All posts tagged: Bibliothérapie

Une bibliothérapie sans même ouvrir un livre…

… dans un salon du livre. C’était lors de la fin de semaine du 1er octobre 2016 que se tenait le 52e Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Venant de cette région, je ne pouvais manquer cet événement qui enflamme toujours mon cœur de lectrice. La seule différence d’avec les précédentes éditions, c’est que cette fois-ci j’y assistais avec mes yeux de fileuse, ouverte à l’absorption de tout ce qui s’y trouvait. Un salon du livre est le moment de l’année, dans votre région respective, pour rencontrer les auteurs qui vous tiennent éveillés tard le soir, qui vous font rêver, pleurer et réfléchir. Le moment pour aller dénicher des petites perles que vous n’auriez peut-être pas vues en librairie. Le moment pour aller vous emplir de cette ambiance festive où l’on célèbre les livres et où l’on en parle avec passion. Le moment pour aller faire dédicacer vos livres préférés et peut-être vivre des petits moments bouleversants. Mon moment bouleversant : Larry Tremblay  Lorsque j’ai vu passer Larry Tremblay derrière moi et que je l’ai vu se rendre …

Avant toi, ou comment j’ai fait la paix avec les livres romantiques

Lorsque je suis sortie de la salle de cinéma, les yeux pleins de larmes, mon amie m’a dit : « Si tu veux te torturer encore plus, lis le livre! » Je me suis donc jeté cœur et âme dans cette aventure une seconde fois, au beau milieu de la campagne anglaise froide et magnifique, pour revivre cette histoire qui m’a réconciliée avec le romantisme. Publié d’abord en anglais en 2012, ce roman de 480 pages arrive sur le marché francophone en 2014. Écrite par Jojo Moyes, une ancienne journaliste britannique, cette histoire soulèvera une polémique importante, durant laquelle les protestataires iront même jusqu’à demander le boycottage de l’œuvre, affirmant qu’elle traite d’un sujet sensible (le handicap physique) avec légèreté, voire avec pessimisme et sans réelle connaissance du sujet. Toutefois, cela n’empêche pas Thea Sharrock d’adapter l’histoire au grand écran dans un film mettant en vedette Emilia Clarke et Sam Claflin, sorti à l’été 2016. J’ai un peu honte de dire que j’ai toujours été snob quant aux romans d’amour. Je trouvais que ce genre d’histoire …

Ces livres peuvent changer votre vie; prescriptions littéraires

Les livres qui traitent de bibliothérapie, il y en a de plus en plus. Après le fameux The novel cure, est sortie une panoplie de livres proposant des lectures pour chaque occasion, moment et émotion. C’est justement ce que propose Ces livres peuvent changer votre vie; 100 prescriptions de bibliothérapie; les intentions de cet ouvrage ne pourraient être plus claires. Ce petit livre rouge (faisant écho à The novel cure) est signé d’une préface d’Agnes Ledig, auteure française à succès. Les prescriptions littéraires sont, pour leur part, recueillies par Élodie Chaumette, à la fois psychologue et lectrice. Le recueil est séparé en dix chapitres touchants des facettes typiques à la recherche de bien-être et à nos quotidiens : être heureux, traverser des épreuves, élargir sa vision du monde, apprivoiser ses émotions, prendre le temps, etc. À travers ces vastes sujets, l’auteure nous propose mille et une circonstances et situations, parfois cocasses, parfois plus sérieuses, qui font écho à chaque catégorie. Pour chaque livre, vous trouverez une courte présentation suivie de pistes de lecture et d’une …

Le coin lecture des fileuses

Un fauteuil, un parc, les transports en commun, peu importe où l’on se trouve, la lecture y a sa place! Qu’il soit réconfortant, ou simplement parce qu’on s’y adonne par hasard, le coin lecture est salvateur et nous inspire! Curieuse de savoir où les fileuses aimaient s’installer pour lire, j’ai lancé l’appel à mes collègues dans notre groupe secret pour me parler un peu plus de leur repaire et de la raison qui les pousse à s’y installer pour se perdre dans les livres: Roxanne Mon spot favori, c’est cette place de métro bien précise. Comme le siège est individuel et fermé sur le côté, j’ai l’impression que les gens entrent moins dans ma bulle, je suis enfin seule dans cette heure de pointe inévitable. Certains disent que le bruit les dérange, mais il faut dire que lorsque j’étais enfant je m’endormais instantanément dès que j’étais à bord d’un moyen de transport, j’imagine donc que c’est un son réconfortant pour mon subconscient. Fanie Il se trouve aux Îles-de-la-Madeleine, au deuxième étage de la maison de …

Milk and Honey : juste du beau

C’est Véronique Grenier (auteure d’Hiroshimoi, notamment!) qui m’a fait découvrir le recueil de poésie Milk and Honey, écrit par la Torontoise Rupi Kaur, lors du lancement Le Fil rouge X Arsenal. Elle en parlait comme étant une œuvre sensible, féministe et qui fait du bien. Il ne m’en fallait pas plus pour me le procurer, et en écrire une impression que je vous partage à l’instant! À droite, des mots magnifiques, à gauche, de fortes illustrations qui font écho au texte de l’autre côté. Bien plus qu’un simple recueil de poésie, Rupi Kaur nous offre une profonde réflexion sur le féminisme, la diversité corporelle, l’amour, la sexualité et la rupture. C’est vraiment facile de s’identifier à ses textes, puisqu’ils sont à la fois simples, directs et épurés. Ne pas oublier que simplicité n’égale pas toujours facilité (et ceux qui écrivent savent que c’est tout le contraire!) : il y a des jeux d’images très intéressants qui imprègnent rapidement notre imaginaire. Voici un bon exemple de toute la force des écrits de l’auteure : Vous l’avez remarqué, le …

