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Les âmes sœurs de Valérie Zenatti, au cœur des vagues violentes qui déferlent en nous

Parfois, c’est par hasard que l’on découvre un auteur qui va nous rejoindre profondément par son écriture, pour qui on va avoir un coup de cœur. C’est ainsi par grand hasard que j’ai découvert Valérie Zenatti. Ça remonte aux moments du début de ma vie d’adulte où je me rendais presque hebdomadairement à ma bibliothèque de quartier, endroit que je parcourais inlassablement, rangée par rangée, dans l’espoir qu’une tranche de livre particulièrement attrayante attire mon regard. Je n’avais pas d’auteurs écrits sur un bout de papier, je ne cherchais rien, mais j’espérais vraiment trouver quelque chose. Et par son nom de famille qui commence par « z », Valérie Zenatti se trouvait à la toute fin de la dernière étagère, où je me retrouvais nécessairement à chaque fois, après avoir arpenté chacune des rangées, une à une. J’ai d’abord dévoré En retard pour la guerre, puis Quand j’étais soldate, puis Une bouteille dans la mer de Gaza, dont il a été récemment tiré une adaptation cinématographique. Puis, même si tous ses romans sont à découvrir, …

L’Adversaire, le récit d’un homme insaisissable

L’œuvre postmoderne se caractérise par des personnages marginaux, un mélange de plusieurs genres accompagné d’une fragmentation du style d’écriture. Retrouver tout ça dans un même ouvrage, ça reste assez rare et en faire une très bonne histoire, encore plus. Or L’Adversaire d’Emmanuel Carrère y parvient. Le coeur du récit L’Adversaire, c’est l’histoire d’un homme : Jean-Claude Romand. Mélangeant fait divers, roman policier, autobiographie et biographie, Carrère y relate le meurtre sanglant de la femme et des deux enfants de Romand. Toutefois, ce crime terrible en cache d’autres. En effet, Jean-Claude Romand, réputé médecin de l’OMS à Genève en Suisse s’avère n’avoir jamais mis les pieds dans cette organisation. Plus le procès approche, plus des éléments déroutants sur sa vie sont découverts. Celui-ci n’a jamais terminé ses études en médecine, mais assistait tout de même aux cours faisant croire à ses camarades qu’il faisait partie des leurs. Jean-Claude Romand est même allé jusqu’à s’inventer un cancer.  Les mensonges s’empilent et se multiplient, mais en réalité, qui est donc cet homme ? Comment se fait-il que personne n’ait …

Rien n’est trop beau pour les gens ordinaires; au coeur d’une guerre de HLM

Berthold vit chez sa mère. Pourtant, il approche la cinquantaine. Ensemble, ils vivent dans un HLM que le gouvernement tente de reprendre à ceux qui ont une chambre inoccupée. Situation dans laquelle notre protagoniste se retrouve lorsque sa mère, un peu sénile, meurt. Que faire s’il ne veut pas perdre son loyer- seul endroit ou il se sent chez lui après un divorce, la mort de sa fille et une lourde dépression- ? Trouver quelqu’un pour jouer le rôle de sa mère, bien sûr! C’est  ainsi que débute le tout dernier roman de Marina Lewycka. Après Traders, Hippies  et Hamsters, que j’avais bien apprécié, j’étais bien curieuse de retrouver la plume de cette auteure et de voir dans quelle histoire rocambolesque elle allait m’emporter cette fois. On se retrouve donc à suivre Berthold, fils à maman, comédien déchu, se remettant tant bien que mal d’une dépression, alors qu’il recrute la colocataire de chambre d’hôpital de sa mère, une vieille ukrainienne au tempérament bien trempé, pour jouer le rôle de sa mère, tentant de flouer les services …

L’épopée de la nostalgie

Être amoureuse des livres, c’est aussi voir s’accumuler les œuvres de tous genres dans sa bibliothèque. Si bien que lorsqu’on prend le temps de s’arrêter, nous réalisons que sur les dizaines, centaines de livres présents, le trois quart est relié à un souvenir quelconque, à une découverte, un travail d’école, ou même, à un cadeau. Ce qui nous amène au quart… Ces livres cachés parmi tant d’autres, reçus en cadeau ou achetés sans le désir ardent d’une lecture immédiate, qui sont synonymes du fameux : << je le lirai plus tard >>. Mais prenons-nous vraiment le temps ? Si bien qu’un deux ans plus tard, on éprouve un certain malaise à l’idée d’être un traître, de l’exhiber ainsi sous nos yeux sans avoir réellement porté notre regard sur lui. 

