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L’art de l’attention, un livre inspirant sur le yoga

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Marjorie Rhéaume

Ça fait que, moi aussi je me suis mise au yoga. J’ai suivi un cours d’introduction il y a deux ans déjà, mais ce n’est qu’il y a deux mois que je m’y suis remise de manière quotidienne. C’est une pratique dont la réputation n’est plus à faire et dont tout le monde semble vanter les bienfaits, je ne vous dirai certainement pas le contraire. J’apprécie ce que le yoga apporte dans ma vie et les effets qu’il a sur ma personne et c’est pourquoi j’ai décidé de continuer.

Souvent, quand quelque chose devient aussi populaire, on doute un peu. Depuis quelques années, il y a une quasi-folie entourant tout ce qui attrait au bien-être, aux médecines alternatives, holistiques, au yoga, à la méditation. Il y a des abus, comme dans tout. Par contre, je crois que cette explosion provient aussi d’un besoin qu’a notre société de se recentrer sur l’essentiel et de se connecter à soi-même et au monde qui l’entoure. Peut-être est-ce aussi une partie de la solution contre le malaise, l’angoisse et l’urgence qui semble tous nous accabler (la majorité des gens que je connais, du moins). Si de prendre le temps de faire 30 minutes de yoga et/ou de méditation par jour nous permet de ralentir un peu le cours de notre vie, de nos pensées, juste assez pour s’écouter, alors moi je m’y lance à pieds joints.

Comme dans toute chose qui devient « à la mode », on se retrouve face à une prolifération de livres sur le sujet. Ce n’est certainement pas les livres sur un mode de vie sain, sur le yoga ou sur la méditation qui manquent, je vous en ai même parlé ici.  Parmi ceux-ci, on retrouve L’art de l’attention, un livre qui se veut un objet de réflexion et de pratique sur le yoga et la respiration, destiné autant aux professeurs de yoga qu’aux débutants.

Ça fait longtemps que ce livre me faisait de l’oeil, mais j’ai longuement hésité. J’étais septique, comment est-ce qu’un livre peut bien m’aider dans ma pratique? Je trouvais que c’était trop statique. Finalement, je me suis laissée tenter et je ne regrette absolument pas .

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Marjorie Rhéaume

Ce livre est fait pour la contemplation, la réflexion, pour méditer et se poser des questions sur soi et sur sa pratique. Il est divisé en 5 chapitres dont la préface est signée par des noms de ce milieu tel que Gabby Bernsteinet, Gwyneth  Paltrow, mais bon, là n’est vraiment pas l’important du livre.

Chaque chapitre propose un thème, une méditation et trois séries d’enchaînements. Il est évident que suivre des enchaînements de yoga en se fiant à quelques images, descriptions et dessins n’est pas simple du tout (moi, je suis pas capable pentoute!), je crois donc qu’il est important d’avoir quelques bases pour pouvoir suivre le livre, mais certainement pas pour l’apprécier, parce que c’est bien plus que des séries de mouvements. On s’inspire des citations, des photographies et, à la fin de chacun des chapitres, on retrouve quelques pages libres pour y écrire ses réflexions, intentions ou pour créer ses propres exercices .

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Marjorie Rhéaume

5 parcours du yoga de pleine conscience (diminuer la tension et faire preuve de compassion, se défaire du sentiment de culpabilité, respirer et trouver la paix, explorer vos talents et vos capacités, étendre les bénéfices du yoga à votre vie quotidienne). Des introductions de chapitres par des personnalités comme Donna Karan, Gwyneth Paltrow, Christy Turlington, des photos d’art, des enchaînements de yoga stylisés en photos et des pages à s’approprier pour créer ses propres exercices, noter le fruit de ses méditations et les leçons tirées de ses séances de yoga.

C’est le type de livre qu’on lit chapitre par chapitre, lentement, en prenant son temps. C’est le type de livre qui inspire la pratique, qui donne le goût de se dépasser et de s’ancrer en soi. Bref, c’est une belle découverte à lire et à relire, que vous soyez adepte du yoga depuis 10 ans ou, comme moi, très débutante, que vous cherchez à débuter ou que vous aimez simplement être inspiré.

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Marjorie Rhéaume

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Marjorie Rhéaume

Le meilleur est tellement à venir !

C’est la phrase que je me dis très souvent ces temps-ci, Courage, le meilleur est tellement à venir Caro! Oui, je me parle toute seule parfois et ça m’aide beaucoup (haha, pas de jugement svp!). La semaine dernière, pour votre information et vous mettre un peu dans l’ambiance, j’ai quitté mon emploi des 5 dernières années, ma petite famille, mes «girls», ma petite sécurité, pour me lancer dans le vide dans une nouvelle carrière, un nouveau projet, une nouvelle vie.

