Month: février 2015

« Le nénuphar et l’araignée » : biographie de la peur de Claire Legendre

« Ces peurs sont maintenant à l’extérieur de moi. Ce n’est plus moi. » affirme Claire Legendre lors du lancement de son dernier ouvrage Le nénuphar et l’araignée à la libraire Gallimard, le 4 février dernier. En soi, y a quelque chose d’angoissant dans le fait d’exposer ses phobies aux yeux et aux jugements des autres, comme un bris de l’intimité, mais surtout parce que lorsque ces peurs ne sont plus palissades, elles deviennent armes qui peuvent potentiellement se diriger contre nous, ainsi que l’exprime Claire à la toute fin de son texte : « J’ai peur de t’avoir donné des armes contre moi. » Se dénuder et rendre les armes sont tous deux des gestes téméraires. Je dois d’abord avouer avoir tout lu de cette auteure, et que tout m’a plu. Son univers et sa voix me rejoignent, me fascinent, me marquent. Et que lorsqu’elle a annoncé la publication du Nénuphar et l’araignée, je suis tombée par terre. Cette parution était pour moi un événement attendu, un livre que je devinais être un trésor …

Bilan semaine 2 : défi 28 jours de minimalisme

Dimanche 8 février -Créer une routine du soir relaxante Quoi de mieux qu’un dimanche soir pour créer une routine pré-coucher qui relaxe assez pour passer au travers du lundi matin. La dernière chose que je fais avant de me coucher, c’est regarder mon téléphone. Et oui, je fais partie de cette gang-là.Puisquejem’endors vraiment vite, je n’ai jamais vraiment vu d’effets néfastes de cette mauvaise  habitude. Par contre, je n’aime pas trop l’idée d’être connectée jusqu’à la dernière minute avant le sommeil. Pour contrer cela, j’ai pris la décision de m’acheter un cadran et de laisser mon téléphone dans une autre pièce de l’appartement avant d’aller dormir. De plus, j’ai essayé, la nuit passée, de prendre une demi-heure ou même une heure pour relaxer, lire et écrire avant de m’endormir. Lundi 9 février-  Faire le ménage dans ses amis Facebook Il y a déjà un petit moment que je suis plus sélective avec les gens qui restent sur mon Facebook. Je n’ai jamais été de celles qui ont 1000 amis et qui acceptent et envoient des demandes à …

Cette bande dessinée a un je-ne-sais-quoi

Si un jour je suis portée disparue, je vous conseille de commencer à chercher à la bibliothèque du Cégep du Vieux-Montréal. Je serai probablement près d’une fenêtre, en train de lire une bande dessinée. J’ai un petit rituel. J’arrive à la bibliothèque, je regarde le présentoir des bandes dessinées et j’en choisi une. C’est simple. Même en fin de session, je ne peux résister. Je fais ma sélection principalement en me fiant aux dessins. À force d’en lire, j’ai développé mes préférences. L’appel a encore frappé. Cette fois, je lis Sleepwalk and Other Stories d’Adrian Tomine. Le livre comprend 16 petites histoires, originalement publiées dans les tomes 1 à 4 de la série Optic Nerve. Faite de situations insignifiantes aux premiers abords, on y croise des personnages tourmentés et attachants qui rendent toute l’essence à cette bande dessinée. Au premier coup d’œil, rien de plus classique que cette bande dessinée. Typique graphisme américain avec des traits droits et réalistes. Chaque plan est dans sa case. En noir et blanc. Pas de fantaisie. On pourrait dire …

L’univers littéraire de la série Gilmore Girls ou comment ajouter 339 livres à sa liste de lecture

