Year: 2017

Sauf que j’ai rien dit… Le premier roman de Lily Pinsonneault = une laine réconfortante

Je venais de finir ma dernière session au bac en littérature de l’UQAM, cela devait faire des mois et des mois que je n’avais pas lu un livre par simple plaisir… Bref, mes antidépresseurs (et l’anxiété!!!) m’installaient dans un flou perpétuel et peu agréable qui me paralysait dans mes désirs de lectrice. Si je n’étudiais pas, je dormais. Bref, quand Marjorie – l’une des fondatrices du blogue – m’a offert le premier roman de Lily Pinsonneault pour en faire la critique, j’étais bien heureuse de pouvoir recommencer à lire pour le plaisir, mais aussi nerveuse à l’idée de recommencer à écrire… quelque chose (même si je commence ma maîtrise en création littéraire en septembre!). En un après-midi je refermais le livre : je venais de le terminer. En l’espace de quelques heures, j’avais lu le roman d’une seule traite. Disons que pour un premier roman, Lily Pinsonneault coupe le souffle. Voici ma (petite) critique de son roman Sauf que j’ai rien dit… Deux êtres humains qui s’effleurent à travers le temps. L’histoire (un peu classique, un peu …

Retirer un terme : Art ArtRetirer un terme : Élisabeth Recurt Élisabeth RecurtRetirer un terme : éditions l'erre de rien éditions l'erre de rienRetirer un terme : Bibliothérapie BibliothérapieRetirer un terme : création créationRetirer un terme : enracinement enracinementRetirer un terme : exil exilRetirer un terme : identité identitéRetirer un terme : immigration immigrationRetirer un terme : Je finirai bien par comprendre Je finirai bien par comprendreRetirer un terme : Le fil rouge Le fil rougeRetirer un terme : le fil rouge lit le fil rouge litRetirer un terme : les livres qui font du bien les livres qui font du bienRetirer un terme : Racines Racines

Je finirai bien par comprendre; quand l’art devient un no man’s land contre l’exil.

Avoir deux pays, être déchiré entre deux endroits, deux mondes, deux soi. Quitter la France à 6 ans, quitter le Québec à 15, y revenir jeune adulte, quelles sont les traces que ces exils laissent chez quelqu’un? Ce sont ces questions que se posent l’auteure Élisabeth Recurt dans son court roman Je finirai bien par comprendre. Divisé en 4 livres – ou bien chapitres – on retrouve Élisabeth, 6 ans, prête à partir en vacances, sans date de retour. Dans cette première partie, on se trouve face à la naïveté d’une enfant qui ne comprend pas l’ampleur de ce qui lui arrive, qui subit les choix d’adultes et qui n’a d’autres options que de suivre, sans trop poser de questions. S’en suit alors les questionnements d’une adolescente qui n’est française que pour les québécois et québécoise que pour les français. Prise entre deux, amoureuse de son pays d’adoption, c’est face à la colère d’une adolescente qui se voit contrainte de retourner sur une terre qui ne semble plus être la sienne qu’on se retrouve dans le second …

Quand les fibres textiles racontent le devoir de mémoire

Armoire aux costumes, Charles Sagalane Toute une bête qu’est cette publication d’à peine 177 pages. Je ne peux même pas catégoriser la chose! Présentée tel que faisant partie d’un projet qui s’insère dans un vaste édifice littéraire : le Musée Moi… par ses moyens indisciplinaires! Ça situe déjà l’aventure. D’abord intéressée par la relation aux textiles sur le devoir de mémoire et comment ils peuvent altérer notre relation au monde, à soi, aux autres, j’abordais donc cette œuvre avec mes préalables… totalement à l’ouest! Je crois que c’est ici que réside sa grande force, proposer un territoire commun, connu pour nous emporter loin, très loin! J’ai adoré l’aventure! En voici la structure! Commencer par le dessert Joint à cette parution, un carnet rose intitulé Choses qu’on ne porterait jamais, expérience du vêtir. Ma copie numérotée 63/73 commençait comme suit : bas de nylon chemise verte pantalon avec de « l’eau dans cave » mini-jupe extensible … crocs J’ai évidemment amorcé cette rencontre avec l’univers de Sagalane par la fin, par ce carnet qui au final… …

Ce qu’on a lu comme roman tiré de la littérature autochtone pendant le mois de juin #Jelisunlivrequébécoisparmois

