All posts tagged: féminisme

Milk and Honey : juste du beau

C’est Véronique Grenier (auteure d’Hiroshimoi, notamment!) qui m’a fait découvrir le recueil de poésie Milk and Honey, écrit par la Torontoise Rupi Kaur, lors du lancement Le Fil rouge X Arsenal. Elle en parlait comme étant une œuvre sensible, féministe et qui fait du bien. Il ne m’en fallait pas plus pour me le procurer, et en écrire une impression que je vous partage à l’instant! À droite, des mots magnifiques, à gauche, de fortes illustrations qui font écho au texte de l’autre côté. Bien plus qu’un simple recueil de poésie, Rupi Kaur nous offre une profonde réflexion sur le féminisme, la diversité corporelle, l’amour, la sexualité et la rupture. C’est vraiment facile de s’identifier à ses textes, puisqu’ils sont à la fois simples, directs et épurés. Ne pas oublier que simplicité n’égale pas toujours facilité (et ceux qui écrivent savent que c’est tout le contraire!) : il y a des jeux d’images très intéressants qui imprègnent rapidement notre imaginaire. Voici un bon exemple de toute la force des écrits de l’auteure : Vous l’avez remarqué, le …

Histoire d’O : Un roman graphique érotique qui ne laisse pas indifférent.

Si vous suivez quelques-uns de mes billets, vous savez sans doute que j’aime beaucoup la bande dessinée et les arts graphiques. J’apprécie beaucoup le rapport entre l’image et le lecteur. Je trouve que de cette façon, l’identification est parfois plus accessible. Bien que la majorité des BD que je consomme possèdent un ton humoristique, certaines d’entre elles se veulent beaucoup plus matures. C’est le cas d’Histoire d’O, le roman graphique – et pornographique – de Guido Crepax, publié en 1975 (!) aux éditions Delcourt. Histoire d’O est en fait une adaptation du très célèbre roman érotique du même titre, écrit par l’auteure Pauline Réage, qui narre le récit d’une femme appelée O : elle est complètement soumise aux sentiments qu’elle entretient envers René et Sir Stephen, ses amants. Elle se donne corps et âme – mais surtout corps – à ses relations amoureuses/sexuelles. O est emmenée par René à un château situé à Roissy (en France), où elle apprendra de son plein gré à être une soumise parfaitement docile, une complète esclave sexuelle. Il est évident …

Commando culotte : à la rescousse de la diversité

Pour mes 25 ans, ma cousine Karina, qui me connait définitivement trop bien, m’a offert une bande dessinée qui a fait battre mon coeur. Commando culotte, les dessous du genre et de la pop-culture écrit et illustré par Mirion Malle m’a plu, et ce, pour différentes raisons. Tout d’abord, j’adore le fait qu’elle utilise la pop culture pour parler de féminisme, non seulement parce que je crois que l’égalité passe beaucoup par la diversité qu’on montre à l’écran, mais aussi parce que son approche est originale et incroyablement aisée à saisir. Mirion Malle s’intéresse aux places des femmes dans les blockbusters et les télés séries populaires et sur l’impact de ces images dans notre société comme dans le mouvement féministe. En citant des exemples dès plus contemporains tels que Game of Thrones, Malle offre des exemples concrets de la place des femmes dans la pop culture. Toujours écrite avec humour, la BD est loin d’être condescendante ou moralisatrice, Malle démontre le sexisme ordinaire qui est véhiculé dans de nombreux grands films à succès et réussit à nous …

