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Mon amour pour Zola

Je ne peux pas réellement dater quand mon amour pour Zola a commencé. J’ai l’impression qu’il a toujours été là, comme un ami fidèle. J’étonne souvent les gens lorsque je le nomme comme mon auteur favori, car beaucoup gardent un souvenir poussiéreux d’une lecture obligatoire au secondaire. J’aimerais que Zola soit adulé par tous à sa juste valeur, mais je suis bien consciente qu’il peut faire peur et qu’il n’attire pas de prime abord, souffrant de sa mauvaise réputation liée au Réalisme/Naturalisme et de ses longues descriptions ainsi que de son manque de fraicheur. Mais pour moi, Zola c’est tout. C’est la concentration de tout ce que je recherche dans la lecture : rêver à travers des histoires d’amour fortes et réalistes, m’attacher à des personnages clefs, comprendre mieux la nature humaine, apprendre sur l’Histoire, voyager et m’abreuver de mots puissants et poétiques. Zola a développé une fresque humaine à travers une série appelée Les Rougon-Macquart, composée de 20 romans. L’œuvre suit une famille sur cinq générations, tout en dépeignant la société française de la deuxième partie du 19e …

« C’est l’histoire d’une petite fille en équilibre sur une branche, qui ne mange plus rien d’autre que des livres. »

J’ai une admiration sans bornes pour quelques auteures et je dois dire que Delphine de Vigan en fait partie. Son écriture sans flioriture coule d’elle-même et chacun de ses livres m’ont plu. Heureusement, je n’ai pas tout lu. C’est quelque chose que j’aime bien faire quand j’aime beaucoup un auteur, me laisser des livres à lire. Je comprend que l’idée de s’enfermer un week-end avec l’oeuvre entière est fantastique, mais après on se sent vidé. Vidé parce qu’il y a un deuil à faire de ne pas pouvoir relire une oeuvre avec des yeux nouveaux. Je suis certaine que cela vous est déjà arrivé, de lire le plus doucement possible, pour en garder, pour ne pas se précipiter, tellement les mots étaient bons. J’ai donc le plaisir de m’offrir de temps en temps un Delphine de Vigan. Cette fois-ci, j’ai lu Jours sans faim, son premier roman publié en 2001 sous le pseudonyme Lou Delvig. Dans ce premier roman, elle raconte l’histoire d’une jeune fille  de 19 ans, Laure, atteinte d’anorexie. Fanie a déjà écrit …

Le cœur d’une autre

Ce livre me fut donné par une bonne amie. Malgré mon bonheur de recevoir un roman de Tatiana de Rosnay (auteure dont j’avais entendu beaucoup de bien), j’étais un peu sur mes gardes. En fait, malgré que j’aie plusieurs points communs dans mes goûts littéraires avec mon amie, je la connais comme une grande romantique (chose que je ne suis pas). J’avais donc peur de me retrouver dans une histoire à l’eau de rose. Ce ne fut pas le cas. Évidemment, nous retrouvons une histoire d’amour dans le roman, mais c’est en fait beaucoup plus que ça. Bruce est un homme misogyne, grognon, simpliste, détestable. C’est un homme solitaire qui s’habille avec aucun style, il semble incapable d’aimer ou de prendre du temps pour son fils. Il est imbu de lui-même, «me, myself, and I». Il apprend que son cœur est malade, qu’il doit recevoir un nouveau cœur, sinon il va mourir. Lors de cette étape de sa vie, Bruce change certains de ses comportements. Dans l’attente de ce nouveau cœur il arrête de fumer, …

Une petite parcelle de Salinger

Il y a quelque temps, j’écrivais un article sur Holden Caulfield, le personnage éngimatique de J.D Salinger, dans lequel je disais que ce personnage représente tellement pour moi et j’ai reçu un agréable message. On me proposait de lire la dernière parution de Pocket, Mon année Salinger de Joanna Smith Rakoff. C’est avec plaisir que je me suis laissée plonger dans ce roman basé sur une expérience réelle de l’auteure. Joanna a travaillé pendant une année dans le début des années ’90 à l’Agence qui représente plusieurs auteurs américains, dont le célèbre Salinger. L’agence pour laquelle est engagée Joanna est menée par une directrice froide, quoi que finalement passionnée et sensible. Sur le quatrième de couverture, Fréderic Beigbeder dit que le roman lui faisait penser à Le diable s’habille en Prada et je dois avouer qu’à un certain niveau on se retrouve dans l’ambiance de bureau froid et cela m’a bien plu. L’agence est ancrée dans des rituels classiques et immuables : Joanna se doit d’utiliser une vieille machine à écrire. Bien qu’engagée comme assistante …

Une ville en feu

« Dans une maison aux vitres condamnées, dépouillée de tout espèce de confort, il est facile de retourner sa colère contre l’extérieur, d’attaquer cette ville au cœur de laquelle il se trouve, avec sa saleté, sa pollution, son oppression, seulement New York est bien la seule chose qui ne l’a jamais laissé tomber. » New York. La métropole qui fait rêver le monde entier. Le multiculturalisme. La créativité. L’effervescence. L’urbanité à son excellence. J’ai une fascination pour la vie urbaine et l’histoire des grandes villes. Pour moi, une métropole reste un être en soi et un personnage clef des romans. Alors, quand j’ai vu dans la librairie un tout nouveau livre appelé City on Fire, New York 1977 : le roman d’une ville en feu, je n’ai pas hésité à l’acheter, malgré le prix, malgré la taille du roman qui rendrait complexe les déplacements en métro (965 pages!) et malgré le peu que je connaissais de l’histoire. Un livre mettant ma thématique chérie en avant devait forcément être bon. Et puis, lire un bouquin aussi gros m’enthousiasmait …

