All posts filed under: Réflexions littéraires

Visites libres : les plus jolies bibliothèques québécoises

Les bibliothèques, parfois synonymes d’ennui chez certains (qui n’a jamais eu la larme à l’œil à la simple idée de passer une fois de plus la journée le nez dans ses livres, pressé d’en finir avec une fin de trimestre particulièrement éprouvante?), servent toutefois de véritables refuges chez d’autres. À travers leurs allées silencieuses et leurs tables jonchées de vieux livres oubliés, chacune d’entre elles se distingue par son unicité et figure toujours parmi mes endroits préférés. Si les plus grandes bibliothèques nous fascinent par leurs rangées infinies, leurs sols aux milles pas feutrés et leurs histoires chuchotées au détour d’une allée, celles au Québec n’ont en revanche rien à leur envier. Portes ouvertes sur ces lieux inspirants, où leurs doux silences côtoient à la fois la beauté, la découverte, l’innovation et bien évidemment, le plaisir de lire. 1. La Maison de la littérature  Probablement ma préférée au sein de cette liste, la Maison de la littérature abrite non seulement une bibliothèque publique, mais aussi une exposition permanente dédiée à l’univers littéraire québécois, des salles réservées aux …

Le plaisir de lire les journaux intimes des autres

Lire les journaux intimes des autres; quelle idée! C’est un de mes cauchemars que quelqu’un décide de poser ses yeux indiscrets sur mes pensées, observations et séances de chialage bien personnelles. Pourtant, lorsque c’est à mon tour de lire ceux de certaines auteures que j’admire, aucune hésitation, j’y plonge sans retenue. Voici mes deux préférés. Le journal de Marie Uguay, publié en 2005 aux éditions Boréal et rendu disponible par Stéphan Kovacs, celui qui fut le conjoint d’Uguay, est une expérience immersive extraordinaire. Le Journal a été écrit de 1977 à 1981, donc à partir du moment où on a amputé la jambe de la jeune cancéreuse jusqu’à quelques semaines avant sa mort précoce, à l’âge de 26 ans. On entre carrément dans la tête de la jeune poète! L’univers poétique intensément intime de l’auteure, raconté dans sa voix simple, acquiert une nouvelle dimension grâce à ce journal. Composé de plusieurs cahiers, le journal témoigne d’un regard curieux et sans cesse émerveillé sur le monde. J’admire tellement cette fascination pour le merveilleux dans le quotidien …

Chronique Écrire l’indicible : Et si nous étions ensemble…

Vous savez que j’ai l’habitude des trucs positifs, du moins en général pendant l’été. J’essaie de profiter du soleil, des parcs, de mes ami.e.s. Je suis dans un mood plus fun! Mais mon copain a mis entre mes mains le livre de Primo Levi, Si c’est un homme, publié en 1947. Puis, ça m’a rappelé ma chronique « Écrire l’indicible », à laquelle j’ai mis un frein puisqu’il me fallait lire autre chose, des romans qui m’ont permis de souffler un peu. Or, je ne peux pas passer sous silence cette lecture. Comme Primo Levi n’a pas pu taire sa souffrance, à la suite de sa déportation dans le camp d’extermination d’Auschwitz. L’écriture du témoignage a intéressé bon nombre de théoricien.ne.s de littérature. C’est que Théodore Adorno, en 1949, s’est demandé comment on pouvait écrire après Auschwitz, après la Seconde Guerre mondiale. Il affirmait que cela allait contaminer les arts, mais surtout, que la culture s’est effondrée après ce « traumatisme social absolu » (Adorno). La réponse générale a été que justement, il fallait témoigner de ce Mal, raconter en quoi consistaient les horreurs vécues …

Le coin lecture des fileuses

Un fauteuil, un parc, les transports en commun, peu importe où l’on se trouve, la lecture y a sa place! Qu’il soit réconfortant, ou simplement parce qu’on s’y adonne par hasard, le coin lecture est salvateur et nous inspire! Curieuse de savoir où les fileuses aimaient s’installer pour lire, j’ai lancé l’appel à mes collègues dans notre groupe secret pour me parler un peu plus de leur repaire et de la raison qui les pousse à s’y installer pour se perdre dans les livres: Roxanne Mon spot favori, c’est cette place de métro bien précise. Comme le siège est individuel et fermé sur le côté, j’ai l’impression que les gens entrent moins dans ma bulle, je suis enfin seule dans cette heure de pointe inévitable. Certains disent que le bruit les dérange, mais il faut dire que lorsque j’étais enfant je m’endormais instantanément dès que j’étais à bord d’un moyen de transport, j’imagine donc que c’est un son réconfortant pour mon subconscient. Fanie Il se trouve aux Îles-de-la-Madeleine, au deuxième étage de la maison de …

Lire, maintenant une affaire de Web

Peut-être le savez-vous déjà, peut-être pas, l’émission Lire sera maintenant diffusée non plus sur nos télévisions, mais sur nos écrans d’ordinateur. ARTV a malheureusement tiré la prise sur cette émission il y a quelques mois. Claudia Larochelle, l’animatrice, fut elle-même surprise de la décision, affirmant par contre qu’elle trouverait bien vite une autre façon de diffuser ce projet visant à promouvoir la littérature, quitte à le faire seule. Chose dite chose faite, Lire trouvera bientôt sa niche sur le Web. Bientôt, c’est quand? C’est le 3 octobre qu’aura lieu la première émission en format webmagazine. La littérature et la télévision Déjà que les émissions de littérature à la télévision sont moindres, pour ne pas dire quasi inexistantes, la perte de Lire fut une onde de choc dans le milieu. Évoquant de prévisibles coupes budgétaires, ARTV a mis fin à l’émission qui proposait critiques et suggestions de livres, entrevues d’auteurs et rencontres d’artistes tournant toujours autour de la littérature. Alors que le futur des livres sur nos télévisions est chambranlant, peut-être que, bien que malgré lui, …

