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L’audace d’être un littéraire

Des études littéraires? Pourquoi? À ma première journée universitaire, j’ai eu un cours de création littéraire. D’entrée de jeu, le professeur nous a demandé pourquoi nous avions choisi des études littéraires. Quelqu’un a dit que c’est parce qu’il aimait lire, un autre, qu’il aimait écrire. Mais le professeur a insisté. Pourquoi sommes-nous ici? La classe est restée silencieuse un moment. Je pense que personne ne le savait vraiment. Le professeur a continué de nous regarder avec un sourire en coin. Et il a fini par nous dire : « Mais c’est parce que vous êtes audacieux! » Au début, je pense que personne n’a vraiment compris. Audacieux de quoi? Pourquoi? Il nous a expliqué sa façon de voir les choses, mais voici ce que j’en ai retenu. Parce qu’il ne peut en être autrement. Choisir d’étudier en Littérature, c’est sans cesse se faire demander « Pourquoi? » On ne demande pas à un étudiant en médecine pourquoi il a choisi cette branche : c’est bien évidemment parce qu’il veut améliorer la vie des gens. Un étudiant …

« Assommez-moi quelqu’un » ou la chronique d’une fille (un peu trop) occupée

« Assommez-moi quelqu’un », c’est ce que je me disais hier soir, alors que je me suis retrouvée couchée à 8 h 30 dans mon lit à cause d’un mal de tête d’enfer, et qu’à ce moment-là, mon cerveau n’arrivait même pas à se relaxer trois secondes parce que je pensais à trop d’affaires. Pendant trois heures, je me suis tournée et retournée dans mon lit sans pouvoir avoir la paix. Et s’il n’y avait eu que ça! Le problème, c’est que ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait dans un temps rapproché, et surtout, le problème, c’est qu’il y avait un méchant problème quelque part, dans ma vie, et que c’est hier, la tête dans mon oreiller à me lamenter de douleur pendant des heures, que je me suis avouée vaincue. Après une gigantesque semaine à travailler tous les jours et à faire des millions d’affaires tous les soirs, je venais de passer une journée de samedi de congé à faire la dernière correction pour un texte dont je m’occupais de la …

Écrire l’indicible : Je suis une femme adultère

Je suis une femme adultère. J’ai commis un geste qu’on qualifie d’affreux, d’ignoble, d’égoïste. J’ai été jugée, sur le banc des accusées d’infidélité. Encore heureuse qu’on soit en 2016 et que je n’aie pas été brûlée. Certes, je l’ai été autrement. Par les non-dits, par les « delete friend » sur Facebook, par la peur de mettre les pieds dans certains endroits. J’ai eu si mal, j’ai eu tellement de peine que j’ai quand même eu l’impression de brûler, à petit feu. J’ai été exténuée, à bout de souffle de repasser tout ça dans ma tête, à me culpabiliser, très fort, à me justifier. J’ai voulu partir bien loin, rejoindre les femmes infidèles d’autres temps. On dit que la société actuelle valorise les relations ouvertes, les fréquentations, le polyamour, name it. C’est faux. On juge les personnes qui font des erreurs. On juge les femmes qui font des faux pas, qui ne restent pas dans la case qui leur est assignée. J’étais dans une bonne relation, stable, en cohabitation, pis toute. Mais j’étais mal. Je ne voulais …

Une nouvelle maison pour tous les sorciers

Je ne suis pas une grande admiratrice des fanfictions et des écrits sur les extensions d’univers littéraires. Je m’explique. Lorsque je lis une série de livres (mettons Harry Potter, évidemment), je ne m’acharne pas nécessairement sur toutes les nouvelles qui sont publiées sur Pottermore ou sur les forums de conversation de La Gazette du sorcier. Nous pourrions dire que je suis une puriste et que le classique me satisfait. Or, je dois vous avouer que les mots de J.K Rowling me manquent terriblement ces derniers temps. J’ai tenté de remédier à la chose en me replongeant dans la série. Depuis bientôt un an, j’ai entamé la lecture à voix haute des sept tomes à mon amoureux qui ne les avait jamais lus auparavant, question de combler mon besoin de sorcellerie. Bien que l’activité soit géniale, il semble me falloir plus. Apparemment, J.K Rowling est magique et a entendu mes souhaits, puisque depuis quelques mois les projets en lien avec l’univers de notre sorcier préféré n’ont cessé de croître. Je pense, entre autres choses, au film …

Du livre au film: The silver lining playbook

C’est l’été, et c’est le moment où enfin on peut concentrer beaucoup plus de temps à s’occuper de nos passions favorites. Les miennes sont la littérature et le cinéma. J’adore lire un livre et dès que je le termine regarder le film que l’œuvre écrite a inspiré, parfois pour un plaisir, parfois pour une déception, mais toujours pour satisfaire une curiosité vivifiante et réaliser une nouvelle découverte. Laissez-moi donc vous parler de l’œuvre, The silver lining playbook ou Happiness Therapy, autant littéraire que cinématographique, et ma grande satisfaction quant à l’adaptation au grand écran de celle-ci.  Écrite au ‘’je’’ par Matthew Quick, l’œuvre The silver lining playbook raconte l’histoire de Pat qui sort de l’hôpital psychiatrique après quelques mois pour soigner une dépression et un trouble bipolaire suite à l’infidélité de sa femme. Ayant tout perdu (femme, emploi, maison, etc.) il s’installe chez ses parents (un père inconditionnel fan des Eagles de Philadelphie et une mère trop gentille qui excelle en cuisine) afin de reprendre sa vie en main. Il rencontre Tiffany par le biais …

