All posts tagged: livres

Mademoiselle Samedi Soir

La fin des commencements

J’ai toujours adoré les romans de Heather O’Neill. J’aime comment l’écriture est extrêmement imagée, comment elle fait également appel à l’imaginaire de l’enfance et des contes de fées tout en traitant de sujets on ne peut plus adultes. J’ai récemment assisté à une conférence de Katy Roy sur la bibliothérapie, et j’ai été marquée par l’importance thérapeutique de l’imagerie mentale, et par la façon dont cela vient faire appel à quelque chose de profondément ancré en nous. Avant que nous n’apprenions à parler le langage verbal, lorsque nous étions enfants, nous interprétions le monde à l’aide d’images plutôt que de mots; l’imagerie mentale vient refaire appel à cette connaissance primaire chez nous, et est utilisée dans ce roman comme une béquille pour affronter le quotidien: «Raphaël avait commencé à me bombarder de questions détaillées. Il essayait de couler mon porte-avions.» (p.306) Les romans de Heather O’Neill m’ont toujours fait un bien fou, et je n’avais pas spécifiquement compris pourquoi avant d’assister à cette conférence: c’est que le langage y est tellement imagé que ça ne …

Un livre québécois par mois : Mai : Boréal

En mai, on lit un livre de la maison d’édition Boréal! Les Éditions du Boréal furent créées en 1963, à Trois-Rivières. L’entreprise a vu le jour grâce à Gilles Boulet, prêtre, Pierre Gravel, libraire, Jacques Lacoursière, professeur, Denis Vaugeois, historien, et Mgr Albert Tessier, cinéaste et historien. Elle a été au départ reconnue pour son journal d’histoire du Canada. Le premier livre publié abordera justement des sujets historiques. La maison d’édition prendra beaucoup d’importance dans le cœur des Québécois lors de la Révolution tranquille, pendant laquelle ils souhaitent sonder leur passé. Pourquoi avoir choisi les Éditions du Boréal? Je crois que cette maison d’édition accorde une grande valeur à l’histoire du Québec. Son catalogue offre également une grande variété d’auteurs et d’autrices, aux styles de plus en plus variés. Elle est en constante évolution. Voici quelques suggestions de lecture : Feu le Soleil de Suzanne Jacob Le visage originel de Guillaume Morissette Les marées de Brigitte Vaillancourt Le temps qui m’a manqué de Gabrielle Roy Grand fauchage intérieur de Stéphanie Fillion Et puis, quelle sera …

M’étendre sur l’asphalte

«J’ai la tête qui éclate J’voudrais seulement dormir M’étendre sur l’asphalte Et me laisser mourir» «Le monde est stone», Starmania J’étais déjà charmée par le titre du roman jeunesse de Julie Bosman, qui représente la chanson «Le monde est stone», l’une de mes chansons préférées de la comédie musicale Starmania. Je me suis alors demandé si j’allais me retrouver dans un monde digne de Starmania? Ou encore dans une histoire où on retrouve une comédie musicale, ou qui sonne comme une comédie? N’aimant pas lire la quatrième de couverture avant de commencer ma lecture, je me gardais la surprise. Et j’ai rapidement constaté que l’idée du titre vient de l’époque. Je me suis retrouvée dans le corps d’une jeune femme de 12 ans, et dans un univers où on retrouve une petite odeur de fixatif. M’étendre sur l’asphalte parle des douleurs qu’on vit lors de l’adolescence : des premiers amours, des premières passions, des premières frustrations face à nos parents qu’on voudrait tant changer, des amitiés qu’on crée et qu’on perd, des montagnes russes d’émotions… et dans ce cas-ci, …

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Les grands espaces : l’enfance à la campagne

