All posts tagged: littérature

Critique de « La Fille » de Tupelo Hassman

C’est ma copine Camille qui a mis ce livre entre mes mains, entre deux travaux à la fin de la session dernière. Je n’avais pas beaucoup de temps pour lire à ce moment-là, et j’avoue qu’après avoir remis mes travaux, je n’avais qu’une envie: lire n’importe quoi qui ne me demandait aucun effort intellectuel. Je m’attendais en effet à ce que ce roman m’impose un certain effort de lecture, ce qu’on nomme souvent « une lecture exigeante ». Je repoussais cette lecture, donc, en me disant que je l’ouvrirais quand j’aurais enfin pris un peu de soleil et bu quelques verres de mojitos. Pourtant, lors d’une soirée où je ne trouvais plus rien à lire de bien bien excitant, je me suis lancée en me disant: tant pis, si c’est trop intense, je le referme et je lirai mon Elle Québec. Surprise: j’ai lu pratiquement le quart sans être capable de m’arrêter! Je passais d’un chapitre à un autre sans me rendre compte que j’étais complètement absorbée dans ma lecture. C’est l’écriture de Tupelo Hassman qui surprend (positivement). S’il s’agit …

L’été de la poésie

Un été sans les hommes, c’est la période où Mia entreprend de se retrouver et ce, au sein de sa mère dans un centre de retraités au Minnesota. En découvrant l’infidélité de son mari avec une plus jeune, Mia débarque en psychiatrie. Cette trahison avec son Boris, son tout, l’a ramenée à des tourments bien plus profonds qu’elle-même. Après quelques mois à déprimer et à sombrer dans l’apitoiement et le désespoir, elle se tourne vers un été inclusivement féminin. Cette poétesse et grande intellectuelle enseignera la poésie à un groupe de jeunes filles tout en se liant d’amitié avec des amies de sa mère. Sa relation avec cette dernière comme avec sa fille viendra ponctuer le récit de réflexions entourant la féminité, l’amour de soi et les relations maternelles. Quoi que prévisible, la scène du « femme trompée par son mari », on s’attache rapidement à Mia, cette femme terriblement inspirée par la poésie et par les mots. « Quelque temps après qu’il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l’hôpital. Il n’avait pas …

Grandir avec les vieilles

Déjà en écrivant ces premiers mots, je me sens obligée de me justifier de l’utilisation des mots les vieilles dans mon titre. C’est comme si on avait une certaine pudeur à appeler les personnes âgées ainsi, que ce soit pour des questions de respect, de politesse et autres. Mais ce n’est pas le but de mon article, car le titre fait référence aux deux livres qui seront présentés dans cet article, soit Grandir de Sophie Fontanel et Les vieilles de Pascale Gautier. Loin de moi l’idée d’insulter ou de manquer de respect à ces personnes âgées, au contraire en choisissant ces deux livres, je me suis entièrement ouverte et laissée charmer par ces vieilles. J’ai ouvert mon coeur à un univers trop souvent non représenté en littérature (et comme partout ailleurs, on se souviendra qu’au cinéma, les femmes deviennent vieilles à 30 ans, contrairement aux hommes..) J’utiliserai donc le terme vieille, comme le font les auteures de ces deux romans, pour vous faire découvrir des femmes -avant d’être des vieilles-, leur quotidien, leur passé, leur futur, ainsi …

Étudier en littérature : top 10 de mes lectures les plus marquantes

Tout au long de mes études en littérature, j’ai eu la chance de faire la connaissance d’auteur-es exceptionnel-les qui ont su m’amener dans leur univer respectif et me faire vivre d’incroyables émotions lors de mes lectures. Ce n’a pas toujours été des lectures heureuses ou significatives, mais j’ai toujours aimé découvrir par le biais de mes enseignant-es. Les littéraires comprendront cette passion qui nous habite lors du premier cours d’une session quand on apprend enfin les oeuvres qui seront à l’étude. J’ai eu la chance de lire, d’analyser et de comprendre de nombreux textes classiques et incontournables de la littérature étrangère, française et québécoise. Je pense que je serai toujours un peu nostalgique de ces trois années où j’ai consacré toute mon attention et mon temps à lire et à découvrir. Durant ces trois années, j’ai eu des coups de coeur pour des livres qui ont su me captiver et forger mes intérêts littéraires. J’ai aussi cogné des clous en me forçant à lire des textes obligatoires qui ne m’attiraient aucunement. Toutefois, chaque découverte, chaque …

Un chat parmi les autres

J’ai découvert le slameur David Goudreault du temps où je vivais à Sherbrooke et je découvre aujourd’hui le romancier David Goudreault, avec son premier roman coup de poing La bête à sa mère. Déjà dans le temps, les images fortes et sans censure qu’évoquaient David durant les soirées de littérature me restaient accrochées dans l’esprit des jours durant. J’ai encore en tête quelques scènes de ses slams d’ailleurs. La bête à sa mère, dont l’histoire se situe en plein centre-ville de Sherbrooke, risque de me suivre longtemps. C’est que je suis très visuelle ! Titre évocateur et accrocheur: La bête à sa mère. Poignant résumé en quatrième de couverture : «Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatries et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics.»  J’ai attendu avec impatience de tenir le petit livre gris entre mes mains et je manque de mots (une fois de plus) pour dire ce …

