All posts tagged: Le fil rouge

Le mangeur de bicyclette, un tourbillon par Larry Tremblay

Ça fait plusieurs décennies déjà que Larry Tremblay fait partie du paysage littéraire québécois. Il s’y est même taillé une place importante ; de nombreux prix, des adaptations au théâtre, des traductions et des publications à l’étranger en témoignent. Nous vous en avons même parlé à maintes reprises sur le Fil Rouge, notamment pour L’orangeraie et Le Christ obèse.  Le mangeur de bicyclette est une réédition d’un roman publié pour la première fois en 2002. Oui, oui! Quinze années plus tard, ce récit réapparaît dans le paysage littéraire québécois pour notre plus grand plaisir. Il s’en est passé du temps! Heureusement, ce roman est tout aussi contemporain et correspond encore aux univers créés par l’auteur. Je n’ai pas du tout été déçue. Après avoir terminer la lecture, je me suis même ennuyée de son univers déjanté, déstructuré, sans frontière et profondément humain. Une bouffée d’inventivité qui fait du bien et qui rejoint l’universel. Poudre de kumkum Petit fait cocasse, j’ai lu à plusieurs reprises un autre livre du même auteur, Poudre de kumkum, publié la même …

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North: le guide pratique pour tous les mordus des pays scandinaves!

Comme vous le savez sans doute (il est certain que j’en ai déjà fait mention par-ci par-là dans quelques-uns de mes articles!), les pays scandinaves (Suède, Danemark et Norvège), en plus des pays nordiques (Finlande et Islande) m’ont toujours grandement intéressée! La beauté de leurs paysages, leurs histoires ainsi que leurs richesses culturelles me donne encore plus envie d’explorer leurs jolies contrées ou bien re-visiter certaines de leurs grandes villes et petits coins de pays déjà vus lors de voyages précédents (mon prochain pays sur la liste? Probablement la Finlande, terre des moomins!). Si ces voyages m’ont donné un tout petit aperçu de leur univers (je n’y suis pas restée pendant des mois quand même!), j’ai mis la main sur d’intéressantes alternatives, à découvrir si, tout comme moi, vous vouliez en apprendre davantage sur ces très jolies parties du monde! Côté livre, j’ai trouvé plus tôt cet été l’ouvrage North: how to live scandinavian par Brontë Aurell. Jusqu’à ce jour, il s’agit de mon livre de référence préféré en la matière!   Quelle est la Scandinavie? Qui …

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Conte corporel: Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy

Il était une fois un récit dans lequel il est difficile de plonger. Les phrases débordent, c’est dense, on ne sait pas par quel bout le prendre. Puis, petit à petit, l’univers s’éclaircit, il nous habite et ses personnages nous intriguent. Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy entre sous notre peau: qu’adviendra-t-il de la famille Borya et de la petite Mie, 12 ans, qui veut que son oncle Osip lui montre «comment on fait le sexe des humains»? De sa mère, Noé, qui demeure dans la cabane, loin d’eux et du phare? Que fera ce clan qui habite à 8 heures du village le plus près? Le corps (brut) des femmes L’histoire est parfois difficile; les deux frères du clan, Osip et Sevastian-Benedikt, «prennent» Noé quand ça leur plaît, comme un objet qui ne sert qu’à satisfaire leur appétit sexuel. De ces relations sans consentement sont nés trois enfants, dont Mie, l’aînée. Noé devient le corps d’une bête, comme ceux qu’emprunte Mie. Car la dimension de conte entre en jeu ici, quand la petite fille nous …

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Je ne sais pas pourquoi, mais ce livre me fait du bien – La dernière fugitive de Tracy Chevalier

