Year: 2017

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Une auteure et son œuvre : Chloé Savoie-Bernard

Il y a longtemps que je souhaite entreprendre le projet de tenir une chronique littéraire pour Le fil rouge. Suivant une initiative féministe plutôt populaire sur le blogue, j’ai décidé de vous présenter différents portraits d’auteures et leurs œuvres. Je tenterai de présenter le plus de diversité possible au sein de ma chronique, puisque toutes les écrivaines, qu’elles soient d’hier, d’aujourd’hui, d’ici ou d’ailleurs, souffrent d’un cruel manque de représentation. Pour ouvrir ce bal de femmes inspirantes, j’ai choisi : Chloé Savoie-Bernard. Chloé Savoie-Bernard : l’auteure Née en 1988 à Montréal, Chloé Savoie-Bernard est maintenant doctorante en littératures de langue française à l’Université de Montréal, où elle poursuit ses recherches sur la poésie féministe au Québec des années ’65 à ’85. Passionnée de littérature, ce doctorat est loin de lui suffire : en plus de faire partie du comité de rédaction de la revue littéraire Moebius, elle est membre du jury de présélection du prix Robert-Cliche et s’implique dans divers blogues, dont Françoise Stéréo et Poème Sale, et revues, notamment Contre-jour et Nouveau Projet. Depuis janvier dernier, …

Nos clubs de lectures sont maintenant ouverts !

Vous arrive-t-il de lire un livre et d’avoir envie d’en discuter avec d’autres personnes, sans pouvoir trouver de passionné-es des livres autour de vous pour le faire ? Le club de lecture le Fil Rouge comblera donc vos désirs de discuter de vos lectures, et ce avec d’autres gens qui vous ressemblent et qui manifestent l’amour des livres. L’idée de créer un petit parcours de cafés indépendants vient de notre passion un peu trop débordante pour la découverte de nouveaux cafés. Ainsi est née l’idée de conjuguer café et livres, un combo gagnant non ? (et si vous n’aimez pas le café, sachez que vous pouvez aussi prendre du thé, un smoothie, un jus, bref ce que vous désirez boire lors des rencontres ;)) Pour notre session d’automne, on vous offre 6 options différentes pour combler le plus de gens possible. En plus de nos deux clubs à Montréal, le mardi soir et le samedi matin, nous offrirons aussi une seconde session de notre club à thématique féministe, le dimanche après-midi. De plus, trois nouveaux …

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Traité des peaux : une couverture contre l’obscurité

Il y a quelques mois, j’ai regardé un documentaire qui m’a beaucoup secouée : Angry Inuk, réalisé par Alethea Arnaquq-Baril. Le film parle de la chasse au phoque dans l’Arctique : controversée dans le Sud (Brigitte Bardot et ses sorties enflammées, Paul McCartney qui batifole dans la neige avec des blanchons), mais élément essentiel du mode de vie inuit. Sans complaisance et sans excès de bons sentiments, Arnaquq-Baril y explique l’importance de la chasse dans l’économie et les pratiques locales. Mais elle pose aussi des questions impossiblement lourdes : comment résister aux séquelles de la colonisation? Comment préserver une culture et ses savoirs traditionnels dans un monde à la modernité envahissante? Les nouvelles de Catherine Harton soulèvent les mêmes enjeux. Leurs fils s’enchevêtrent, partant du Groenland, bifurquant par le Nunavik et s’échouant en Abitibi. Les histoires suivent dans leur quotidien des personnages, Inuits ou Algonquins, qui naviguent en eaux troubles : ils ne sont ni tout à fait coupés des traditions ancestrales, ni tout à fait imperméables au monde des Blancs. La rencontre avec ces derniers, cependant, est faite …

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Ils dansaient sur Nina Simone

