Month: mars 2019

Trente, Marie Darsigny, Le fil rouge, le fil rouge lit, litterature, litterature quebecoise, bibliotherapie, les livres qui font du bien

La limite est atteinte

Trente, c’est une obsession. C’est l’âge maudit. C’est vieillir. Et ça vient parfois avec une dépression. Trente, c’est le récit d’une femme qui décrit son état psychologique en détresse à l’approche de l’âge qu’elle croit fatidique pour elle. Trente, c’est le tout dernier livre et premier récit d’autofiction de la poète et autrice Marie Darsigny publié chez les Éditions du remue-ménage.   « …trente ans, c’était le début de la fin, le moment où l’on commence à glisser sur une longue pente et moi je voulais échapper à la descente, m’éteindre soudainement, sans adieux dégoulinants de drame pour ce monde qui ne m’a jamais comprise de toute façon. Ça vient donc d’il y a longtemps, ça s’est forgé tranquillement dans mon esprit… it happened gradually, then suddenly. » Style journal intime, le roman est le récit des 12 mois précédant le jour des trente ans de la narratrice, qu’on devine très proche de l’autrice. Ce sont de longues longues phrases, qui viennent à bout de notre souffle. Réflexions, pensées, anecdotes, toutes empreintes de sentiments de …

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Autour des livres : rencontre avec Marilyn Frenette, youtubeuse pour la chaîne LuluneTV

Qui est Marilyn Frenette ? Elle est la booktubeuse de la chaîne spécialisée en bande dessinée qu’elle a créée il y a 3 ans; LuluneTV.  La Bachelière en Arts et design – concentration bande dessinée nous parle de BD qu’elle a lues, espérant nous faire découvrir de nouveaux artistes et auteurs-autrices. Ses capsules vidéo intelligentes, dynamiques et punchées sont à découvrir absolument. Marilyn a accepté de répondre à notre questionnaire… sous forme de vidéo, évidemment! Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Je pense que c’était Le petit prince, d’Antoine de Saint-Exupéry. Je l’avais même en vinyle 33 tours! Mon premier souvenir serait l’incompréhension que j’éprouvais en écoutant le disque et de constater que ça ne suivait pas exactement le livre… (Ils ont probablement coupé beaucoup de texte pour le faire rentrer sur un 33 tours.) Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Un rituel? Non. C’est davantage une question de temps libre. Je n’aime pas briser l’immersion et, que ce soit pour un livre, …

Les grille-pain d’Heather O’Neill

Cela faisait longtemps que j’avais La vie rêvée des grille-pain dans ma bibliothèque, beaucoup trop longtemps. Ce fut un délice de livre, ce recueil de nouvelles de Heather O’Neill, anglophone montréalaise. Le fait qu’elle soit anglophone ne l’empêche pas de nous parler en français avec son doux accent lorsque nous la rencontrons, c’est ce que j’ai pu constater lorsque je l’ai rencontrée au Salon du livre de Montréal. La vie rêvée des grille-pain fut finaliste aux prix Scotiabank Giller, et elle a remporté le prix Paragraphe Hugh MacLennan. Nous pouvons également retrouver trois autres titres de Heather chez la maison d’édition Alto. Dans ce recueil qui comprend une vingtaine de nouvelles, on découvre divers personnages inspirés de l’univers imaginatif de Heather. On y retrouve de la magie, de la féerie, de la vérité, etc. Lors de ma lecture, j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir la plume de l’autrice. Elle a une écriture envoûtante. Ces nouvelles se lisent comme des petits contes modernes. Je fus charmée par ses morales qui touchent notre vie de tous …

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Sylvia Plath et sa recherche de la reconnaissance