Mois de juin, mois de la St-Jean, mois qui souligne la communauté autochtone. Comme je vous l’ai signifié dans notre article de suggestions de lecture de la littérature autochtone, le 21 juin était leur journée internationale. Je crois qu’ils et elles méritent l’honneur d’être soulignés, que ce soit par leur histoire, leur culture ou leur littérature. Nous nous devons de respecter les communautés autochtones et de se faire pardonner, il y a encore malheureusement trop de cicatrices. Je fus alors très heureuse de me lancer le défi de trouver des livres sur les premières nations nord américaines-canadiennes. Ma première lecture fut Matisiwin de Marie Christine Bernard et ce fut un vrai coup de cœur ! L’écriture de Matisiwin m’a permis de me mettre dans la peau de cette femme à la recherche de sa propre identité. Marie Christine nous raconte une histoire de famille, une histoire que plusieurs familles autochtones ont malheureusement connue et connaissent encore aujourd’hui. Le personnage principal fait un pèlerinage après avoir laissé sa jeune fille à sa mère. Elle a fait …

Le fil rouge; L fil rouge lit; Bibliothérapie; Littérature; Lecture; Livres; Les livres qui font du bien; Les auteurs du 4-Mai; Mouvement du 4-Mai, Lu Xun, Lao She, Xiao Hong, Mao Dun, Chine, Révolution par les livres

Les Auteurs du 4-Mai : comment faire la révolution avec des romans

Lorsque je faisais mon bac en sociologie, j’ai suivi un cours de littérature chinoise contemporaine. Je l’ai choisi juste comme ça, parce que la Chine m’avait toujours fascinée et que j’avais envie de découvrir un autre monde littéraire. Tout le monde a ri de moi, quel cours inutile! Pourtant, c’était un cours captivant, rempli d’histoire, de culture et d’écrivains rebelles. J’avais toujours hâte d’y assister. Et c’est avec un grand plaisir que j’ai fait mentir tout le monde en y trouvant mon sujet de mémoire, quel cours utile finalement! Alors, pendant 2 ans, j’ai travaillé sur le Mouvement du 4-Mai en Chine, qui regroupait plusieurs centaines d’auteurs. Qu’est-ce que le Mouvement du 4-Mai? C’est au début du XXe siècle qu’émerge le Mouvement du 4-Mai. C’est un mouvement à la fois littéraire et politique qui a pour principal objectif de moderniser la Chine, afin de la rendre plus compétitive face aux grandes puissances impériales de l’Europe. Comment comptent-ils y arriver? Grâce à la littérature, évidemment! Les romans deviennent alors le principal vecteur de diffusion des idées …

Tu me places les yeux, Aimée Lévesque, poésie, poésie québécoise, La peuplade poésie, Édition La peuplade, deuil, grand-mère, enfance, nostalgie, tendresse, poème, poésie québécoise, le fil rouge, le fil rouge lit, poésie deuil de la grand-mère, figure maternelle, les livres qui font du bien, le fil rouge lit,

Nos suggestions de recueils de poésie pour le mois de juillet du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

Le mois de juillet sera un vrai défi, parce que je ne lis que très rarement de la poésie. Pourtant c’est un art que j’aime entendre, j’aime voir. J’adore voir les artistes s’exprimer et s’enflammer sur scène. Quand je l’entends, je la sens, je vis les émotions et je crois la comprendre. Quand je la lis, elle vient moins me toucher. Il y a des exceptions évidemment, mais j’ai le sentiment que ça vient moins me toucher, que la compréhension est moins là et surtout que mon interprétation n’est pas la bonne. Suggestions et/ou lectures des fileuses  Ce que je vais lire : Comme je vous l’ai expliqué plus haut, je ne suis pas une grande «fan» de poésie. Le défi lecture du mois de juillet est alors un vrai défi pour moi. J’ai donc décidé d’aller dans une valeur sûre. Je vais lire l’un des recueils de poésie d’un auteur québécois que j’aime beaucoup, David Goudreault : Testament de naissance. Laurence et Kim liront Filles de Marie Darsigny Vanessa lira aussi Filles de Marie Darsigny et Marie …

Le fil rouge, Le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, les âmes soeurs, Valérie Zenatti, France, Points, Éditions de l'Olivier, mort, deuil, photographie, tristesse, littérature étrangère, amour, liberté, famille, femme

Les âmes sœurs de Valérie Zenatti, au cœur des vagues violentes qui déferlent en nous