Le meilleur reste à venir; l’éveil d’une militante

Enitan et Sheri sont deux jeunes filles en rupture contre l’ordre et le désordre d’un Nigeria à peine sorti de la guerre du Biafra, un pays où se succèdent coups d’Etat militaires et régimes dictatoriaux. Deux jeunes filles puis deux femmes qui, du début des années 1970 au milieu des années 1990, veulent échapper à l’enfermement d’une société oppressive et machiste. Sheri, belle et effrontée mais blessée à jamais, choisira l’exubérance et la provocation. Enitan tentera de trouver son chemin entre la dérive mystique de sa mère, l’emprisonnement de son père, sa carrière de juriste et le mariage lui imposant, en tant que femme, contraintes et contradictions. J’ai entamé Le meilleur reste à venir de Sefi Atta parce que j’avais envie de découvrir de nouveaux auteurs et que la littérature de l’Afrique de l’Ouest me semblait riche et vaste. Je n’avais jamais vraiment lu de littérature nigériane, si ce n’est de Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie. Martine a lu Autour de ton cou, alors que Marion a lu Americanah et toutes deux ont …

Trois princesses : les contes détournés de Guillaume Corbeil

C’est l’histoire d’un auteur qui décide de reprendre des contes, La Belle au bois dormant, Cendrillon et Blanche Neige, pour jouer avec, les tordre et les travestir. Le résultat, regroupé sous le titre de Trois princesses, est saisissant, à « se jeter par terre » devrais-je dire. C’est que ces contes, féministes, politiques et ancrés dans l’imaginaire social contemporain, sont tellement riches qu’on sort de cette lecture à la fois bouleversés et transformés. Ceux qui me connaissent savent que je m’intéresse aux contes, particulièrement aux contes détournés qui envahissent depuis quelques années la production d’albums pour la jeunesse. Princes, princesses, chevaliers et fées marraines sont à nouveau convoqués dans ces contes contemporains, mais en travestissent les formes et les motifs à travers plusieurs processus de « subversion ». Des exemples? Rebelle au bois charmant de Claire Clément, Le Prince Gringalet de Babette Cole (reprise masculine de Cendrillon) ou bien encore Le Petit Capuchon Rouge de Jasmine Dubé. Bref, une caractéristique de ces albums est de proposer des renversements avec beaucoup d’humour et ceux-ci nous charment par leurs référents mis sens dessus dessous! Les …

Harry Potter et le féminisme

Je suis sans contestation une grande fan d’Harry Potter. Je les ai relus (vraiment) plus que nécessaire au fil des années et les connais presque par cœur. Récemment, à la recherche de nouvelles pages à me mettre sous la dent, je me suis mise à dévorer les études critiques qui ont été faites sur Harry Potter, faisant de la populaire saga un objet d’analyse littéraire s’ouvrant sur d’autres domaines. Résultat? Harry Potter, la série jeunesse mondialement connue, se retrouve au cœur d’une réflexion complexe qui dépasse l’œuvre en tant que telle. On assiste donc, en quelque sorte, à une ouverture des appareils critiques à des objets « populaires » et nous savons, en tant que littéraires, comment c’est un débat qui a encore lieu dans les milieux universitaires. Il m’a été permis de voir avec grande surprise qu’un très grand nombre de lectures d’Harry Potter ont été produites. Après les analyses littéraires formelles ou les réflexions sur l’imaginaire, le champ d’études s’ouvre à d’autres disciplines : on retrouve des lectures sociales et politiques (Pierre Bruno), des lectures psychologiques et psychanalytiques …

L’intersectionnalité, qu’est-ce que ça mange en hiver?

Un débat a récemment secoué le petit milieu féministe au Québec : le mot « féministe » est-il trop connoté? Est-il dépassé? Vaudrait-il mieux se dire « égalitaire » ou encore « humaniste »? Pourquoi ne pas aborder le féminisme selon le concept de l’intersectionnalité? Ce mot n’étant pas encore accepté dans les dictionnaires, je vous offre la définition qu’en fait Wikipédia : « L’intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination non pas séparément, mais dans les liens qui se nouent entre elles, en partant du principe que le racisme, le sexisme, l’homophobie ou encore les rapports de domination entre catégories sociales ne peuvent pas être entièrement expliqués s’ils sont étudiés séparément les uns des autres. L’intersectionnalité entreprend donc d’étudier les intersections entre ces différents phénomènes. » Pourquoi séparer le féminisme du racisme, de l’homophobie, de la xénophobie, des luttes de classe? Pourquoi ne pas voir dans le féminisme un outil au changement social global? Heureusement, la littérature a encore la bonne réponse. Les auteures canado-asiatiques Kim Thúy et Ying Chen mélangent savamment, subtilement, intelligemment, les thèmes de la condition des femmes, de l’immigration, de la …