La garçonnière : amour, ambiguïté et (ben) des shots de vodka glacée

Lors du lancement des coffrets littéraires du Fil rouge, il y avait une petite bibliothèque éphémère où les gens pouvaient y déposer un livre, pour ensuite en prendre un. Ce fantastique petit espace d’échange m’a permis de mettre la main sur le livre La garçonnière, de Mylène Bouchard. Je ne connaissais pas du tout l’auteure, mais la couverture m’avait tapée dans l’œil. Je l’ai pris. Et voici ce que j’en pense. Ce dense récit est celui de Mara et de Hubert; celui de la longue route entre Péribonka et Noranda; celui des correspondances sans réponses et d’un amour voué à l’échec, et ce, dès le début. Il faut être tenace pour continuer le livre après en avoir lu quelques pages : c’est long avant d’embarquer dans l’histoire, avant de s’y attacher. Les descriptions des lieux sont longues et redondantes, beaucoup de name-dropping d’endroits et de traditions qui me sont complètement étrangers, etc. Par contre, cette incertitude de tenir un bon livre entre les mains s’envole dès qu’entrent en scène les personnages de Mara et Hubert. Ils …

Pourquoi j’ai pleuré en lisant Je suis là

Mon avion décolle pour Calgary. Je bénéficie d’un luxe extraordinaire : deux sièges à moi seule. J’étends sans gêne mes affaires, m’étale confortablement. Quatre heures de lecture en perspective. Avant de monter, j’ai glissé un tout petit livre dans mon bagage à mains. Un roman dont la couverture remarquable me rappelait un rêve récurrent. Le dernier Christine Eddie, Je suis là (2016), paru chez Alto (merci Tania!). Québécoise d’origine française, Eddie est l’auteure des romans acclamés Carnet de Douglas (Alto, 2007) ainsi que Parapluies (2011). Davantage qu’une fiction, Je suis là est un livre comme un témoignage de cette vie qui tient bon, de cette lueur qui perturbe malgré l’apparente noirceur. Celle qui est là, entre ces pages, est bien réelle. Angèle. Sa vie de nomade tumultueuse s’arrête brusquement peu de temps après la naissance de ses jumelles, lorsqu’elle est victime d’un tir groupé. Sous la violence de l’assaut, les connexions entre le cerveau et le corps de la jeune mère s’interrompent, peut-être définitivement. Enfermée à l’intérieur, seuls ses yeux peuvent désormais parler. Porté par la …

L’éloge de la lecture et de la construction de soi

01Vous le savez, je crois infiniment au pouvoir des livres, de la lecture et des effets que cela peut avoir sur le développement humain. Je prends donc plaisir à lire des essais de spécialistes qui ont la même vision que moi. Dans Éloge de la lecture, construction de soi, Michèle Petit aborde plusieurs thèmes liés à la lecture. Quoique je n’aie pas tout aimé de ce texte, je pense quand même qu’il y a quelques perles qui méritent d’être soulignées. Michèle Petit est une anthropologue qui s’intéresse beaucoup à la lecture dans la construction de soi, mais aussi dans des lieux communs tels que la bibliothèque. Elle utilise la sociologie comme la psychanalyse pour parler des effets de la lecture et surtout pour démontrer par tous les moyens que les effets de la lecture sont nombreux autant chez les individus que dans une collectivité. Elle aborde la lecture comme une réelle façon de se construire de façon intime. Elle considère que la lecture est une voie d’accès directe à ce territoire de l’intime et ainsi, …

Ode à l’évasion littéraire

Les livres ont des pouvoirs: nous faire rêver, nous faire du bien, nous faire voyager. Ils sont notre meilleur allié quand la solitude est trop présente, ils nous aident à mieux nous comprendre. Nul n’a besoin de se payer un billet d’avion pour visiter de lointaines contrées, suffit d’un bon livre, et hop! vous êtes là où vous le souhaitez! Envie de rêver, de vous trouver n’importe où (sauf ici), pourquoi ne pas plonger votre nez dans un roman, une bio, voire une encyclopédie? Ma grand-mère disait: «lis et tu ne seras jamais seule» elle avait raison. Remède ultime pour les temps gris, et le besoin pressant de sortir de sa tête, à chacun son bouquin, comme un élixir, une potion qui fait du bien. Nombreux ont été les après-midi des vacances estivales de mon enfance à rêvasser près de la piscine, les yeux rivés sur les pages du dernier livre à dévorer. Trop de congés passés à la bibliothèque du quartier, promenant mes doigts sur les ouvrages empilés. Comment expliquer cet amour de la lecture, …

Je voulais du doux

L’angoisse s’invite souvent chez moi. J’ai le doute amical. Envahie par le stress à longueur de journée, je cherche constamment la sérénité, le calme, le paisible. J’ai décidé très tôt que le voyage me servirait d’exutoire. Que loin de mes responsabilités, je trouverais enfin le calme que je guette tant. J’ai passé des jours à imaginer l’ailleurs comme un lieu des rêves achevés. Comme si je n’arriverais à me poser que dans l’action. J’espérais voir le monde, sauter d’un endroit à l’autre et respirer enfin. J’ai enchainé voyage sur voyage, année après année, en niant le fait que je faisais tomber toutes mes barrières en décidant de quitter la maison. En oubliant qu’ainsi je créais le plus grand déséquilibre chez moi. Que me mettre en danger faisait exploser mon niveau de stress, que celui-ci devenait grand, si grand, que j’en perdais mon besoin de voir le monde. Je passe constamment du désir de partir à l’envie de rester. C’est quand je suis sur le point de prendre mon envol, quand je me retrouve sur le …