All posts filed under: Réflexions littéraires

Mes amis les sorciers

Je n’ai pas eu une enfance réjouissante. J’ai perdu ma mère à l’âge de six ans. Mon père se retrouvant seul avec trois enfants dans les bras ne détenait pas toutes les ressources dont il aurait eu besoin. Les solutions qu’on utilise en temps de crise ne sont parfois pas les plus réfléchies. Ensuite, nous sommes passés par l’épisode des remplaçantes. Les unes plus folles que les autres. Bref, la typique histoire de l’horrible belle-mère que vous connaissez tous. J’ai compris assez rapidement que la lecture était ma seule façon de survivre et que, par le fait même, je me rapprochais un peu à chaque fois de ma maman (qui, je l’ai dit dans un article précédent, était et sera toujours la littérature sous mon œil). Je dois avouer qu’avec son départ précipité, les livres avaient également pris leur envol. Heureusement, il y avait l’école. Là-bas, je me sentais bien. En classe, les professeurs avaient remarqué ma passion pour la lecture. En cinquième année, j’ai eu une enseignante incroyable qui transforma sa salle de classe en Poudlard et qui divisa le groupe …

L’autofiction au féminin en quatre titres

La nécessité de dire, d’écrire sur soi, sur l’expérience, le ressenti, la douleur, le bien-être, pour comprendre, essayer du moins. L’autofiction. Un genre qu’on associe au contemporain, car on y mélange réel et fiction. On parle de soi pour parler de l’autre. Et on s’inspire de l’autre pour parler de soi. Différent de la biographie et même de l’autobiographie, l’autofiction se crée une niche bien personnelle et féminine en littérature. Quoi que pas exclusive aux auteures, on remarque une attirance pour cette littérature qui s’inspire de soi, de l’intériorité pour raconter des histoires. J’avoue que je suis une grande lectrice de ces oeuvres autobiographiques. Je trouve qu’elles ont à leur façon une véritable essence et un réalisme envoûtant. J’ai l’impression en lisant une oeuvre d’autofiction d’entrer quelques instants dans la vie réelle, rêvée ou inconsciente d’un auteur et d’avoir accès à des parcelles de véracité. Voici donc mon top 4 de mes autofictions préférées. Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan Ce roman raconte l’histoire d’une femme qui vient de perdre sa mère d’un suicide. Elle tente donc …

Suggestions de lectures de vacances !

Au moment où vous lirez cet article, je serai sous le soleil chaud de Cuba pour des vacances bien méritées. Je m’en vais m’offrir quelques cours de Kitesurf à Camaguey et je vous raconterai mon expérience à mon retour, c’est promis ! D’ici là, j’ai pensé vous fournir quelques suggestions de lectures si vous aussi vous êtes en vacances et que vous manquez d’idées. Alors voici mes suggestions : 1- La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen, dont l’équipe du Fil rouge avait fait une belle critique de groupe que voici  : https://chezlefilrouge.co/2015/02/10/retour- sur-la-deesse-des-mouches-a-feu/ 2 – Ma vie rouge Kubrick de Simon Roy dont Alexandra avait fait une très bonne critique que voici : https://chezlefilrouge.co/2015/03/11/ma-vie-ta-violence-notre-kubrick/ 3- Les perroquets de la place d’Arrezzo d’Éric-Emmanuel Schmitt dont Marika nous exprimait son amour dernièrement et que j’ai personnellement adoré : https://chezlefilrouge.co/2015/06/23/mon-amour-pour-schmitt/ 4- Dépasser l’horizon de Mylène Paquette, un livre que je me promets de mettre dans ma valise puisqu’il est sur ma table de chevet depuis trop longtemps. Mylène, prépare toi car à mon retour c’est certain que je parlerai …