Pour une sexualité des femmes saine et assumée

Ayant eu l’audace de publier, en 2014, leur propre parcours sexuel dans le fanzine Caresses Magiques, l’origine, Sophie Bédard, Sara Hébert et Sarah Gagnon-Piché ont pu encourager d’autres femmes à prendre part, elles aussi, à une lutte affirmée contre les tabous entourant leur sexualité, de sa genèse à aujourd’hui. Par appel de textes du trio féminin, un recueil s’est doucement mis en branle et a pu voir le jour en novembre 2015. Riche de 41 parcours sexuels différents décrits avec des mots justes, des illustrations cocasses ou des bandes dessinées brillantes, Caresses Magiques réussit, une page à la fois, à faire avancer la cause d’une sexualité féminine plus saine et assumée, dans un combat loin d’être terminé. Ce n’est pas encore gagné, non, parce qu’à travers la lecture des différents témoignages, on réalise assez vite que la culpabilité du plaisir sexuel chez la femme domine encore. Et souvent, cela remonte à notre plus tendre enfance. Grandir en se faisant dire que c’est honteux de se procurer du plaisir LÀ ou graviter dans un monde qui …

Kaléidoscope : la bonne nouvelle que l’on attendait

De nombreux livres sont lus chaque année par nos enfants. Les bibliothèques scolaires ou municipales ainsi que les librairies regorgent de bouquins qui attendent patiemment la venue d’un petit être à éclairer. Or, comment s’assurer que les livres qui tomberont entre les mains de notre progéniture sauront aborder avec respect les valeurs que l’on souhaite ardemment lui transmettre? Et si les livres qu’ils lisent contenaient trop de clichés, d’idées préconçues, de fausses croyances? Et si les livres que l’on transmettait à nos jeunes en étaient exempts? Et si on leur faisait voir des sociétés sans sexisme, sans stéréotype, sans ces construits sociaux qui viennent miner les jeunes esprits? Et si la littérature pouvait être ainsi? Si la littérature que l’on transmet pouvait être un vecteur de marque dans la construction d’un monde meilleur? Voilà que l’équipe du Centre filles du YMCA a mis sur pied une plateforme incroyable qui vise à faire connaitre à tous ces livres qui véhiculent des messages d’équité. Le but? « Favoriser la représentation non stéréotypée des filles et des garçons et participer …

Une histoire de féminisme, d’égalitarisme et de Pokémons

Avec tout ce qui s’est passé la semaine dernière dans les médias québécois autour du terme féministe, je dois dire que je suis un peu fâchée, un peu comme dans beaucoup, mais il faudrait pas que je m’emballe trop, question de ne pas me faire traiter de féministe frustrée, tsé. Reste que j’ai envie d’ajouter mon petit grain de sel. Pour ce faire, laissez-moi vous raconter une histoire, celle d’une redondante conversation avec un ancien partenaire qui se disait égalitariste, humaniste, mais pas du tout féministe, parce qu’y a-t-il d’égalitaire dans un terme aussi axé sur les femmes que le féminisme? Il n’était pas question pour cette dite personne d’essayer de comprendre que le féminisme est ainsi nommé parce que, historiquement, c’est le sexe féminin qui fut (et est encore, de bien des manières) opprimé, oppressé. S’il est question d’égalité des sexes, on parle d’égalitarisme, il n’y a pas place à discussion. Le fait même de croire que c’est aussi simple semble mettre complètement de côté toute la question d’oppression, toute l’historicité qui se trouve derrière …