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Critique de « La Fille » de Tupelo Hassman

C’est ma copine Camille qui a mis ce livre entre mes mains, entre deux travaux à la fin de la session dernière. Je n’avais pas beaucoup de temps pour lire à ce moment-là, et j’avoue qu’après avoir remis mes travaux, je n’avais qu’une envie: lire n’importe quoi qui ne me demandait aucun effort intellectuel. Je m’attendais en effet à ce que ce roman m’impose un certain effort de lecture, ce qu’on nomme souvent « une lecture exigeante ». Je repoussais cette lecture, donc, en me disant que je l’ouvrirais quand j’aurais enfin pris un peu de soleil et bu quelques verres de mojitos. Pourtant, lors d’une soirée où je ne trouvais plus rien à lire de bien bien excitant, je me suis lancée en me disant: tant pis, si c’est trop intense, je le referme et je lirai mon Elle Québec. Surprise: j’ai lu pratiquement le quart sans être capable de m’arrêter! Je passais d’un chapitre à un autre sans me rendre compte que j’étais complètement absorbée dans ma lecture. C’est l’écriture de Tupelo Hassman qui surprend (positivement). S’il s’agit …

Comment trouver la femme idéale ou le théorème du homard

Ce livre au titre franchement très accrocheur est définitivement un must à lire. Je suis tombée sur  celui-ci, je l’admets, avec près d’un an de retard sur sa parution originale. Merci à mon amie Caroline qui m’a dit que je devais absolument le lire, car croyez-moi, une fois que vous le commencerez, c’est impossible de s’arrêter. Comment trouver la femme idéale ou le théorème du homard est un roman charmant et franchement très drôle. Don Tillman, le personnage principal, est un professeur de génétique qui, selon toutes vraisemblances, vit avec le syndrome d’Asperger et ce, malgré le fait que celui-ci ne sera jamais diagnostiqué dans le livre. Faire la lecture de ce roman vous permettra sans aucun doute de vous faire une bonne idée de comment les gens qui ont ce syndrome doivent se sentir quotidiennement à un point où on se demande parfois si même l’auteur Graeme Simsion lui-même n’est pas Asperger tellement c’est bien écrit. Si vous saviez le nombre de fois où je me suis dit Wow… c’est fou de penser toujours …

L’été de la poésie

Un été sans les hommes, c’est la période où Mia entreprend de se retrouver et ce, au sein de sa mère dans un centre de retraités au Minnesota. En découvrant l’infidélité de son mari avec une plus jeune, Mia débarque en psychiatrie. Cette trahison avec son Boris, son tout, l’a ramenée à des tourments bien plus profonds qu’elle-même. Après quelques mois à déprimer et à sombrer dans l’apitoiement et le désespoir, elle se tourne vers un été inclusivement féminin. Cette poétesse et grande intellectuelle enseignera la poésie à un groupe de jeunes filles tout en se liant d’amitié avec des amies de sa mère. Sa relation avec cette dernière comme avec sa fille viendra ponctuer le récit de réflexions entourant la féminité, l’amour de soi et les relations maternelles. Quoi que prévisible, la scène du « femme trompée par son mari », on s’attache rapidement à Mia, cette femme terriblement inspirée par la poésie et par les mots. « Quelque temps après qu’il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l’hôpital. Il n’avait pas …

Les yeux bandés

En tant que lectrice, littéraire, auteure et ex-libraire, j’aime toujours quand les gens me font part de leurs coups de cœur et de leurs intérêts en matière de lecture. Cela me permet de sortir de ma zone de confort, de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas et de voir si, oui ou non, les livres qui me sont proposés me plaisent autant qu’à ceux qui me les ont recommandés. J’aime d’autant plus recevoir des suggestions lorsque je sais qu’elles me viennent de gens qui sont aussi exigeants que moi (voir mon article précédent…!), signe qu’ils risquent de me conseiller des œuvres plus susceptibles de correspondre à une bonne partie de mes critères personnels! C’est grâce aux bons conseils d’une amie passionnée de lecture que j’ai pu découvrir le roman Les yeux bandés, de l’auteure américaine Siri Hustvedt. Cela faisait plusieurs fois qu’elle m’en parlait, avec l’énergie et l’enthousiasme qui l’animent toujours lorsqu’elle tombe sur un titre qui lui plaît vraiment : difficile pour moi de résister à l’appel! Je ne le regrette pas …

Des diamants et des femmes

Dans mon tout premier article chez Le fil rouge, je vous parlais du roman Les débutantes de J. Courtney Sullivan. J’avais vraiment été portée par l’histoire et surtout charmée par le ton féministe de l’auteure. En lisant son deuxième roman Maine, j’avais aussi retrouvé autant dans son écriture que chez les personnages féminins une réelle connivence et je m’étais promise de me tenir au courant du parcours de l’auteure! En juin dernier, j’ai appris que son oeuvre Les liens du mariage était enfin disponible en format poche, mais impossible de le trouver à Montréal avant mon départ, c’est donc à St-Malo en France que j’ai eu la chance de mettre la main sur cette petite brique de 600 pages.  Après avoir analysé l’amitié dans Les débutantes et la famille dans Maine, elle nous raconte cette fois-ci les liens du mariage. Bon, d’emblée ça m’attirait pas comme thématique, sauf que Sullivan nous montre plusieurs facettes du mariage et ce, en ne tombant jamais dans les clichés. Le roman suit cinq couples dans différentes époques et selon …

