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DÉFI BOUQUINERIE JOUR 3 : Prendre le temps de lire de la poésie

Prendre le temps de lire de la poésie

En ce 3 décembre, on vous invite à prendre le temps de lire de la poésie. 

Osez, prenez le temps de vous asseoir confortablement et de savourer la beauté des mots.

On le sait, la poésie est souvent mal aimée et trop souvent, encore, marginalisée. N’ayez pas peur d’elle, savourez les mots, tout simplement.

Aujourd’hui, découvrez un poète, clamez à voix haute des vers et admirez toute la beauté de la langue française.

Vous manquez d’inspiration ou vous ne connaissez pas assez de poètes ?
Voici quelques suggestions :

 

DÉFI BOUQUINERIE JOUR 2 : Lire quelque chose qui te sort de ta zone de confort

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Sortir de sa zone de confort littéraire n’est pas toujours aussi simple que l’on pense. Lire un polar alors qu’on n’a jamais vraiment rien lu de bon dans ce genre, redonner une chance à un auteur qui nous avait déçu, lire un roman qui vous intimide, un roman à l’eau de rose ou bien une oeuvre sur un sujet qui pourrait venir vous choquer. L’important est de sortir de sa zone de confort, d’essayer quelque chose de nouveau.

Écrivez vos choix dans votre cahier, vos réflexions, vos impressions. Peut-être que vous allez vous découvrir de nouveaux champs d’intérêts littéraires.

DÉFI BOUQUINERIE JOUR 1 : Acheter un beau cahier

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Pour débuter notre défi, je me suis dit qu’il fallait commencer par bien s’équiper. Pour ce faire, rien de mieux que de s’acheter un nouveau cahier pour y écrire nos réflexions, nos états ainsi que notre évolution au cours du défi.

S’acheter un nouveau cahier est toujours, à mon avis, une bonne façon de se motiver à un nouveau projet. En plus, vous pourrez vous en servir tout au long du défi, autant pour y remplir les listes et les questions qu’on vous proposera, que pour y ajouter vos propres réflexions littéraires et bien-être .

Pour vous inspirer un peu, voici une liste de quelques compagnies et boutiques qui propose de superbes choix.

Buk et Nola ( Boutique sur Laurier est)

Boucle et papier ( boutique sur St-Laurent, à la hauteur de Fairmount)

Nota Bene ( coin Sherbrooke et Du Parc )

Rifle paper co ( disponible chez Boucle et papier et Buk et Nola)

Kate Spade NY chez Indigo

N’oubliez pas de prendre une photo de votre cahier en utilisant le mot-clic #DEFIBOUQUINERIE sur instagram, on veux voir vos achats.  

Le fil rouge recherche des collaborateurs-collaboratrices!

Le fil rouge recruteL’année dernière, nous avions lancé une bouteille à la mer pour ajouter des collaborateurs à notre équipe et ce fût un franc succès. Nous avons découvert et connu des filles passionnées de livres qui, depuis 12 mois déjà, écrivent sur le blogue pour vous partager leurs coups de coeur! Nous avons donc décidé de tenter l’expérience cette année encore!

Alors si vous avez envie d’écrire au minimum un article par mois sur les livres, n’hésitez pas à nous envoyer vos candidatures avant le 15 décembre. 

Écrivez-nous un courriel à lefilrouge3@gmail.com en joignant à vos courriels :

1- Une critique littéraire

2- Une courte description de toi (+ des liens vers vos réseaux sociaux (Instagram, FB, Pinterest, si vous en avez!)

3- 3 ou plus, idées de prochains articles

4- Tes 5 livres préférés

5- Et explique-nous pourquoi tu voudrais écrire pour Le fil rouge

On a hâte de vous lire et de vous connaitre,

 

Martine et Marjorie

Le fil rouge propose le défi bouquinerie thérapie

Pour décembre, nous avons eu l’idée de créer un petit défi en lien avec la lecture, l’écriture et la création tout au long du mois. Ce défi au nom de DÉFI BOUQUINERIE proposera tous les jours une réflexion ou une action à poser, toujours en lien avec les livres et le bien-être.

Ainsi, chaque matin, on publiera sur le blogue un article expliquant le petit défi qu’on vous lance quotidiennement et sur Instagram une photo dudit défi. Libre à vous de ne pas participer à tous les jours au défi, mais aussi seulement à ceux qui vous intéresse et qui vous tente. 

