All posts tagged: littérature

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie I

La fille de Coin-du-banc À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but de mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre d’avantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier. «Voici mes réponses, peut-être nébuleuses, à tes questions qui m’ont profondément fait réfléchir sur le coup. J’ai choisi, comme d’habitude, de traiter cela par de l’écriture automatique. Alors c’est ce que ça donne! » 1- D’abord, qui êtes-vous? Et quel est votre cheminement en quelques mots? Je m’appelle Marie-Ève Trudel Vibert et je suis née à Gaspé le 10 septembre 1983. Petite auteure, j’ai grandi à Coin-du-Banc, Corner of the Beach, un village aux portes de Percé bordé par une …

Chronique « Écrire l’indicible »: Témoignage d’un héritage : Annie Ernaux et moi

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire. En relisant L’Événement et Les Armoires vides d’Annie Ernaux, je me suis replongée dans ma propre expérience. Celle d’un avortement, alors qu’âgée de 17 ans je suis tombée enceinte et ai fait le choix d’interrompre cette grossesse. C’est aussi toute la question d’héritage du féminisme qui m’a amenée à me questionner et à remettre en perspective cet événement, pour utiliser les termes d’Ernaux. Elle en parle comme quelque chose de difficile, dans les circonstances qui étaient en place lors de la parution de son livre. Effectivement, l’avortement était alors illégal. Je vois en Ernaux, donc, une tentative de dire l’indicible, de rendre compte, non pas une, mais deux fois (de manière autobiographie d’abord, puis sous l’écriture testimoniale ensuite) de cette réalité obscurcie par les récits, mais aussi tenue à l’écart des discours. Pourtant, je ne me suis pas reconnue dans ces livres. Pour …

Les histoires qui ont plusieurs vies

J’aime l’odeur du roman neuf fraîchement acheté à la librairie. Ça sent un mélange de pages qui viennent d’être imprimées et de mots qu’mes yeux ont hâte de lire. Par contre, avec ma passion pour la littérature, si j’achetais tout en magasin, mon portefeuille me ferait la baboune souvent. Heureusement, il existe une alternative pour combiner «bibliothèque garnie» et «compte bancaire heureux» : les librairies d’occasion. Elles sont si faciles à trouver. Si accessibles. Si abordables. Montréal est remplie de ces petites mines d’or. Détrompez-vous, elles ne sont pas uniquement réservées pour ceux qui ont un budget limité, au contraire. Tout l’monde gagne à y aller. J’adore me promener longtemps entre les longues rangées de livres pas chers. Je trouve qu’on a pas assez le réflexe de visiter ce genre d’endroits. Pourtant, on peut y faire d’excellentes découvertes. Il y en a pour tous les goûts. Évidemment, il faut souvent fouiller. Les librairies d’occasion sont parfaites pour les étudiants à la recherche de romans classiques pour leur cours de littérature. Personnellement, j’y ai trouvé la plupart de mes livres obligatoires. …

L’inspiration (partie 1) : arts et interdépendance

Que vous soyez artiste ou pas, les arts occupent une place importante dans votre vie, parfois même à votre insu. Après tout, chaque jour, vous écoutez de la musique, visionnez des films, lisez des livres, admirez des graffitis ou de superbes photographies! Il semblerait que souvent, on ait tendance à oublier que les arts sont partout et, n’en déplaise à certains, qu’ils sont importants. Et pour les artistes, leur importance est encore plus grande, considérant que les arts occupent une immense partie de leur quotidien, que ce soit sous forme de gagne-pain ou de passe-temps. Mon art à moi, c’est l’écriture. Comme des millions d’autres auteurs, j’ai un besoin constant de me plonger dans mes univers afin de mieux jeter sur papier les récits qui traversent mon imaginaire. En me développant en tant qu’auteure, je réalise que l’inspiration est essentielle pour progresser, qu’elle peut se trouver partout… et plus particulièrement dans l’art, quel qu’il soit. Personnellement, je sais que ma créativité fleurit à travers l’écoute de la musique. Instrumentale, elle peut m’aider à me plonger …

Le vendeur de goyaves ou la neuvième incarnation de Vishnu

On connait tous l’Inde en tant que pays, bien entendu, mais les particularités de sa culture et de ses religions restent un peu moins connues. Au moment même où j’ai eu ce livre entre les mains, j’avais un cours à l’université où on parlait de l’hindouisme. Belle coïncidence qui m’a permise de ne pas trop être perdue dans ma lecture. Ce n’est pas que c’est mêlant, c’est plutôt que j’aime comprendre ce que je lis au-delà du mot lui-même.

Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? Car moi, j’embarque

Critique du recueil Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ? de Joanie Lemieux  Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? de Joanie Lemieux, est un recueil de nouvelles contemporaines. Dix nouvelles, dix histoires, dix femmes qui se frottent aux mondes invisibles. Je dois en premier lieu vous avouer que l’auteure dont il sera question ici est une grande amie à moi. J’ai choisi de critiquer son premier ouvrage Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers ? paru chez Lévesque éditeur le 17 février dernier, pour vous permettre de la découvrir. Mais je n’imaginais pas l’angoisse que ça m’occasionnerait d’émettre un point de vue objectif sur son travail. Lorsque j’ai tenu pour la première fois son livre entre mes mains, ça m’a émue. Au lieu d’un concept, d’une idée ou du souvenir des longues conversations que nous avions eues à ce sujet, j’avais devant moi un objet concret. Je me suis plongée dans son recueil comme dans les mots d’une étrangère. J’ai réussi le défi que je m’étais lancé. J’ai dissocié l’amie de l’auteure …

Le lecteur et les best-sellers

Best-seller. Cette expression, utilisée abondamment dans le monde littéraire, n’a pas la même signification pour tout le monde. Dans le milieu de l’édition, cela signifie un livre qui a connu un immense succès commercial, qui s’est énormément vendu par rapport aux autres livres du même genre. Dans la tête de bien des gens, un best-seller est un livre qui doit forcément être bon, étant donné la quantité de lecteurs qui l’ont acheté… non? Eh bien, ce n’est pas totalement faux… ni totalement vrai. L’autre jour, au travail, j’ai décidé d’ouvrir l’œil et, en plaçant les livres sur les rayons, je me suis efforcée de repérer ceux sur lesquels figurait la mention « best-seller ». Verdict? Énormément de livres portent cette mention, à un point tel que j’ai renoncé à compter. Le plus fascinant dans tout ça était sans contredit le fait qu’il y avait, dans le lot, de nombreux ouvrages dont je n’avais jamais vraiment entendu parler dans les médias, ni même par bouche à oreille. Bon, je sais, il m’est impossible de connaître tous les livres …

Les 5 meilleures librairies indépendantes de Montréal

Rien ne vaut quelques heures à vagabonder dans une librairie. Bon, ce n’est pas la meilleure activité pour notre portefeuille, mais c’est quand même inspirant! Et vous avez toujours la possibilité d’aller les chercher à la bibliothèque ensuite. Bref, que ce soit pour vous gâter ou pour trouver de nouvelles lectures, je vous suggère cinq librairies indépendantes extraordinaires! Le Port de Tête La meilleure de toutes! Je la love pour toujours! Je ne vous apprends certainement rien en vous disant que Le Port de Tête est une institution dans le cercle des librairies indépendantes montréalaises. Mêlant livres usagés et livres neufs, ils peuvent, en plus, vous commander n’importe quel livre dont vous avez besoin et ce, avec attention et gentillesse. Surtout, soyez à l’affût de la page Facebook puisque la librairie est l’hôte de toutes sortes d’événements littéraires super intéressants! L’Écume des Jours Cette toute petite librairie a failli disparaître. Comme j’aurais été triste! Incapables d’assumer le coût astronomique de leur loyer dans le Mile-End, ils ont finalement été accueillis avec enthousiasme sur Villeray, presqu’au …

On a jeté nos crayons

Aujourd’hui, j’ai écrit à la main sur une vieille feuille blanche qui traînait quelque part sur mon bureau, entre mon ordinateur et mon téléphone, pis j’me suis rendue compte que ça faisait vraiment longtemps qu’j’avais pas fait ça. Trop longtemps. Parce que, avouons-le, c’est rendu rare qu’on sort un stylo d’la poussière et qu’on laisse son encre couler sur un papier. C’est rendu rare, parce qu’on vit dans l’ère d’la fausse-vraie-vie virtuelle. On s’est créé un monde teinté d’émoticônes et de hashtags. Un monde dans lequel on rit avec trois lettres au lieu d’prendre le temps de trouver ça drôle pour vrai. « lol », ça va plus vite. La calligraphie de tout l’monde est rendue pareille parce que, au fond, on n’en a plus vraiment. On l’a tous perdue le jour où on a troqué nos crayons contre le claquement d’nos doigts sur un clavier. En 2015, on écrit tout l’temps. Partout. N’importe quand. N’importe où. Ç’qui pourrait quand même être quelque chose de pas mauvais, si ça nous déconnectait pas du vrai monde. Un cellulaire dans sa poche, un ordinateur à la maison, …

Les communautés littéraires en ligne

À l’ère du numérique, j’ai l’impression que l’époque des clubs de lecture traditionnels où quelques madames se rassemblent pour prendre le thé le samedi après-midi en dégustant le cake au citron est maintenant révolue. (Dommage!) J’ai par contre retrouvé quelque chose qui s’y apparentait l’été dernier en m’intéressant à la communauté littéraire sur Instagram (le cake au citron en moins). À l’aide de mots-clics divers, il est devenu très facile de savoir qui lit le même bouquin que toi, de Beijing au Maryland. On peut alors échanger nos impressions et se suggérer d’autres lectures! C’est sûr que l’aspect humain de la chose y est un peu moins présent, on reste quand même seul avec notre téléphone, mais bon, parler de livres sur Instagram, c’est mieux que de ne pas parler de livres du tout, non? À explorer sur Instagram: #currentlyreading #lecturedumoment . Si vous aimeriez pousser l’expérience un peu plus loin, il existe quelques bookclubs en ligne qui envoient directement le même livre à tout le monde à chaque mois. J’en fais maintenant l’expérience depuis six mois avec mybookhunter. Cette communauté …