Ainsi, je me suis donné le défi de lire ces livres. Peut être simpliste pour certains, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un grand défi pour moi, puisqu’entre les services de presse, les cadeaux de Noël et de fête, cette minorité se transforme tranquillement en majorité et me …

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La première femme nue, ou la floraison de la beauté

Avec sa délicate illustration de couverture, son titre énigmatique et ses 1187 pages, La première femme nue de Christophe Bouquerel a de quoi fasciner. Au premier coup d’œil, on ne sait pas forcément à quoi s’attendre, mais l’ensemble paraît exhaler un parfum d’exotisme, d’érotisme et de mystère… trois qualificatifs qui, je crois, résument bien le récit colossal qui attend le lecteur. L’histoire nous transporte en Grèce antique (IVe siècle av. J.-C.), où nous suivons les traces de Phrynê, une adolescente née à Thespies. Suite à l’invasion de sa cité, elle est réduite en esclavage dans un sordide bordel d’Athènes. C’est là, à tout juste seize ans, qu’elle fait la connaissance de Praxitélês, un jeune sculpteur ambitieux qui voit en elle quelque chose qui l’intrigue. Effrontée et audacieuse, Phrynê deviendra l’hétaïre – la courtisane – la plus scandaleuse d’Athènes, tandis que Praxitélês, lui, évoluera jusqu’à devenir le plus grand artiste de son époque. Inspirée de la légende de ces deux personnages historiques ayant marqué leur univers, cette fresque romanesque et grandiose nous entraîne dans les banquets …

abusRemove term: Bibliothérapie BibliothérapieRemove term: Chimamanda Gnozi Adichie Chimamanda Gnozi AdichieRemove term: Dogmes DogmesRemove term: L'hibiscus pourpre L'hibiscus pourpreRemove term: Le fil rouge Le fil rougeRemove term: le fil rouge lit le fil rouge litRemove term: les livres qui font du bien les livres qui font du bienRemove term: littérature nigériane littérature nigérianeRemove term: Nigéria NigériaRemove term: religion religionRemove term: violence violenceRemove term: violence psychologique violence psychologique

L’hibiscus pourpre : religion, abus et dogmes

L’hibiscus pourpre, tout dernier roman de l’auteure nigériane Chimamanda Gnozi Adichie est aussi la première fiction de l’auteure qui se retrouve entre mes mains. Après avoir lu – et adoré- Nous sommes tous des féministes et Chère Ijeawele, il était plus que temps de me plonger dans l’un de ses romans. J’aurais tout aussi bien pu me plonger dans Américanah ou Autour de ton cou, mais c’est par L’hibiscus pourpre que j’ai choisi de découvrir la prose de l’auteure. Un lent début Campé dans un Nigéria post coup d’État, Adichie s’immisce dans le quotidien de Kambili, jeune adolescente nigériane vivant dans une famille aisée dont le père, propriétaire d’usines, est un catholique fondamentaliste hautement placé et très respecté dans leur communauté. Les premières pages, disons les 60 premières, m’ont laissée plus ou moins de glace. Pourtant, c’est dans ces premières pages que s’installe le drame, mais tout s’installe tellement doucement, si lentement qu’il faut patienter quelque temps avant de comprendre toutes les subtilités et tous les non-dits dans lesquels se déroule l’histoire. Par contre, du moment où l’histoire …

Jennifer Worth; Call the midwife; Appelez la sage-femme; Londres; 1950; Angleterre; Le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; littérature étrangère

Appelez la sage-femme : Du rire aux larmes, la vie dans tous ses états

Il y a quelques années, l’infirmière britannique Jennifer Worth a constaté qu’il y avait très peu d’information disponible sur le rôle joué par les sages-femmes en Angleterre, particulièrement au XXe siècle. Afin de remédier à la situation, elle a décidé d’écrire ses mémoires sur l’époque où elle était elle-même sage-femme, dans les années 1950 à Poplar, un quartier pauvre de Londres. Sous sa plume, elle fait revivre tout un quartier, aujourd’hui disparu, dans une trilogie aussi captivante qu’émouvante. « J’ai fait plusieurs autres visites ce matin-là, mais mon esprit revenait continuellement à Mrs. Warren. Elle sortait vraiment de l’ordinaire. La plupart de nos patientes étaient des Londoniennes originaires de ces faubourgs, comme leurs parents et grands-parents avant eux. Les étrangers étaient rares, surtout parmi les femmes. Toutes les habitantes du quartier menaient une vie très collective et se mêlaient sans cesse des affaires les unes des autres. Mais si Mrs. Warren ne parlait pas l’anglais, elle ne pouvait faire partie de la communauté des femmes. » (Worth, 2002:212-213) Chaque livre est divisé en plusieurs chroniques qui présentent …