Il y a des époques qui nous fascinent plus que d’autres. Pour moi, c’est le XIXe siècle. J’aime voir l’Amérique se bâtir et devenir prospère. J’aime voir l’Europe se transformer rapidement avec l’industrialisation, voir l’écart entre tradition et modernité se creuser sans qu’il y ait de rupture nette et définitive. J’aime voir l’Asie entrer en contact avec l’Occident, voir des dynasties périr et des pays renaître. Tout me fascine et m’intéresse. On dirait que le temps ne passe pas de la même façon au XIXe siècle. On voudrait que tout aille vite, mais la technologie ne suit pas toujours; il faut faire preuve de patience. J’ai donc entamé ma lecture de La dernière fugitive avec enthousiasme et je l’ai poursuivie avec bonheur. Dans ce roman, Tracy Chevalier nous présente Honor, une jeune anglaise quaker qui, après une déconvenue amoureuse, pars pour l’Amérique. Elle souhaite trouver la paix dans cette nouvelle vie, mais elle trouvera d’abord beaucoup d’épreuves. Elle sera confrontée à la difficile vie dans l’Ouest, dans une communauté méfiante, et à l’injustice de l’esclavage. …

Pour que demain arrive toujours plus rapidement

«Pour Fleur, l’heure n’est jamais à l’heure. L’heure arrive toujours trop tôt. Et Fleur toujours trop tard. Ça ne peut plus durer….» Avec tous ces livres nous apprenant l’art de prendre son temps et de son importance, C’était quand demain? est un petit roman s’adressant aux plus jeunes de manière ludique sur le temps et sa gestion. Le rapport que nous avons avec le temps varie d’une personne à l’autre. Avec l’accélération qu’impose une société de performance, on se demande souvent pourquoi courons-nous autant et vers quoi … ! Nous nous oublions ainsi et apprécions moins chaque petit instant que la vie nous propose. Les tout-petits sont aussi confrontés à cette réalité désormais, amenant son lot de questionnements sur la manière de gérer leur quotidien. Grands rêveurs et grands minutieux seront charmés par ce court roman. Fleur est une adorable petite fille comme les autres, mais elle aime prendre son temps. S’appliquant ainsi à toujours bien faire les choses, elle se retrouve la majorité du temps à être en retard. Quel est l’imbécile qui a inventé l’horloge ? Voilà qu’un jour …

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Une auteure et son œuvre : Svetlana Alexievitch

Écrire dans l’ombre, en laissant la parole à ceux qui ne sont pas pris en compte par l’histoire, ces gens qui se déplacent dans l’obscurité sans laisser de traces et à qui on ne demande rien, c’est ce que Svetlana Alexievitch sait faire de mieux. Cette journaliste et auteure russophone soviétique et biélorusse est la première femme de langue russe à remporter le prix Nobel de littérature, et ce, pour l’ensemble de son œuvre. Elle écrit des textes engagés, dissidents, qui causent parfois la controverse. Ce n’est pas seulement sa carrière de journaliste qui l’a conduite à écrire sur les conflits politiques et sociétaires, comme la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la guerre d’Afghanistan ou la dislocation de l’URSS, mais son enfance marquée par les récits de sa grand-mère et de son père, qui n’ont jamais cessé d’influencer son imagination fertile.   L’auteure Svetlana Alexievitch se met toujours volontairement dans l’ombre lorsqu’elle travaille. J’ai donc décidé de lui donner, dans cet article, une lumière particulière. Pour commencer, explorons brièvement son histoire : Svetlana Alexievitch est née …

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Richard Desjardins, du gros plaisir à entendre et aussi à lire!

