Mois : juin 2016

La chambre verte: destructrice avarice

La Chambre verte est un roman bien difficile à décrire: est-ce une saga familiale ou un roman gothique? L’auteure veut-elle nous faire rire ou nous apprendre une leçon? Eh bien au final, c’est peut-être un peu de tout ça qui se retrouve dans le roman de Martine Desjardins, déjà bien connue du paysage littéraire québécois. L’auteure nous fait plonger dans un univers bien particulier: l’histoire de la famille Delorme, obsédée par l’argent et par les économies, est campée dans le vieux manoir familial, où se trouve la fameuse chambre verte, coffre-fort qui abrite la fortune des Delorme. Or, ce manoir tient un véritable rôle dans l’histoire: la maison est un personnage, est parfois la narratrice de cette histoire, et pose des actions qui ont un véritable impact dans le récit! C’est donc parfois elle qui nous guide à travers la vie de ces personnages excentriques, aux obsessions délirantes. On entre aussi dans le Montréal des années 1900, alors qu’on présente l’histoire des ancêtres de la famille Delorme. Les lectrices découvrent comment s’est déroulée la construction du chemin …

La vie et son lot de awkwardness : la thérapie de Sarah Andersen

J’ai ri, beaucoup, à chaudes larmes. Devant chaque trait naïf, spontané, presque maladroit, mais tellement expressif. Devant chaque épisode d’images porteur d’une lucidité franche. Devant un quotidien, des pensées, des gestes qui semblaient être les miens; j’étais là, d’une case à l’autre, comme si l’illustratrice et cartooniste de 23 ans, Sarah Andersen, avait épié ma vie pour élaborer Adulthood is a myth, bande dessinée exquise. Cette drôle d’impression, je ne suis sûrement pas la seule à l’avoir ressentie. Et c’est là toute la beauté du travail d’Andersen. Ce tout premier livre de cette artiste établie à Brooklyn est un véritable diachylon pour les esprits anxieux qui tentent de se tracer un chemin dans les méandres de la vie adulte. Une thérapie en soi. Parce qu’on s’y voit, on s’y reconnait. On s’identifie à cette jeune étudiante échevelée aux yeux exorbitants, une introvertie féministe à la maladresse facile, au awkward fréquent, qui s’adonne à la procrastination et à la panique, quotidiennement. Son meilleur ami est un lapin. Son chat est une plaie qui s’amuse à la réveiller …

L’art d’écouter son coeur…

Il peut arriver dans la vie quelque chose comme un tournant catastrophique, lorsque le monde tel qu’on le connait cesse d’exister. Un moment qui fait de nous quelqu’un d’autre, en l’espace d’un battement de cœur. Ma dernière lecture parle d’amour, du vrai, celui qui transcende le temps et même tous les sens et vous fera fort certainement verser quelques larmes (je sais, je pleure tout le temps!). Il y a des livres que nous savons que nous allons aimer dès l’instant où l’on y pose les yeux dans une librairie. L’art d’écouter les battements de coeur de Jan-Phillipp Sendker est exactement ce genre de livre et il ne déçoit pas. Une des raisons principales pourquoi ce livre est tombé entre mes mains, pour être bien honnête, c’était surtout, car son histoire se déroule dans un pays dont je rêve depuis de nombreuses années, la Birmanie. Un pays tellement peu connu et mal aimé, mais qui me semble tellement fabuleux quand je regarde les rares images sur celui-ci. Ensuite, car après quelques lignes, j’ai compris que …

La Journée des librairies indépendantes, une première fête de la lecture

Demain, le 18 juin, se tiendra la toute première Journée des librairies indépendantes. Cette initiative de la coopérative des librairies indépendantes du Québec — Les libraires — vise à promouvoir et à célébrer nos libraires et librairies qui se tiennent haut et fort, pour l’amour de la littérature et des livres. Comme l’a si bien dit Anaïs Barbeau-Lavalette, l’ambassadrice de l’événement, « Le libraire est celui qui couve et partage les racines de notre imaginaire collectif ». Alors, profitons de cette journée pour prendre le temps de dire merci à ces librairies indépendantes qui valorisent et favorisent l’amour de la lecture. Ce sont des lieux de partage et de culture nécessaires. On veut vous avouer un petit quelque chose, par souci d’honnêteté. Nous n’achetons pas toujours dans les librairies indépendantes. Parfois, on se laisse tenter en mettant les pieds dans de grandes chaines, mais on est conscientes de l’importance d’acheter chez des libraires indépendants et surtout, on avoue sans gène que le service y est bien plus personnalisé, intime et axé sur l’amour des livres. C’est important pour nous de …

Rose à petits pois : ta parfaite lecture printanière

Si tu as envie, avec ce beau soleil qui se pointe, de lire un livre des plus parfaits pour l’arrivée du printemps, je pense que j’ai trouvé : Rose à petits pois. Illustrée par Geneviève Godbout et écrite par Amélie Callot, cette nouveauté de La Pastèque ne peut que vous faire sourire. Adèle travaille dans un café et est toujours heureuse et souriante lorsqu’il fait soleil. Elle chante en travaillant et se fait un plaisir de plaire à ses clients. Toutefois, dès que la pluie se pointe, elle reste enfermée chez elle et perd son entrain. Un beau jour, il arrive un petit parapluie et des bottes de pluie qui lui donnent envie de sortir dehors, d’être heureuse malgré la pluie, de sourire malgré tout. Cet album pour enfants, mais aussi pour les grands enfants, est incroyablement charmant, lumineux et donne envie de chanter et d’être amoureux, même les jours de pluie. Le trait de crayon de Geneviève Godbout est magnifique et elle insuffle à Adèle une personnalité des plus vivante et colorée. J’ai un coup de …