Cet automne, je suis tombée dans la série Gilmore Girls. Et quand je dis tombée, je ne parle pas seulement d’une écoute assidue, je parle du fait que j’abrégeais mes activités sociales afin de pouvoir retrouver mes amies virtuelles Lorelai et Rory. J’ai trouvé la série si bien écrite et les personnages si attachants que j’ai tout fait pour retarder l’heure fatidique du dernier épisode… mais c’est tout de même arrivé. Et depuis ce temps-là, il y a comme un p’tit vide en dedans de moi quand je m’aventure sur Netflix. Maintenant que je vous ai décrit mon amour pour cette série, j’en viens à mon propos principal: les Gilmore Girls donnent envie de lire encore et encore. En visionnant les sept saisons à 22 ans, j’ai réalisé que j’étais passée à côté de bien des choses lorsque je l’écoutais à 10 ans, à Vrak.tv. Il se trouve que les références littéraires, cinématographiques et musicales abondent. La première réplique de l’épisode qui ouvre la saison 1 donne d’ailleurs le ton, Lorelai fait une blague à propos …

Retour aux sources avec le Geai Moqueur

Aujourd’hui, la télé-réalité est très populaire: Occupation Double, Loft story, La Voix… Que se passerait-il si, pour contrôler le peuple, le Gouvernement utilisait ce phénomène? Les Hunger Games: 24 jeunes âgés de 12 à 17 ans, enfermés dans une arène, pour s’entretuer… 1 seul survivra. Une belle manière de maintenir la peur et l’animosité entre les districts. Mais ce plan qui semble sans failles est planifié sans la présence de Katniss Everdeen aux Hunger Games. Déjà, le fait qu’elle se porte volontaire pour sauver la vie de sa petite soeur, Primm, est hors norme, au district 12. La compassion n’existe plus, les Hunger Games venus, seuls restent la soumission et la peur. Dans ce même état d’esprit, Katniss entre dans l’arène, octroie des funérailles à la petite Rue, 12 ans, qu’elle enterre sous des fleurs, sauve Peeta malgré sa révulsion pour les infections, tente de survivre non pas par action, mais par compassion. L’étincelle d’espoir qui met le feu aux braises: Katniss et Peeta sortent tous les deux vivants de l’arène, en acculant les hautes …

Comment un livre peut changer une vie?

  Je fais partie de celles qui croient que rien n’arrive pour rien dans la vie. Que nous marchons évidemment sur un chemin et qu’à chaque fourche ou croisement, nous prenons la décision d’aller dans une ou l’autre des directions. Comme n’importe quel marcheur dans la forêt, nous croisons nombre d’animaux, de végétaux, de souffles du vent, d’autres individus qui vont nous en apprendre sur nous-même et sur ce que nous voulons vraiment. N’avez-vous jamais pensé que tel événement ou telle personne dans votre vie vous a mené dans un chemin complètement différent que ce que vous vous attendiez au départ? C’est ainsi qu’un jour je suis tombée face à face avec le livre Le Why Café de John Strelecky. C’était une journée normale où je passais du temps dans une librairie à me demander lequel de ces livres j’allais me choisir. Et sur le bout d’une rangée, ce livre jaune m’a complètement éblouie. Ce n’était pas la première fois que je le voyais, mais cette fois-ci, il rayonnait. Je n’ai pas pu m’empêcher de …

Albert et le nez en théière

Albert Théière vit avec Boulette son gros chat affectueusement gourmand. Ensemble, ils vivent une vie des plus ordinaires jusqu’au jour où Albert apprend qu’il aura besoin de lunettes. C’est avec étonnement qu’il apprend par le fait même qu’il a aussi le nez à l’envers, comme une théière, et qu’il ne pourra pas se procurer de lunettes. C’est ainsi qu’il découvre la source ultime de sa différence. Il se souvient d’événements de son enfance et de sa vie adulte où il a dû faire face au regard des autres. Il comprend aussi que c’est pour cela que lorsqu’il avait le rhume ses cheveux se peignaient si bien (Ça, ça me fait rire…) C’est cette différence faciale qui devient le point d’ancrage de tous ses ennuis, autant avec les filles que dans la vie quotidienne. La préface nous dit : « À toutes les personnes qui ne savent pas trop comment, mais qui voudraient bien…»  Ça me parle. C’est donc l’histoire d’Albert qui décide de préparer un plan: prendre plusieurs jours de congé, faire des provisions alimentaires pour Boulette …