Jonas Jonasson et son monde farfelu

Je ne fais habituellement pas de critique alors soyez indulgents avec moi! Donc voilà, j’ai découvert Jonas Jonasson pas l’entremise de ma famille. Ce livre, tout le monde l’avait lu, en parlait et en parlait en bien. Ma curiosité a été piquée et j’ai fini par le lire. Non mais, simplement avec le titre on est séduit, vous ne trouvez pas? Ce livre est tout simplement un petit bijou. Tout au long du livre, on suit deux histoires parallèles, soit le récit de la vie d’Allan Karlson et les péripéties qui lui sont arrivées et en parallèle, nous voyons les événements ayant lieu suite à son 100e anniversaire. En gros, ce n’est pas compliqué, Allan est ce que l’on peut appeler  »mardeux ». Il échappe à tout, tout le temps, et cela sans faire d’efforts. Allan est un homme qui n’attend rien de la vie et qui ne recherche qu’à bien manger, dormir et boire un coup une fois de temps en temps. Grâce à lui et ses aventures, on se rend compte de la simplicité avec laquelle on …

Étudier en littérature : top 10 de mes lectures les plus marquantes

Tout au long de mes études en littérature, j’ai eu la chance de faire la connaissance d’auteur-es exceptionnel-les qui ont su m’amener dans leur univer respectif et me faire vivre d’incroyables émotions lors de mes lectures. Ce n’a pas toujours été des lectures heureuses ou significatives, mais j’ai toujours aimé découvrir par le biais de mes enseignant-es. Les littéraires comprendront cette passion qui nous habite lors du premier cours d’une session quand on apprend enfin les oeuvres qui seront à l’étude. J’ai eu la chance de lire, d’analyser et de comprendre de nombreux textes classiques et incontournables de la littérature étrangère, française et québécoise. Je pense que je serai toujours un peu nostalgique de ces trois années où j’ai consacré toute mon attention et mon temps à lire et à découvrir. Durant ces trois années, j’ai eu des coups de coeur pour des livres qui ont su me captiver et forger mes intérêts littéraires. J’ai aussi cogné des clous en me forçant à lire des textes obligatoires qui ne m’attiraient aucunement. Toutefois, chaque découverte, chaque …

La voix de Dieu

Chaque livre est une voix. Dans notre enfance, elle est celle de papa et de maman. Lors de mon jeune âge, la littérature, c’était ma mère. Si dans mes veines coulent les vers, c’est grâce à son amour indéniable et insatiable pour la lecture. Cependant, je me rappellerai toujours ce mois de décembre. Je n’arrive pas à me souvenir quelle année nous étions. Peut-être avais-je sept ou huit ans. Mon paternel est devenu la littérature pour un bref moment. Chaque soir précédent Noël, papa s’asseyait sur le bord du lit pour faire la lecture d’un conte à quatre enfants écoutant attentivement et attendant patiemment le fameux soir de la fête de Jésus. C’est probablement l’une des premières fois où je fus mise en contact avec la lecture à haute voix. Les mots prenaient vie dans cette voix qui me semblait divine, un peu comme si c’était le Christ lui-même qui la commandait pour son anniversaire. Ce fut intime et court comme rencontre, mais je sus apprécier immédiatement cette façon de faire la lecture. Malheureusement, à l’école primaire, …

Ma première expérience au Camp littéraire Félix

Je ne sais pas si c’est la vie ou si c’est le hasard, mais j’ai l’impression que je ne vais jamais me rendre à destination, à la limite en peut-être plusieurs morceaux, mais incomplète. D’abord, j’oublie mon fil de portable à la maison (alors que j’ai pris deux jours pour faire mes bagages, liste à l’appui, pour m’assurer de ne rien oublier), puis j’oublie ma veste à Gaspé, où j’ai dormi la veille pour partir tôt le lendemain matin et en chemin, on arrête à la Fromagerie des Basques, un incontournable, et le conducteur oublie la clef de voiture dans la voiture. Ça en devient hilarant. 23 mai journée de l’oubli!  * Ma vertigineuse aventure ne fait que commencer. J’arrive à l’Auberge du Faubourg, située à Saint-Jean-Port-Joli dans la région de Chaudière-Appalaches, une journée avant tout le monde, pour m’assurer d’être là à temps. Ce n’est pas par manque de confiance, mais bien parce que je n’ai pas de voiture et qu’Orléans Express a considérablement diminué ses arrêts. J’ai alors sauté sur la première occasion …