J’ai préparé un petit graphique pour vous présenter les défis quotidiens! N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux pour que le plus de gens participent 🙂

Rejoignez nous sur Instagram sous le mot-clé #DefiBouquinerie pour partager vos expériences!
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Le pigeon

J’ai toujours beaucoup aimé les récits où les personnages sont prisonniers de leurs perceptions, contraints de faire face à un événement en apparence banal, mais qui, pour eux, prend des proportions démesurées. Peut-être est-ce parce que ma nature anxieuse trouve un certain réconfort dans ce genre de récits, une sorte de « quand on se compare, on se console »? Toujours est-il que j’aime tellement les histoires de cette nature que j’en ai fait mon sujet de mémoire pour la maîtrise, et qu’une bonne majorité des nouvelles que j’écris abordent cette thématique! J’aimerais aujourd’hui vous faire découvrir un petit roman dans cette veine, qui compte parmi mes préférés du genre.

La plupart des gens connaissent l’auteur Patrick Süskind pour son chef-d’œuvre Le Parfum, maintes fois réédité et adapté au cinéma. Toutefois, peu de gens ont entendu parler de son roman Le Pigeon, texte de 89 pages qui gagne à être connu. Ce court roman raconte l’histoire de Jonathan Noël, un vigile de banque âgé d’une cinquantaine d’années, pour qui la vie est un long fleuve tranquille… et a intérêt à le rester. Ayant subi un traumatisme dans son enfance, soit la déportation de ses parents dans les camps durant la Seconde guerre mondiale, Jonathan est convaincu de ne pouvoir se fier qu’à lui-même. Il réside depuis plus de 20 ans dans la même petite chambre louée, occupe le même emploi ennuyeux, suit scrupuleusement une routine de laquelle il ne déroge pas. La spontanéité et les imprévus ne l’intéressent pas. Et c’est là que survient le drame, alors qu’un matin, il ouvre la porte de sa chambre pour se rendre à la salle de bains.

Un pigeon se tient sur le carrelage. Un pigeon qu’il abhorre, qui lui fait une peur bleue, qui l’oblige à retourner se terrer dans sa chambre, tremblant de panique. Et tout dégringole.

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La présence imprévue du pigeon semble rappeler à Jonathan toutes les craintes enfouies au plus profond de lui-même, le déstabilisant et perturbant profondément sa routine. Cela le pousse à être en retard au travail, où il demeure distrait, occupé à ruminer sa crainte de l’oiseau durant toute la journée ; cela le rend maladroit, provoque des accidents, des malentendus, et Jonathan dérape, s’enfonce toujours plus profondément dans son angoisse…

J’ai adoré la finesse avec laquelle Süskind a su décrire toutes les variations de l’anxiété, allant du léger sentiment d’inconfort à la panique donnant l’impression que l’on va mourir. Tout au long du récit, on peut sentir l’affolement de Noël, plonger dans sa détresse avec lui… tout en étant parfaitement au fait que toute la situation est banale, risible même, et que tous les malheurs de Noël sont causés par ses impressions, sa perception. Comme quoi l’expression « vivre un enfer » n’a pas la même description pour tout le monde…

Ce livre a été pour moi une sorte de révélation, car le talent de l’auteur m’a permis d’avoir réellement l’impression de comprendre Jonathan, à travers d’habiles descriptions et un rythme soutenu. Je vous recommande vivement ce petit bijou, si vous avez envie de découvrir (ou redécouvrir!) une plume d’une efficacité brutale et d’effectuer, lentement, une descente tout en nuances dans la psychologie d’un personnage tourmenté.

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Le Pigeon, Patrick Süskind

Éditions Livre de poche

89 pages

ISBN: 9782253047421

Autour des livres : Rencontre avec Marjorie, cofondatrice du Fil rouge

Connaissez-vous le questionnaire de Proust ? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaitre quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un questionnaire Le fil rouge où on pourrait en apprendre davantage sur une personne, et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisations et au niveau de ses préférences littéraires.

Pour cette édition, on vous présente Marjorie, une des Cofondatrices du Fil rouge, bachelière en littérature, entrepreneurE en devenir et curieuse invétérée. Après avoir publié plus d’une centaine d’articles pour le blogue, organisé la gestion des articles et des réseaux sociaux, voici une immersion dans ses habitudes de lecture, de création et d’écriture.
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1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Ce n’est probablement pas mon premier, mais celui qui est le plus vif est un moment où une auteure jeunesse (dont je ne me rappelle plus du tout du nom) était venue à la bibliothèque de mon école alors que j’étais en troisième année. Elle disait que, depuis son jeune âge, elle s’amusait toujours à ajouter des brides de fiction dans son journal intime à la fin de sa journée et ça m’avait vraiment marquée. Je pense que c’est à partir de ce moment-là que j’ai pris conscience de ce qu’était l’écriture et la lecture en tant que tel.