Elena Ferrante, L'amie prodigieuse, Le nouveau nom, Gallimard, le fil rouge, lefilrougelit, Lila et Elena, littérature italienne, Naples, amitié, série,

Elena & Lila, quel plaisir de vous retrouver…

Je ne suis pas une très grande lectrice de séries, mais celle-ci fait exception. L’amie prodigieuse dont j’avais parlé avec beaucoup d’émotion juste ici m’a conquise. Et je dois avouer que le deuxième tome, Le nouveau nom, m’a aussi obnubilée. J’avais tellement hâte – et beaucoup d’attentes – face à ces retrouvailles. C’est en juillet dernier que je me suis laissée captiver et fasciner par cette histoire d’amitié avec le premier tome de la série. Je voulais retrouver cet amour et cette tendresse que je portais envers ces deux filles, Lila & Elena. J’avais tellement pensé à elles au fil des mois. Cette série a le don de nous faire vivre, vieillir, évoluer avec ses personnages et d’ainsi avoir l’impression qu’ils nous habitent un peu. C’est exactement cela ; j’étais accompagnée de Lila & Elena. Durant mon voyage à Naples bien sûr, mais à Montréal aussi. C’est une lecture qui m’avait beaucoup marquée, alors j’étais fort heureuse et nerveuse de retourner à Naples avec elles. Elena & Lila, vous ne m’avez pas déçue. Vos vies …

le fil rouge; le fil rouge lit; être ici est une splendeur; Marie Sarrieussecq; Paula M. Becker

Être ici est une splendeur : La courte, mais passionnante vie de la peintre Paula M. Becker

Prêtez-vous au jeu suivant : nommez cinq peintres de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle. Il y a des fortes chances que vous ayez nommé exclusivement des hommes. Si vous refaites le même jeu en vous limitant aux femmes peintres, probablement que vous trouverez l’exercice plus difficile. C’est parce que nous en savons si peu sur les femmes artistes de ces époques que j’ai tant aimé le roman Être ici est une splendeur de Marie Darrieussecq qui porte sur la vie de l’artiste peintre allemande Paula Modersohn-Becker. J’ai bien sûr apprécié ma lecture, mais ce qui m’a réellement plu de ce roman, c’est qu’il m’a fait connaître la vie, l’univers et l’art d’une artiste peintre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Certes, je ne suis pas une experte en Histoire de l’art, mais cela démontre la difficulté pour les femmes de faire leur place dans l’Histoire. Paula Modersohn-Becker, alors Paula Becker, est née à Dresde en Allemagne en 1876, mais a vécu une bonne partie de sa vie à Worpswede, où vivaient plusieurs artistes allemands …

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Françoise et Marie-Reine

L’amitié est un thème courant dans plusieurs romans, mais rarement est-elle le cœur d’une histoire, la raison d’être de deux personnages qui ne partageront qu’une amitié pure, simple et parfois cruelle. Françoise de Luca nous rappelle l’importance et l’influence des amitiés de notre enfance sur le reste de nos vies grâce à son roman Reine. Son écriture est fluide comme une longue rivière sur laquelle je me suis laissée glisser doucement. Notre amie Françoise Ce roman est écrit à la première et deuxième personne, la narratrice s’adresse au lecteur comme s’il s’agissait de son amie d’enfance : Marie-Reine. Cela ajoute une sensibilité et une pureté au texte, car l’auteure crée un espace intime et privé entre deux personnes, oubliant le reste du monde. Je ne sais pas à quel point l’auteure et le personnage de Françoise sont différents, mais la Françoise que j’ai appris à connaître dans ce roman est charmante. Douce, généreuse et fondamentalement gentille, elle vit la majeure partie de son enfance à travers les yeux de son amie Reine, qu’elle idolâtre. J’y ai …