Year: 2015

En finir avec Eddy Bellegueule : La revanche d’Édouard Louis

«Un père renforçait son identité masculine par ses fils, auxquels il se devait de transmettre ses valeurs viriles, et mon père le ferait, il allait faire de moi un dur, c’était sa fierté d’homme qui était en jeu. Il avait décidé de m’appeler Eddy à cause des séries américaines qu’il regardait à la télévision (toujours la télévision). Avec le nom de famille qu’il me transmettait, Bellegueule, et tout le passé dont était chargé ce nom, j’allais donc me nommer Eddy Bellegueule. Un nom de dur.» Eddy Bellegueule, c’était Édouard Louis. Écrivant maintenant son histoire sous pseudonyme, Édouard Louis a vraiment décidé d’en finir avec Eddy Bellegueule, le jeune homme qu’il était dans le passé, un jeune homme oppressé par sa famille et par les gens de son village à cause de ses manières de «pédé». En finir avec Eddy Bellegueule est un roman d’une violence inouie. C’est difficile d’imaginer qu’une famille aussi malsaine et dysfonctionnelle que celle de Louis puisse avoir engendré un jeune homme d’une intelligence si vive et d’une ouverture d’esprit si grande. La …

Le fil rouge fête sa première année et Marjorie et Martine ont quelques mots pour vous…

Notre bébé blogue a un an, plus de 500 articles, 300 commentaires et une vingtaine de collaboratrices! Outre les chiffres, ce n’est pas si simple de faire le bilan d’un an de travail sur le blogue, ce fut une année ponctuée d’ajustements, de questionnements, de projets, d’idées et de beaucoup de paninis et de cafés. Ce fut un an pour apprendre à se connaitre,  découvrir nos  forces,  travailler en équipe et  rencontrer de bien belles personnes, lire des livres marquants et en découvrir plein d’autres. Se laisser inspirer par les découvertes des collaboratrices, faire nos recherches pour des sujets, être curieuses de tout ce qu’on lit. Une année pour apprendre plus en profondeur  sur ce que c’est d’avoir un blogue et d’exposer des parcelles de sa vie sur les internets. Cette année a été une des plus belles, simplement parce qu’ainsi on s’est rapprochées un peu plus de tout ce qu’on rêve déjà pour Le fil rouge. Avant même que Le fil rouge prenne vie, il y a eu la courte vie de Boucle et noeud papillon, …

Dépasser l’horizon, de Mylène Paquette – ou Pourquoi suivre son intuition ?

J’ai récemment fait la lecture du livre de Mylène Paquette, Dépasser l’horizon, et je dois dire que j’ai été jetée à terre, « Flabbergastée! » comme on dit et évidemment j’ai versé quelques larmes, fidèle à moi-même. J’avais fait l’achat de son livre en décembre dernier pour Noël à mon amoureux. L’homme l’avait lu et m’avait dit : « Caro, tu dois absolument lire ça, c’est tellement ton style! » et bien ça y est Mylène, c’est fait ! J’ai dévoré le livre en moins d’une semaine et pourtant croyez-moi il avait bien attendu son tour depuis des mois sur ma table de chevet, comme quoi parfois on dirait que le livre attend juste le bon moment pour tomber entre nos mains. Mylène est non seulement une surhumaine ultra-courageuse, mais en plus, elle est tellement accessible qu’on a envie de l’aimer dès les premières lignes de son récit. Découvrir l’ensemble de son parcours et des (très!) nombreuses embûches auxquelles elle a su faire face tout au long de son histoire m’a réellement fascinée et tellement inspirée d’un bout à l’autre. …

Le plaisir de créer

Lorsque je parle de mes projets d’écriture à des curieux, il m’arrive souvent d’entendre ces derniers soupirer et s’écrier: « Ça a l’air tellement l’fun de créer comme ça! C’est pas à moi que ça arriverait, tsé, j’suis pas créatif du tout. » Et pourtant… Bien des gens semblent oublier que la créativité n’est pas l’apanage des artistes professionnels ou des excentriques de ce monde ; souvent, on oublie que les scientifiques, les gestionnaires, les gens d’affaires, les enseignants et même les médecins doivent faire preuve de créativité à un moment ou un autre de leur carrière (quand ce n’est pas carrément sur une base régulière!) Il n’y a pas de loi obligeant une création à être une œuvre d’art concrète. Une décision innovatrice, une nouvelle manière d’effectuer telle ou telle manœuvre, un acte d’improvisation pour se sortir d’un mauvais pas, un geste risqué et audacieux pour sauver une vie… la créativité est partout. En cette période estivale, plusieurs profitent du beau temps (quand il est au rendez-vous…!) pour s’amuser à l’extérieur et faire le plein de …

Depuis les cendres : voyage dans le deuil

Le deuil d’un proche ne sera jamais une épreuve facile. Chacun le vit à sa manière et la durée varie toujours. Pour affronter la peur et la peine, chaque personne trouvera son échappatoire personnel. Certains devront poser des questions, partager des souvenirs, écrire ses émotions. D’autres auront besoin de l’alcool ou de la drogue, et d’autres encore rencontreront un psychologue. Certains ont besoin de rester seuls, d’autres veulent être continuellement entourés pour oublier. Pour Hubert, le narrateur et personnage principal de Depuis les cendres, c’est le voyage qui l’aidera à comprendre et se souvenir de son père. Publié aux éditions Hamac (que j’aime beaucoup), Depuis les cendres d’Emmanuel Bouchard est un livre tout en douceur. C’est le premier roman que je lis de cet auteur, et sa prose m’a enchantée. Sa manière d’écrire les sentiments et les sensations m’a donné des frissons à plusieurs reprises. Il s’agit bien sûr d’un roman un peu lourd de par son sujet, le deuil d’un parent, mais c’est également une aventure dans laquelle on plonge allègrement. Après la mort …

Avoir un trou dans son C.V.

