All posts tagged: identité

Murmures dans un mégaphone

Rachel Elliott nous offre une lecture qui fait réfléchir sur la société. Sur le comment nous vivons les uns avec les autres, sur les technologies. Dans son roman nous retrouvons trois personnages principaux qui sont à la recherche de leur identité. Nous avons la trentenaire se croyant folle, l’homme qui n’a aucune personnalité et sa femme accro aux réseaux sociaux. Miriam a appris à vivre dans le silence des murmures. Ralph fuit les responsabilités que la société lui impose en quittant le jour de son anniversaire sa femme et ses enfants. Tandis que sa femme, Sadie qui se cache derrière un univers superficiel, est déboussolée par ce revirement de situation. Elle qui croit pouvoir tout contrôler n’a alors plus rien sous son contrôle. Alors que Miriam décide enfin de sortir de sa maison après y avoir vécu trois ans cloîtrée, elle fait la rencontre de Ralph dans les bois, alors que celui-ci se sauve de sa réalité. En fait, il tente de se mettre en danger. Et c’est ensemble qu’ils découvriront qui ils sont réellement. …

887, un retour aux sources

Le 31 mai dernier, j’ai été invitée à assister à la pièce 887 de Robert Lepage au Théâtre du Nouveau Monde, produite par Ex Machina. En toute honnêteté, je n’avais aucune idée du sujet de la pièce et je n’avais pas la moindre attente, mais reconnaissant l’un des plus grands noms du théâtre québécois, je n’ai pas hésité à accepter l’invitation. Voici donc ce que j’ai pensé de la pièce et une brève description de ce spectacle où le texte, la conception, la mise en scène et l’interprétation découlent tout directement du grand Robert Lepage. 887 a pour thème la mémoire; comme Lepage le mentionne, le théâtre et la mémoire sont étroitement liés, puisque ce premier demande un grand travail de mémorisation de la part des spectateurs. Dans le cas de cette pièce, c’est un effort de mémoire pour le public, ainsi que l’homme sur scène qui, pour bâtir sa pièce, concentre sa mémoire personnelle sur les méandres des luttes des classes et de la crise identitaire du Québec des années soixante. C’est la voix …

Vi de Kim Thúy : Récits d’exils et recherche d’identité

Suite à la constatation que nous étions plusieurs collaboratrices admiratrices du travail de l’auteure Kim Thúy, nous nous retrouvons donc avec deux réflexions sur son dernier roman ! En espérant que vous l’aimerez tout comme nous! Ce que Marion en a pensé: Mon plaisir de lire la dernière oeuvre de Kim Thúy s’est combiné rapidement avec celui de retrouver son univers narratif, familier, composé de petits fragments d’histoires, d’exil, de rencontres, d’observations anecdotiques ou dramatiques, que nous avions déjà dans Ru et Mãn. Et malgré les petits bouts de récits qui composent le roman, c’est davantage un fil d’histoires, toutes reliées entre elles, que nous propose l’auteure, ce qu’elle affirme dans une rencontre à la librairie Paulines, à laquelle j’étais présente. Celle-ci avoue même écrire son roman tout d’un bout, et que c’est ensuite l’éditeur qui divise l’histoire en petits fragments, qui deviennent en quelque sorte porteurs de l’identité de l’oeuvre de Kim Thúy. À la lecture, on peut percevoir ce fil conducteur, qui se traduit autant par la filiation qui relie les personnages entre eux, que par …

Poutine pour emporter : Un premier roman hautement réussi

Tout m’attirait de ce roman aperçu en librairie, mis à part son emplacement sur la dernière étagère à la hauteur de mes pieds, à peine visible, mais personnellement j’aime bien feuilleter un livre assise sur le plancher. Alors je m’installe et prends ce livre d’un vert fluo de Marie Eve Gosemick, avec une première de couverture invitante par son originalité. La quatrième l’est tout autant : «J’ai servi des poutines pendant quatre ans de ma vie, quatre années à sentir la cantine.», avec un résumé qui éveille les intérêts et sème la curiosité. Direction la caisse. On plonge donc dans l’histoire de Fred Proulx, Rimouskois habitant Montréal, né un 1er novembre, qui trouve sa vie monotone, où tout ce qui l’ambitionnait semble s’évanouir devant lui et qui vit le quaterlife crisis. Après un échec en amour, un échec au travail, un échec aux études, Fred a un goût de renouveau. Ses amis, qui peinent à l’aider, lui  proposent donc de partir pour un temps fixé d’une année en Colombie pour aller vivre, se découvrir. Ce roman …

« Celle que vous croyez » : Jeux de miroir amoureux

Camille Laurens (Laurence Ruel de son vrai nom) est une écrivaine française qui a signé plusieurs oeuvres intimistes avec des thèmes qui me parlent ; passion, amour, intimité. Elle est aussi membre du jury du prestigieux prix Femina. Dans plusieurs de ses oeuvres, elle touche à l’autofiction et s’amuse à jouer avec le réel, la vérité et la fiction. Son oeuvre Philipe où elle raconte le décès de son petit garçon en est un bon exemple. J’avais eu la chance de la découvrir, il y a de ça quelques années avec son roman Dans ces bras-là et j’avais bien aimé. C’est en lisant un petit billet (dont j’oublie la provenance!) sur son dernier roman que j’ai eu envie de me le procurer. On y faisait l’éloge tout en remarquant les thèmes actuels du roman ; identité virtuelle, relation amoureuse, paradoxes de la beauté, etc. Ça ne m’en prenait pas davantage pour que j’aille envie de me plonger dans sa dernière oeuvre. Avec Celle que vous croyez, Camille Laurens offre une oeuvre des plus modernes dans une …

