Mois : avril 2016

Ma passion murakamienne

J’écris aujourd’hui non pas pour vous faire une grande analyse de l’œuvre complète de l’écrivain le plus populaire du Japon, mais pour vous partager ma passion murakamienne et j’espère vous donner envie de le découvrir si ce n’est pas déjà fait. Jamais je n’ai fait de recherches afin de trouver un auteur qui correspond aux qualités littéraires de l’auteur que je vous présente. Jamais je n’ai demandé à un libraire : je veux de la littérature japonaise comme ci comme ça, s’il vous plaît. Jamais on ne m’a présenté son œuvre. Jamais on ne m’a convaincue d’en faire la lecture. Murakami est entré dans ma vie par un heureux hasard. J’ai jeté mon regard vers la couverture d’un livre, La ballade de l’impossible, j’ai lu la quatrième de couverture et j’ai feuilleté les pages sans même les regarder. Je tenais le livre dans ma main comme un trésor. Je l’ai senti (folie à la librairie); c’était de lui que j’avais besoin, pour calmer l’orage à l’intérieur de moi, pour m’évader dans un autre monde sans grands risques, …

On lance notre campagne de sociofinacement !

C’est avec beaucoup de bonheur qu’on vous présente notre campagne de sociofinancement. Notre objectif est d’atteindre 10 000$ avant le 20 mai prochain. Allez découvrir nos contreparties et procurez-vous les premiers coffrets (mensuel et féminisme) + la magnifique tasse et le sac illustrés par Yelle Illustrations. Pour plus d’informations, consultez notre campagne ou écrivez-nous! Pour découvrir la campagne, cliquez ICI. 

Harry Potter et le féminisme

Je suis sans contestation une grande fan d’Harry Potter. Je les ai relus (vraiment) plus que nécessaire au fil des années et les connais presque par cœur. Récemment, à la recherche de nouvelles pages à me mettre sous la dent, je me suis mise à dévorer les études critiques qui ont été faites sur Harry Potter, faisant de la populaire saga un objet d’analyse littéraire s’ouvrant sur d’autres domaines. Résultat? Harry Potter, la série jeunesse mondialement connue, se retrouve au cœur d’une réflexion complexe qui dépasse l’œuvre en tant que telle. On assiste donc, en quelque sorte, à une ouverture des appareils critiques à des objets « populaires » et nous savons, en tant que littéraires, comment c’est un débat qui a encore lieu dans les milieux universitaires. Il m’a été permis de voir avec grande surprise qu’un très grand nombre de lectures d’Harry Potter ont été produites. Après les analyses littéraires formelles ou les réflexions sur l’imaginaire, le champ d’études s’ouvre à d’autres disciplines : on retrouve des lectures sociales et politiques (Pierre Bruno), des lectures psychologiques et psychanalytiques …

Geneviève Desrosiers – Nombreux seront nos ennemis –

Geneviève Desrosiers n’aura publié qu’un seul recueil et ce, à titre posthume. L’auteure montréalaise de 26 ans, décédée tragiquement, il y a 20 ans, tombant d’une fenêtre lors d’une fête donnée par un ami, aura su laisser sa marque par ses multiples œuvres et ses écrits. Artiste visuelle et jeune auteure, Geneviève Desrosiers était de ceux promus à un brillant avenir artistique. Quelques mois après son décès, c’est par hasard qu’un éditeur tombe sur un poème de Geneviève Desrosiers dans la revue Arcade, le seul texte qu’elle aura publié de son vivant. Apprenant la mort récente de la poète, et avec la permission de la famille, l’éditeur déterrera bon nombre de joyaux poétiques pour les compiler dans un recueil unique : « Nombreux seront nos ennemis ». Chaque fois, la réimpression du recueil rappelle la pertinence d’une telle auteure dans notre univers littéraire. Le petit livre est divisé en deux parties, la première comprend des dizaines de poèmes et d’écrits terminés, des mots choisis avec soin, un ton révélateur de la personnalité frondeuse de la jeune auteure. La …

Le cœur d’une autre

Ce livre me fut donné par une bonne amie. Malgré mon bonheur de recevoir un roman de Tatiana de Rosnay (auteure dont j’avais entendu beaucoup de bien), j’étais un peu sur mes gardes. En fait, malgré que j’aie plusieurs points communs dans mes goûts littéraires avec mon amie, je la connais comme une grande romantique (chose que je ne suis pas). J’avais donc peur de me retrouver dans une histoire à l’eau de rose. Ce ne fut pas le cas. Évidemment, nous retrouvons une histoire d’amour dans le roman, mais c’est en fait beaucoup plus que ça. Bruce est un homme misogyne, grognon, simpliste, détestable. C’est un homme solitaire qui s’habille avec aucun style, il semble incapable d’aimer ou de prendre du temps pour son fils. Il est imbu de lui-même, «me, myself, and I». Il apprend que son cœur est malade, qu’il doit recevoir un nouveau cœur, sinon il va mourir. Lors de cette étape de sa vie, Bruce change certains de ses comportements. Dans l’attente de ce nouveau cœur il arrête de fumer, …

