Year: 2015

Le processus créatif et l’habitude

**Caroline à récemment fait une superbe critique du livre de David Usher, Laissez courir les éléphants.  Tout comme elle, j’ai vraiment apprécié ma lecture et j’ai donc aussi décidé d’aborder le sujet, sans pour autant faire la critique du livre. ** Lorsqu’on pense aux artistes et aux créateurs, c’est souvent l’image d’une personne consumée par son art, qui s’y met quand l’inspiration lui prend et qui projette cette image du bohème désordonné qu’on aspire toujours un peu à être. Par contre, si on s’arrête deux secondes à bien y penser, c’est une manière assez réductrice de décrire ce que font les artistes, les créateurs et même une large partie de la société qui s’attarde à construire, déconstruire, apprendre, inventer, créer. On aime idéaliser l’artiste parce que c’est bien plus beau de se dire que l’inspiration est la clé de tout et que le talent est un état fixe, mais si on s’arrête à penser à un projet créatif ou à une discipline qui nous intéresse mais qu’on a jamais réussi à pousser plus loin, on voit que …

Archie et sa bande ou comment j’ai commencé à aimer lire!

La fin de semaine dernière, je suis allée vider mon ancienne chambre d’adolescente chez ma mère. Il faut dire qu’elle était restée telle quelle depuis mon départ en 2008, alors disons simplement qu’il était plus que temps que je m’en occupe. Nostalgie était au rendez-vous, je vous le garantie. Je suis retombée sur de vrais petits trésors, des lettres d’amour d’anciens amoureux (on s’écrivait des lettres pas des textos dans ce temps-là, haha je me sens vieille!), des lettres avec de nombreux crayons gels écrites par mes « bests » et des techniques de pliages toutes plus inventives les unes que les autres (non mais comment on faisait ça?), un document sur ma vision de l’an 2000 (hahaha, beaucoup trop futuriste mon affaire!) et finalement ma grosse collection de BD d’Archie et sa bande. Mon histoire d’amour avec la lecture remonte à très loin. D’ailleurs, du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les histoires qu’on me racontait au lit avant de sombrer au pays des rêves, ce qui explique pourquoi encore aujourd’hui je lis …

Cultiver son monde

Je me souviens encore de ce moment, parce que je me le remémore de temps en temps depuis une dizaine d’années. J’étais à la fin de mon secondaire, dans un camp de vacances avec les autres finissants, et mon groupe était assis dans un grand chalet pour passer une soirée tranquille à faire le point sur les cinq années scolaires qui allaient bientôt se terminer. À un certain moment, les enseignants avaient décidé que nous allions tous, à tour de rôle, venir nous asseoir au centre du groupe pour que les autres puissent nous faire part de ce qu’ils avaient aimé de nous et des moments passés en notre compagnie. Lorsque mon tour était arrivé, la plupart de ceux qui s’étaient exprimés avec une certaine profondeur étaient mes ami(e)s les plus proches, alors que les autres se contentaient de quelques mots gentils ; cependant, le témoignage m’ayant le plus marqué venait d’une fille qui ne faisait pas partie de mon cercle d’amis, mais que j’aimais bien malgré tout: « Raph, tu vis dans ton monde, mais …

« Walmart : Journal d’un associé » d’Hugo Meunier : Nouvelle lecture de juin du défi littéraire

Suite au vote survenu sur le groupe Facebook de l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, nous allons lire « Walmart : Journal d’un associé » d’Hugo Meunier. C’est la première fois depuis le début de l’année que nous allons lire un essai québécois, plutôt qu’une oeuvre littéraire, vive la diversité! (J’espère vraiment que nous aurons la chance de lire une bande dessinée québécoise au cours de ce défi!) Alors voici la petite description de l’essai offert sur le site de Lux éditeur : « Katia, ma boss de La Presse, trouve que je prends mon nouveau travail trop à coeur, que j’en oublie même un peu pourquoi je suis devenu associé. Je ne pense presque plus à mon reportage. Je pense à mes palettes, mes livraisons, mes rotations, mon over et mon facing. Je pense Walmart. » Journaliste à La Presse, Hugo Meunier s’est infiltré pendant trois mois dans une succursale de Walmart, au nord de Montréal. Pendant sa vie d’« associé », il a tenu un journal dans lequel il …

Chroniques d’une anxieuse : j’te jure, tu vas revenir!

Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai toujours aimé marcher sous la pluie. Souvent, ça a été un des meilleurs remèdes pour remonter mon p’tit moral tristounet. Moi, le sourire aux lèvres, sous une douche de petites gouttes tombant du ciel, j’oubliais mes soucis, mes tracas, le merdier dans ma tête qui m’empêchait d’avancer. J’oubliais, les deux pieds trempés, que le matin un autobus avait passé un peu trop près du trottoir où je me trouvais faisant éclabousser une vague de bouette sur ma jolie robe. J’oubliais qu’en allant me chercher un café, la robe toute tâchée de gadoue bien brune, un homme m’avait dépassée et avait commandé pendant trois heures des breuvages pis des beignes pour tous ses p’tits amis. J’oubliais qu’en prenant ma douche la veille j’avais pleuré sans trop savoir pourquoi. Juste parce que mon corps avait besoin de faire sortir une peine incontrôlable, une peine qui n’avait pas de nom, mais qui était bien réelle. Pis cette peine-là me hantait encore. C’était difficile à expliquer, à comprendre, à saisir. C’était …

«Ce qu’il reste de moi» de Monique Proulx : critique de la lecture de mai du défi littéraire