Parfois, c’est par hasard que l’on découvre un auteur qui va nous rejoindre profondément par son écriture, pour qui on va avoir un coup de cœur. C’est ainsi par grand hasard que j’ai découvert Valérie Zenatti. Ça remonte aux moments du début de ma vie d’adulte où je me rendais presque hebdomadairement à ma bibliothèque de quartier, endroit que je parcourais inlassablement, rangée par rangée, dans l’espoir qu’une tranche de livre particulièrement attrayante attire mon regard. Je n’avais pas d’auteurs écrits sur un bout de papier, je ne cherchais rien, mais j’espérais vraiment trouver quelque chose. Et par son nom de famille qui commence par « z », Valérie Zenatti se trouvait à la toute fin de la dernière étagère, où je me retrouvais nécessairement à chaque fois, après avoir arpenté chacune des rangées, une à une. J’ai d’abord dévoré En retard pour la guerre, puis Quand j’étais soldate, puis Une bouteille dans la mer de Gaza, dont il a été récemment tiré une adaptation cinématographique. Puis, même si tous ses romans sont à découvrir, …

L’Adversaire, le récit d’un homme insaisissable

L’œuvre postmoderne se caractérise par des personnages marginaux, un mélange de plusieurs genres accompagné d’une fragmentation du style d’écriture. Retrouver tout ça dans un même ouvrage, ça reste assez rare et en faire une très bonne histoire, encore plus. Or L’Adversaire d’Emmanuel Carrère y parvient. Le coeur du récit L’Adversaire, c’est l’histoire d’un homme : Jean-Claude Romand. Mélangeant fait divers, roman policier, autobiographie et biographie, Carrère y relate le meurtre sanglant de la femme et des deux enfants de Romand. Toutefois, ce crime terrible en cache d’autres. En effet, Jean-Claude Romand, réputé médecin de l’OMS à Genève en Suisse s’avère n’avoir jamais mis les pieds dans cette organisation. Plus le procès approche, plus des éléments déroutants sur sa vie sont découverts. Celui-ci n’a jamais terminé ses études en médecine, mais assistait tout de même aux cours faisant croire à ses camarades qu’il faisait partie des leurs. Jean-Claude Romand est même allé jusqu’à s’inventer un cancer.  Les mensonges s’empilent et se multiplient, mais en réalité, qui est donc cet homme ? Comment se fait-il que personne n’ait …

Relire enquête sur une passion littéraire, Laure Murat, lefilrougelit, le fil rouge, la relecture, relire, auteurs français, Flammarion, lectures-fétiches, passion littéraire, romans marquants, essai sur la relecture,

Le charme de la relecture

« Cherche-t-on dans la relecture la personne qu’on était ou celle qu’on est devenue? » C’est en lisant cette question que j’ai pris conscience de la motivation de Laure Murat dans son essai Relire, Enquête sur une passion littéraire. Dans cet essai, elle s’entretient avec différents auteurs contemporains français et gens du milieu du livre, tels que Christine Angot, Annie Ernaux, Éric Chevillard et plusieurs autres. Elle leur a envoyé un questionnaire (disponible à la fin de cet article) pour connaître de quelle façon ceux-ci voyaient la relecture. Elle tenait à donner la parole à ceux qui relisent pour mieux comprendre le charme de se replonger dans un livre qu’on a déjà connu. Le premier chapitre de l’essai est consacré à analyser la relecture et les raisons pour lesquelles les gens aiment relire ou au contraire n’aiment pas. Quoique cela reste profondément intime, comme le démontreront les réponses des participant-es, il est intéressant d’analyser ce phénomène auquel s’adonnent les amoureux des livres. N’avons-nous tous pas un livre marquant voire fétiche qu’on aime relire, pour s’y …

bibliothérapie, montréal, montréal 375, fil rouge, fil rouge lit, texte d'opinion

Ville-Marie en deux temps

Montréal est une ruche, constamment bourdonnante et frénétique. Même si New York porte le titre de la ville qui ne dort jamais, Montréal ne ferme pas les deux yeux en même temps. J’ai aménagé dans le quartier Ville-Marie durant l’année de mes 21 ans et j’ai rapidement trouvé un emploi en plein cœur du centre-ville, au centre Eaton. Sans hésiter, j’ai quitté le nid familial, confortablement installé en banlieue, pour plonger tête première dans la vie citadine! L’énergie de Ville-Marie ressemble, selon moi, à ce qui se vit dans les grandes villes comme New York ou Paris. Ce n’est pas un secret pour personne : il y a du trafic en tout temps et la foule est dense. Une symphonie de bruits en tout genre résonne dans les rues : klaxons, rires, bruits de pas, pleurs de bambins, sonneries quelconque… Les gens y sont pressés, entassés comme des sardines sur les trottoirs sales, leurs yeux et leurs oreilles rivés sur l’écran de leur cellulaire. La plus grande particularité, selon moi, c’est qu’on y entend un mélange étrange …