Mon amour pour Schmitt

Je suis tombée amoureuse de la plume d’Eric-Emmanuel Schmitt quand j’étais en secondaire un. Grâce au petit Oscar. « Vous aurez une lecture obligatoire ce mois-ci: Oscar et la dame rose. », dit ma professeure. « Ah non! Pas encore un livre obligatoire! », dirent les élèves de la classe. C’est comme ça qu’ma grande histoire d’amour avec Schmitt a commencé. Toute ma vie, je m’étais fait dire que les lectures scolaires étaient décevantes. J’ai eu la preuve que c’est faux puisque j’ai été agréablement surprise lorsque j’ai lu ce roman. Oscar et la dame rose, ce sont des lettres écrites par un petit garçon mourant de 10 ans, atteint du cancer. Il y raconte ses douze derniers jours de vie. Une histoire touchante qui m’a donné envie d’pleurer à beaucoup trop d’reprises. Une phrase de ce livre résonne encore parfois dans ma tête: « Regarde chaque jour le monde comme si c’était la première fois. » Conseil que je tente de suivre le plus possible. Eric-Emmanuel m’a imprégnée de sa sagesse et de sa belle vision de la vie. Suite …

La voix de Dieu

Chaque livre est une voix. Dans notre enfance, elle est celle de papa et de maman. Lors de mon jeune âge, la littérature, c’était ma mère. Si dans mes veines coulent les vers, c’est grâce à son amour indéniable et insatiable pour la lecture. Cependant, je me rappellerai toujours ce mois de décembre. Je n’arrive pas à me souvenir quelle année nous étions. Peut-être avais-je sept ou huit ans. Mon paternel est devenu la littérature pour un bref moment. Chaque soir précédent Noël, papa s’asseyait sur le bord du lit pour faire la lecture d’un conte à quatre enfants écoutant attentivement et attendant patiemment le fameux soir de la fête de Jésus. C’est probablement l’une des premières fois où je fus mise en contact avec la lecture à haute voix. Les mots prenaient vie dans cette voix qui me semblait divine, un peu comme si c’était le Christ lui-même qui la commandait pour son anniversaire. Ce fut intime et court comme rencontre, mais je sus apprécier immédiatement cette façon de faire la lecture. Malheureusement, à l’école primaire, …

Ma première expérience au Camp littéraire Félix

Je ne sais pas si c’est la vie ou si c’est le hasard, mais j’ai l’impression que je ne vais jamais me rendre à destination, à la limite en peut-être plusieurs morceaux, mais incomplète. D’abord, j’oublie mon fil de portable à la maison (alors que j’ai pris deux jours pour faire mes bagages, liste à l’appui, pour m’assurer de ne rien oublier), puis j’oublie ma veste à Gaspé, où j’ai dormi la veille pour partir tôt le lendemain matin et en chemin, on arrête à la Fromagerie des Basques, un incontournable, et le conducteur oublie la clef de voiture dans la voiture. Ça en devient hilarant. 23 mai journée de l’oubli!  * Ma vertigineuse aventure ne fait que commencer. J’arrive à l’Auberge du Faubourg, située à Saint-Jean-Port-Joli dans la région de Chaudière-Appalaches, une journée avant tout le monde, pour m’assurer d’être là à temps. Ce n’est pas par manque de confiance, mais bien parce que je n’ai pas de voiture et qu’Orléans Express a considérablement diminué ses arrêts. J’ai alors sauté sur la première occasion …

Le processus créatif et l’habitude

**Caroline à récemment fait une superbe critique du livre de David Usher, Laissez courir les éléphants.  Tout comme elle, j’ai vraiment apprécié ma lecture et j’ai donc aussi décidé d’aborder le sujet, sans pour autant faire la critique du livre. ** Lorsqu’on pense aux artistes et aux créateurs, c’est souvent l’image d’une personne consumée par son art, qui s’y met quand l’inspiration lui prend et qui projette cette image du bohème désordonné qu’on aspire toujours un peu à être. Par contre, si on s’arrête deux secondes à bien y penser, c’est une manière assez réductrice de décrire ce que font les artistes, les créateurs et même une large partie de la société qui s’attarde à construire, déconstruire, apprendre, inventer, créer. On aime idéaliser l’artiste parce que c’est bien plus beau de se dire que l’inspiration est la clé de tout et que le talent est un état fixe, mais si on s’arrête à penser à un projet créatif ou à une discipline qui nous intéresse mais qu’on a jamais réussi à pousser plus loin, on voit que …

Ce zèbre qui a changé ma vie

Vous m’avez un tantinet manqué. Ne vous méprenez pas , c’est pas un retour de l’impostrice qui lit pas de livres qui lui sont pas imposés par l’école, c’est pas non plus mon retour dans la psycho pop. Non, je passais juste par là après une (1e) relecture du livre qui a marqué ma vie à tout jamais, le zèbre d’Alexandre Jardin. Je lis souvent les critiques de mes ex collègues sur ce blogue, combien elles ont apprécié un moment passé sur le coin d’une table à se transporter dans un autre univers. Bien sûr, ça me donne envie de faire pareil, mais j’ai pas ce besoin-là de découvrir tout plein d’autres univers. Je l’ai fait, à l’occasion. Mais je retourne toujours à cet univers crée à merveille par Jardin, où l’amour est encore possible, où on a érigé un temple à la folie. J’avais treize ans la première fois que j’ai lu le livre. Je le trouvais fou le monsieur. Fou, parce que tout ce qu’il faisait fittait pas dans les standards de l’idée …