Grandir avec les vieilles

Déjà en écrivant ces premiers mots, je me sens obligée de me justifier de l’utilisation des mots les vieilles dans mon titre. C’est comme si on avait une certaine pudeur à appeler les personnes âgées ainsi, que ce soit pour des questions de respect, de politesse et autres. Mais ce n’est pas le but de mon article, car le titre fait référence aux deux livres qui seront présentés dans cet article, soit Grandir de Sophie Fontanel et Les vieilles de Pascale Gautier. Loin de moi l’idée d’insulter ou de manquer de respect à ces personnes âgées, au contraire en choisissant ces deux livres, je me suis entièrement ouverte et laissée charmer par ces vieilles. J’ai ouvert mon coeur à un univers trop souvent non représenté en littérature (et comme partout ailleurs, on se souviendra qu’au cinéma, les femmes deviennent vieilles à 30 ans, contrairement aux hommes..) J’utiliserai donc le terme vieille, comme le font les auteures de ces deux romans, pour vous faire découvrir des femmes -avant d’être des vieilles-, leur quotidien, leur passé, leur futur, ainsi …

La bibliothèque des coeurs cabossés; un léger «feel good» suédois

Il est difficile de ne pas craquer devant le titre et la couverture du premier roman de Katarina Bivald. Auteure suédoise, on est bien loin des polars qui caractérisent généralement la littérature scandinave – c’est un peu une généralisation, je l’admets, mais ma connaissance en la chose s’arrête là – La bibliothèque des coeurs cabossés est plutôt léger, avec un penchant pour la romance et les situations rocambolesques, ce qui en fait un compagnon plaisant pour les pluvieuses journées d’été. Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de …

Crimes, mystères et Hercules Poirot

Ma jeunesse fut rythmée par la lecture de certains classiques de littérature notamment Heidi (1881) de Johanna Spyri, la série de Sherlock Holmes (1887+) de Sir Arthur Conan Doyle ou bien Little Women (1868) de Louisa May Alcott. Tranquillement, j’apprenais ce que j’aimais et ce que j’aimais moins en terme de lecture. Durant une autre période de ma jeunesse, j’ai beaucoup accroché aux romans fantastiques (probablement comme beaucoup de vous). J’étais obsédée par Harry Potter (1997+) de J.K. Rowling ou bien la série À la croisée des mondes (1995+) de Philip Pullman. En vieillissant, j’ai développé un amour pour la littérature anglaise de toute forme – (même si je dois avouer que je ne lisais pas toujours dans la langue d’origine – shame on me!) – qui me semblait tellement envoûtante. Bien que j’appréciais la littérature d’autres pays ou régions bien sûr (les États-Unis, le Québec, etc.), je gravitais toujours naturellement vers les romans anglais, souvent sans même le savoir. Tout cela pour dire que j’étais prédestinée à devenir fanatique des romans d’Agatha Christie et …

En finir avec Eddy Bellegueule : La revanche d’Édouard Louis

«Un père renforçait son identité masculine par ses fils, auxquels il se devait de transmettre ses valeurs viriles, et mon père le ferait, il allait faire de moi un dur, c’était sa fierté d’homme qui était en jeu. Il avait décidé de m’appeler Eddy à cause des séries américaines qu’il regardait à la télévision (toujours la télévision). Avec le nom de famille qu’il me transmettait, Bellegueule, et tout le passé dont était chargé ce nom, j’allais donc me nommer Eddy Bellegueule. Un nom de dur.» Eddy Bellegueule, c’était Édouard Louis. Écrivant maintenant son histoire sous pseudonyme, Édouard Louis a vraiment décidé d’en finir avec Eddy Bellegueule, le jeune homme qu’il était dans le passé, un jeune homme oppressé par sa famille et par les gens de son village à cause de ses manières de «pédé». En finir avec Eddy Bellegueule est un roman d’une violence inouie. C’est difficile d’imaginer qu’une famille aussi malsaine et dysfonctionnelle que celle de Louis puisse avoir engendré un jeune homme d’une intelligence si vive et d’une ouverture d’esprit si grande. La …

L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté pris dans une armoire IKEA.

J’était entrée chez Renaud Bray pour acheter un livre pour un cadeau, mais vous savez comment ça finit, généralement on flâne et puis hop! j’avais deux livres dans mes mains et je me ramassais à la caisse! C’est la couverture qui ma attirée en premier, comme quoi des fois on se fit parfois à la couverture, et ensuite son titre m’a séduite. Non mais, qui ne voudrait pas connaître le récit d’un Fakir resté pris dans une armoire. L’on suit donc au cours de ce récit rocambolesque Ajatharatru dans son voyage qui s’avérera beaucoup plus long qu’il ne le pensait. Originellement parti en France pour aller acheter un nouveau lit à clous, le sien lui causant des maux de dos vous voyez, et bien il finira par faire le tour de plusieurs pays, rencontrant au passage des gens qui changeront sa vision de la vie, lui donnant des électrochocs au coeur comme il le dit si bien.  En parallèle du voyage de Ajatharatru, nous voyons à travers ce livre certains enjeux comme l’immigration clandestine, la famine …