La fiction et les amitiés éternelles

C’était un après-midi de congé comme un autre. Je devais avoir 14 ou 15 ans et j’étais occupée à je ne sais trop quoi, lorsque le téléphone avait sonné. Au bout du fil, l’une de mes meilleures amies, en pleurs, peinait à prononcer le moindre mot. Inquiète, je l’avais encouragée à me parler, à prendre de grandes inspirations… et elle avait fini par bredouiller quelque chose qui ressemblait à : «Ils sont morts! » Là, je ne vous dis pas à quel point mon estomac avait été chaviré, l’angoisse se répandant d’un seul coup à travers mon corps. Ils étaient morts? Qui? Ses parents? Nos amis? QUI? Je lui avais répété ce seul mot en guise de question, frénétiquement, tendue dans l’attente d’une réponse. Après quelques sanglots bruyants, elle avait gémi : «Nick pis Anne!» L’information s’était frayée un chemin dans ma tête… mais il ne s’était rien passé. Rien. Nick? Anne? C’est qui, ça? Perplexe, soudainement plus confuse qu’angoissée, je lui avais posé la question. Encore un moment de silence entrecoupé de sanglots. Puis, …

Au menu ce soir: festins littéraires et autres gloutonneries romanesques

J’aime la bouffe. Je l’aime d’amour. Si je n’étais pas en couple (Salut Guigui!), je serais sûrement en relation avec elle (j’exagère à peine). Maintenant que c’est dit et que vous êtes au courant de ma relation particulière avec cette ô combien magnifique chose, je peux entrer dans le vif du sujet. Avez-vous déjà interrompu votre lecture pour vous concocter une petite collation parce qu’un livre vous avait donné trop faim avec ses descriptions culinaires? Eh bien, moi oui. Et plusieurs fois, ohhh oui. En plus de nous faire saliver, la présence de la cuisine en littérature parle beaucoup. Elle nous renseigne sur les mœurs de certaines cultures, donne une autre dimension aux personnages, rajoute une palette de goûts et d’odeurs pour étoffer notre imaginaire. J’ai donc fouillé ma bibliothèque à la recherche d’œuvres où les repas n’étaient pas qu’accessoires, ils étaient au centre de la construction littéraire. C’est à partir des romans de Kim Thúy, Franz-Olivier Giesbert et Dany Laferrière que j’ai créé un menu entièrement littéraire qui donne envie de passer du livre …

Sublimer une peine de cœur par la création

Sublimation : Transformation des pulsions internes en des sentiments élevés, en de hautes valeurs morales ou esthétiques. (Larousse) On a tous déjà entendu l’idée selon laquelle il faut souffrir pour créer une bonne œuvre. Dans un certain sens, c’est vrai. Un grand nombre de films, d’albums (Apprentie guerrière de Fanny Bloom, Des histoires de fantômes d’Hôtel Morphée, Le couloir des ouragans de Viviane Audet), de recueils de poèmes et de romans (Voyage léger de Mélissa Verrault) traitent, entre autres, du deuil amoureux. Pour la majeure partie de ces artistes, je ne crois pas que le thème du deuil ait été un choix, mais plutôt une sorte de grande pulsion de vie pour contrer la mort d’une partie d’eux. L’Homme est de nature créative et inventive (je ne suis pas seule à le clamer haut et fort) et ce, depuis la nuit des temps humains. C’est dommage de voir autant de gens le nier catégoriquement et fuir comme la peste les opportunités de création. Les artistes, eux, le savent et savent comment utiliser à bon escient ce …