La petite fille qui lisait Gabrielle Roy

Située d’un côté dans Outremont et l’autre dans le Mile-End, la rue Hutchinson est le reflet miniature d’une société. Abla Farhoud y vit depuis plus de 30 ans et ce fut, sans aucun doute, le point central de son inspiration lors de l’écriture de son roman Le sourire de la petite juive, paru en 2011. Si vous lisez le blogue régulièrement, vous vous doutez bien que c’est suite à ma lecture de Toutes celles que j’étais, sa dernière parution, que je me suis intéressée à l’oeuvre de Farhoud. Comme je l’avais écrit dans l’article commun du mois dernier, une de mes amies m’avait dit à quel point elle avait adoré Le sourire de la petite juive et j’ai enfin pu comprendre les raisons pour lesquelles cette oeuvre d’Abla Farhoud est un petit bijou, tout comme Toutes celles que j’étais. La narratrice de l’oeuvre, Françoise Camirand nous raconte son parcours d’écriture où elle écrit sur ses voisins de la rue Hutchinson. Le lecteur a donc accès aux réflexions de la narratrice et aussi, à ses écrits. …

«Flexitarisme» ou le besoin de tout étiqueter

Un peu à la manière de Fanie, la fille végétale, et de Marie-Ève, la végane autrement, j’avais envie de partager les détails de mon mode de vie alimentaire. Pourquoi? Je ne sais pas trop… Parce que les gens ne comprennent souvent pas trop où je me situe dans la chaine omnivore de la vie, je pense. Je me demandais comment introduire mon article, lorsque je suis tombée sur un article du Nutritionniste urbain, qui a plus ou moins rapport à mon sujet, mais dont le passage suivant m’a fait réagir : Derrière cette phrase [Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es.] reprise ad nauseam, se cache un fait qui m’a toujours fasciné. L’alimentation est liée à l’identité. Ce qu’on décide de mettre en bouche nous définit, et ce, d’une façon aussi importante que la musique qu’on écoute, les vêtements que l’on porte, la langue que l’on parle ou notre origine culturelle. Et voilà, c’est ça! J’ai besoin de parler de mes habitudes alimentaires parce que les gens veulent comprendre qui je …

Critique commune de « Toutes celles que j’étais » d’Alba Farhoud, lecture d’août du défi littéraire

Ce que j’en ai pensé J’avais entendu une de mes amies nommer Abla Farhoud quelques fois et je me souviens d’avoir mis Le sourire de la petite juive sur ma liste mentale de livres à lire. Alors quand j’ai vu que Toutes celles que j’étais gagnait le sondage pour la lecture du mois d’août, j’étais bien contente d’avoir enfin la chance de me plonger dans l’oeuvre de cette auteure. Je n’irai pas par quatre chemins : J’AI ADORÉ MA LECTURE. Honnêtement, en ce neuvième mois de l’année, je déclare que Toutes celles que j’étais est ma plus belle découverte du défi littéraire En 2015, je lis un livre québécois par mois. Le roman inspiré de faits réels de la vie de l’auteure n’est toutefois pas une autobiographie au sens propre du mot. On remarque beaucoup de similitudes dans la vie de la narratrice comme dans celle de l’auteure, mais on se doit d’en faire abstraction pour se plonger dans la vie d’Aablè. Elle raconte son arrivée au Québec lorsqu’elle n’avait que 6 ans. Elle raconte le …

« Le profil Amina »: un documentaire sur le pouvoir de l’amour et du web

Amour, révolution et identité virtuelle, ce sont là les trois thèmes principaux du documentaire de Sophie Deraspe.  Amour parce qu’Amina Arraf charme Sandra Bagaria et que Sandra s’attache à Amina. Elles communiqueront pendant six mois par courriel, chat et photos. Elles se plaisent, se désirent et deviennent de plus en plus près l’une de l’autre. Assez pour se considérer comme un couple et assez pour s’ennuyer lorsque l’autre ne donne pas signe de vie pendant 24 heures. Parce qu’Amina habite en Syrie et Sandra, à Montréal. Révolution parce qu’Amina est une jeune lesbienne de Damas qui se crée un blogue pour assumer son orientation sexuelle, mais aussi ses croyances politiques. En plein printemps arabe, Amina souhaite une révolution et ses écrits deviennent rapidement source d’intérêt occidental et oriental. Elle raconte avoir été arrêtée, avoir été secourue et être en danger continuel. C’est ainsi qu’elle capture l’attention de tous les médias de la planète. En 2011, la disparition d’Amina avait suscité un grand tollé médiatique; il fallait la retrouver, la sauver et ainsi, envoyer un message social. …

Quand le chaos aveugle

Dans les lectures les plus étonnantes de ma vie, il y a L’aveuglement de José Saramago, gagnant d’un prix Nobel. Mon professeur, en première année, nous avait expliqué brièvement l’histoire; un homme devient aveugle subitement au coin d’une rue et s’en suit une cécité globale dans la société… Je vous avoue que je percevais déjà de loin un récit près de la science-fiction et que je n’étais pas très motivée à entamer ma lecture. Or, lecture obligatoire oblige, je me suis mise à la lecture et d’emblée j’ai été séduite. L’ambiance du récit est attirante et c’est un des romans qui définissent le plus justement la grisaille entre le bien et le mal. Tout d’abord, l’oeuvre de Saramago est un paradoxe en elle-même, car s’entremêlent douceur, chaos, dureté et compassion. C’est le genre d’oeuvres où même le plus grand des chaos réussit à trouver lumière. L’histoire débute dans une ville inconnue, cela pourrait être Montréal comme Londres ou même Tokyo. C’est une ville moderne avec des immeubles à bureaux, des feux de circulation, etc. Ainsi, on se …