Voyage au pays des elfes (ou Passion Islande)

Aller au-devant de l’inconnu, accepter d’être vulnérable, s’ouvrir et s’offrir au changement, à l’émerveillement.  Techniquement, je pourrais dire au monde entier que j’aime voyager. Que j’angoisse à l’idée de choisir les bons items à amener avec moi dans mon sac, que je n’arrive jamais à choisir le bon livre pour m’accompagner, que je déteste prendre l’avion et que je pleure chaque fois que je mets les pieds au sol. Mais la réalité est, combien de fois me suis-je vraiment permis de partir? Combien de fois aurais-je fait abstraction de l’insécurité pour me lancer dans le vide? Il y a mille sortes de voyageurs. Ceux qui planifient leur voyage un an à l’avance, ceux qui posent les pieds en sol inconnu avec aucun itinéraire et ceux qui s’enferment dans un hôtel ***** pour avoir la sainte paix. J’ai la conviction qu’aucun voyageur n’a la réponse absolue. Aucune manière n’est meilleure que l’autre, elles se valent toutes et permettent à chacun d’entre nous de se détendre, de s’émerveiller de se sentir complètement éveillé. Pour ma part, je me …

L’influence de la technologie et l’acte de lecture

Après être tombée sur cette vidéo, que je vous conseille vivement d’écouter, je me suis mise à réfléchir sur l’influence qu’ont les technologies sur la lecture, sur le temps pris pour lire, sur la concentration. Avouons qu’il nous est tous arrivé de lire avec notre cellulaire à coté de nous, simplement pour délaisser le papier pour l’écran quelques minutes plus tard. C’est comme un réflexe, un mauvais réflexe, certes. En fait, à bien y penser, c’est plus qu’un réflexe, c’est presque devenu un automatisme. Je crois qu’il est indéniable que les technologies ont une influence sur l’acte de lecture, principalement sur la concentration nécessaire pour lire. Nous sommes tellement habitué à ouvrir 10 pages en même temps sur le web, à lire en billet les articles de blogues (peut-être que c’est ce que vous faites présentement) que s’arrêter pour lire, prendre vraiment le temps de ne faire qu’une chose à la fois, devient presque difficile. Durant les dernières années, je ne peux nier que ma capacité de concentration a baissé à mesure que mes heures …

Je voulais du doux

L’angoisse s’invite souvent chez moi. J’ai le doute amical. Envahie par le stress à longueur de journée, je cherche constamment la sérénité, le calme, le paisible. J’ai décidé très tôt que le voyage me servirait d’exutoire. Que loin de mes responsabilités, je trouverais enfin le calme que je guette tant. J’ai passé des jours à imaginer l’ailleurs comme un lieu des rêves achevés. Comme si je n’arriverais à me poser que dans l’action. J’espérais voir le monde, sauter d’un endroit à l’autre et respirer enfin. J’ai enchainé voyage sur voyage, année après année, en niant le fait que je faisais tomber toutes mes barrières en décidant de quitter la maison. En oubliant qu’ainsi je créais le plus grand déséquilibre chez moi. Que me mettre en danger faisait exploser mon niveau de stress, que celui-ci devenait grand, si grand, que j’en perdais mon besoin de voir le monde. Je passe constamment du désir de partir à l’envie de rester. C’est quand je suis sur le point de prendre mon envol, quand je me retrouve sur le …

Inde : le grand déséquilibre

« Je partirais tellement aujourd’hui, je partirais au milieu de la nuit/Je dirais bonsoir à tous mes amis et je m’en irais à l’infini » (Jean Leloup) C’était juillet fort. C’était juillet humide pis lourd sur tes épaules de petite touriste solitaire. Tu avais quitté Montréal le 1er, en te disant que le Canada aurait beau fêter tous les anniversaires du monde, toi, tu t’en allais voir le reste de la Terre. Tu avais choisi l’Inde pour une raison obscure. Tu avais envie de tomber de haut. Tu avais envie de vertige, de tentatives, d’essais et d’erreurs. Tu avais envie de perdre pied dans un des pays les plus populeux de la terre. Alors tu étais partie avec une amie qui n’avait pas peur du vaste. Vous aviez attendu la fin de l’année scolaire, vous aviez pris vos corps épuisés et vous étiez parties pour un petit village perdu au milieu des rizières, pour une école où les enfants différents retrouvaient le sourire. Vous aviez lu sur l’Inde, bien sûr. Comme tant d’autres, vous aviez vu Slumdog …

Pour mes horcruxes vivants

Mon patronus, c’est les livres de J. K. Rowling. Dans mon enfance, ils me permettaient de m’évader d’un monde qui se voulait souvent bien triste. J’en ai parlé ici. À l’âge adulte, ils continuent toujours de remplir leur devoir en me protégeant de la banalité du quotidien. Je ne dirai jamais assez à quel point la série Harry Potter a sauvé ma vie. C’est que le pouvoir des mots est tellement puissant qu’il devient contagieux et se répand parmi les âmes prêtes à l’absorber. Il suffit d’avoir un peu d’imagination, une bande d’amis incroyable et un jeu de rôle pour devenir un sorcier à temps plein. C’est de cette façon qu’est né mon avatar, Fabiola Grindelwald, fille de dresseur de dragon et fière Serpentard. Pour les lecteurs qui seraient peu familiers avec le jeu de rôle, je tenterai d’expliquer brièvement ce qu’il en est. Il est important de spécifier qu’il existe une panoplie de jeux de rôles. Le nôtre propose une suite logique à la série Harry Potter et se déroule dans l’univers des sorciers …