Je n’ai lu qu’un seul Proulx avant «Ce qu’il reste de moi» et c’était «Le sexe des étoiles». Ce roman m’avait beaucoup marquée par son histoire. C’était l’histoire d’une transsexuelle. Suite à ma lecture de «Ce qu’il reste de moi» j’ai pu constater le même style d’écriture. Pour chacun de ses chapitres nous faisons la rencontre d’un de ses personnages. Au fil de notre lecture on constate les liens qui existent entre ceux-ci. Malgré qu’à certains moments, j’éprouvais quelques difficultés à me situer dans l’histoire. Nous faisons la rencontre de personnages intéressants, dont Gabrielle (Gaby) que j’ai beaucoup aimé. Mais honnêtement, ça s’arrête là. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai lu ce livre à un mauvais moment, mais l’histoire ne m’a pas plu. Malheureusement, à certains moments de la lecture, j’étais absente. Il y a aussi plusieurs passages que je ne comprends pas. En fait, je ne comprends pas l’histoire tout simplement. Que fait Jeanne Mance dans l’histoire, que font les autochtones?,  L’Église?, Les «esprits»? Le diable? Ça s’est trouvé à être …

Six romans pour (re)découvrir Montréal

Montréalaise depuis toujours, je me plais à retrouver ma ville en littérature. Parfois, elle ne sert que de décor dans une oeuvre littéraire, d’autres fois elle est un personnage, mais toujours elle rend compte de ses habitants. La diversité, l’histoire, la richesse, la lourdeur, les paradoxes, les beautés de notre métropole y passent. La littérature québécoise a cette qualité, elle ne fait aucune discrimination. Les régions comme la métropole y sont représentées et ce, dans leur plus grande beauté comme dans leur plus grande dureté. Voici donc quelques titres où Montréal est représentée. JE SAIS qu’il en existe des centaines d’autres, mais ce sont pour moi, ceux qui représentent le mieux Montréal. Dites-moi dans les commentaires quel livre met le mieux en scène Montréal (ou votre propre ville) selon vous ? Côte-des-Neiges  Côte-des-nègres, Mauricio Segura Ce roman de Mauricio Segura fait partie de cette littérature migrante du Québec. Entouré de grands nom comme Kim Thuy, Dany Laferrière, Ying Chen et bien d’autres, Mauricio Segura nous offre une nouvelle version de son Montréal. Ce roman qui se …

Sauver la planète une bouchée à la fois; un guide du quotidien

Quand j’ai vu que le nutritionniste urbain publiait un livre sur l’alimentation, j’étais ravie. Je savais de mise que ça n’allait pas vraiment parler de recettes et de nutrition dans le sens commun du terme alors je n’ai pas été surprise par le contenu du livre, comme certains le furent (c’est ce que j’ai lu). J’avais vraiment hâte parce que je voulais  en connaître davantage sur l’industrie agro-alimentaire, sur les produits biologiques et sur le jardinage urbain, pour ne nommer que quelques uns des sujets abordés dans cet ouvrage. Toute cette sphère de l’alimentation est un intérêt assez nouveau pour moi alors, n’en sachant pas beaucoup, j’ai énormément appris en lisant ce livre. Je me suis souvent dite que si j’avais à devenir végétarienne (ce que je ne ferai pas), ce ne serait pas tant pour les animaux que pour toute la pollution qu’entraîne l’industrie agro-alimentaire et cet ouvrage n’a fait que confirmer cette pensée. C’est fou de savoir comment certains types d’élevages sont à la fois mauvais pour l’animal, aucunement éthique mais aussi très polluant …

Reconstitution de mon âme rapaillée

À Marie-Andrée Beaudet À lire en écoutant le son de la musique à bouche La venue du printemps et de son compagnon le beau temps me ramène toujours à lui. «Tu as les yeux pers des champs de rosées tu as des yeux d’aventure et d’années-lumière la douceur du fond des brises au mois de mai» (p.59) L’épanouissement de cette saison en fleur et l’éclosion de toutes ces passions ont fait renaître en moi ce besoin de m’évader à travers la poésie: eau-de-vie, source de bien-être, nectar de béatitude. «tu viendras toute ensoleillée d’existence la bouche envahie par la fraîcheur des herbes le corps mûri par les jardins oubliés où tes seins sont devenus des envoûtements tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras où tu changes comme les saisons je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine à bout de misères et à bout de démesures je veux te faire aimer la vie, notre vie t’aimer fou de racines à feuilles et grave de jour en jour à travers nuits et gués de moellons nos vertus …

Un loup dans la bergerie

Lorsqu’une amie m’a prêté le livre Acheter, c’est voter de Laure Waridel il y a quelques annés, je dois avouer que ça a grandement changé ma vision de notre société capitaliste. Bien sûr, je connaissais et comprenais le principe du commerce équitable, mais je me figurais mal comment moi, simple consommatrice d’Amérique du Nord, je pouvais réellement faire une différence. Mais Laure Waridel m’a convaincue que «consommer a trop d’impact pour que cela soit considéré comme un geste strictement individuel». Evidemment, je ne suis pas parfaite, je n’adhère pas à un mode de consommation totalement équitable et biologique, ni même l’un d’eux, en tout temps. Par contre, je réfléchie plus lors de mes achats. Je pense à l’impact de ma consommation personnelle, tant au niveau social qu’environnemental. J’adore acheter local et j’encourage le commerce équitable, lorsque le choix se présente. J’ai également un regard plus critique face à ce que les commerces nous offrent. «Au quotidien, faire des choix de consommation responsable est aussi un moyen de passer à l’action et de contribuer à un nouveau genre de « révolution tranquille ».» C’est donc dans cet esprit de vouloir encourager les petits producteurs, …