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Colorer les écrits : Fanny Cloutier

Les journaux se sont entassés dans mes tiroirs. De mon enfance à aujourd’hui, les cahiers se sont empilés les uns sur les autres, ils se sont remplis et ont accueilli mes aspirations poétiques et les limites de mon talent. Parfois, ma vie trop banale me désespérait, j’aurais rêvé de quelque chose d’extraordinaire à coucher sur le papier, mais rien n’y faisait, le calme plat se fracassait aux pages de mes journaux. J’avais des rêves de grandeur pour mes carnets. Je rêvais de couleurs et d’images à couper le souffle, de phrases inspirées qui changent la vie des gens. Je rêvais que mes journaux soient des collages tellement vivants qu’ils m’amènent à les redécouvrir moi-même au fil des semaines. Mais je n’y suis jamais parvenue. Je retrouvais alors ce que je n’arrivais pas à écrire dans les textes des autres. J’aimais dévorer les journaux d’autrui. Les fictions, comme les écrits, qui provenaient du passé. Cette assiduité que je ne possédais pas, celle de prendre le temps d’écrire et de décrire la vie, me fascinait. Et voilà …

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Comment je suis tombée amoureuse de Andrew Kaufman

J’étais fatiguée. J’avais envie d’une lecture légère, rapide, simple et qui ne me sollicite pas trop. Du coup, j’ai pris de livre, Minuscule, juste parce qu’il n’était pas très épais. En plus, il avait pile la tête de l’emploi… Finalement, j’ai plongé dans le monde de l’auteur, ai lu le livre d’une seule traite, et me suis jetée sur ses autres romans. Andrew Kaufman a fait beaucoup plus que me divertir : il m’a fait rire, il m’a fait réfléchir, il m’a fait penser à mes amis, il m’a nourrie… il m’a fait beaucoup de bien. Minuscule Tout commence par un banal cambriolage dans une banque. Mais au lieu de prendre de l’argent, le voleur demande aux personnes présentes de lui donner l’objet qui a le plus de valeur sentimentale à leurs yeux. À son départ, il leur dit : «En sortant d’ici, je vais emporter 51% de votre âme avec moi. Cela va se traduire par d’étranges conséquences dans vos vies. Mais voici le plus important : apprenez à la faire repousser, ou vous …

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La poésie, cette créature que je ne savais apprivoiser

Mes premières rencontres poétiques, à ce que je me souvienne, étaient avec Nelligan et St-Denys-Garneau. C’était à la fin du secondaire et au début du cégep. On ne peut pas dire que nos premières dates aient été fructueuses. Je n’arrivais pas à ressentir quoi que ce soit au travers leurs images. Je pense que mon esprit analytique et pragmatique empêchait quoi que ce soit de se produire. Je ne voyais que la surface, déboussolée par des mots que l’on ne pouvait associer ensemble pour décrire une réalité. Il y avait bien peu au-delà du Vaisseau d’or qui s’échoue et j’aurais bien aimé savoir qui était cette joie qui marchait aux côtés de St-Denys-Garneau. La poésie est longtemps restée bien mystérieuse. Je ne savais comment la définir, je ne savais comment l’apprécier, je ne savais comment l’apprivoiser. Mais je ne pouvais détacher mon regard d’elle. Et puis un jour, j’ai repris contact. J’ai participé à un atelier d’écriture. J’y ai mis tout mon cœur, mais l’animateur m’a dit à la toute fin que je n’avais pas …

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Oma lit, ou les livres comme liens entre les générations

Si on devait faire un personnage à partir de ma mère, ses attributs seraient le peignoir, la tasse de café et le livre. Bien qu’étant une grosse dormeuse, elle se lève bien plus tôt que nécessaire, juste pour avoir le plaisir de traîner à la table du déjeuner en peignoir avec sa 4e tasse de café devenue froide et son roman. La lecture selon ma mère Il y a 2 choses essentielles dans ses habitudes de lecture : La première est qu’elle préfère les livres qui finissent bien. Ainsi, elle n’a jamais lu la fin de La petite sirène d’Andersen, et elle a une attirance particulière pour les romans policiers (qui finissent bien par définition, puisque le coupable est toujours découvert). D’ailleurs, les polars, elle les commence souvent par les dernières pages, comme un épisode de l’inspecteur Columbo : le nom du coupable n’a pas d’importance réelle, tout l’intérêt est dans l’enquête. La deuxième est qu’elle ne sait pas choisir. Alors un jour, elle a décidé de lire les livres de la bibliothèque du village par …

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Comment j’ai appris à aimer Harry Potter

Au printemps l’année dernière, le loulou est rentré de l’école avec une demande précise : « Dis maman, on pourrait lire Harry Potter ? La grande sœur de mon meilleur copain est en train de le lire et elle lui raconte tout. Moi aussi je voudrais connaître l’histoire. » Je dois reconnaître que j’étais pas contente-contente. Sincèrement, j’avais beaucoup de préjugés sur Harry Potter, et n’avais absolument pas envie de les lire. Et puis, il n’était qu’en première année, serait-il capable de rester accroché à un même récit pendant une longue période ? J’ai tenté de me défiler en lui montrant les films. Mais ce n’était pas suffisant pour lui, au contraire : ils avaient éveillé son intérêt, et il avait encore plus envie d’avoir tous les détails. Il fallait que je le reconnaisse : quoique mes préjugés me fassent en penser, Harry Potter est entré dans la culture générale de base, il est devenu un incontournable. Pis, comme la règle de nos séances de lecture du soir veut que ce soit lui qui choisisse la lecture, j’ai donc …