Je suis une fille de la campagne. J’ai vécu mon enfance et mon adolescence au milieu des champs, dans une maison en perpétuelle rénovation, coincée entre une forêt et une rivière dans une région française qu’on appelait Poitou-Charentes. Catherine Meurisse, qui signe ici une bande dessinée autobiographique, a passé son enfance à la campagne, dans une vieille bâtisse à restaurer, entourée d’un immense jardin et d’arbres à perte de vue. En Poitou-Charentes. Comme souvent, j’ai choisi ce livre pour sa couverture, mais surprise! Elle et moi avons vécu une enfance similaire. Une balade dans la campagne française Première page. Catherine, adulte, dessine sur les murs de son appartement parisien une porte imaginaire qu’elle traverse pour se retrouver au milieu d’un champ de tournesols. Commence alors notre voyage dans son enfance. Catherine et sa sœur apprennent le nom des arbres, à planter des graines, participent aux fêtes de village et à l’abattage du cochon. Elles s’épanouissent dans un monde où la beauté et l’authenticité côtoient pourtant les dommages infligés à la nature par l’agriculture moderne. L’autrice …

Les érables rouges : L’enchantement de la forêt

Martine Latulippe est une autrice qui n’a plus besoin de présentation. Elle a fait sa marque non seulement en littérature jeunesse, mais également en littérature grand public. Plusieurs savent que Martine Latulippe a déjà adapté un grand nombre de légendes québécoises afin qu’elles soient accessibles à un plus jeune lectorat. Je pense entre autres à Rose Latulipe, à La Chasse-galerie, à Alexis le Trotteur, à Julie et le serment de la Corriveau… Cette fois, Mme Latulippe nous transporte dans un univers tout aussi fantastique, mais trop souvent mis de côté: je parle de l’univers des légendes huronnes-wendates. Des légendes pourtant bien de chez nous. Vous vous êtes trompés depuis le début Depuis que l’on est jeune, on nous apprend à l’école que si les feuilles des arbres rougissent et tombent à l’automne, c’est tout bêtement à cause du froid. Erreur! Lors de ma lecture, j’ai finalement percé le secret derrière cette transformation. On apprend, en lisant Les érables rouges, que si les feuilles des arbres rougissent à l’automne, c’est à cause de Rat. Et oui! Rat, il y …

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Dix jours avant le Jour J

Ken Follett est un auteur que j’ai découvert durant la dernière année, avec beaucoup de plaisir. Auteur très prolifique, il se spécialise surtout dans les romans historiques et ceux d’espionnage. Je me suis plongée dans sa série du Siècle cet été, puis j’ai eu envie d’essayer un roman d’espionnage, un genre que je n’avais jamais vraiment expérimenté auparavant. Je me suis donc tournée vers Le Réseau Corneille.  Femme de tête L’histoire prend place dans la France occupée de 1944, à quelques jours du grand débarquement, qui se prépare. Ce roman de près de 500 pages raconte des événements se déroulant sur une période de dix jours. Le rythme est très soutenu, les actions s’enchaînent et on s’essouffle pour les personnages, qui n’ont que peu ou pas de répit. Ces personnages, pas si nombreux, sont séparés en deux groupes très distincts que tout sépare, sauf la préparation au débarquement. D’un côté, le groupe de Résistants britanniques et français; de l’autre, des hauts gradés allemands en poste en France. Le premier groupe a Betty Clairet à sa tête, major de l’armée britannique, 29 …

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Les filles font la loi!

Depuis les années 60, les marvels ont captivé plusieurs générations de lecteurs avides d’aventures fantastiques. Qu’elles frappent fort, voyagent à travers les dimensions ou soient dotées d’une super intelligence, les super-héroïnes de Marvel savent toujours tirer leur épingle du jeu. Powers of a girl leur rend non seulement hommage, mais nous transmet aussi un message inspirant. Parce qu’on n’a pas besoin de posséder des super-pouvoirs pour être une super-fille ou une super-personne. Ce petit bijou est écrit par Lorraine Cink qui en connaît long sur l’univers de Marvel. Par le passé, elle a coécrit deux ouvrages sur le sujet. On peut dire que c’est une geek professionnelle. Powers of a girl est le premier livre qu’elle écrit seule. Le style d’écriture est très dynamique et va surtout rejoindre un lectorat jeune. Honnêtement, je l’ai acheté en premier lieu pour regarder les illustrations. Je ne m’attendais pas à le lire d’une traite. Mais dès que j’ai lu l’introduction de Lorraine, je me suis sentie envahie par une fierté exaltante, assez pour me lancer tête première dans l’aventure! Et que …

