All posts tagged: littérature

DÉFI BOUQUINERIE JOUR 1 : Acheter un beau cahier

  Pour débuter notre défi, je me suis dit qu’il fallait commencer par bien s’équiper. Pour ce faire, rien de mieux que de s’acheter un nouveau cahier pour y écrire nos réflexions, nos états ainsi que notre évolution au cours du défi. S’acheter un nouveau cahier est toujours, à mon avis, une bonne façon de se motiver à un nouveau projet. En plus, vous pourrez vous en servir tout au long du défi, autant pour y remplir les listes et les questions qu’on vous proposera, que pour y ajouter vos propres réflexions littéraires et bien-être . Pour vous inspirer un peu, voici une liste de quelques compagnies et boutiques qui propose de superbes choix. Buk et Nola ( Boutique sur Laurier est) Boucle et papier ( boutique sur St-Laurent, à la hauteur de Fairmount) Nota Bene ( coin Sherbrooke et Du Parc ) Rifle paper co ( disponible chez Boucle et papier et Buk et Nola) Kate Spade NY chez Indigo N’oubliez pas de prendre une photo de votre cahier en utilisant le mot-clic #DEFIBOUQUINERIE sur instagram, on veux …

Pourquoi Rogue est devenu mon personnage favori

J’ai toujours aimé les méchants. Du plus loin que je me souvienne, Barbe Bleue a été mon premier amour du côté obscur. C’est probablement troublant qu’une jeune fille de six ans soit intriguée à ce point par un protagoniste tueur de femmes, mais je ne pouvais m’empêcher de vouloir le comprendre. Je relisais donc sans cesse cette histoire, qui pourtant, me troublait au plus haut point. C’est que l’inquiétant pique la curiosité et que le manteau de mystère qu’il revête fièrement me charmait tout en animant violemment mon imagination. En vieillissant, je n’ai pas trop changé. Aujourd’hui, j’apprécie toujours les méchants, peut-être même davantage puisque je suis en mesure de mieux les saisir. J’ai eu pitié de Darth Vader et de Drago Malefoy qui se sont avérés des victimes. J’ai adoré détester Dolores Ombrage, Bellatrix Lestrange et le comte Olaf. Parce qu’ils sont pleins de vie, mais pleins de mort à la fois. Fragmentés par milliers, bouillonnant de rage et de haine, ce sont des êtres divisés qui représentent bien la rupture qui subsiste en …

Nord Alice, un troisième roman signé Marc Séguin

C’est avec un immense plaisir que je vous parle aujourd’hui d’un homme que j’admire profondément, et j’ai nommé Marc Séguin. La sortie, en octobre dernier, de son troisième roman, Nord Alice, publié chez Léméac, m’est apparue comme l’excuse idéale de vous le présenter et comme la porte d’entrée vers l’univers de cet artiste aux multiples talents. Mais avant toute chose, ce que j’admire particulièrement chez lui, c’est son honnêteté et sa sincérité, mais aussi son esprit vif, sa sensibilité et ce côté homme de la terre, mâle, qu’il partage autant par son regard sur notre monde que sa manière de créer à partir de ce monde. Après cela, j’envie un peu sa carrière vaste et florissante (j’aimerais en avoir une semblable), ses tableaux me choquent autant qu’ils me troublent, tout comme ses trois romans La foi du braconnier paru en 2009, Hollywood paru en 2012 et finalement, le petit nouveau Nord Alice. « [Marc Séguin est] né à Ottawa, Canada. Ses œuvres sont vues et collectionnées dans plusieurs pays par les musées, galeries, et par …

Tromper Martine et l’homme du 21ème siècle

J’attendais avec intérêt le petit dernier de Stéphane Dompierre. J’avais beaucoup apprécié ma lecture de Un petit pas pour l’homme, mais je n’ai pas encore lu Mal élevé. Bien que les personnages s’entremêlent un peu entre les trois histoires, nul besoin d’avoir lu l’un pour apprécier l’autre. Par contre, ce qu’il faut savoir en lisant Tromper Martine, c’est qu’on s’embarque dans une histoire très masculine. En tant que femme, en tant que féministe, c’est parfois un peu plus difficile de décrocher pour apprécier l’aspect un peu masculinise du récit sans pour autant s’en insurger, parce qu’il n’y a clairement pas matière à s’insurger dans ce roman. Sur les conseils de son médecin qui s’inquiète de ses dérapages récents, Nicolas part deux mois loin de son travail, de sa femme et de ses enfants. Un vent de liberté souffle dans ses cheveux et lui donne envie de mordre dans la vie comme si c’était un beau gros beigne débordant de crème. Il voyage, fait des rencontres, tente de réconforter de vieux amis aussi mal en point …

Laissez venir, à moi, les livres !

On attend toujours la belle saison avec l’espoir de réaliser des projets gardés sur la tablette tout l’hiver. Pour être tout à fait honnête, la réalité ne ressemble en rien avec ce que l’on avait imaginé ou si bien planifié. Je parle peut-être pour moi seule, mais l’été 2015 a été une belle surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Mais ça, vous le savez déjà ! En début d’été, j’ai écrit une liste. La liste des titres que j’allais lire dans les deux, trois mois à venir : –Anna Karénine de Léon Tolstoï – Tome I et II –Femmes qui courent avec les loups : histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage de Clarissa Pinkola Estés –Libérez votre créativité de Julia Cameron (à relire) –L’art pratique de la créativité de Julia Cameron (à relire) –L’homme rapaillé de Gaston Miron (ça, je l’ai lu à voix haute dans mon bain !) Mais au lieu de choisir les livres que j’allais lire, ce sont d’autres livres qui m’ont choisie et qui sont venus vers …

