça m’occasionnerait d’émettre un point de vue objectif sur son travail. Lorsque j’ai tenu pour la première fois son livre entre mes mains, ça m’a émue. Au lieu d’un concept, d’une idée ou du souvenir des longues conversations que nous avions eues à ce sujet, j’avais devant moi un objet concret. Je me suis plongée dans son recueil comme dans les mots d’une étrangère. J’ai réussi le défi que je m’étais lancé. J’ai dissocié l’amie de l’auteure …

« La tempête » de Gabriel Anctil : lecture de mars du défi littéraire

Après avoir lu La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen et Javotte de Simon Boulerice, nous sommes déjà rendus au mois de mars. Voilà pourquoi nous avons effectué un sondage pour savoir quelle sera notre lecture de mars. Les résultats ont été assez serrés, mais nous lirons La tempête de Gabriel Anctil ce mois-ci! Bonne lecture! Et n’hésitez pas à venir nous dire ce que vous en pensez sur le groupe Facebook! Pour vous joindre à l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, cliquez ici. Pour vous joindre au groupe Facebook Un livre québécois par mois, cliquez ici. Le 5 janvier 1998, une tempête de pluie verglaçante s’abat sur le Québec. En l’espace de quelques heures, des millions de personnes seront privées d’électricité. Jean, quatorze ans, et ses parents, Marie et Louis, sont de ceux-là. Ils trouveront refuge chez la grand-mère de Jean dans le quartier Outremont, à Montréal, où habitent également son oncle Arthur et sa femme Manon. Ce qui aurait pu être une occasion de resserrer les liens familiaux …

Javotte de Simon Boulerice vu par l’équipe du fil rouge

Dans le cadre de notre événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, nous avons lu le roman Javotte de Simon Boulerice! On vous invite à nous faire part, dans les commentaires, de votre lecture ou sur notre groupe Facebook Un livre québécois par mois où l’on discute de nos lectures, communes ou pas! Ce roman, publié en 2012, est un peu une construction moderne du conte de Cendrillon avec la mythique soeur méchante, Javotte. En emmenant le lecteur dans une société des plus modernes avec des adolescents des plus normaux, Simon Boulerice a-t-il réussi à récréer le conte de fées de Cendrillon dans une petite ville au sud de Montréal?  Ce que j’en ai pensé  J’ai lu Javotte en l’espace d’une soirée, tellement le personnage m’a fascinée. Javotte est incroyablement surprenante, on tourne les pages et on craint de plus en plus de ses gestes comme de ses pensées. Elle fait et pense des choses si violentes et méchantes, mais parfois aussi si singulières et attentionnées, qu’on ne peut faire autrement que de la trouver …