Petit cadeau, grande surprise Nous étions en train de bouquiner, j’étais à quelques jours seulement de mon retour au pays. Un de ces fameux moments où je sais très bien que je retrouverai sous peu ma pal (pile à lire) et qu’on n’alourdit pas ses valises davantage surtout quand il faut les remplir de bières et de chocolats belges! C’est mon meilleur ami qui me l’a tendu : « C’est pour toi, il faut absolument que tu lises ça et je ne sais pas si tu vas le trouver au Québec. » C’est ainsi que s’est glissé dans mon sac ce tout petit livre, si léger qu’il me rappelle les formats des romans Courte Échelle… Une folie fraîche et renversante nous emporte dans cette famille où l’extravagante mère vouvoie tout le monde y compris son fils, mais tutoie les étoiles, un père qui l’affuble d’un nouveau prénom quotidiennement et qui écrit des romans sans queue ni tête, un fils qui raconte des mensonges à l’envers parce que personne ne croirait la vie qu’il mène et …

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Chroniques d’une anxieuse : je voulais être de toutes les couleurs

Je n’avais pas été capable de sortir de ma chambre jaune et bleue. Ma meilleure amie m’avait dit que la gang se donnait rendez-vous dans un parc pas loin de chez nous pour engloutir quelques bières. Je souhaitais juste m’engourdir un peu pour être à l’aise avant de les retrouver, mais j’ai dérapé toute seule. Le ciel s’était obscurci, il faisait nuit et j’avais le visage boursouflé d’avoir trop pleuré. J’étais étendue dans mon lit les yeux rivés sur le ciel qui bougeait trop vite. Les nuages noirs dépassaient la lune et moi j’avais la tête qui tournait. Ça tournait à cent miles à l’heure. Ça tournait dans tous les sens. J’avais bu la moitié de la bouteille de rhum de mes parents. J’avais 15 ans. Les premières gorgées avaient lentement glissé en moi. Engourdir mes pensées pour mieux les supporter, c’était tout ce que je voulais. Ça fonctionnait, mais seulement pour quelques instants. Après je ne savais plus quand m’arrêter, plus où se situait la limite du tu-t’enlignes-pour-vomir-dans-la-cuvette-toute-la-nuit. De toute façon je la franchissais …

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Ma sœur chasseresse : l’étrange quête!

Le titre et sa couverture qui en révèlent peu m’ont intriguée. Ma sœur chasseresse, deuxième roman écrit par Philippe Arseneault, est publié sous Québec Amérique et est sorti en février 2017. Mise en contexte Il s’agit de Roé Léry, un auteur originaire de La Tuque, qui vit à Pékin depuis 14 ans et qui y exerce le métier de professeur de droit. Il partage sa vie avec Meng Wu, celle qui lui rachetait cette vie dont il était peu friand à la base. En court séjour seul au Québec pour faire la promotion de son roman et aussi dire un dernier au revoir en bonne et due forme à un camarade de classe qui s’est tué, il était maintenant confronté à tout ce qui l’horripile de ce peuple de qui il se dissocie, et ce pourquoi il l’a déserté. Ce sera d’ailleurs le nerf de la guerre du personnage. Bien qu’il soutienne qu’un Montréalais est quelqu’un que le multiculturalisme a perfectionné moralement, de par la présence d’une constante mixité culturelle, les Canadiens français sont réellement …

Les filles en série… lecture obligée d’été

Enfin! J’ai attendu, attendu cet essai de Martine Delvaux, heureuse de constater qu’il était en si grande demande à la Grande Bibliothèque. L’attente aura valu la peine… c’est percutant, intelligent, nécessaire et soulevant! Beecroft, Pussy Riot ou Femen sont à ma mémoire celles qui refusent cette assimilation « en masse », ce polissement du nombre. Avec ces analyses et zoom in sur plusieurs faits et représentations que nous ne voyons plus tellement ils nous ont été surreprésentés, Delvaux remue notre laisser-faire, laisser-aller, notre acceptation comme évidence d’aplanissement du genre. Avec tout ce poids du nombre, ne pourrions-nous pas en faire quelque chose de grand et de puissant? Pour avoir un futur, il faut avoir une histoire Peut-être que ce livre devait être la suite logique de mes lectures, après Le bal des absentes par Amélie Paquet et Julie Boulanger. L’élément déclencheur pour cet essai fut le traitement différent des sujets féminins vs masculins lors des manifestations étudiantes de 2012. Nous ne nous en sortons pas : autant dans la littérature que dans les médias actuels, …