Montréal en livres et à vélo

Depuis que j’habite à Montréal, je voyage plus que jamais à vélo. De chez moi à l’école, à mon lieu de travail, à chez mes amis ou à chez mes parents, je suis toujours à vélo. Le sentiment que ces balades me procurent est un mélange de fatigue-heureuse, alors que j’ai chaud et que je pédale à toute vitesse, de profonde motivation pour la vie, et surtout, de totale liberté. Le vent sur mon visage le soir, l’air frais et doux de mon trajet matinal, je respire et vois Montréal par ses rues remplies d’arbres comme la rue Boyer, ses parcs comme le grand et magnifique parc La Fontaine, et ses petits quartiers beaux et accueillants que je croise sur ma route. Bref, tout pour dire qu’un jour, il y a quelqu’un qui a eu une ben ben bonne idée. Utilisant son vélo surtout pour de courtes distances à l’intérieur même de la ville, pour se promener, mais surtout pour se déplacer, et ayant toujours du stock à déplacer d’un endroit à l’autre, il a décidé …

Du livre au film; De Paris est une fête à Midnight in Paris

Contrairement à mon dernier (et premier) article de cette chronique jumelant la littérature et l’art cinématographique, où j’avais fait une comparaison d’une adaptation d’un livre au film, je vais plutôt vous présenter un fabuleux livre qui a grandement inspiré un formidable film, sans toutefois prendre la même histoire et ses événements. Paris est une fête d’Ernest Hemingway est un livre mémoire de l’auteur où la découverte de celui-ci en pleine expansion s’offre au lecteur. De journaliste américain, il décide de se consacrer au métier d’auteur qui est un parcours long et difficile. On se rend compte dans ce livre que les grands noms de la littérature semblent avoir développé une certaine notoriété seulement après leur mort. Nous plongeons donc dans une histoire fantastique d’un homme qui vit de beaux mots et de bons vins dans la plus belle ville de France avec son épouse et nous partageons avec lui ses nombreuses découvertes. Paris est une fête par le nombre incalculable de choses merveilleuses qui peuvent se passer dans cette ville, d’une rencontre avec la célèbre collectionneuse …

Entrevue avec Geneviève Drolet, auteure du Guide des saunas nordiques

Entrevue paru préalablement dans le cahier du coffret mai 2016 Geneviève Drolet, auteure du Guide des saunas nordiques, a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions, histoire d’en connaître un peu plus sur son roman, les thématiques abordées et son processus de création. Pourquoi les saunas? Ils sont au coeur du roman, non seulement de manière physique, mais semblent aussi être la figure dans laquelle se transpose tout « l’espoir de mieux-être » d’Emelyne. En tant qu’adepte des saunas, j’ai réalisé que peu de personnes connaissaient cet univers ici, au Québec. J’ai eu envie de partager cette passion. Ensuite, en faisant mes recherches, j’ai réalisé qu’il y avait cette allégorie intéressante avec la naissance, la renaissance et j’avais envie de creuser dans cette direction et d’explorer l’avenue de la maternité et de l’ambivalence qu’elle peut créer chez la femme. Les liens avec la toile d’araignée traversent le roman, jusqu’aux dernières lignes de celui-ci. On trouve que cette métaphore est puissante et qu’elle permet, une fois le roman terminé, d’y jeter un nouveau regard. Pourquoi était-ce …

Le fil rouge recherche des collabos!

On est rendu à cette étape annuelle où on part à la recherche de nouveaux collaborateurs pour le blogue! C’est fou à quel point ces genres d’appel aux candidatures nous ont fait découvrir des gens incroyables! Nos fileuses, comme on les appelle. Nous sommes à la recherche de personnes motivées qui ont la même vision que nous des livres, de la littérature et qui croient en la bibliothérapie. Nous exigeons un article par mois, mais ça peut être plus. Pour le sujet, on vous laisse beaucoup de latitude, même si les sujets doivent être approuvés par nous! On cherche des gens qui ont envie de s’impliquer dans l’équipe du fil rouge à long terme et qui ont du temps à y consacrer. Ce n’est pas rémunéré, mais il y a possibilité de recevoir des services de presse (!), d’assister à des lancements, de faire des entrevues avec des auteurs et, qui sait, écrire un texte rémunéré pour un de nos coffrets littéraires! Écrivez-nous un courriel à lefilrouge3@gmail.com avant le 20 septembre en joignant à vos courriels …

J’aime les librairies usagées!

Très tôt, mon père m’a introduite au plaisir de parcourir les rangées des librairies usagées. En chemin pour la visite familiale dans le Bas-du-Fleuve, on arrêtait diner et bouquiner sur la rue St-Jean à Québec. Au début, on cherchait à compléter notre collection de Tintin en mettant de grands X de la victoire sur la photocopie des titres que mon père trainait dans son portefeuille. Puis, ce fut pour tomber dans les nombreux romans jeunesse que j’avais besoin d’engloutir par dizaine hebdomadairement à douze ans. Aujourd’hui, je cherche, et je trouve de tout! Du haut de mes 23 ans, j’ai eu la chance de beaucoup voyager. Peu importe si je me retrouve le long de la Thames, de la Seine ou de l’océan Pacifique à Lima, entrer dans une librairie usagée ou flâner devant un kiosque de livres me transporte ailleurs encore. Je me sens bien tout à coup. Je prends mon temps. Je respire. Je lis quelques pages ou bien je ne fais que contempler les échines des livres. Chaque librairie usagée est différente …