2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant ? Je ne me souviens pas avoir eu un grand intérêt pour la lecture quand j’étais vraiment jeune, c’est arrivé un peu plus tard, à la fin du primaire. Par contre, je me souvient avoir été plus qu’épatée et emballée par mes lectures de  Robinson Crusoe et Narnia au primaire.

3. As-tu une routine d’écriture, des rituels ? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire? Je suis vraiment pas très bonne avec la discipline. Je suis plutôt du genre à écrire quand j’en ai besoin, quand j’ai un trop plein, quand il faut vraiment que ça sorte quelque part. Je pense que je suis de celles qui écrivent le mieux sur le coup des émotions et quand ça va pas bien. C’est pas super pratique, mais bon. Sinon j’essaie de tenir mon journal quotidiennement. Pour l’écriture sur le blogue, j’essaie vraiment d’être disciplinée (on verra comment ça se passe  dans les prochains mois) alors peut-être que j’aurai à ce moment une routine d’écriture efficace, j’y travaille.

4. Quels sont les livres qui t’ont donné envie d’écrire ? Ah ! j’ai justement écrit un article là-dessus il y a quelques temps. ICI

5. Quel est le livre qui t’a le plus fait cheminer personnellement et pourquoi ?  Je dirais que La dernière leçon de Mitch Albom, qui était une de mes lectures obligatoires au cégep, m’a vraiment fait réfléchir. C’est pas super original parce que c’est pas mal le but du roman, mais pour une jeune cégepienne, ça avait vraiment fait « la job ». Je me rappelle qu’il fallait faire un travail en lien avec le livre par la suite et la prof trouvait que j’avais trop copié les « leçons » de l’oeuvre, mais c’est que ça avait vraiment résonné avec moi. Toute la notion d’être soi-même, de vivre dans le moment présent, me sont encore utiles à ce jour, mais  je devrais peut-être le relire, d’ailleurs.

6. Si tu pouvais vivre dans un monde littéraire, ce serait  ? Narnia, mais sans tout le sous-texte religieux. Juste les paysages, et les animaux qui parlent.

7. Quel livre relis-tu constamment sans même te tanner ? Chercher le vent de Guillaume Vigneault. Ou bien la série Quatre filles et un jeans, juste parce que ça fait vraiment partie de mon adolescence et que je les relis par nostalgie. En passant, il y a un cinquième tome qui conclu la série et c’est vraiment triste !

8. Quel est ton mot préféré de la langue française ? J’aime les mots par phases. C’est donc difficile d’en nommer un en particulier. Quand je fixe sur un mot, j’en abuse un peu trop, je le mets à toutes les sauces. Pour de vrai, je pense que j’en ai pas, pas un seul, pas un qui me vient en tête en ce moment.

9. Quel livre aurais-tu aimé avoir écrit ? Nimporte quelle oeuvre de Paul Auster parce qu’il m’épate toujours et que je trouve ses oeuvres à la fois complexes et intrigantes.

10. Si tu écrivais ta propre biographie, quel serait le titre ? Le spleen édulcoré de l’enfant minéral. Ça a été le nom d’un roman que j’ai longtemps voulu écrire, mais finalement je trouve ça super prétentieux comme titre. Ce serait tout de même le titre de ma biographie pour toutes les idées et le « bagage » qui se trouvent derrière ce titre.

Faire l’amour : des vraies histoires de sexe raté (ou pas)

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Ça faisait longtemps que j’avais braillé en lisant un livre. C’est l’effet qu’ont eu sur moi les courts récits charnels, avec leurs cris de plaisir et de désespoir qui résonnent, de Faire l’amour d’Anne-Marie Olivier. J’ai dévoré chaque mot avidement, avec empressement, comme on consume un corps qu’on a trop désiré. Une pièce de théâtre, à la poésie juste, vraie et crue, publiée par Atelier 10 en 2014, qui m’a touchée drette là où il faut, au bon moment dans ma vie, lorsque j’étais fin prête à lire ces quelques vérités sur le désir et tout ce qu’il implique. Rien de moins.

Anne-Marie Olivier est une comédienne, auteure et metteure en scène québécoise à qui l’on doit notamment Gros et détail et, plus récemment, Scalpée. Sa dernière création, Faire l’amour, est une pièce de théâtre dite documentaire puisque basée sur des faits véridiques. Des histoires de sexe, de fesses, de cul (si vous préférez), de deux (ou trois) êtres se donnant l’un à l’autre pour la première fois, pour la énième fois, qui sont réellement survenues. C’est pas rien. L’idée tourne autour de témoignages de gens par le biais d’un questionnaire, assez cochon merci, qui interroge les moments les plus langoureux d’une existence ou ceux de sexe raté qu’on souhaiterait mettre aux oubliettes.

