Year: 2018

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La triste histoire de la Corriveau

La légende raconte qu’elle aurait tué jusqu’à sept maris. Coup de hache, empoisonnement, plomb fondu dans l’oreille… L’histoire de la Corriveau a évolué à travers les siècles et les soirées de contes au bord du feu. Chaque conteur en rajoutait un peu afin de rendre son histoire plus croustillante. On alla même jusqu’à la décrire comme une sorcière. Il était grand temps que quelqu’un remette les pendules à l’heure. Monique Pariseau a réussi ce tour de force avec son roman La Fiancée du vent. Quand l’histoire prend vie J’ai vécu à travers les pages de ce livre le quotidien des habitants de la Nouvelle-France et la conquête britannique. Monique Pariseau ne se contente pas de nous dérouler une liste de noms, de lieux et de dates. Elle nous offre une immersion dans ce conflit qui a marqué notre passé et qui a fait de nous le peuple que nous sommes aujourd’hui. J’ai assimilé des informations qui ne m’étaient jamais rentrées dans la tête pendant mes cours au secondaire. J’ai d’ailleurs pris connaissance d’événements dont on évitait …

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Un novembre moins gris avec Andrus Kivirähk

Novembre : la pluie, la grisaille, les arbres nus qui ont perdu toutes leurs couleurs, l’obscurité de plus en plus envahissante. Voilà l’ambiance de ce mois mal-aimé, dans laquelle nous plonge parfaitement le livre Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk. « Peu avant midi, le soleil se montra un instant. Cela faisait plusieurs semaines que l’on n’avait plus vu un tel prodige : depuis le début d’octobre, le temps était resté gris et pluvieux. L’astre du jour épia une dizaine de minutes entre les nuages, puis le vent se leva, reboucha le mince interstice qui s’était ouvert brièvement, et le soleil disparut. De la neige fondue se mit à tomber. » (p.9) Cet incipit n’est qu’un exemple de ces passages décrivant le climat morose de novembre. Le livre contient 30 chapitres comme les 30 jours du mois. Ainsi chaque chapitre décrit une journée de novembre du matin au soir, en commençant par une description de la météo. Mais malgré la neige fondante, le vent humide et la « bouillie liquide » (slush) qui nous ramènent facilement à notre quotidien …

On vous donne enfin des nouvelles !

Il me semble que ça fait des vies qu’on n’a pas pris le temps de vous écrire, ce qui n’est pas faux, car en vérifiant, j’ai vu que la dernière infolettre avait été envoyée le 6 mai dernier. Il s’en est passé des choses depuis et on avait envie de vous écrire pour vous tenir au courant et parce que ça nous avait manqué de vous écrire ainsi. La plupart d’entre vous le savent peut-être, mais nous animons depuis janvier dernier des clubs d’écriture, nous avons eu déjà 4 beaux groupes de 8 femmes créatives et allumées. C’est incroyablement beau ce qui se passe lors de ces séances, on tente du mieux qu’on peut de redonner l’envie d’écrire aux participantes. Et on tente de les accompagner le mieux qu’on peut là-dedans. Et bien, cordonnier mal chaussé, comme on dit, nous avons mis un peu de côté l’écriture… Peut-être l’avez-vous remarqué, mais sur le blogue, il y a de moins en moins d’articles écrits par nous deux. Bref, on en discutait cette semaine justement et on …

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Chroniques d’une anxieuse : la fois où on m’a pogné le cul

Perdue dans la brume et la slush brune de Saint-Jérôme, j’habitais une ville que je n’aimais pas vraiment. Une erreur de jugement, peut-être. Parce que de l’amour vaporeux était venu restreindre mes idées claires. Une erreur tout court, sûrement. J’avais quand même décidé de garder un pied à terre à Montréal. J’avais pas le choix de toute façon avec la maîtrise que j’avais entamée, je devais m’y rendre assez souvent. Mes journées étaient longues, presque trop. J’arrivais tard le soir dans la neige et le frette de l’hiver. Ma musique triste dans les oreilles, je descendais du train pendant que le sommeil m’emportait. Je traversais les rues sombres et vidées de toute action. À chaque fois, confiante, en route vers chenous. À chaque fois, confiante. Mais cette fois-là fut différente. Je marche. Je suis fatiguée. J’ai tellement d’angoisses que ça me sort par le nez avec les guédilles du froid. J’ai de la misère à voir où ma vie s’en va. Je la trouve ordinaire ces temps-ci. L’école, c’correct, je pense être dans la bonne …

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La spirale de l’emploi qui paie bien

Subordonnée d’Isabelle Gaumont, c’est un roman qui raconte l’histoire de Simone Beaubien, une Montréalaise bien ordinaire. Ce dernier mot fait pourtant toute la différence. En effet, cette jeune femme dans la vingtaine expérimente une vie ordinaire. Elle occupe un emploi ordinaire, a une relation amoureuse ordinaire et répète une routine hebdomadaire des plus ordinaires. Dans toute cette banalité, elle n’est pas heureuse, car tous les aspects de sa vie sont bien médiocres. Quand les choses clochent Simone est une femme vaillante. Elle travaille à un rythme effréné, et surtout constant, en plus de cumuler les heures supplémentaires, afin d’être une employée modèle et de rapporter le plus d’argent possible à la compagnie pour laquelle elle travaille. Pourtant, personne ne lui reconnaît le moindre mérite. L’immeuble de bureaux où elle travaille est un lieu hostile où la compétition entre les employés et l’obsession des patrons pour les rendements rendent l’atmosphère très difficile à vivre. Les choses ne s’améliorent pas lorsqu’elle est à la maison. Les rares moments où elle peut prendre un peu de répit, elle les …

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Le Messager ou la quête d’un antihéros