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Confessions d’une japanophile

Longtemps, j’ai essayé de nier les faits, de cacher la vérité. Mais aujourd’hui, le temps est venu pour moi de faire face à la réalité et de l’admettre : je suis une incorrigible otaku! Il faut dire que je suis tombée dedans quand j’étais petite, en écoutant des tonnes de séries japanime comme Le Petit Castor, Les trois mousquetaires ou Les mystérieuses cités d’or. Aujourd’hui, j’en porte encore les séquelles, arborant en public des t-shirts à imprimés kawaii et visionnant en boucle les vidéos perturbantes de Kyary Pamyu Pamyu — déconseillées aux personnes souffrant d’épilepsie! J’aime le dépaysement et la surprise perpétuelle engendrés par les explosions multicolores et les débordements absurdes de ces artéfacts excessifs et surchargés. J’ai malencontreusement transmis mon addiction à mes enfants, qui ont grandi entourés de Pokémon, d’Hello Kitty et de Mario Bros. Gamer invétéré, leur père a également contribué à leur perdition en les initiant à des jeux comme Kirby’s Adventure, Megaman et La légende de Zelda. Résultat : il n’est pas rare de les trouver en train de faire de l’origami au son frénétique …

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Le petit Roberge un petit peu illustré : la vision (hilarante) de Jonathan Roberge

On connaît Jonathan Roberge pour son humour mordant et grivois. Que ce soit sur le web ou à la radio, l’humoriste québécois n’y va jamais de main morte quand vient le temps d’aborder différents sujets. Je l’ai découvert avec sa série web Fiston, dans laquelle il s’est filmé en train de donner des « conseils » à son fils sur divers sujets de la vie. Son humour vient beaucoup me chercher. J’apprécie particulièrement ses références, étant de la même génération que lui. Je n’ai jamais écouté ses chroniques radiophoniques sur les ondes d’Énergie 94.3, d’où proviennent les textes du Petit Roberge un petit peu illustré, mais j’ai été emballée lors de la sortie du premier tome en 2017, et encore plus pour le deuxième tome en 2018. «Ami(e) n. m. ou f. […]La vérité, c’est que lorsque tu es un enfant, un ami désigne quelqu’un avec une piscine. Alors que quand tu es un ado, un ami représente quelqu’un qui a un char. Et une fois adulte, un ami correspond à quelqu’un qui possède un chalet.» (Tome 2, p. …

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À la verticale de soi, de Stéphanie Bodet

Déjà le titre, rien que ça. Comme un appel à se hisser sur des hauteurs qui nous dépassent. Et puis la couverture, vertigineuse ascension sur une paroi exempte de toute aspérité hormis cette faille, mince et étroite. Enfin la préface — bien sûr! — de Sylvain Tesson. TOUT dans ce livre m’appelait, sans compter ces incroyables similitudes avec l’autrice: la littérature, la région grenobloise, la montagne, l’escalade, la quarantaine: l’âge où l’on prend rendez-vous avec soi-même… Plus qu’un récit d’aventure Je suis comme ça, j’aime les récits qui me font voyager, m’emmènent hors de ma douce zone de confort. Lors de mon dernier voyage en France, qui fut un retour aux sources pour moi, je suis allée avec bonheur errer dans une de mes librairies préférées à Grenoble. Je ne saurais décrire le sentiment qui m’habite quand je rentre dans la section dédiée aux « Grands » de la région : alpinistes, grimpeurs, explorateurs, skieurs hors pair… C’est comme un second voyage! Je retrouve alors tout ce qui me fait vibrer, et principalement la montagne. Le récit …