Parfois c’est merveilleux, on en voudrait pour toute la nuit, parfois c’est dégueu, on anticipe seulement la fin avec impatience, parfois c’est la passion, le désir d’une nuit, l’amour d’une vie. Mais « peu importe que ce soit la faute à la reproduction de l’espèce, que ça dure 72 heures ou 15 ans, ça reste un foutu miracle électrisant, deux êtres qui se désirent ». Bam.

C’est beau, ça donne envie de faire l’amour, du début à la fin, on est émoustillé entre les monologues et les dialogues qui ponctuent la structure épisodique d’histoires tout autant alléchantes que dévastatrices. Une femme en Argentine perdue entre deux Colombiens, un garçon enthousiaste à voir des seins pour la première fois et une grande-mère, Marguerite, en lingerie fine qui étale à sa petit-fille, Anna, comment faire un striptease. Une pièce qui parle d’enrailler le désir d’un amour impossible, d’un triangle amoureux meurtrier et d’êtres qui s’unissent encore et encore pour oublier les lendemains. Une pièce qui choque par ses mots crus, sans détour, qui fait du bien parce qu’on lit des vraies histoires qui ressemblent aux nôtres, parce que faire l’amour, ce n’est pas comme dans les pornos.

On y réfléchit à notre perception de se donner complètement (ou à moitié) à quelqu’un. Comme cet homme, un peu cynique, discutant avec une femme, après leur ébat : « on va faire l’amour encore, beaucoup, pis après moins, pis après, on le fera plus. On va se perdre de vue, même si on a été les personnes les plus importantes l’une pour l’autre ». Un passage que j’ai lu comme un poignard pour mon cœur sensible qui veut croire à la passion impérissable, qui espère que malgré l’âge on peut encore désirer, désirer beaucoup et toujours.

Belle poésie qui bouleverse par ses coups de vérité. J’ai pleuré en parcourant le témoignage d’une femme qui a perdu l’amour de sa vie, pris en otage par le cancer, celui avec qui elle s’est abandonnée au grand complet « dans le champ de fraises à l’île d’Orléans, sur la plage au Portugal, dans le cabanon des beaux-parents », partout, tout le temps. De l’amour avec un grand A et le souvenir douloureux de la dernière fois, de cet adieu déchirant de deux corps qui se sont aimés à l’infini. On lit et ça nous déchire le cœur aussi. Elle dit : « faire l’amour comme tel, c’est fini. Baiser, j’ai rien contre. Baiser sans problème, n’importe quand ou presque. Mais faire l’amour, tout donner… c’est juste impossible ». Parce que s’unir au point de n’être qu’une seule et même chair, qu’une seule et même flamme brûlante, d’être tout pour l’un et pour l’autre, ça n’arrive bien souvent qu’une seule fois dans une vie.

On a fait l’amour, de temps en temps on a baisé et parfois c’était magique, mais toujours, sans exception, c’était le plus grand pied de nez à la mort : « qu’est-ce qu’on était en vie! ». Faire l’amour aborde ces moments-là avec finesse, ces points lumineux où on se sentait vivants, parcourus par les frissons de l’existence.

La liste des livres les plus réconfortants selon les rédactrices du Fil Rouge

 

L’automne commence pas mal à ressembler à l’hiver, non? Ce n’est pas grave, ça veut dire qu’on peut encore boire plein de tisane, porter nos pulls préférés et nos plus gros bas de laine. JOIE! Quoi de mieux qu’un bouquin qui nous réchauffe le cœur pour accompagner tout ça? J’ai demandé à mes copines blogueuses du Fil Rouge quelles étaient leurs lectures préférées d’automne. Je vous les partage pour que vos puissiez vous aussi en profiter, emmitouflée dans une grosse couverture!

Voici notre liste, en vrac:

Des classiques:

Fanie: Les Hauts de Hurlevent d’Emlily Brontë
Karina: Jane Eyre de Charlotte Bronte
Raphaëlle: Le Petit Prince de Saint-Exupéry  – Un classique, lu et relu à différents moments de ma vie.130403_po3pf_aetd_petit_prince_sn635

De la poésie:

Alexandra: Paroles de Jacques Prévert – Il a réconforté à de nombreuses reprises mon petit cœur d’automne!

Un peu de quétaine:

Valérie:  Et si c’était vrai de Marc Lévy  – Ô combien quétaine, mais ô combien réconfortant pour le cœur!