In between de Marie Demers: dans l’entre-deux et le deuil

Je l’avoue, depuis que Marie Demers est venue dans mon séminaire de maîtrise pour nous parler des romans « jeunes-adultes », j’avais très hâte de lire son roman, un projet, nous a-t-elle dit, issu de son mémoire-création tout juste terminé. Quelques mois plus tard, j’ai In between entre les mains et je n’ai pas tardé à le dévorer. Au début de In between, Ariane, la narratrice, est en voyage en Asie et c’est là qu’elle apprend la mort de son père. De retour au Québec le temps des funérailles, elle repart aussitôt, dans un désir de s’éloigner, de reprendre son souffle, de prendre un « break » et de se retrouver. Elle se retrouve tour à tour en Argentine, en Irlande, en Belgique, en France, au Cap-Vert, en Inde, elle parcourt le monde dans une sorte d’éternelle fuite, mais surtout à la recherche d’elle-même. On la suit à travers ses histoires d’amours éphémères, Alfredo, Daniel, ses amitiés, Teresa, Maïté, ses questionnements, ses moments de désillusion, parfois de bonheur, sa recherche d’expériences fortes et d’une sorte de démesure, entre …

Une petite parcelle de Salinger

Il y a quelque temps, j’écrivais un article sur Holden Caulfield, le personnage éngimatique de J.D Salinger, dans lequel je disais que ce personnage représente tellement pour moi et j’ai reçu un agréable message. On me proposait de lire la dernière parution de Pocket, Mon année Salinger de Joanna Smith Rakoff. C’est avec plaisir que je me suis laissée plonger dans ce roman basé sur une expérience réelle de l’auteure. Joanna a travaillé pendant une année dans le début des années ’90 à l’Agence qui représente plusieurs auteurs américains, dont le célèbre Salinger. L’agence pour laquelle est engagée Joanna est menée par une directrice froide, quoi que finalement passionnée et sensible. Sur le quatrième de couverture, Fréderic Beigbeder dit que le roman lui faisait penser à Le diable s’habille en Prada et je dois avouer qu’à un certain niveau on se retrouve dans l’ambiance de bureau froid et cela m’a bien plu. L’agence est ancrée dans des rituels classiques et immuables : Joanna se doit d’utiliser une vieille machine à écrire. Bien qu’engagée comme assistante …

Petites histoires à emporter partout, partout

Je suis tombée par hasard sur le bouquin Histoires à emporter de l’illustrateur belge José Parrondo à la bibliothèque de mon école. Je l’ai pris sans trop savoir à quoi m’attendre et j’ai tout à fait été charmée. De très courtes histoires nous sont racontées et imagées. En fait, elles sont plus que racontées, les histoires sont les personnages principaux. Le ton ludique, presque enfantin, utilisé rend ces personnifications attachantes en si peu de mots. Histoires à emporter est un roman graphique qui fait du bien, qui rend le cœur plus léger et la tête plus joyeuse. Il s’agit d’un livre qui se lit très vite, mais qu’il faut absolument prendre le temps de savourer. Parfait pour les dimanches matin sous la couette ou pour les mardis soir, un thé à la main. Les illustrations sont comiques, rafraichissantes. Une petite merveille à partager avec les tout-petits ou avec les trop-grands qui ont tendance à oublier de profiter du simple et du beau. J’aurais envie de vous partager toutes les histoires, je n’arrive pas à choisir ma …

Des artisans du papier montréalais à découvrir

Je pense que ce serait un euphémisme  de dire que j’aime les cahiers, la papeterie, le papier. En fait, c’est plus profond, c’est la promesse des pages blanches à remplir, c’est l’effort de trouver le bon cahier pour les bons mots, c’est la beauté qui entoure l’objet et la collection de celui-ci. Bref, j’aime VRAIMENT ça. Puisque je sais que je ne suis pas la seule, je me suis dit que j’allais m’éloigner un peu des pages déjà pleines des livres pour parler un peu de quelques compagnies qui rendent heureux tous ceux qui veulent faire changement de leur Moleskine noir – quoi que je suis bien fidèle au mien. Je suis donc allée espionner l’Instagram de Boucle et Papier, la plus belle papeterie de Montréal, et j’ai fait mes recherches Etsy pour trouver quelques compagnies de chez nous qui font du beau pour y écrire votre prochain roman/poésie duquel on parlera peut-être sur le blogue un jour. Baltic club Baltic club prend de plus en plus d’extension sur le marché montréalais. La compagnie, composée de …

Les prix littéraires qui réchauffent la gorge

Il n’aura fallu que cinq minutes avant que mon problème d’acheteuse compulsive et ma passion pour la littérature jeunesse ne s’allient lorsque j’ai aperçu que les plus récents nominés au prix littéraire des libraires jeunesse venaient de paraitre. Un gros cinq minutes pour que je me mette à fantasmer sur les deux romans que l’on annonçait dans la catégorie 12-17 ans. Cinq minutes avant que je passe une commande en ligne et que je me retrouve plus pauvre, oui, mais avec l’assurance que du grand allait me parvenir par la poste dans le bientôt. Les lauréats de cette année se séparent en deux catégories bien distinctes.  Une oeuvre d’Amélie Dumoulin, FémFé, a été choisie pour représenter la catégorie québécoise, tandis que, du côté des écrits internationaux, on retrouve Le soleil est pour toi, de Jandy Nelson. Deux romans très différents qui parlent d’adolescence, de découvertes et de grandes tristesses. Deux romans qui ont su me toucher à leur manière respective. FémFé, c’est l’histoire d’une rencontre qui embellit l’existence, d’un amour puissant, mais également empli de …