All posts tagged: livres

Des contes pour bercer l’enfance

La littérature jeunesse a beaucoup de potentiel. J’aime utiliser ces œuvres pour aborder des sujets parfois difficiles de façon ludique avec les jeunes avec qui je travaille. C’est le cas de ces deux albums : La crème glacée fond plus vite en enfer et Jack et le temps perdu. Ils permettent d’apprendre aux enfants des leçons de vie. LA CRÈME GLACÉE FOND PLUS VITE EN ENFER Sam et Tom sont deux enfants-fantômes qui vivent leur vie tranquille en Enfer. Sam raconte à son ami à quel point il était une poule mouillée quand il était encore en vie. Sam semblait avoir énormément d’imagination quand il était un petit humain. Toutes ses peurs ressemblaient à des monstres prêts à l’attaquer et à le dévorer. Par exemple, il avait peur des draps blanc fantôme, de son vieux grand-père monstrueux, du sous-sol rempli de créatures, bref, de tous les endroits où un monstre peut se cacher. Mais maintenant qu’il est lui-même un fantôme, rien ne peut l’effrayer. Même qu’en Enfer, il côtoie les monstres qui l’effrayaient tout en …

Quand le jour est parti, les morts dansent

Je dois l’avouer, j’ai un gros crush littéraire sur François Blais. Sa façon unique qu’il a de jouer avec son lectorat, sa manière de décrire des choses banales et d’en faire une quasi-épopée… Vraiment, tout me fascine de cet auteur. Si vous avez envie d’en apprendre plus sur son univers, La nuit des morts-vivants est certainement pour vous. Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, vous pouvez aller lire la critique de son autre roman, Sam. La nuit en un résumé Il ne faut que quelques pages pour comprendre que ce roman de 2011 est raconté par deux narrateurs. En effet, les chapitres s’alternent entre des écrits de Pavel et de Mollie, deux personnes vivant à Grand-Mère, deux personnes ayant terminé leur secondaire dans la même cohorte, deux personnes louant les mêmes films d’horreur, MAIS surtout, deux personnes vivant la nuit. L’un à cause de son travail, l’autre par simple plaisir de ne croiser personne. Prenez garde, il ne faut pas s’attendre à une série de rebondissements, vous n’y verrez pas de dragon sortant des …

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Grossophobe, la société?

Comme bien des résident.e.s de la Vieille Capitale, j’ai connu Mickaël Bergeron par ses chroniques dans le magazine Voir de Québec. J’avoue avoir été agréablement intriguée par ce journaliste autodidacte – rare spécimen ayant appris l’art de l’écriture par lui-même, loin des bancs universitaires – qui écrivait avec talent et justesse sur notre société. Ses textes étaient toujours empreints d’une grande sensibilité, tout en offrant une critique nuancée d’une déconcertante exactitude. C’est donc avec grand intérêt que je me suis ruée sur son premier livre intitulé La vie en gros: regard sur la société et le poids, paru en mars dernier. Cet essai sur la grossophobie est une bouffée d’air frais dans le paysage littéraire québécois, où les plumes et les langues se délient de plus en plus pour condamner les violences dirigées vers les grosses personnes. Mickaël Bergeron nous y expose, en 98 courtes chroniques, des témoignages, des analyses critiques et des opinions militantes sur la place démesurée qu’occupe le poids dans la société. Une violence banalisée  La grande force de ce livre repose sur le dévoilement de …

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Dumas et le Comte de Monte-Cristo

J’ai toujours eu un peu peur des classiques littéraires. Comme si, en m’embarquant dans ces briques souvent vieilles de centaines d’années, je m’enlevais de précieuses minutes pour lire tout ce qui se fait de bon aujourd’hui. C’est cela, la triste réalité des amoureux des livres : il n’y aura jamais assez d’une seule vie pour tout lire. Pourtant, il y a quelques mois, incapable de résister à l’attrait d’une bonne histoire, je me suis embarquée dans la lecture d’un de ces classiques : Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Edmond Dantès est un jeune homme brillant à l’avenir prometteur qui doit sous peu se marier avec Mercédes, l’amour de sa vie. Le jour de ce mariage tant attendu, il se fait arrêter sous prétexte d’être un traître bonapartiste. Il se révolte, clame haut et fort son innocence, mais rien n’y fait : il est enfermé au château d’If, dans une petite cellule sombre et froide. Après plus d’une décennie de captivité, il réussit à s’échapper. Commence alors sa douce vengeance contre tous ceux qui ont, de près ou …

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Juliette: Les fantômes reviennent au printemps, chronique d’une famille ordinaire

Après Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d’une vie! et la trilogie Rosalie Blum, j’ai été ravie de voir que Camille Jourdy revenait avec un très bel ouvrage, à mi-chemin entre le roman graphique et la bande dessinée. On y rencontre Juliette, fragile, hypocondriaque et dépressive, qui décide de quitter Paris pour passer quelques jours dans sa famille en province. Ce n’est pas le début d’une grande aventure, mais d’une histoire comme seule l’autrice sait en raconter: celle du quotidien. Une histoire (presque) ordinaire Juliette, c’est l’histoire d’une famille d’aujourd’hui avec ses moments de tendresse et de complicité, ses disputes, ses détails anodins… Une chronique familiale douce-amère, qui dépeint des personnages tous plus attachants les uns que les autres. Survoltée, la mère de Juliette est une artiste décalée qui court après les hommes. Depuis que sa femme l’a quitté, le père de Juliette, un homme introverti, vit seul et oublie le jour d’arrivée de sa fille. À l’inverse de Juliette, sa sœur est exubérante, rondouillarde et trompe son mari. La grand-mère perd …

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Lorsque la passion littéraire devient entremetteuse en amour!

