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Le secret des abeilles: doux comme le miel

J’avais envie que l’été s’étire un peu plus. Que la chaleur, le soleil et les vacances durent encore. J’avais envie de me trouver du temps pour m’évader une dernière fois avant la fin de la saison estivale. Et puis, c’est comme si mon vœu s’était exaucé quand j’ai ouvert le livre Le Secret des abeilles. Premier roman de Sue Monk Kidd paru en 2003 dans sa version originale The Secret Life of Bees, il a aussi été adapté au cinéma en 2008 dans le film Le Secret de Lily Owens. C’est l’été 1964 en Caroline du Sud. Lily Owens a 14 ans et vit sur un verger de pêches. Depuis toute jeune, elle est hantée par le traumatisant souvenir de la mort de sa mère, un accident pour lequel elle se sent coupable. Élevée par un père persécutant, elle ressent d’autant plus l’absence de l’amour maternel. Qui était sa mère? Lily cherche des réponses. Grâce à une vieille photographie lui ayant appartenue, elle atterrie à Tiburon où elle rencontre trois soeurs apicultrices et à la peau …

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L’effet Foenkinos

Cette année, j’ai découvert avec une joie de plus en plus enivrante que je pouvais enfin répondre à la fameuse – et si difficile – question : mais qui est donc mon auteur préféré? Chacun de ses livres me charme un peu plus, me rend encore plus en amour avec son œuvre et avec ses mots. L’écriture de David Foenkinos est d’une douceur et d’une justesse renversantes. Son dernier livre, Vers la beauté, ne fait pas exception. Des destins qui s’entremêlent Comme à leur habitude, les personnages de Foenkinos sont fascinants. Antoine Duris est l’homme prospère typique : un bon emploi, une relation stable qui fait des jaloux et une vie qui n’est pas loin d’être parfaite. Sa vie semble basculer quand Louise, sa copine, le laisse sans crier gare et qu’il décide de tout quitter pour devenir gardien au musée d’Orsay. Sa sœur, qui le connait comme le fond de sa poche, n’y croit pas une seconde et part à sa recherche. Camille est une jeune fille remplie d’ambition et de vie qui, du jour au …

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La Vagabonde: un récit sur l’appel de la liberté

Lorsque je me suis mise à fouiner dans mes multiples bibliothèques à la recherche de ces fameux livres-achetés-mais-pas-encore-lus, je suis tombée sur La Vagabonde, une œuvre que j’avais appréciée il y a quelques années (le mot est beaucoup trop faible comparativement à l’impression qu’elle m’a laissée la première fois que j’en ai fait la lecture lors de mes études en littérature). Dans un cours qui portait essentiellement sur Colette, écrivaine que je ne connaissais pas à ce moment-là, je suis littéralement tombée en amour avec ses écrits. En plus de la qualité indéniable de sa plume, cette autrice, qui est devenue la première femme à présider l’Académie Goncourt, a su mettre sur papier, pour notre plus grand plaisir, sa vie à la fois mouvementée et inspirante. Cette femme qui refusait de suivre les conventions – et qui en choquait plus d’un ! – dégageait un besoin urgent de liberté. Je n’ai pu m’empêcher de relire ce court roman qui remonte à une autre époque et qui est pourtant si d’actualité. Replonger dans cette œuvre a …

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La meilleure des vies : de l’importance de l’échec

La meilleure des vies ne pouvait mieux tomber dans mon existence, à quelques semaines près de la fin de mon parcours académique. Je ne vous cacherai pas que j’ai d’abord été attirée par ce livre puisque j’y voyais le nom de J.K. Rowling sur la couverture, autrice de la fameuse série Harry Potter et à qui je dois de nombreuses journées de mon enfance étalée sur la pelouse à me perdre dans un monde magique et extraordinaire. Ici, il ne s’agit pas d’un roman, mais bien d’un discours que Rowling aurait prononcé en 2008 dans le cadre de la cérémonie des diplômes à Harvard. Dix ans plus tard, il a été traduit en français dans la plus grande des beautés. Présentement en train de terminer ma maîtrise, un de mes plus grands rêves est enfin à ma portée : devenir bibliothécaire. Je suis si près du but. Toutefois, je ne sais plus où donner de la tête entre un stage palpitant mais non-rémunéré, un rapport à rédiger, un oral et des tonnes de travaux à accomplir …

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Frappe-toi le coeur, le coup de génie d’Amélie Nothomb

Les mots d’Amélie Nothomb ont parsemé mon parcours scolaire depuis le secondaire. Parmi ses dizaines de titres parus depuis plus de 25 ans, Mercure (1998) est le premier Nothomb qui m’avait vraiment accrochée. En sortant de ma transe, 200 pages plus tard, je sentais bel et bien que j’avais appris quelque chose de cette histoire. Son approche de la narration proche du conte et ses réflexions générales m’ont beaucoup rejointe. Mes états d’âme en lisant Mercure sont encore très précis, même si cela fait des années de ça. Peut-être est-ce à cause du format court ou des personnages très proches de ceux des contes pour enfants. Ça rassure, on veut savoir la fin même s’il faudrait dormir au lieu de continuer à lire. C’est l’effet Nothomb. Je n’ai pas cherché à lire d’autres romans de cet autrice jusqu’à ce que je fasse un trajet de cinq heures en avion avec une amie. On revenait à Montréal et les heures s’annonçaient longues, car j’avais lu tous les livres que j’avais apportés et dont j’avais envie à …

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Le coeur du village et l’essence des villageois

