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De vraies grandes résistances : Le jeu de la musique

Je suis toujours étrangement heureuse d’entrer dans les meilleurs livres dix mois après tout le monde: ça me donne l’impression de les faire durer plus longtemps. J’ai travaillé un bon bout de temps dans le milieu communautaire. On y trouve de ces personnes coriaces, d’anciennes militantes recyclées en directrices générales, encore brusques dans leurs façons, un peu épuisées, pas capables de lâcher le morceau, pas en guerre avec leur conseil d’administration mais pas loin (ça vient par vagues), magnifiques dans leur détermination et épineuses dans leurs retranchements. Je les ai toujours enviées de savoir ou d’avoir su très tôt où se pitcher. D’avoir su par où commencer et comment continuer. À côté de leur trajectoire, mon propre parcours erratique et franchement pas rapport me semble, même aujourd’hui où je suis contente de faire ce que je fais, d’une inconstance mal avisée.  Tâtonner et hésiter ; être nostalgique du temps où on pensait être en train d’accomplir quelque chose ; la fébrilité anxieuse et mélancolique de qui veut brasser le monde mais qui ne sait plus …

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Bad Girl, récit intime d’une autrice

Je n’en suis pas à mon premier livre écrit par Nancy Huston. Je dévore ses fictions et me délecte de ses mots assez souvent pour dire qu’elle fait partie de mes auteurs préférés. J’appréhende bien le jour où je vais avoir terminé son oeuvre complète et qu’il faudra que j’attende une nouvelle sortie de sa part… Il y a quelques mois, j’ai sorti la fin de session de ma tête en lisant Bad Girl, son récit autobiographique. La forme: « autobiographie intra-utérine » L’autrice utilise la narration à la deuxième personne, le « tu » étant adressé à la petite Nancy sur le point de naître, dans le ventre de sa mère. Cela change toute la manière dont les points biographiques sont amenés, rendant le tout beaucoup plus intime et moins linéaire. Les chapitres sont courts, parfois seulement constitué d’un paragraphe, racontant une courte anecdote. «Toi, c’est toi, Dorrit [Nancy]. Celle qui écrit. Toi à tous les âges, et même avant d’avoir un âge, avant d’écrire, avant d’être un soi. Celle qui écrit et donc aussi, parfois, on espère, …

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Les mille talents d’Eurídice Gusmão: l’histoire d’une femme invisible

Dès que le soleil a commencé à poindre le bout de son nez et que le vent froid a enfin laissé sa place à un peu de chaleur, j’ai eu une envie pressante de dénicher un livre que je pourrais lire au parc. N’ayant pas en tête un titre ou un-e auteur-e en particulier, je me suis tout de même rendue à la Bibliothèque et me suis mise à lire les quatrièmes de couverture dans la section des nouveautés. Mes yeux se sont arrêtés sur quelques bouquins dont celui de Martha Batalha, auteure brésilienne qui a connu un vif succès dans son pays natal pour son premier roman Les mille talents d’Eurídice Gusmão. Sa couverture aux couleurs flamboyantes et festives donnait le ton à mon besoin de légèreté, de lumière et de chaleur réconfortante. Par contre, ce sont surtout les quelques lignes rédigées en majuscules qui m’ont interpellée, si bien que j’ai entrepris d’en faire la lecture: «  L’histoire d’Eurídice Gusmão, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à …

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Mes 5 questions posées à Stéphanie Boulay, porte-parole pour les Correspondances d’Eastman, mais pas seulement!

Les Correspondances d’Eastman, le plus grand festival littéraire en Amérique du Nord, sont revenues pour une 16e édition du 9 au 12 août dernier. Cet événement a pour but d’offrir au public un accès bien privilégié aux coulisses de la littérature, et c’est Stéphanie Boulay qui a eu l’honneur cette année d’en être la porte-parole. J’en ai alors profité pour lui poser quelques questions! Depuis ton premier roman À l’abri des hommes et des choses qui est paru en 2016, tu ne cesses d’avoir des projets artistiques! Ton livre jeunesse Anatole qui ne séchait jamais sortira le 4 octobre 2018 et un EP solo verra le jour à l’automne prochain, un projet parallèle au duo folk (Les sœurs Boulay) que tu formes avec ta sœur, Mélanie Boulay, depuis 2012. Tu es à la fois chanteuse, musicienne et autrice (et même chroniqueuse!). Occupée comme tu es, pourquoi as-tu accepté d’être porte-parole pour la 16e édition des Correspondances d’Eastman? J’aimerais aussi connaître ta réaction quand on te l’a proposé. Au départ, j’ai pensé que j’étais indigne de prendre ce rôle …

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Les êtres d’ombre et de lumière

Je regarde au sol et j’y vois mon ombre. Maintenant, je me demande si elle peut aussi me voir. S’anime-t-elle lorsque j’ai le dos tourné? Si je me pose ces questions, c’est de la faute de Stéphanie Sylvain et de son roman Le Roi des ombres. À travers ce livre, j’ai vécu une véritable immersion où la frontière entre l’ombre et la lumière peut être beaucoup plus complexe qu’on le pense. L’histoire nous transporte en Espagne, à l’époque médiévale. On y suit l’infortune d’Alcides, souverain déchu de Navarre alors qu’il tente de regagner son royaume. L’histoire est narrée par l’ombre du roi, nouvellement dotée d’une conscience. Ombra tente de protéger son maître alors que celui-ci devient L’Oiseau de proie, un être à l’âme torturée et empreinte de vengeance. C’est un conte historique à saveur fantastique qui aborde le thème de la santé mentale. « Les êtres de lumière avaient besoin d’un chef pour les guider dans la clarté tout comme j’avais besoin d’eux pour me nourrir… d’humanité. » p.191   L’opposition de l’ombre et de la lumière …