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Narration, angoisse et pensées envahissantes

20Hélène Marin, la jeune fille du livre Philippe H. dans l’angle mort de Mylène Fortin, est anxieuse, dépressive et a peur de tout. Même prendre les médicaments pour soigner son trouble anxieux lui fait peur: « Pour comble, l’idée de prendre les médicaments qu’on venait de me prescrire pour lutter contre mon trouble anxieux m’effrayait à peu près autant que celle de ne pas les prendre » (p. 11). Personnalité confuse et paradoxale, Hélène a du mal à gérer son amour pour Philippe H, l’homme de ses rêves, qu’elle qualifie de parfait, mais qu’elle fuit pourtant, en Gaspésie. Entre l’ex-copine qui ressurgit et la difficulté suprême d’écrire son plan de cours d’enseignement, Hélène lutte férocement… contre elle-même. La narration du roman, entrecoupée de pensées, réflexions et discussions d’Hélène avec elle-même, à l’aide de différentes voix, avance au rythme de ce qui se passe dans sa tête. Et ça va vite! Et comme des bulles qui éclatent, comme des fermetures éclair qui bloquent, les pensées d’Hélène, qui dansent et virevoltent à une vitesse effarante, s’arrêtent parfois en rejouant …

L’amour contre tous

Eva et Ruda sont deux jeunes amoureux. Ils s’aiment passionnément et leurs parents acceptent leur amour malgré leur différence d’âge. Le seul problème est qu’ils sont amoureux à une période de l’histoire où on ne peut célébrer leur amour à sa juste valeur. Cet amour sera cependant leur plus grande force dans les épreuves qu’ils devront vivre. Eva et Ruda n’est pas un roman, mais plutôt un journal à quatre mains. Alors qu’originalement le livre est écrit en deux parties, pour sa première traduction française les éditeurs ont trouvé pertinent de changer de personnes entre chaque chapitre, ce qui me permettait de suivre leur parcours au même rythme. La première traduction française a été faite par une maison d’édition québécoise, car après la guerre Eva et Ruda sont venus habiter et terminer leurs jours à Montréal! Plus qu’une histoire d’amour Eva et Ruda se sont aimés lors de la Seconde Guerre mondiale, en fait juste avant qu’elle éclate. Je ne peux toujours pas l’expliquer, mais je reste captivée par les histoires qui se déroulent lors …

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Acheter neuf ou usagé? Le grand dilemme des bibliophiles

Plus on lit, plus on achète de livres. Cette corrélation est plutôt simple à établir, mais elle en dit gros. La lecture s’avère être un passe-temps dispendieux de nos jours. Un format régulier d’une œuvre récente (ou pas) en français coûte dans les environs de 30 $. C’est énorme si l’on considère que ce montant équivaut à trois heures de travail au salaire minimum. Bref, s’armer de culture, ça revient cher. Et si l’achat de livres usagés devenait la solution miracle? L’objet En tant que bibliophiles (moi incluse), on ne se le cachera pas, les livres sont nos bébés. L’objet lui-même comble nos plus infimes désirs tout en permettant l’agrandissement progressif de notre bibliothèque personnelle. L’odeur des pages neuves, l’apparence délicieuse d’une reliure jamais cassée, rien n’existe de plus merveilleux. Pourtant, de leur côté, les livres usagés ont un bagage aussi sinon plus intéressant que nos plus récentes conquêtes en librairie. Ils ont leur histoire, leur odeur et, par-dessus tout, ils ont traversé les époques, les lieux, le temps. Tout ça sans compter les prix …