Year: 2015

Une fois, Einstein a dit…

E= MC², c’est bien une des seules choses, dûe à son caractère iconique, que je connais sur Albert Einstein. J’ai n’ai pas l’intention de faire l’éloge de ma grande incompétence face aux sciences, pas plus que celle de mon ignorance. Outre ses maintes réussites en tant que physicien, il aurait aussi dit, selon les interwebs, «Je n’ai aucun talent spécial. Je ne suis que passionnément curieux» Cette phrase m’a réconfortée dans bien des moments de ma vie et continue de le faire à ce jour. Je l’ai parfois utilisée comme excuse, faute d’avoir mieux à dire, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’y avait pas de honte à y avoir. Honte de quoi? Honte de ne pas avoir de passion bien définie. Passion, c’est un bien grand mot à mes yeux, un mot précieux qu’on n’étiquette pas sur tout ce qui nous intéresse ou pique notre curiosité. Loin de moi l’arrogance de dire que je me passionne pour, disons, la photographie, alors que je ne sors mon appareil photo qu’en voyage et qu’il fait tout le boulot pour moi. …

Le célibat, ou «vivre sur une île déserte»

Durant mon adolescence, j’ai lu les huit livres de la série Le journal d’Aurélie Laflamme plus d’fois qu’le nombre de doigts que j’ai sur ma main gauche. J’connaissais plein d’passages par cœur (surtout dans le premier tome, que j’avais étudié de A à Z parce que j’voulais FULL être choisie pour jouer Aurélie au cinéma, sachant quand même que j’allais pas être prise en raison de ma taille de nain d’jardin et de mon manque de talent en acting). Dans l’fond, le seul point commun qu’j’avais avec Aurélie Laflamme, ç’tait que j’étais un peu extraterrestre à mes heures. Des fois beaucoup, même. J’pense que c’est pour ça qu’j’ai aimé lire les huit romans à ç’point-là. J’arrivais vraiment à m’identifier à Aurélie (mais pas physiquement, vous aurez compris). India est bonne pour créer des personnages comme ça. Des personnages comme moi. Comme vous. Comme un peu tout l’monde. Mon bout préféré d’la série (après le french de Nicolas, quoique… Tommy…), ç’tait celui des post-it. J’avais même fait l’coup à ma mère, qui l’avait pas trouvé si …

Un jukebox dans la tête

Jacques Poulin est sans contredit un écrivain incontournable de la littérature québécoise. À l’instar des grands tels que Hébert, Tremblay et Ducharme, il arrive à nommer avec simplicité l’intériorité humaine. Rien de moins! La plupart des lecteurs ont connu Jacques Poulin pour l’énigmatique Volkswagen Blues, le livre de la route québécois. Personnellement, c’est avec Les grandes marées et Volkswagen Blues que j’ai été transportée dans l’écriture de Poulin. Lorsque j’ai su que l’auteur publiait un nouveau roman en 2015, j’ai tout de suite voulu le lire. Il faut dire qu’il sait se faire désirer Poulin… car comme le dit son personnage de Jack Waterman dans Un jukebox dans la tête, les vrais écrivains ne publient pas à chaque année ! En effet, dans Un jukebox dans la tête, on y raconte l’histoire de Jack Waterman, un écrivain à succès (non populaire, mais plus critique et littéraire!) qui vit dans le Vieux-Québec. Ce dernier vit une existence disciplinée jusqu’au moment où il croisera les yeux de la belle rousse de l’ascenseur. Elle lui dira les mots …

Défi minimaliste: bilan d’un mois inachevé

Le titre dit tout, je n’ai pas terminé le défi. Pourquoi? Et bien je n’étais pas vraiment préparée, je n’ai pas pris le temps, c’était plus dur que ça en avait l’air. En débutant le défi, je me disais que le minimalisme c’était vraiment une question matérielle, que une fois que j’aurai réussi à me défaire de quelques unes de mes possessions, j’aurai réussi. C’était plutôt naïf de ma part et j’ai réalisé, au cours de février, que le minimalisme, c’est beaucoup plus que donner la moitié de son linge et de ses livres. Au fil de mes lectures et des vidéos que j’ai écoutés, j’en ai appris plus sur ce qu’était et représentait le minimalisme et surtout, ce qu’est le minimalisme pour moi. En ce sens, je dirais que ce défi est réussi. Il est clair que, pour ce qui est du défi lui-même, je n’ai pas vraiment réussi. J’en retire tout de même beaucoup et je n’ai pas fini d’explorer cette philosophie de vie. Je ne sais pas encore totalement quel forme tout cela va …

Chronique « Écrire l’indicible » : Tom est mort de Marie Darrieussecq: le «devoir de mémoire» transposé

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire. Je n’ai pas d’enfants. Pas encore, en tout cas. Or, après avoir refermé le livre de Darrieussecq, je ne suis plus certaine d’en vouloir. J’ai été envahie d’une crainte. Comment avoir des enfants sans s’inquiéter de leur sort 24 heures sur 24, 7 jours sur 7? Comment vivre avec ces doutes, ces peurs, ces angoisses au quotidien? Comment aimer trop fort sans empoisonner ces petits êtres qui ont poussé en nous? Et s’il leur arrive quelque chose, comment peut-on survivre? Car il est bien question de survie, dans Tom est mort. Darrieussecq a mis en récit la perte d’un enfant, celle d’une mère qui perd son fils Tom, alors âgé de 4 ans et demi. Nous traversons avec la narratrice toutes les étapes du deuil, du choc au mutisme, de la colère à l’apaisement. On lit ce récit d’une femme démolie, qui, malgré …