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De Bach à Huston

Ça m’a pris 23 ans avant d’ouvrir un livre de Nancy Huston. Ça faisait pourtant plus d’un an que ma meilleure amie me serinait de lire Lignes de faille, qu’elle considérait être un chef-d’œuvre. J’aimerais vous dire que je suis remplie de remords d’avoir attendu si longtemps, mais je suis trop occupée à me délecter du talent de cette autrice, deux fois plutôt qu’une. Après avoir enfin lu la recommandation de mon amie, un pur délice soit dit en passant, je n’ai pas pu résister et j’ai lu un autre de ses livres : Les variations Goldberg.  Je vous le dis tout de suite, je n’en suis pas sortie indemne. Trente têtes valent mieux qu’une Ce roman, le tout premier de Nancy Huston, est sorti en 1981 et continue 37 ans plus tard à faire parler de lui. On y suit Liliane Kulainn qui donne un concert privé dans sa chambre – l’expression musique de chambre prend alors tout son sens. Seules trente personnes ont été invitées, des gens qui ont marqué son passé ou qui …

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Dopamine : chasser le monstre pour revenir à la vie

Les certitudes des jeunes adultes peuvent être parfois si fortes qu’elles brouillent tout le reste. À 21 ans, on se croit invincible, on refuse que quiconque décide à notre place. Mais quelquefois, la vie nous amène là où on n’aurait jamais dû aller et, à ce moment, il faut accepter de faire confiance aux autres. Accepter qu’on n’ait peut-être pas tous les outils en main pour se sortir du pétrin, alors qu’on est encore à cheval entre l’adolescence et l’âge adulte. C’est un peu de ça que parle Dopamine, le premier roman de Jeanne Dompierre. « On te sauvera, que tu le veuilles ou non. » p. 9 (première page du roman)  Un centre de désintox comme toile de fond Dopamine raconte les différentes étapes que traverse une jeune femme de 21 ans dans un centre de désintox. Narré à la deuxième personne, le récit nous plonge dans un univers pas très jojo, mais duquel émane une étonnante lumière. Cette jeune cocaïnomane, anorexique et borderline, issue d’une famille plutôt bourgeoise, se retrouve au centre après que sa …

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Le pouvoir ou who runs the world ? girls

À quoi ressemblerait le monde si tout d’un coup la femme était considérée comme le sexe fort sur la planète? Naomi Alderman tente de répondre à la question en créant une œuvre fictionnelle et fantastique intitulé Le pouvoir. Ce livre est partout, sur toutes les tablettes des palmarès en librairie et sur tous les réseaux sociaux. C’est sans doute car ce livre, dont la portée féministe est si forte, est important de nos jours. On est loin de La servante écarlate, une histoire fascinante que j’ai adorée, où les femmes sont réduites à des machines à bébés ou à des esclaves. C’est un livre où chaque femme peut y trouver un peu de réconfort, une histoire qui démontre la société patriarcale chute vers l’ascension des femmes. Une histoire différente Le pouvoir raconte le moment où les jeunes femmes développent une nouvelle capacité : une sorte d’énergie électrique sortant de leurs mains et la capacité d’envoyer des chocs au toucher. Ce pouvoir est créé par un fuseau qui s’apparente à un organe. Chaque femme et certains hommes le possèdent. Ce pouvoir se manifeste à …

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Comprendre ce qui ne s’explique pas

L’Attentat, de Yasmina Khadra, c’est la longue réflexion d’un homme qui tente de comprendre comment sa femme a pu être à l’origine d’un attentat. L’homme en question est le chirurgien Amine Jaafari, qui est un Arabe israélien très bien intégré en Israël. Sa femme, Sihem, est quant à elle d’origine palestinienne. Le Dr Jaafari vivait avec sa femme une vie qu’il considérait rêvée. Quelle n’est pas sa surprise lorsque, après une longue journée à opérer les personnes blessées à la suite d’un attentat perpétré dans la ville, il apprend que sa femme est la kamikaze à l’origine du drame. «Ce n’est pas la première fois qu’un attentat secoue Tel-Aviv, et les secours sont menés avec une efficacité grandissante. Mais un attentat reste un attentat. À l’usure, on peut le gérer techniquement, pas humainement. L’émoi et l’effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l’horreur frappe, c’est toujours le coeur qu’elle vise en premier.» Après le déni, le questionnement Pour cet homme qui s’évertue à sauver chaque personne qui passe sur la table d’opération, …

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Les coulisses de la littérature aux Correspondances d’Eastman

J’ai eu l’immense bonheur de couvrir les Correspondances d’Eastman pour leur 16ème édition, portant le thème « Les coulisses de la littérature ». J’avais en tête le doux souvenir d’un après-midi d’été passé là-bas en 2011 avec ma mère. Nous nous promenions dans le parc près du théâtre de la Marjolaine et avions écrit des lettres à de purs inconnus selon notre inspiration du moment. Un concept (quelque peu) farfelu Cette année, je me voyais déjà profiter d’une manière bien différente des correspondances en m’y impliquant davantage : la programmation était tentante et la thématique intrigante se laisserait manipuler, ai-je pensé, par chacune et chacun des écrivain.es invité.es. La porte-parole de cette édition, Stéphanie Boulay musicienne et écrivaine, était un autre élément qui stimulait chez moi la hâte de m’y rendre! Le concept est agréable, bien pensé et un peu farfelu : le village devient un paysage aménagé pour recevoir les lecteurs et lectrices ainsi que les écrivains et écrivaines qui sommeillent en chacun de nous. Des boîtes aux lettres sont dispersées dans les rues et près des parcs, dans …