Year: 2019

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Quand les femmes racontent leurs monstres et leurs fantômes

On le sait, les auteurs et les autrices du Québec ne sont pas particulièrement reconnus pour la littérature d’horreur. Je suis persuadée qu’un seul nom vous vient en tête dès que vous entendez « littérature d’horreur au Québec », et vous avez raison de penser cela. Patrick Senécal (c’était lui, n’est-ce pas?) a pratiquement l’entièreté de la tribune accordée à ce genre dans notre belle province. En ce sens, nous pourrions donc en conclure que l’une des seules visions (je fais quand même la part des choses) de ce qu’est la littérature de ce genre au Québec est celle décrite par un homme blanc d’une cinquantaine d’années. Nous sommes d’accord? Bon, le problème, ce n’est pas Senécal. J’ai lu la majorité de son oeuvre et je l’ai appréciée plus souvent que le contraire. En réalité, la problématique réside dans le fait que nous ne connaissons pratiquement que cette avenue. Qu’en est-il du regard des femmes? De celles qui sont un peu plus jeunes? Qu’est-ce que l’horreur, le suspense et l’effroi sous une plume québécoise qui …

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L’odeur du gruau : le réconfort de l’amitié

Mon automne a été parsemé de courtes lectures, pour la plupart, des recueils de poésie, alors que j’étais pratiquement submergée par les lectures et les travaux universitaires. Avec la fin de la session est venue l’envie de me plonger dans un roman, d’accorder du temps à une histoire, à des personnages pour les apprivoiser, les connaître et m’y attacher. Cette envie s’est accompagnée de la découverte de la maison d’édition franco-ontarienne L’Interligne et d’un nouvel auteur, Alexis Rodrigue-Lafleur. C’est le nom de son premier roman, L’odeur du gruau, mais surtout la proposition qui m’a attirée vers ce livre : une bande d’amis dont l’amitié, croquée à trois époques de leur vie, nous est racontée. L’amitié : témoin fidèle du quotidien Des liens qui semblent solidement tissés se resserrent et se dénouent dans ce court livre d’à peine 250 pages. On y rencontre Judith, barista dans un petit café; Béatrice et Frédéric, ses collègues; Carl et Léa, ses colocs, ainsi que Paul, un charmant client, aussi coloc de Frédéric. Les chapitres du livre nous proposent de brèves incursions …

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Combattre pour les droits de l’homme et l’écologie

Cela faisait un bout de temps que j’avais lu une bonne biographie, donc j’errais dans cette section à la bibliothèque lorsque je suis tombée sur ce livre. Mon oeil a d’abord été attiré par les couleurs, puis par le titre. Héros d’humanité, c’est accrocheur. C’est accrocheur, car c’est différent. Les héros que nous connaissons habituellement sont des héros à l’intérieur de combats ou de quêtes contre des vilains, mais dans ce livre de Jean-Marie Pelt, les héros sont tout autre. Ils avaient tous des idéaux bien au-delà des conquêtes territoriales, car ils se sont tous battus pour défendre leurs valeurs. De ce fait, ils ont changé, à leur façon, le sort de l’humanité. Droits de l’homme et écologie Ce livre est d’abord séparé en deux parties. La première est réservée aux personnes ayant travaillé pour améliorer les droits des humains et la deuxième traite d’hommes et de femmes ayant fait de l’écologie leur priorité. Chacune des parties est ensuite séparée en courts chapitres, et chaque chapitre présente une personnalité importante. Cette oeuvre est entièrement dédiée …