« Histoire de la violence », le dernier roman d’Édouard Louis

Lors de la parution de son premier roman en 2014, Pour en finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis a créé tout un émoi dans le monde littéraire. Devenu rapidement un bestseller, le roman a été acclamé par la critique tout en dénonçant une réalité française méconnue et rarement démontrée, celle de la violence, du rejet, de l’homophobie. Il racontait son enfance à Hallencourt où il subissait de la violence à l’école comme dans sa famille due au fait d’être différent. Il s’agissait d’une œuvre-choc, sans tabou, ultra intimiste où Eddy Bellegueule dénonçait des situations d’une extrême violence. Par la suite, il a légalement changé de nom pour Édouard Louis, on réalise donc l’ampleur de la parution de ce premier roman pour l’auteur, il tenait vraiment à en finir avec Eddy Bellegueule. J’avais lu ce premier roman, comme des milliers de lecteurs (il a été traduit dans plus de 20 pays) et j’avais été atterrée par la détresse qui ressortait du roman tout en renvoyant une compréhension des plus matures. Né en 1992, Édouard Louis est vite devenu …

Suite française : dans l’intime de la Deuxième Guerre

Cela faisait un petit bout de temps que je voulais lire le roman Suite française. Et sa lecture ne m’a pas déçue. Ce roman, fort, passionnant et porteur d’une vérité historique, m’a énormément plu, mais c’est surtout en apprenant le contexte d’écriture de ce livre, puis en regardant l’adaptation qui en a été tirée en 2015 que j’ai réalisé l’ampleur de son importance. Avant que le drame n’arrive, Irène Némirovsky était une auteure qui avait fait son nom en publiant plusieurs oeuvres déjà. D’origine juive, elle écrit Suite française alors qu’elle est à Issy-L’évêque, en France en 1941 et 1942, les dernières lois sur les ressortissants étrangers de race juive l’obligeant à quitter Paris où elle habitait et travaillait avec son mari. Là-bas, elle porte l’étoile jaune et tente de se faire discrète, tout en écrivant. Elle aura eu le temps de terminer son manuscrit avant de se faire arrêter le 13 juillet 1942 et de se faire déporter vers Auschwitz, où elle est assassinée un mois plus tard. Son mari est arrêté peu de temps après, et …

« Celle que vous croyez » : Jeux de miroir amoureux

Camille Laurens (Laurence Ruel de son vrai nom) est une écrivaine française qui a signé plusieurs oeuvres intimistes avec des thèmes qui me parlent ; passion, amour, intimité. Elle est aussi membre du jury du prestigieux prix Femina. Dans plusieurs de ses oeuvres, elle touche à l’autofiction et s’amuse à jouer avec le réel, la vérité et la fiction. Son oeuvre Philipe où elle raconte le décès de son petit garçon en est un bon exemple. J’avais eu la chance de la découvrir, il y a de ça quelques années avec son roman Dans ces bras-là et j’avais bien aimé. C’est en lisant un petit billet (dont j’oublie la provenance!) sur son dernier roman que j’ai eu envie de me le procurer. On y faisait l’éloge tout en remarquant les thèmes actuels du roman ; identité virtuelle, relation amoureuse, paradoxes de la beauté, etc. Ça ne m’en prenait pas davantage pour que j’aille envie de me plonger dans sa dernière oeuvre. Avec Celle que vous croyez, Camille Laurens offre une oeuvre des plus modernes dans une …

Orgueil et préjugés et zombies

Ceux et celles qui me connaissent savent très bien que je suis une très grande fan de l’écrivaine anglaise Jane Austen. Vous pouvez le constater dans cet article : Austenienne. J’ai dans ma bibliothèque tous ses romans et je les ai également tous lus. Et ça, c’est sans compter quelques adaptations de ses romans ou encore des livres (biographies) qui la concernent. Jane Austen a une grande importance dans ma vie et cela depuis la fin de mon secondaire. Il y a de cela plusieurs années, l’adaptation d’un des célèbres romans de Jane Austen fit son apparition : Pride and Prejudice and zombies. J’adore le monde fantastique de l’horreur, mais je n’ai jamais été une adepte des zombies, ils sont les seuls monstres que je n’apprécie pas. Cependant, je me devais de lire l’adaptation, parce que si je voulais parler en mal de celle-ci, il fallait l’avoir lue. Je l’ai lue. Et, j’ai quand même apprécié. Je veux dire par là qu’il est clair que ma pauvre Jane Austen s’est retournée dans sa tombe lorsque l’adaptation de …

5 romans pour découvrir la littérature américaine

La littérature américaine fait partie de mes chouchous. Je ne sais pas s’il s’agit des thèmes ou si je suis simplement tombée en amour avec des auteur.e.s en particulier, mais plusieurs romans de ce pays sont pour moi devenus des classiques, voire font partie de mes romans favoris. Voici une liste (non-exhaustive!) des livres que je vous conseille vivement pour découvrir cette littérature, riche en thématique et surtout, remplie de figures d’écrivain.e.s fascinant.e.s! L’Attrape-coeurs de Jerome David Salinger  Désigné comme classique de la littérature américaine, ce roman porte bien son titre: il a carrément attrapé mon cœur (mouhahaha)! Si cette histoire peut paraître assez banale – on suit Holden, un jeune homme de 16 ans qui déambule pendant trois jours dans la ville, après s’être fait renvoyé de l’école -, la forme est toute autre : raconté à la première personne, le roman de Saligner emploie un langage familier et le lecteur a véritablement l’impression de suivre le jeune homme dans la ville, de connaître tout de ses états d’âme et de ses réflexions. Bien qu’il …