Éloge du corps et du désir

Lors de mon dernier voyage en Grèce, j’ai eu le plaisir, LE COUP DE FOUDRE TOTAL, de découvrir la si adorable librairie Atlantis Books à Oia. sur l’île de Santorini. L’extérieur de la librairie attire l’oeil par ses citations qui meublent le bâtiment, comme ses nombreux chats y dormant. Quand je suis entrée, j’ai été encore plus charmée, on se sent comme au paradis. (Le mien = des livres partout partout, du sol au plancher!) Cette librairie a été classée à maintes reprises comme l’une des plus belles du monde et honnêtement, je comprends. L’ambiance qu’on ressent en y mettant les pieds confirme réellement que les propriétaires sont des véritables amoureux des livres. C’est donc avec chance que j’ai pu apercevoir deux-trois petites tablettes dédiées aux livres français. Je n’ai pas pu résister à la tentation de repartir avec un livre de cette librairie (surtout qu’il estampe leur logo dans les livres !) Et ce fût Éloge de la marâtre de Mario Vargas Llosa. Cet auteur que j’adore a été le petit plus à cette …

Cinq livres à faire lire au secondaire

Comme plusieurs d’entre vous le savez déjà, je suis tout nouvellement diplômée en enseignement du français au secondaire. Bien que je n’aie toujours pas ce fameux brevet entre les mains (la bureaucratie l’oblige), j’ai maintenant, et depuis un certain temps, avouons-le, acquis toutes les compétences pour enseigner le français à des adolescents. Je ne vous apprends rien en évoquant le réel défi que représente transmettre le goût de la lecture à des jeunes en pleine crise de la puberté. D’ailleurs, à l’heure actuelle, la technologie ne joue pas vraiment en notre faveur. Tout se joue dans l’immédiat et plusieurs savent que la littérature est une affaire de lenteur. La patience a bien des vertus et lorsqu’il s’agit de promouvoir l’amour des lettres, je pourrais attendre toute une vie. Encore ne faut-il pas passer outre la passion de l’enseignant lui-même dans ce genre de contexte. Vous pouvez bien présenter le roman de l’heure à vos élèves, si vous ne vous y retrouvez pas vous-même, l’enthousiasme ne gagnera pas la foule. Je dois vous avouer que je …

Trois destinations, trois lectures

Vous l’aurez peut-être remarqué, les collabos du Fil rouge aiment voyager. Alexandra et moi sommes allées à San Francisco au mois de mai, Martine est partie un mois en Grèce, en France et en Espagne, Karina est allée au Maroc et Florence est partie explorer l’Asie du sud-est le temps d’un été, ainsi de suite. Martine et Karina ont toutes deux eu l’idée d’écrire des articles sur les livres à lire en lien avec les destinations qu’elles ont visitées. Idée qui, à mon avis, est vraiment géniale. Puisque je n’ai pas vraiment lu durant mon voyage à San Francisco (je n’y étais qu’une semaine) et que j’ai plusieurs destinations sur ma liste, j’ai décidé de m’imaginer à travers trois voyages sac-à-dos en solo, en y associant un livre que j’aimerais lire durant ces trois hypothétiques destinations. J’ai choisi trois titres dont le contenu est relié aux voyages non seulement parce que j’en ai plusieurs dans ma bibliothèque, mais parce que rien ne dit voyage en solitaire comme un récit de voyage pour nous accompagner et même nous épauler …

Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies, par Christiane Singer

«Impossible d’extirper de la vie de l’autre, comme on le ferait de tiques dans le pelage d’un chat, les rencontres qui importent pour lui. Par un mystère, impossible à élucider, ce sont précisément toutes les rencontres d’une vie qui nous font peu à peu advenir. Chaque rencontre me livre d’étrange manière, tantôt une lettre, tantôt un mot, tantôt une virgule, un blanc qui, peu à peu, mis bout à bout vont composer le libellé d’un message à moi seul adressé. Ou mieux encore : chaque rencontre ardente détient une pièce biscornue du puzzle qui finira par me composer une vie et qui, avec la multiplication des pièces disposées, va lentement, dans un dégradé de couleurs, laisser apparaître les grands contours, les grands thèmes de ma destinée. Et ce sont les autres qui me livrent – souvent à leur insu – la clef de mon énigme.» J’aurais pu choisir n’importe quel autre passage du livre pour introduire mon article, parce que chaque phrase de l’essai de Singer est d’une grande justesse et d’une beauté vaste et …

L’esthétique de la laideur et les feuilles d’automne

Je fais dans le dégoûtant. L’être humain se meurt dans son besoin absolu de décrire le beau. Et c’est dans notre obsession de vouloir le définir que nous en perdons les repères. C’est qu’ils sont personnels ces repères. Je me plais dans le laid. Parce que la laideur est relative. Tout comme la beauté. Qu’est-ce que la vie sans pourriture? Qu’est-ce que le magnifique sans l’horrible? Le culte de l’esthétique du beau est archi-faux. L’espèce humaine apprend autant dans la décrépitude de son prochain que dans l’épanouissement de celui-ci. On naît avec cet amour de l’affreux, de l’étrange et du mystérieux. C’est une envie bien ancrée qui se développe en l’être qui veut bien l’abriter. Comme la fleur, nous l’aidons à croître en l’arrossant de curiosité, d’ouverture et de réalisme. La différence est que nous ne craignons pas de voir la tige se courber l’échine sous le poids de la vie. Nous observons avec autant d’excitation ce rite, par lequel nous passerons tous tôt ou tard, qui s’avère être aussi splendide que la naissance. Lorsque …