Un livre québécois par mois : Janvier : La Peuplade

En janvier, on lit un livre de la maison d’édition La Peuplade! La Peuplade fut fondée en 2006 par Mylène Bouchard et Simon Philippe Turcot. Elle édite des romans, des recueils ainsi que de la poésie. Les thèmes abordés par les auteurs et autrices de la maison d’édition concernent souvent le territoire. Aujourd’hui, la Peuplade publie en France, ce qui permet à nos merveilleux créateurs et créatrices d’histoires de traverser un océan. Pourquoi avoir choisi La Peuplade? Et bien, je vous avoue avoir rarement été déçue par les choix de leurs œuvres. Je me suis souvent plus dirigée vers les romans ou les recueils et j’ai souvent été charmée par mes lectures. Voici quelques suggestions de lectures : Fair-play; Tove Jansson (ma lecture) Le poids de la neige; Christian Guay-Poliquin (le coup de cœur de plusieurs fileuses) Homo Sapienne; Niviaq Korneliussen (une lecture sur le bouleversement identitaire et sur la réalité du Nord) Je ne sais pas penser ma mort; Marisol Drouin Brasser le varech; Noémie Pomerleau-Cloutier (parcours d’une fille estuaire) De bois debout; Jean-François Caron Un long …

En 2019, je lis un livre québécois par mois

Le début de l’année est toujours une période de résolutions et de bonnes volontés! Voici justement les résolutions littéraires des fileuses du Fil rouge! L’une de mes résolutions est de lire PLUS de livres québécois. Ça tombe bien, le Fil rouge a justement le défi de lire UN  livre québécois (ou plus) par mois. Je vous partage également mes autres défis littéraires de l’année dernière que j’avais notés dans un cahier. Je les continue cette année encore, j’essaie même de m’en créer de nouveaux. Le défi Je lis un livre québécois par mois existe depuis 2015. Il y a près de 1 200 membres sur le groupe Facebook du défi. Les membres peuvent partager leurs lectures, leurs opinions et même nous aider à trouver des livres suite à la thématique. Nous avons la tradition de donner une thématique ou un genre par mois. Cette année, nous voulons faire un peu différent : une maison d’édition par mois. Ce que j’aime de ce changement, c’est qu’une même maison d’édition peut vous permettre de lire soit de la poésie ou un …

Anatole qui ne séchait jamais : l’album jeunesse qui séchera des larmes

Régine regarde son petit frère Anatole pleurer, pleurer et pleurer, sans jamais s’arrêter. Elle n’en peut plus de le voir souffrir ainsi. Elle décide donc d’essayer de comprendre la raison derrière cette pluie de larmes. Avec beaucoup de bienveillance, cette petite fille ouvrira son cœur à Anatole et avec l’aide de leur père, Anatole retrouvera le sourire.  Premier roman jeunesse de Stéphanie Boulay, que nous avions connu en littérature grâce à ce très beau À l’abri des hommes et des choses, Anatole qui ne séchait jamais est illustré par la talentueuse Agathe Bray-Bourret. C’est une œuvre exceptionnellement importante en littérature jeunesse au Québec et je me réjouis énormément de cette publication. Elle brise des stéréotypes qui persistent et ouvre la porte à de belles et nécessaires discussions avec les enfants. C’est avec son langage coloré, ses images évocatrices et sa grande douceur que Stéphanie Boulay prend la plume pour nous raconter cette histoire familiale qui porte sur les questionnements identitaires. On craque pour sa façon bien singulière de raconter des émotions d’enfants et de se …

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Watchmen : le super-héros du roman graphique

Nous sommes en 1985. Dans un monde parallèle au nôtre, les super-héros font partie du quotidien. Dans ce monde dystopique, la guerre règne en maître. La corruption n’a plus aucune limite tandis que Richard Nixon en est à son cinquième mandat. L’angoisse est à son comble, et même les idoles d’autrefois ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. La mort d’un comédien Cette histoire commence par la mort d’un ancien super-héros. C’est sur le pavé, après une chute de plusieurs étages, que la vie d’Edward Blake prend fin. Fidèle à lui-même, son ancien collègue fait de la découverte du coupable sa mission. Sa paranoïa l’entraîne à croire qu’une conspiration est derrière cet assassinat et que ses semblables et lui-même en sont les prochaines cibles. C’est dans une ambiance de polar illustré que les personnages se présentent à nous.  Reconnu comme étant un mercenaire sarcastique et violent qui est tout sauf attachant, Edward Blake porte comme un gant le surnom de Comédien. Pour lui, la vie est une blague. De nature indépendante, Rorschach n’a besoin de rien …