Les livres font partie de nos vies dès la plus tendre enfance. Que ce soit de doux moments passés avec nos parents avant le dodo ou des moments de lecture à l’école primaire. Au secondaire viennent les lectures obligatoires dans les cours de français. Pour certains, la passion des livres continuera de les suivre au-delà du scolaire. Ce fut mon cas! Les livres ont toujours été primordiaux pour moi : pour apprendre, pour me changer les idées, pour m’aider à progresser face à moi-même, pour connecter avec d’autres cultures, etc. Je n’aurais jamais cru, cependant, que les livres m’aideraient à trouver l’amour et à forger une belle complicité avec mon copain. Voici comment notre passion commune des livres fut entremetteuse en amour! Les premiers moments En raison de notre différence d’âge, rien ne nous prédestinait à être ensemble. Malgré cela, un premier rendez-vous fut convenu. Rapidement, lors de cette soirée, notre passion mutuelle pour les livres est ressortie et a meublé nos discussions. Il lisait depuis tout jeune, comme moi, et avait lu un large …

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L’Odyssée d’Hakim : la bande dessinée qui raconte la crise des réfugié.e.s

Force est d’admettre que je lis peu de bandes dessinées, à mon grand désarroi. Hormis le classique Persépolis et quelques numéros de l’attachante série des Paul de Michel Rabagliati, les romans graphiques demeurent peu présents dans mes lectures quotidiennes. Peut-être ai-je inconsciemment défavorisé ce créneau littéraire en l’associant aux lectures de mon enfance, comme beaucoup de gens le font, à tort. Pourtant, la bande dessinée est un formidable médium qui gagne à être découvert par un public adulte, surtout lorsqu’elle dépeint une réalité politique. C’est dans ce contexte que j’ai récemment éprouvé un gros coup de cœur pour la BD L’Odyssée d’Hakim, qui raconte le parcours d’un réfugié syrien de son pays natal à son arrivée en France. Le premier tome, publié en 2018, couvre la période 2011-2013 et nous amène de la Syrie à la Turquie. Non seulement cette bande dessinée démystifie le conflit syrien, elle humanise la situation de milliers d’exilé.e.s à travers le monde. Vulgariser un conflit politique L’Odyssée d’Hakim offre une vulgarisation efficace du conflit syrien, un conflit politique difficile à comprendre pour …

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Boréal 2019 – À la rencontre des passionnés de l’imaginaire

À peine revenue d’un merveilleux week-end au congrès Boréal, j’essaie de faire le tri dans mon cerveau bouillonnant afin de vous partager une part de mon expérience enrichissante. Le congrès Boréal, c’est le rendez-vous de la SFFQ*, un endroit où se rassemblent non seulement les gens du milieu littéraire, mais également les lecteurs, lectrices et adeptes du genre. Le premier congrès a eu lieu à Chicoutimi en 1979 sous la direction d’Élisabeth Vonarburg. Au fil des ans, le groupe de passionnés s’est agrandi pour devenir une vaste communauté solidaire. L’événement change de ville chaque année et la 40e édition s’est déroulée à Sherbrooke du 3 au 5 mai. Dans l’attente de Boréal Commençons par le début! J’ai assisté à mon premier congrès Boréal l’an dernier à Montréal. Malheureusement, des contraintes de temps m’avaient empêchée d’en profiter autant que je l’aurais souhaité. Mais seules quelques heures en présence de passionnés comme moi avaient suffi à me donner la piqûre. Je suis revenue à la maison avec l’impression d’être sur un nuage et j’en parlais à tout …

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Bouc émissaire en danger

Comme je déteste être à court d’idées de lectures, j’essaie le plus possible de prendre en note les titres dont j’entends parler ou qui me sont recommandés. Au bonheur des ogres de Daniel Pennac se trouvait dans ma liste de lectures futures depuis plus d’un an. Il s’agissait de l’un des romans préférés d’une de mes professeurs de français au cégep. Je ne savais rien ni de l’histoire ni de l’auteur, mais j’avais tout de même en tête de lire ce livre, et ce moment est finalement venu. Représentant officiel du magasin et de la famille Le roman a pour principal héros Benjamin Malaussène, qui mène une vie en apparence assez normale. Pourtant, elle contient tout de même certaines particularités. D’abord, le dénommé Benjamin travaille dans un grand magasin parisien où il occupe théoriquement la fonction de contrôleur technique. Dans les faits, il est plutôt bouc émissaire. Lorsqu’un client est mécontent de son achat, Benjamin est inévitablement le coupable. L’engueulade habituelle qui lui est servie par son supérieur et les larmes qu’il réussit facilement à …

L’estime de soi et l’autiste

Avril, mois de l’autisme. L’autisme est un sujet qui m’intéresse depuis plusieurs années. Je côtoie, depuis maintenant près de cinq ans, des enfants qui ont un trouble du spectre de l’autisme (TSA). J’essaie de les aider du mieux que je peux. C’est pourquoi j’aime m’outiller grâce à des livres qui parlent de ce qu’ils vivent. Je trouve ces lectures toujours pertinentes, car elles me permettent de me mettre plus facilement à leur place. SACCADE est un centre d’expertise en autisme que Brigitte Harrisson (elle-même autiste) et Lise St-Charles ont fondé. Le modèle proposé par l’organisme se veut être un langage autiste, un peu à l’image du langage des signes pour les sourds et muets. Ces femmes veulent sensibiliser la population à la réalité autistique. Il y a de cela deux ans, les deux femmes ont écrit un livre pour expliquer ce qu’est l’autisme. Ce livre, L’autisme expliqué aux non-autistes, est très bien vulgarisé pour que monsieur et madame Tout-le-Monde puissent comprendre les difficultés que peuvent vivre les personnes autistes, qu’elles soient classées de «haut niveau» …