On a jeté nos crayons

Aujourd’hui, j’ai écrit à la main sur une vieille feuille blanche qui traînait quelque part sur mon bureau, entre mon ordinateur et mon téléphone, pis j’me suis rendue compte que ça faisait vraiment longtemps qu’j’avais pas fait ça. Trop longtemps. Parce que, avouons-le, c’est rendu rare qu’on sort un stylo d’la poussière et qu’on laisse son encre couler sur un papier. C’est rendu rare, parce qu’on vit dans l’ère d’la fausse-vraie-vie virtuelle. On s’est créé un monde teinté d’émoticônes et de hashtags. Un monde dans lequel on rit avec trois lettres au lieu d’prendre le temps de trouver ça drôle pour vrai. « lol », ça va plus vite. La calligraphie de tout l’monde est rendue pareille parce que, au fond, on n’en a plus vraiment. On l’a tous perdue le jour où on a troqué nos crayons contre le claquement d’nos doigts sur un clavier. En 2015, on écrit tout l’temps. Partout. N’importe quand. N’importe où. Ç’qui pourrait quand même être quelque chose de pas mauvais, si ça nous déconnectait pas du vrai monde. Un cellulaire dans sa poche, un ordinateur à la maison, …

Les communautés littéraires en ligne

À l’ère du numérique, j’ai l’impression que l’époque des clubs de lecture traditionnels où quelques madames se rassemblent pour prendre le thé le samedi après-midi en dégustant le cake au citron est maintenant révolue. (Dommage!) J’ai par contre retrouvé quelque chose qui s’y apparentait l’été dernier en m’intéressant à la communauté littéraire sur Instagram (le cake au citron en moins). À l’aide de mots-clics divers, il est devenu très facile de savoir qui lit le même bouquin que toi, de Beijing au Maryland. On peut alors échanger nos impressions et se suggérer d’autres lectures! C’est sûr que l’aspect humain de la chose y est un peu moins présent, on reste quand même seul avec notre téléphone, mais bon, parler de livres sur Instagram, c’est mieux que de ne pas parler de livres du tout, non? À explorer sur Instagram: #currentlyreading #lecturedumoment . Si vous aimeriez pousser l’expérience un peu plus loin, il existe quelques bookclubs en ligne qui envoient directement le même livre à tout le monde à chaque mois. J’en fais maintenant l’expérience depuis six mois avec mybookhunter. Cette communauté …

Sortir de sa zone de confort (littéraire!)

En tant que libraire, je me trouve régulièrement confrontée à toutes sortes de situations concernant les livres et la littérature, situations qui s’avèrent parfois amusantes, parfois un peu exaspérantes. Mais chaque fois que je me retrouve face à la situation suivante, une partie de moi meurt un peu… (Sur cette introduction plus qu’exagérée, voici une mise en scène du drame en question.) MOI, souriante et dévouée : Bonjour! Est-ce que tout allait bien pour vous? CLIENT, l’air vaguement hésitant : Oui, ben, peut-être que vous pourriez m’aider… MOI, prête à tout : Vous cherchez quelque chose en particulier? CLIENT, décidé à poser sa question : Oui, en fait, j’aimerais un livre pour mes vacances… MOI, en fine détective : Ok! Qu’est-ce que vous lisez, normalement? CLIENT, songeur, puis motivé : Hum… Je lis souvent du Musso, du Levy**… mais j’aimerais faire changement, un peu! Vous savez, aller vers autre chose, essayer du nouveau, là, un autre genre, d’autres auteurs! MOI, heureuse de pouvoir jouer les conseillères : Parfait! Voyez-vous, par exemple, il y aurait… De …