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Courtepointe: une histoire délicatement tissée

C’est un tout petit livre, court et au format étroit qu’est Courtepointe de Theresa Kishkan. C’est d’abord et avant tout l’illustration sur sa couverture qui a capté mon attention: le portrait coloré d’une jeune femme d’une autre époque. La quatrième de couverture me promettait une plongée dans une quête identitaire et le retour aux sources d’une jeune canadienne d’origine rom, qui, après la restauration d’une courtepointe transmise aux femmes de sa famille de génération en génération, décide d’entreprendre un voyage au cœur de l’Europe centrale. Le sujet me semblait ambitieux pour l’épaisseur du roman, et c’est avec curiosité que j’avais envie de me plonger dans l’univers des Roms. Dès les premières pages, on découvre cette fameuse courtepointe qui accompagne Patrin dans sa quête d’identité. Grâce à l’écriture fine et simple, on sent son odeur de laine et de fumée, on touche les différents tissus qui la composent, on voit ses couleurs délavées et sa bordure élimée. On comprend d’emblée que cette courtepointe est un legs précieux pour Patrin et qu’elle contient plus que des souvenirs …

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Les conseils d’Hubert, dans le ventre de la nutrition pratique et illustrée

Un après-midi anodin où je flânais au Marché Jean-Talon avec soif de produits frais et d’idées de recettes, je suis entrée à la Librairie Gourmande avec une envie de découvertes culinaires. Une conversation passionnée avec la libraire et quelques suggestions de livres plus tard, mes yeux s’attardaient sur de magnifiques illustrations. J’avais entre les mains Les conseils d’Hubert, un ouvrage de plus de 500 conseils et recettes, écrit par Hubert Cormier, nutritionniste et diététiste, illustré par Laucolo. Un coup de coeur, une évidence, que dis-je! un petit bijou avec lequel je repartais sous le bras. Cinq mois plus tard, il est non seulement toujours mon allié en cuisine, mais également une lecture fréquente et inspirante qui m’a donné envie de m’entretenir avec l’auteur: As-tu un attachement au format papier et, si oui, d’où te vient-il? J’ai bel et bien un attachement au format papier. En tant qu’auteur, c’est toujours excitant de recevoir son livre et de le tenir en mains propres une fois imprimé. On peut le sentir, le feuilleter tranquillement et ça n’a pas de …

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Autour des livres: Rencontre avec Meb

Meb a peut-être seulement un livre à son actif, mais elle fait déjà beaucoup parler d’elle. En décembre dernier, elle a lancé Aria de laine, un livre constitué de poèmes découpés dans Maria Chapdelaine, de Louis Hémon. Le recueil a été bien reçu par la critique. J’ai écrit un article sur son premier livre ici. L’autrice a gentiment accepté de répondre au questionnaire Autour des livres. 1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Un livre sur l’évolution du cheval de l’époque préhistorique à maintenant. J’adorais ce livre. Voir l’évolution des sabots, de la taille, etc., ça me fascinait. Je l’ai encore. 2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant ? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Enfant, je lisais un peu tout ce que je trouvais dans la maison. J’étais très curieuse. Adolescente, j’ai lu beaucoup de John Irving et j’ai dévoré tous les romans de Sherlock Holmes. Maintenant, il y a de longues périodes où je ne lis pas et d’autres où je lis beaucoup. J’aime beaucoup écouter des livres audio …

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Dessine-moi un mouton

C’est quelque peu angoissant d’écrire un article sur le livre le plus traduit au monde après la Bible – en 300 langues pour être exacte – d’autant plus que rares sont ceux qui ne l’ont pas lu au moins une fois. Mais alors, me direz-vous, pourquoi m’embarquer là-dedans ? C’est que, il y a quelques mois de cela, j’ai eu une discussion endiablée avec mon coloc sur les différents degrés d’interprétation que chacun peut avoir d’un même livre. J’ai tout de suite pensé au Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, qui est reconnu comme étant un conte écrit pour les enfants, mais destiné aux adultes. Avec les années, on gagne en maturité, tout en perdant l’enfant en nous, celui qui voit ce qui est réellement devant lui, qui accepte l’impossible et dont l’imagination surpasse la raison. C’est d’ailleurs pour cela qu’un enfant qui lit ce livre n’y verra qu’un personnage éclectique qui fait des rencontres toujours plus spéciales les unes que les autres. L’adulte, lui, rend à ce livre son côté sérieux, prêtant à ces lignes très simples une …

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Tout ce qui se dissimule dans Nos silences

Les femmes, en raison de leur genre, subissent la guerre de manière toute particulière. C’est ce que l’auteure Wahiba Khiari raconte, en libérant son propre vécu, dans Nos silences. Ce court roman, paru en 2018 aux Éditions XYZ après avoir été publié en Tunisie il y a quelques années, entrelace fiction et autofiction pour faire le récit de la guerre civile algérienne du point de vue des femmes. En composant un roman à deux voix, l’auteure brise le silence des femmes happées par le conflit armé. S’y alternent donc le récit d’une enseignante d’anglais ayant fui le conflit et les violences à leurs débuts et celui de son étudiante plongée dans l’épouvante de ce qui sera baptisé la «décennie noire». La première, tenaillée par les remords et l’impuissance, n’arrive pas à se défaire de l’idée que son élève traverse le pire là-bas.  «Je suis loin, mais pas elle. Ils l’ont eue, j’en suis douloureusement convaincue. Des années qu’elle m’habite comme une deuxième possibilité de moi-même.» Par l’écriture, elle la fait exister et elle fait exister …