Les coups de coeur littéraires des fileuses en 2018

Ariane  Castagnettes, de Marie-Élaine Guay, un recueil de poèmes qui m’a tour à tour fait rire et pleurer… et le tout, en public. Les prénoms épicènes, d’Amélie Nothomb, qui m’a fait renouer avec cette autrice que j’ai pratiquement adulée toute mon adolescence pour ensuite la bouder. Konbini, de Sayaka Murata, un roman empreint d’humanité, qui parle du fait que certaines personnes sont plus heureuses dans une vie toute simple qui sort des cadres de la «normalité». Les furies, de Lauren Groff, un roman aux personnages complexes, où il est jouissif de pouvoir lire les deux versions différentes de la même histoire. Frédérique  L’étang, de Claire-Louise Bennett, roman qui rend hommage aux détails quotidiens avec un mystère et un cynisme décapants. Hôtel Lonely Hearts, d’Heather O’Neill, dont l’ambiance est demeurée en moi, même plusieurs mois après avoir terminé le livre. Grosse, de Lynda Dion, qui m’a ouvert tout un pan de réflexions sur la manière de voir son propre corps. Virginie  Le chant de la terre blanche, de Jean Bédard, un roman qui m’a happée, et …

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Trembler sous le regard du vampire

Je ne sais jamais à quoi m’attendre quand je commence la lecture d’un classique. En connaissant déjà le récit, souvent repris et repris jusqu’au cliché dans la littérature et au cinéma, écrit dans un style d’un autre temps, vieilli sans doute, j’ai l’impression que je vais m’ennuyer. Je me trompe. Malgré toute la poussière qui recouvre ces œuvres consacrées, elles me surprennent inévitablement. La magie opère, mes réticences tombent et je suis séduite. Du moins, c’est l’effet qu’a produit sur moi Dracula, roman d’horreur qui a popularisé la figure du vampire. Roman horrifique Jonathan Harker, jeune notaire, se rend en Transylvanie rencontrer le comte Dracula pour régler une transaction immobilière. Ce dernier vient d’acheter une demeure à Londres et souhaite s’y installer. Hébergé dans le château du comte, Jonathan se rend rapidement compte qu’il en est le prisonnier et que le comte lui-même n’est pas un homme ordinaire, mais plutôt une créature étrange et terrifiante. Le lecteur partage rapidement la détresse de Jonathan, suffoque à l’idée d’être enfermé dans un château obscur où toutes les …

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Une histoire d’allergies

La clé : l’éducation Encore toute petite, j’avais déjà plusieurs chocs anaphylactiques (réactions allergiques sévères) à mon actif. Les vomissements, les yeux qui piquent, le corps qui enfle, les étourdissements, la respiration sifflante, la gorge qui se serre et un avant-goût de la mort; les symptômes que j’ai ressentis lorsque j’ai mangé des allergènes par mégarde sont à ce jour bien présents dans ma mémoire et encore aujourd’hui une grande source d’anxiété. Si vous pensez que les allergies alimentaires sont mal comprises aujourd’hui, tentez d’imaginer la vie des enfants aux prises avec des allergies sévères il y a 25 ans… Jamais un enseignant n’a expliqué les risques de ma condition de santé aux autres élèves de ma classe. Lorsque j’en parlais, on me disait que j’exagérais ou on ne me croyait tout simplement pas.  Au primaire, l’infirmière m’a rencontrée deux fois (avec le seul autre élève allergique de mon année scolaire) afin de nous montrer comment utiliser nos injecteurs d’épinéphrine. C’était bien, mais c’était aussi la seule tentative d’éducation de la part de l’école face …