J’ai une relation ambiguë avec la grande autrice et poétesse américaine qu’est Sylvia Plath. Je connais son oeuvre depuis le début de mon adolescence, mais cela m’a pris du temps à m’y mettre. L’aura, l’engouement autour de ses livres étaient trop sinistres et glauques pour moi. À l’aube de mes 19 ans, j’ai lu The Bell Jar, son premier roman publié tout juste avant sa mort. Mon ressenti après cette lecture est encore présent en moi, des années plus tard. Cette lecture m’a marquée par l’histoire très teintée de vérités biographiques, sur cette autrice qui s’est suicidée à 30 ans, la tête dans un four. L’ombre du suicide et de la dépression était entre chaque phrase, et malgré cette lecture très prenante, je me suis surprise à ressentir tout ce que Plath avait vécu. J’ai remis le livre à la bibliothèque et j’ai essayé d’oublier, jusqu’à ce que je tombe sur ses journaux. J’étais réticente au départ, mais l’idée de lire les journaux de Sylvia Plath était une tentative de comprendre le pourquoi du comment. Je m’y …

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Embrasser Yasser Arafat – Chroniques palestiniennes d’Anaïs Barbeau-Lavalette : un autre regard sur la Palestine

Petit bouquin de moins de cent pages, Les chroniques palestiniennes de l’autrice Anaïs Barbeau-Lavalette (pour d’autres articles sur les romans de l’autrice, cliquez ici, ici et ici!) n’est pas une critique politique ou encore un historique complet du conflit qui oppose la Palestine et Israël depuis plusieurs années maintenant. C’est plutôt la Palestine vue à travers les yeux de l’autrice. Son témoignage nous transporte directement dans une Palestine que l’on ne nous montre pas, territoire désertique parsemé d’arbres fruitiers, où une population continue de vivre malgré la guerre qui fait rage. L’autrice a un véritable don pour nous faire sentir les choses, nous les faire voir, et ce, avec des mots couchés sur quelques feuilles de papier. À travers les pages, on peut sentir sa volonté de rendre un récit honnête. L’image médiatique de la Palestine : critique En toute franchise, je ne connais pas grand-chose sur le conflit israélo-palestinien. Toutefois, automatiquement, comme si c’était programmé dans ma tête, lorsque j’entends le mot « Palestine » me viennent (malheureusement) à l’esprit, comme probablement plusieurs d’entre vous, des …

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Éléonore : les femmes de l’autrice Louise Tremblay-D’Essiambre

Jamais, au grand jamais, je n’aurais pensé écrire à propos d’un roman de Louise Tremblay-D’Essiambre ici, sur Le fil rouge. La raison est simple : je n’aime pas vraiment les livres de cette autrice. À chaque publication, elle fracasse des records, ce sont toujours des best-sellers, ce qui n’est vraiment pas le genre de littérature qui m’interpelle habituellement. Mais je dois avouer que j’ai été intriguée lorsque j’ai lu à la hâte la 4e de couverture du livre Éléonore, une femme de cœur, à sa sortie. Le monde des années 1920 Premier tome de la série Histoires de femmes, le roman raconte l’histoire d’une  adolescente de treize ans, Marion Couturier, qui est forcée de quitter son foyer afin de travailler dans un manoir et, ainsi, rapporter de l’argent pour subvenir aux besoins de ses parents et de ses (nombreux) frères et sœurs. Alors que Marion vient d’une famille pauvre et sans grande éducation, elle devra apprendre les bonnes manières, et les règles du manoir et de la hiérarchie. Mais Marion est une jeune fille curieuse et …

Mary-Lee Picknell théâtre

Vivre la littérature — Entrevue avec Mary-Lee Picknell

Dernièrement, j’ai lu Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare, qui a toujours été l’une de mes pièces préférées. J’adore sa féérie onirique, qui donne inévitablement lieu à des costumes et des décors magiques, et bien sûr le personnage de Puck, archétype même du trickster jungien. Que serait le théâtre sans un peu de comique de situation? J’ai été agréablement surprise par mon expérience de lecture, car si j’aime beaucoup assister à une pièce, je dois avouer que, pour moi, lire le théâtre s’est souvent révélé une expérience insatisfaisante. L’absence de chair autour de l’os m’empêche généralement de savourer pleinement les dialogues, même les plus juteux! Après tout, le théâtre n’est pas conçu pour être lu, mais pour être mis en scène, interprété, regardé et écouté. Ce n’est pas une littérature qui se lit, mais qui se vit! Dernièrement, j’ai eu la chance de discuter avec quelqu’un dont le travail consiste justement à donner vie aux mots — et même à vivre les mots! Mary-Lee Picknell a généreusement accepté de me rencontrer dans un sympathique café du quartier …