Des bandes-dessinées:

Louba-Christina: Paul à Québec de Michel Rabagliati

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Des lectures québécoises:

Martine: Ce n’est pas une façon de dire adieu de Stéfanie Meunier
Marjorie:  Rue Deschambault de Gabrielle Roy

Pssssst! Les filles parlent de ces livres dans le vidéo du Fil Rouge!

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Florence: Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier – Dans cette saison de feuilles qui tombent, ça me fait du bien de penser à la vieillesse dans un autre optique que la contrainte. Il y a aussi toute cette odeur de chalets en bois rond et de feux de camp qui me ramène aux automnes gaspésiens.

 

Le regard porté vers la fenêtre

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Dans ce premier roman, Fanny Britt nous offre le portrait d’une femme entière, toute en délicatesse et en dureté et parsemée d’une pensée récurrente, et si ?

Et si la vie que vous avez depuis 15 ans ne vous tente plus parfois? C’est le cas du personnage principal Tessa, agente d’immeuble, mère de trois garçons et en couple depuis 15 ans avec le père de ses enfants. Cette Tessa, toujours au bord d’un précipice, au sommet de la tristesse. Elle se demande toujours un peu ce que serait sa vie, si elle était autrement.

Et c’est l’apparition de son premier vrai amour qui la ramène à se questionner de plus belle. Cet amoureux qui a toujours été présent au fond d’elle-même réapparait dans son quotidien de mère qui transporte des ponts. Elle sera alors complètement chamboulée. Accepter ou refuser de revoir celui qui est à la base même de cette envie de tout lâcher ?

« Dans les chansons, les films, et les milliers de pas parcourus sur les trottoirs de ma ville ». Encore aujourd’hui, la blessure n’est pas guérie. Comment pourrait-il en être autrement, quand il s’agit de « l’Homme-qui-a-tout-changé-et-nous-a-révélée-à-nous-même » 

Tessa est dure avec elle-même et tellement empreinte de délicatesse et de tendresse face aux autres. Le récit nous entraine dans un jeu de va et vient dans ses pensées. Non seulement elle a une répartie du tonnerre, mais surtout on a envie de lui dire de ne pas être si dure avec elle-même. Tessa, c’est le personnage multidimensionnel parfait, on comprend sa réalité familiale, son quotidien, mais on y aperçoit aussi, derrière la fenêtre de son passé, les tourments et les raisons qui meublent sur son sourire une éternelle tristesse.

Bien évidement que le titre du bouquin, Les maisons, fait référence au travail de Tessa, mais aussi à cette habitude très charmante qu’elle a prise au fil des années d’essayer de percer dans les objets des maisons qu’elle visite les personnalités des gens qui l’habitent. Les petits secrets des habitations qu’on tente de camoufler et d’enjoliver, Tessa y pénètre et les connait tous. Le lecteur aussi, puisque Tessa nous laisse apercevoir les recoins de son histoire, les plus beaux comme les moins beaux. Sa vulnérabilité, sa tendresse et la tristesse qui l’habite m’ont réellement fait croire au personnage, Tessa existe, je le sais. Elle existe dans des dizaines de femmes.

Un peu à l’image de Un matin je suis partie d’Alice Steinbach, Tessa rêve parfois de quitter son quotidien, avec son mari qu’elle aime toujours, mais qui traine avec lui un amour organisé et continuel. Elle rêve de tout quitter et de repartir, de tout recommencer et cela passe par les bras de son ex, symbole de fuite et de liberté.

Le tressaillement constant dans les pensées de Tessa à savoir si elle le reverra cet ex, si elle lui fera l’amour, semble lourd sur papier, dit comme ça. Pourtant, je vous assure que l’écriture et la narration de Fanny Britt est si merveilleuse et presque humoristique qu’on s’attache à cette femme si près de nous et farouchement humaine.

Tessa, c’est le non-dit de tant de femmes. C’est le rêve de tout lâcher, de se retrouver, de partir à la recherche de celle qu’on est au fond. C’est ce désir de tout maudire pour apaiser cette tristesse incontrôlable et cette angoisse d’exister tout seulement.

Je serai éternellement reconnaissante envers Fanny Britt pour ce roman. Ce premier qu’elle voulait tant écrire et qui signifiait tant pour elle, est tout simplement parfait. Sans pudeur ni flafla, Tessa se laisse découvrir, dénuder en nous montrant ses failles comme sa grande beauté émotionnelle. On ferme le bouquin conquis d’une femme entière et si près de moi, de vous aussi, j’en suis convaincue.