Le Petit Goldstyn

J’ai eu la chance de rencontrer Jacques Goldstyn au Salon du livre de Montréal en 2015 pour son livre «L’arbragan». Alors que j’attendais dans la file (qui consistait en mon ami et deux jeunes garçons), j’observais justement ce que les deux garçons allaient faire dédicacer. Parce qu’ils ne tenaient pas les romans graphiques de Goldstyn, non ils avaient en leur procession des revues des «Débrouillards»! Je ne savais même pas que ça existait encore, et quel est le lien entre Goldstyn et les «Débrouillards»? Et bien, c’est que la petite BD qui se trouve à l’intérieur est faite par celui-ci. Une fois mon tour, j’ai constaté très rapidement quel personnage sympathique est Jacques Goldstyn. Ensemble, nous avons parlé des jeunes du primaire (moi travaillant dans ce domaine et lui cherchant des gants/mitaines pour son projet dont je vous parlerai plus bas). Cette conversation nous a emmené sur notre amour pour l’arrondissement de Verdun (et de sa librairie). À savoir que Jacques Goldstyn a vécu une partie de sa vie à Verdun, il m’a d’ailleurs appris …

Productivité et créativité : Manage your day-to-day

Parfois, les livres qui font du bien sont des livres qui nous fournissent les outils nécessaires pour avancer à travers la vie, et ce, de manière plus « littérale » et un peu moins littéraire. C’est dans cet état d’esprit que je me suis procuré quatre livres qui parlent d’entreprenariat, de créativité, de productivité et de tous ces termes qui sont assez à la mode quand on y ajoute un hashtag juste avant. Ce sont des thèmes que résonnent en moi, surtout lorsqu’il est question du processus créatif, de la routine créative des gens, etc. J’ai même déjà abordé un peu le sujet ici. Avec le développement de l’entreprise, je me suis dit que le moment était plus qu’opportun pour ce type de lecture. C’est pourquoi j’ai décidé d’aborder mes quatre achats, sous forme de mini-série, question de faire le tour du sujet sous quatre angles différents. Manage your day-to-day, build your routine, find your focus and sharpen your creative mind. Ce livre, c’est vraiment une petite bible pleine de ressources, d’idées et d’inspirations. Il est écrit par plusieurs auteurs, …

Summerlove fraichement pressé

Le 22 avril dernier, j’assistais au lancement du tout premier numéro du magazine Les Pressés. Il s’agit d’un magazine créé par deux finissants du programme de Communication et médias, le petit nouveau du collège Rosemont. Nicolas Sarganis et Éloïse Krumke se sont donné l’imposant défi de créer un magazine et d’en organiser le lancement, tout ça le temps d’une seule session scolaire. On peut dire qu’ils ont réussi! Le magazine (papier!), sous le thème du Summerlove, est rafraichissant et divertissant. Ils ont eu la chance de se faire conseiller par les gens d’Urbania et d’avoir comme principale collaboratrice la charmante Sarah-Maude Beauchesne, qui s’y connait en summerlove, après Coeur de slush et Lèche-vitrines. La soirée de lancement, qui se déroulait au bar M sur St-André, était aussi plutôt amusante. Comme c’était l’épreuve finale du projet scolaire, on sentait la fébrilité et, un peu tout de même, le soulagement d’y être arrivé. Les jeux de mots sur être pressé, être dans le jus, citron pressé fusaient de part et d’autre. Les invités sont d’ailleurs tous repartis …

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie

C’est le milieu de la nuit et j’ouvre J’t’aime encore écrit par Roxanne Bouchard (Nous étions le sel de la mer). Je commence à lire, je souris, je ris, je pleure même un peu et je referme le livre. C’est déjà terminé. Je suis passée plus vite à travers celui-ci que si j’avais vu la pièce de théâtre se dérouler devant mes yeux. Je parcourais les allées de la librairie Alpha située à Gaspé quand m’est tombé dans les mains ce coloré petit livre, que j’avais vu circuler à quelques reprises sur les réseaux sociaux. Comme j’avais bien apprécié ma lecture du précédent ouvrage de l’auteure, originaire de Saint-Jérôme, j’étais tentée de me perdre dans les pages de ce monologue amoureux. Après tout, l’amour n’est-il pas l’une, sinon la quête d’une vie humaine? À travers tout le reste et peu importe notre nationalité, nos valeurs, nos coutumes et notre manière de vivre, le grand thème de l’amour vient nous renverser le cœur à un moment ou à un autre et même parfois, souvent plus d’une …

5 raisons d’adopter Le Défi végane 21 jours d’Élise Desaulniers

Je n’ai pas choisi de lire le dernier livre (Essai? Manuel? Manifeste?) d’Élise Desaulniers dans le but d’entreprendre le défi du végétalisme pour trois semaines et ce, pour la simple raison que je suis déjà végétalienne depuis plus de quatre ans (voir mon histoire de fille végétale). Entreprendre ce mode de vie fut pour moi une épiphanie et probablement l’un de mes meilleurs choix à vie. Le moins que je puisse dire est que de manger 100% végétal me réussit glorieusement. La raison pour laquelle j’ai voulu vous faire part de ma lecture du Défi végane, est qu’Élise Desaulniers est celle qui m’a incitée à faire le saut en 2012. Après avoir lu son ouvrage Je mange avec ma tête : les conséquences de nos choix alimentaires (Stanké), richement documenté et solidement argumenté, j’ai définitivement opté, de fait, pour le végétalisme. Je mange avec ma tête, que je conseille aussi chaleureusement, c’est comme la pierre angulaire dans mon cheminement vegan, même si je dois l’avouer, l’idée me trottait en tête depuis belle lurette. C’est peut-être aussi …