Hommage aux grands-parents

J’ai eu la chance, le mois dernier, de lire en exclusivité le premier roman jeunesse de Normand Boisvert, intitulé Vert de peur. (Je suis tellement V.I.P., cela m’émeut.) C’est une de mes collègues, qui connaît mon engouement pour la littérature jeunesse, des cartonnés aux romans post-apocalyptiques si populaires auprès des jeunes adultes d’aujourd’hui (dont je fais partie, j’imagine), qui m’a conseillé celui-ci. Ce n’est pas pour rien que je porte fièrement un macaron où on peut lire «J’ai 5 ans», hein.[1] Je vous fais un très bref résumé de Vert de peur: le grand-père de Julien, Marcel, est placé dans un foyer d’accueil puisqu’il souffre depuis quelques mois de la maladie d’Alzheimer. Julien est désespéré, puisque son grand-père est aussi son meilleur ami, son confident. Son papi, tout aussi désespéré d’être placé en foyer d’accueil, entraîne son petit-fils, ainsi que les lecteurs, en plein cœur de la forêt où vivent de monstrueuses créatures et où ils apprendront à s’aimer encore et toujours plus. Je ne vous en dis pas plus… à propos du récit. Par …

Histoire d’une fille (pas toujours) végétale

Mars étant le mois de la nutrition, je vous brosserai un petit portrait diptyque de ma relation avec le végétalisme, qui répondra peut-être à quelques interrogations sur ce mode de vie encore assez méconnu; un bref historique aujourd’hui suivi d’un inventaire de mes essentiels la semaine prochaine. N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences, questions ou réflexions alimentaires, qu’elles soient végés ou non! Il y a deux ans, après quelques allées et venues dans le végétarisme, après maintes tribulations à travers choucroutes et escalopes, je décide de devenir végétalienne. L’un de mes choix qui s’avérera les plus libérateurs de ma vie. En effet, déjà enfant, je répugne à manger viande, œuf, lait, fromage, yogourt, poisson (surtout le poisson); tsé, les fameux enfants «difficiles », j’avais ma réputation! Déjà enfant, quelque chose clochait dans ma tête avec ça. C’était au-delà du dédain, une véritable incohérence à mes yeux. Mon imaginaire en puissance restait fixé sur l’image de l’animal et n’arrivait pas à décoller de celle-ci. Je buvais le lait en me pinçant le nez …

Stéphanie L’Heureux, le cercle, la forme et le fond…

J’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de l’artiste Stéphanie L’Heureux, membre du regroupement Pied Carré. Essentiellement peintre et photographe, elle explore aussi la porcelaine et la broderie. Je suis fascinée par ses toiles minimalistes et ses recherches sur le cercle. L’artiste engage son corps, le mouvement de son bras dans toute son amplitude et dans ses limites. Sur les grands formats le cercle dépasse parfois de la toile, il s’agit du plus grand cercle que son bras soit capable de former. Ses toiles sont une recherche d’équilibre entre la forme, le vide, le support et le geste. «Je cherche à revenir à la simplicité, à l’essence du geste, explique-t-elle. Mon approche vise à susciter l’émotion avec un langage minimaliste.» Je trouve remarquable qu’elle n’ait pas seulement utilisé la peinture pour le fond, mais qu’elle soit allée chercher son bleu en utilisant de la teinture pour tissus. Après de longues recherches, du pigment sur la fibre, elle trouve son bleu parfait, mat et profond et la toile est enfin prête à recevoir son geste. La démarche …

Les mille soleils de l’entraide féministe

Khaled Hosseini est né en 1965 à Kaboul en Afghanistan, mais vit maintenant en Californie. Son excellente oeuvre Les cerfs-volants de Kaboul publiée en 2005 lui a valu le Prix des libraires du Québec en 2006 et lui a permis de se faire connaître mondialement. Mille soleils splendides, publié en 2007, est son deuxième roman. Il raconte l’histoire de deux femmes totalement différentes et éloignées qui deviendront une entité d’espoir et d’humanité. Tout d’abord, il y a Mariam qui sera obligée d’épouser un homme de trente ans son ainé et qui vivra pendant des années avec cet homme sans réussir à lui offrir un fils. Cette relation sera empreinte d’injustice, de maltraitance, de manipulation et de violence. Elle sera par la suite confrontée à l’arrivée de Leila, une jeune fille de 14 ans, dans sa propre maison. Le mari des deux femmes fera preuve d’une extrême misogynie envers ces dernières, qui passeront d’une relation conflictuelle à une relation basée sur la compassion et l’envie de s’aider mutuellement. Elles décideront donc ensemble de fuir leur mari et …

« Ce livre-là n’est pas pour toi! »

Quand j’étais ado, j’aimais me rendre à la bibliothèque de mon école secondaire pour y emprunter des romans, souvent plusieurs par semaine. Ayant toujours eu un faible pour les littératures de l’imaginaire et plus particulièrement les romans de fantasie (c’est-à-dire les histoires se déroulant dans des univers moyenâgeux remplis de magie, de guerres et de créatures mythologiques), j’aimais bien me gâter un peu et emprunter des livres de la collection « Les Royaumes oubliés », regroupant des récits inspirés d’un univers conçu à l’origine pour le jeu Donjons et Dragons. Malgré ce que vous pensez peut-être, je ne ressentais absolument aucune honte à aller emprunter ce genre de livres, même si être geek n’a pas trop la cote à l’adolescence. Ce qui me mettait hors de moi, c’est que chaque fois que je passais au comptoir de prêts pour faire enregistrer mon emprunt, la bibliothécaire (qui me connaissait bien et savait que j’empruntais des livres de cette collection de façon régulière) ne manquait pas de m’adresser le commentaire suivant: «Ça m’étonne que tu lises ça, c’est des …