Ça allait de soi puisqu’une bonne plume c’est une bonne plume. N’empêche que malgré l’évidence grosse comme la Terre, je ne savais pas que Desjardins le grand, dit Richard Cœur de Lion par sa maman, s’était aussi fait éditer la plume littéraire. C’est par un heureux hasard que je suis tombée sur Aliénor, paru chez Lux Éditeur, un trop gros huit ans après sa sortie en librairie. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit! Il est petit (118 pages), mais en a dedans. Gauthier sans Avoir aussi, le narrateur du livre. C’est un paysan qui, comme son nom l’indique, n’a pas grand avoir en effet. Il en a bavé comme tout le monde à cette époque, des années plus qu’hostiles, d’où l’expression être roi et maître a sûrement émergé. L’histoire se déroule il y a une pas pire mèche, soit le 31 mars 1204, alors que Gauthier sans Avoir se retrouve par une chance inespérée au chevet d’Aliénor, qui elle est sur son lit de mort. Il se paye enfin la traite de toute …

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Québec en toutes lettres : De la poésie à la visite touristique déjantée

Du 21 au 29 octobre dernier avait lieu Québec en toutes lettres, un festival littéraire ayant cours chaque année depuis 2010 dans la ville de Québec. Le thème de cette dernière édition était «Écrire Québec». Pour cette occasion, la programmation offrait une foule d’activités visant à nous faire découvrir Québec sous un autre jour. Pour ma part, j’ai eu la chance de participer à deux activités, soit la Nuit de la poésie et la visite touristique intitulée «Et si…». Voici un petit compte-rendu de mon expérience. La Nuit de la poésie Pour ceux et celles qui doutent de la capacité de la poésie à attirer les foules, à mon avis, vous vous trompez. À mon arrivée à la Maison de la littérature pour assister à la Nuit de la poésie, la salle était déjà pratiquement pleine et plusieurs personnes attendaient à l’extérieur de la salle pour pouvoir y entrer. La Nuit de la poésie est un événement fondé en 2009 par la poète Nora Atalia. Au cours de cette soirée, plus d’une vingtaine de poètes se …

Quelle est l’œuvre qui a été utile dans votre vie ?

C’est la question qu’Émilie Perreault nous pose à la fin de son introduction dans l’excellent livre Faire œuvre utile, quand l’art répare des vies, que j’ai dévoré en moins de 3 h récemment. Émilie Perreault, chroniqueuse culturelle à l’émission de Paul Arcand le matin à 98,5 FM, répète souvent qu’elle ne sauve pas des vies. Personnellement, je la connaissais peu, excepté par le son de sa voix dans ma radio jusqu’à ce que je tombe sous son charme dans ma télévision à Tout le monde en parle un dimanche soir de septembre dernier. Et bien, ma chère Émilie, c’est donc avec joie et grand sérieux que je me suis posé cette question : quelle est l’œuvre qui a été utile dans ma vie? Certes, les livres d’Éric-Emmanuel Schmitt, comme le premier chapitre de Faire œuvre utile, me parlent toujours directement; je peux passer des heures au Musée d’art contemporain à regarder les sculptures de David Altmejd; j’ai l’impression que la musique de Sigur Ros connecte à mon âme; et les poèmes de Rupi Kaur me touchent au point où je n’arrive plus …

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Une toile large comme le monde : entre virtualité et réalité

Et s’il était possible de couper l’internet ? Pas seulement en désactivant son Wi-Fi, non. En déconnectant la terre entière de la toile. Le feriez-vous ? C’est ce que propose Aude Seigne dans son troisième roman, Une toile large comme le monde. Lentement, chapitre après chapitre, elle met en place une multitude de personnages modernes, tous dépendants, d’une façon ou d’une autre, de la technologie. Les personnages sont variés, intéressants et indubitablement dans l’ère du temps. (C’est bien l’une des premières fois que je lisais une auteure qui parlait de Pinterest et de la série Mr. Robot dans un roman.) C’est à travers le trio amoureux formé par Oliver, Evan et June; la programmeuse Pénélope;  l’adepte de jeu vidéo et de Youtube Lu Pan; et la militante pour un internet vert, Brigit, que se construit ce récit. Alors qu’on navigue, durant la première moitié du roman, à travers les différents personnages, on sent bien que les questions s’immiscent en eux, qu’ils se mettent tous, indépendamment l’un de l’autre, à se questionner sur l’influence de la grande toile sur …