Je crois que c’est la lecture de Paul à la pêche qui m’a donné envie de lire des bandes-dessinées. Je n’ai jamais été une grande amatrice de ce genre d’ouvrages, mais j’ai récemment eu envie de découvrir des albums conçus spécialement pour un public plus âgé. Je me suis donc tournée vers la série Magasin général, comportant neuf bandes-dessinées historiques se déroulant au Québec. J’ai commencé par lire deux tomes, afin de découvrir cette série qui a beaucoup fait parler d’elle. Complémentarité de plusieurs artistes D’abord, j’ai bien aimé que le concept soit brièvement présenté au début de l’album. Les auteurs, Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, sont deux artistes français qui avaient déjà des carrières solo fleurissantes lorsqu’ils ont décidé de s’associer pour ce projet. C’est leur complémentarité qui les a poussés à travailler conjointement sous le nom de Loisel et Tripp. Une troisième personne est venue compléter l’équation, il s’agit de Jimmy Beaulieu. Celui-ci était indispensable afin de représenter convenablement les expressions particulières du peuple québécois au début du XXe siècle. Les deux auteurs et dessinateurs …

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Les mille talents d’Eurídice Gusmão: l’histoire d’une femme invisible

Dès que le soleil a commencé à poindre le bout de son nez et que le vent froid a enfin laissé sa place à un peu de chaleur, j’ai eu une envie pressante de dénicher un livre que je pourrais lire au parc. N’ayant pas en tête un titre ou un-e auteur-e en particulier, je me suis tout de même rendue à la Bibliothèque et me suis mise à lire les quatrièmes de couverture dans la section des nouveautés. Mes yeux se sont arrêtés sur quelques bouquins dont celui de Martha Batalha, auteure brésilienne qui a connu un vif succès dans son pays natal pour son premier roman Les mille talents d’Eurídice Gusmão. Sa couverture aux couleurs flamboyantes et festives donnait le ton à mon besoin de légèreté, de lumière et de chaleur réconfortante. Par contre, ce sont surtout les quelques lignes rédigées en majuscules qui m’ont interpellée, si bien que j’ai entrepris d’en faire la lecture: «  L’histoire d’Eurídice Gusmão, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à …

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Comprendre ce qui ne s’explique pas

L’Attentat, de Yasmina Khadra, c’est la longue réflexion d’un homme qui tente de comprendre comment sa femme a pu être à l’origine d’un attentat. L’homme en question est le chirurgien Amine Jaafari, qui est un Arabe israélien très bien intégré en Israël. Sa femme, Sihem, est quant à elle d’origine palestinienne. Le Dr Jaafari vivait avec sa femme une vie qu’il considérait rêvée. Quelle n’est pas sa surprise lorsque, après une longue journée à opérer les personnes blessées à la suite d’un attentat perpétré dans la ville, il apprend que sa femme est la kamikaze à l’origine du drame. «Ce n’est pas la première fois qu’un attentat secoue Tel-Aviv, et les secours sont menés avec une efficacité grandissante. Mais un attentat reste un attentat. À l’usure, on peut le gérer techniquement, pas humainement. L’émoi et l’effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l’horreur frappe, c’est toujours le coeur qu’elle vise en premier.» Après le déni, le questionnement Pour cet homme qui s’évertue à sauver chaque personne qui passe sur la table d’opération, …

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Le gout des pépins de pomme: la saveur des souvenirs

Quelle famille n’a pas de secrets? En ouvrant l’album souvenirs, on peut faire remonter à la conscience ces bouts de notre histoire qui nous échappent.  Après les funérailles de sa grand-mère Bertha, Iris apprend qu’elle est l’héritière de la maison familiale, située dans un village (fictif) de l’Allemagne du Nord. Enfant, elle y a passé tous ses étés en compagnie de sa mère, de ses tantes, de sa cousine Rosemarie et de son amie Mira. Iris est déroutée : que fera-t-elle de la maison alors que sa vie est au sud du pays? Elle prend donc quelques jours de congé de son travail de bibliothécaire pour habiter la demeure et réfléchir à son avenir. Elle apprend à vivre à nouveau dans la maison de sa grand-mère. Les chambres, les livres, le jardin, le balcon, la clochette de la porte d’entrée, les pommiers, le lac à proximité… Tous ces éléments sont « l’album souvenirs » d’Iris qui font remonter à la surface les bonheurs et les tragédies de son enfance, dont la mort mystérieuse de Rosemarie. Elle retrouve aussi …

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N’essuie jamais de larmes sans gants : quand l’amour transcende la mort

Rares sont les livres qui font l’unanimité. J’ai pourtant l’impression que celui-ci fait partie de cette catégorie, la catégorie des livres qui marquent chaque et unique lectrice et lecteur qui a le bonheur et le privilège de se faire raconter cette histoire. Par l’universalité qui transcende l’oeuvre et qui la fait briller, un peu plus fort, dans les bibliothèques et les cœurs, je crois que ce roman, N’essuie jamais de larmes sans gant, sera dans le top 5 de mes lectures marquantes de 2018. Gagnant du prix des libraires du Québec (et d’une tonne d’autres prix aussi!), c’est chez Alto qu’il a été publié au Québec. Cette lecture m’aura fascinée du début à la fin et m’aura donné envie de ralentir le temps, de rester encore un peu plus longtemps dans ce récit qui pourtant n’est pas court. C’est plus de 800 pages que nous offre l’auteur avec ce roman et sincèrement, j’en aurai pris plus. Je me suis tellement attachée aux personnages que j’ai refermé cette brique le coeur pilé et les yeux humides. « …