Plusieurs de mes amis sont en voyage présentement. J’vais vous faire une confession: j’suis jalouse. Voir toutes leurs belles photos de paysages du bout du monde inonder mon newsfeed Facebook m’a donné envie de me replonger dans un livre que j’avais déjà lu (et beaucoup aimé): « Le trou dans mon C.V. », par Nadège Brunelle et William Verge. Adepte de voyages comme je le suis, je me dirige toujours dans cette section en premier quand je vais à la librairie. Évidemment, je peux y passer d’innombrables minutes à rêver les deux yeux grands ouverts en feuilletant les ouvrages portant sur les plus beaux recoins qui habillent notre planète. L’an dernier, quand j’ai aperçu « Le trou dans mon C.V. » sur les tablettes, je me suis précipitée à la caisse et me suis plongée dans sa lecture en arrivant à la maison (je l’ai même un peu commencé dans l’autobus). J’avais déjà entendu parlé de ce recueil de chroniques par le biais d’une amie. « Le trou dans mon C.V. » est né en tant que blogue sur lequel Nadège et William documentaient leur tour …

L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté pris dans une armoire IKEA.

J’était entrée chez Renaud Bray pour acheter un livre pour un cadeau, mais vous savez comment ça finit, généralement on flâne et puis hop! j’avais deux livres dans mes mains et je me ramassais à la caisse! C’est la couverture qui ma attirée en premier, comme quoi des fois on se fit parfois à la couverture, et ensuite son titre m’a séduite. Non mais, qui ne voudrait pas connaître le récit d’un Fakir resté pris dans une armoire. L’on suit donc au cours de ce récit rocambolesque Ajatharatru dans son voyage qui s’avérera beaucoup plus long qu’il ne le pensait. Originellement parti en France pour aller acheter un nouveau lit à clous, le sien lui causant des maux de dos vous voyez, et bien il finira par faire le tour de plusieurs pays, rencontrant au passage des gens qui changeront sa vision de la vie, lui donnant des électrochocs au coeur comme il le dit si bien.  En parallèle du voyage de Ajatharatru, nous voyons à travers ce livre certains enjeux comme l’immigration clandestine, la famine …

Un matin je suis partie

Un matin je suis partie est l’histoire d’Alice Steinbach, une femme d’une quarantaine d’années qui se décide à simplement partir. Aller à la rencontre d’elle-même. Pas la mère, ni la fille, ni la journaliste, ni l’ex-femme, simplement Elle-même avec Elle-même. Écrit sous forme de confidence, Alice Steinbach nous entraîne avec elle dans ses voyages, ses rencontres, ses pensées, ses prises de conscience et personnellement, j’ai été obnubilée par l’écriture. Elle est d’une simplicité, d’une franchise et d’une lucidité qui m’a réellement donné envie d’aller à la rencontre de moi-même.  « Sous bien des aspects, j’étais une femme indépendante, écrit Alice Steinbach. Récemment, toutefois, j’avais commencé à comprendre que, même si je disposais de mon argent et de mon temps, je demeurais en quelque sorte dépendante. Avec les années, j’avais pris l’habitude de me conformer à l’idée que les autres se faisaient de moi comme mère, fille, épouse, ex-épouse, journaliste, amie. J’avais à présent envie d’abandonner ces rôles, au moins pour quelque temps, et de découvrir quelle personne apparaîtrait. » C’est ainsi qu’Alice se retrouve à …

Mes amis les sorciers

Je n’ai pas eu une enfance réjouissante. J’ai perdu ma mère à l’âge de six ans. Mon père se retrouvant seul avec trois enfants dans les bras ne détenait pas toutes les ressources dont il aurait eu besoin. Les solutions qu’on utilise en temps de crise ne sont parfois pas les plus réfléchies. Ensuite, nous sommes passés par l’épisode des remplaçantes. Les unes plus folles que les autres. Bref, la typique histoire de l’horrible belle-mère que vous connaissez tous. J’ai compris assez rapidement que la lecture était ma seule façon de survivre et que, par le fait même, je me rapprochais un peu à chaque fois de ma maman (qui, je l’ai dit dans un article précédent, était et sera toujours la littérature sous mon œil). Je dois avouer qu’avec son départ précipité, les livres avaient également pris leur envol. Heureusement, il y avait l’école. Là-bas, je me sentais bien. En classe, les professeurs avaient remarqué ma passion pour la lecture. En cinquième année, j’ai eu une enseignante incroyable qui transforma sa salle de classe en Poudlard et qui divisa le groupe …

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie II

Un mois se sera bientôt écoulé depuis que j’ai mis les pieds à Percé pour y habiter (pour l’été). Comme tout est éphémère, j’essaie d’en profiter un maximum au grand dam de mon estomac. Il faut dire que la bière d’ici est délicieuse et que je dis rarement non à une Pit Caribou blanche. Je vis à Percé, mais pour être totalement franche, je dors à Percé et je passe mes journées à L’Anse-à-Beaufils, à l’endroit le plus fabuleux du coin, La Vieille-Usine. Je travaille à la galerie d’art qui occupe presque l’entièreté de l’espace au deuxième étage. J’y offre des ateliers de création et de théâtre pour enfants et je réponds aux clients. * Je baigne dans un univers artistique et culturel. Mais avant d’y pénétrer, cet univers n’était pas palpable pour moi. Et ce même si je m’intéresse à la carrière d’un grand nombre d’artistes du coin depuis des années déjà et que je suis inspirée par eux dans mon propre travail. Je me souviens, il y a quelque temps, d’avoir émis le commentaire …