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Salvador : l’écrivain de la montagne

J’ai un amour inconditionnel pour tout ce qui touche de près ou de loin au théâtre. Rien ne bat le plaisir d’aller voir une nouvelle pièce et d’en absorber les moindres détails, de se laisser submerger par les personnages, les dialogues et la mise en scène. Lire une pièce de théâtre, bien que très différent, est tout autant gratifiant. On en apprend beaucoup sur les personnages en découvrant tout ce qui ne se voit pas lors du spectacle : les didascalies, les titres des scènes, les précisions de l’auteur. Tout cela change l’expérience du tout au tout. Salvador : La montagne, l’enfant et la mangue de Suzanne Lebeau ne fait pas exception. « Au cœur de l’Amérique du Sud, une montagne, aussi belle dans la clarté du matin que cruelle dans l’obscurité des mines qui la sillonnent de toute part. Salvador, un enfant de la montagne devenu écrivain, se rappelle… le départ sans retour de son père et de son frère, les crayons de couleur d’Ana et les rêveries de Teresa, ses sœurs, les cireurs de chaussures …

Anna Caritas : la bénédiction d’une bonne lecture

En ces temps froid, je me suis dit : « Pourquoi ne pas faire accélérer un peu, lire ici beaucoup, mon rythme cardiaque pour me réchauffer? » Et croyez-moi, cela a bien fonctionné avec ce premier titre de la série Anna Caritas de Patrick Isabelle. Un style dans lequel on est moins habitué de lire cet auteur, surtout après des livres comme la série Eux, la série pour plus jeunes Henri & Cie ou encore le roman pour adulte La danse des obèses. Mais il nous prouvera bien qu’il est autant polyvalent qu’un couteau suisse. Un sacrilège de ne pas le lire Ce premier tome intitulé Sacrilège nous plonge dans la vie d’adolescents du petit village de St-Hector perdu dans un coin du Québec. Un petit village perdu, mais qui possède un attrait majeur pour sa population, celui d’avoir l’une des écoles secondaires les prestigieuses du Québec. « Oh wow! Mais quelle frayeur… Attention, j’ai presque peur… », que je vous entends penser. Méfiez-vous. Après le retour au collège de la très controversée Marianne Roberts, …

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Vieilles femmes maléfiques ou femmes indépendantes : qui sont les sorcières?

Si vous suivez l’actualité, vous n’avez pas pu passer à côté du dernier livre de Mona Chollet : Sorcières, la puissance invaincue des femmes. De mon côté, je l’ai attendu avec impatience, ayant considéré Beauté fatale comme un pilier dans ma culture féministe. Aussitôt reçu, je l’ai aussitôt avalé. Mais il m’a fallu un peu plus de temps pour le digérer. La lecture de cet essai m’a scandalisée, indignée et parfois fortement révoltée, mais j’y ai aussi trouvé une source de réconfort (chaque phrase résonnant avec force en moi) qui est venue nourrir mon engagement féministe. Une histoire d’autonomie L’autrice y tisse, de façon brillante, des liens entre la chasse aux sorcières et la peur des femmes libres. En partant de cette période sombre de l’Histoire, Mona Chollet part à la recherche des stigmatisations qui touchent les femmes aujourd’hui. Elle y démontre avec brio comment certaines femmes, qui s’émancipent d’un système social oppressif et choisissent de vivre comme elles le souhaitent, sont les héritières de celles qui ont été traquées il y a des siècles. …