Markus Zusak signe un roman d’une grande sensibilité dans Le Messager. Mettant de l’avant un antihéros par excellence, l’auteur orchestre avec finesse un ensemble de péripéties touchantes transfigurant le personnage principal. Récit empli d’espoir et d’humanité, le roman met en scène des personnages authentiques ancrés dans la réalité, à l’image du commun des mortels.  L’histoire nous envoûte, un as à la fois. La quête des quatre as (♣ ♦ ♥ ♠) «1. À l’âge de dix-neuf ans, Bob Dylan était un interprète aguerri de Greenwich Village, à New York. 2. Salvador Dalí avait déjà produit plusieurs œuvres exceptionnelles, picturales et révolutionnaires, à l’âge de dix-neuf-ans. 3. Jeanne d’Arc était la femme la plus recherchée du monde à l’âge de dix-neuf ans, parce qu’elle avait déclenché une révolution. Et puis il y a Ed Kennedy, également âgé de dix-neuf ans… […]  Je me demande sans arrêt: «Voyons, Ed, qu’est-ce que tu as fait de beau au cours de tes dix-neuf années d’existence?» La réponse est simple: Que dalle.» (Zusak, 2002, p. 25-26). Le Messager, c’est l’histoire d’Ed …

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Certains aiment les monstres. Moi, ce que j’aime, c’est les découvertes!

Sortir de ma zone de confort littéraire est la ligne directrice que je me suis donnée pour guider le choix des lectures que je partage ici sur Le fil rouge, et je suis rarement déçue des découvertes qui en résultent. Ma plus récente, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres ou My Favorite Thing Is Monster dans sa version originale, a justement été toute une découverte! Je n’ai pas l’habitude des romans graphiques et je n’avais aucune idée dans quoi je me lançais. Les critiques étaient dithyrambiques et le livre a été qualifié de chef-d’œuvre dès sa sortie en 2017. C’était en soi très intrigant, mais ce qui m’a réellement poussée à le lire, c’est l’histoire peu commune de l’autrice Emil Ferris. Réapprendre à dessiner Illustratrice de métier, Emil Ferris s’est retrouvée, après une piqûre de moustique, dans un lit d’hôpital, partiellement paralysée. La forme la plus grave du virus du Nil menaçait de la priver de sa mobilité et de sa motricité. Les médecins redoutaient qu’elle ne puisse marcher et encore moins dessiner de …

La balle jaune,

Mais où est passée la balle jaune

Et si on jouait une partie de tennis et que tout d’un coup la balle disparaissait entre les pages du livre de notre histoire? C’est ce qui arrive à Louis et Louise (merci pour le jeu de mots!) qui ont égaré leur balle de tennis. Ils partent donc à l’aventure pour chercher cette balle à travers différentes pages et différents univers étrangers au leur. Si vous aimez les livres colorés, vous allez être servis avec La balle jaune de Daniel Fehr et Bernardo P. Carvalho! Tellement que parfois, j’avais de la difficulté à bien me situer dans l’image. J’ai parfois eu quelques difficultés à rester concentrée parce que les dessins vont dans tous les sens. Cependant, je crois que cela peut être très stimulant pour les jeunes enfants; toutes ces couleurs et le mystère qui rôde. Mais comment fait-elle pour disparaître comme ça, cette balle!? L’histoire et les dessins sont très simplistes, ce qui fait en sorte que l’album est accrocheur. Les couleurs et les illustrations utilisées dans les différentes pages sont, je crois, une manière …

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À la quête du visage originel, avec Guillaume Morissette.

Lorsque j’ai reçu le dernier roman de Guillaume Morissette, Le visage originel, j’avais très hâte de le commencer, ayant adoré son premier roman, Nouvel onglet (dont Alexandra a déjà parlé ici). Je suis contente de vous dire que je n’ai pas été déçue par ce livre qui aborde une nouvelle fois la quête d’un jeune homme dont la vie est intrinsèquement liée à l’Internet, mais d’une manière tout à fait différente que dans son dernier roman. Daniel est un artiste de la génération post-Internet, ce qui veut dire, dans son cas, que le médium qu’il se plaît à exploiter est lié aux bogues et aux gifs animés. Comme beaucoup d’artistes, il peine à joindre les deux bouts et est constamment pris dans un dilemme opposant son art à l’idée d’un boulot alimentaire. Changer d’air, changer le mal de place? Par contre, Daniel manque d’inspiration depuis quelques mois, et passe plutôt ses journées à errer sans but sur le Web. Introverti, il trouve sa vie en ligne plus réconfortante que la socialisation réelle. Cela dit, sa …

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Cuisinons ensemble

Je cuisine avec toi est un livre de cuisine destiné aux enfants. Mais ce n’est pas un livre de cuisine à proprement parler : il ne contient aucune mesure, aucune recette, aucune photo ; pas de gâteau au yogourt, pas d’omelette aux herbes, rien qui se mange en fait. Un livre de cuisine inhabituel Le loulou ne cuisine pas. Il est intimidé par la quantité de choses à savoir : les recettes, les ustensiles, les ingrédients, les préparations, les consignes de sécurité… ça n’en finit jamais! En plus, il se passe tant de choses qu’il ne comprend pas dans les casseroles; parfois, ça prend plein de temps, parfois pas, et en tout cas, à chaque fois, ça fait beaucoup de vaisselle (je suis du genre qui s’étale, ça ne m’étonne pas que ça l’impressionne). Du coup, c’est pile-poil le livre qu’il lui faut, parce que les autrices s’intéressent au comportement à avoir en cuisine plutôt qu’aux recettes qui pourraient facilement faire peur aux enfants. Au lieu d’apprendre à faire une quantité très limitée de choses et se créer …