Je vais être bien honnête avec vous, je suis terrifiée et tellement excitée en même temps! Ça faisait longtemps que je m’étais sentie aussi vivante en-dedans. C’est vraiment étrange le sentiment qui me parcours présentement.

Je réalise cette année, pour la première fois, l’importance de suivre son cœur, l’importance de suivre ses rêves et l’importance de suivre son intuition, même si ça implique d’avoir peur à en crever ! J’ai écrit plusieurs articles dans les derniers mois sur les projets de vie, l’intuition, les rêves, les livres de croissance personnelle, les livres sur le courage et c’est justement à mon tour de me lancer. Peut-être que de vous en parler ici, ça m’a aidée inconsciemment à avancer! Alors merci Le fil rouge et vous, chers lecteurs! Comme si, à force de l’exposer à tout le monde, ça m’avait donné assez de courage pour le faire et passer à l’acte.

Pourquoi est-ce que le changement nous fait si peur, bon Dieu?

Source: Pinterest

Source: Pinterest

Parce que l’inconnu fait peur, c’est terrible, et toutes les questions l’entourant également! Est-ce que mon travail sera toujours autant apprécié? Serais-je assez bonne, assez brillante, assez toute, finalement? Est-ce que les gens vont m’aimer? Est-ce que je vais aimer les gens ? Et en même temps, pourquoi ne pas tout simplement avoir confiance que tout ira bien? Pourquoi s’en faire comme ça tout le temps? Pourquoi vouloir tout contrôler avant même d’être arrivée? Et si le destin, ma bonne étoile ou juste moi-même, allait faire en sorte que tout aille pour le mieux et pour que je brille tout simplement au lieu de m’en faire avec ça! La vie sera sûrement toujours merveilleuse, remplie de belles journées et moins bonnes, remplie de pleins de doutes et de questions aussi, mais surtout remplie de la certitude d’avoir fait la bonne chose pour moi.

J’ai d’ailleurs adoré l’excellent article de Martine concernant l’anxiété que la vie d’adulte apporte, à tout vouloir contrôler. Ça m’a confrontée beaucoup à ma réalité actuelle. Étonnamment, je pense que Martine et moi nous sommes connectées, car je suis allée voir une voyante dernièrement et c’est assez surprenant, mais si vous saviez comme elle m’a fait un bien fou et m’a rassurée sur mon choix de suivre mon cœur! Comme quoi, parfois, ça peut être quelqu’un de totalement extérieur qui nous fait prendre conscience de certaines choses ou qui nous dit tout simplement les bons mots au bon moment pour apaiser notre esprit, nos doutes et notre cœur.

Et si maintenant on se faisait plus confiance?

Lizzie Velásquez, ou la détermination d’être heureux

J’aime beaucoup écouter les Ted Talks. Pour ceux qui ne connaissent pas cela, il s’agit de conférences visant à répandre des idées non conventionnelles, des messages inspirants ou des idéologies qui en valent la peine (« ideas worth spreading »), qui peuvent par la suite être visionnées gratuitement sur le site web www.ted.com. Je ne me souviens pas exactement comment je suis tombée sur cette conférence-là, mais je vais toujours me rappeler de son message et, surtout, de celle qui l’a énoncé.

Elizabeth Ann Velásquez, surnommée Lizzie, est née en mars 1989. Comme moi, elle a 26 ans, une famille qui l’aime et la soutient, des rêves, des objectifs, des aspirations profondes. Mais contrairement à moi, elle est affligée par un syndrome extrêmement rare – seules trois personnes, incluant elle-même, en sont atteintes – qui l’empêche d’accumuler la moindre graisse dans son corps. Pour survivre, elle doit grignoter constamment. Ce syndrome, qui la touche depuis sa naissance, a beaucoup contribué à l’altération de son apparence physique: peau à l’aspect vieillissant, traits très fins, nez pointu, cécité totale d’un œil et partielle de l’autre. Tout cela a contribué à lui donner un physique particulier, qui lui a valu énormément d’intimidation dans sa jeunesse ; sur youtube, elle est même tombée par hasard sur une vidéo d’elle, où on la qualifiait de « femme la plus laide du monde ». Formidable pour l’estime de soi, n’est-ce pas?

En écoutant sa conférence, j’étais bouleversée. Bien sûr, Lizzie a, au premier coup d’œil, une apparence qui surprend, qui déstabilise: malgré tout, je ne pouvais pas concevoir que quelqu’un puisse lui accoler une telle étiquette. Durant les premières minutes du visionnement, je me souviens avoir pensé que, si j’avais été à sa place, j’aurais été complètement anéantie, incapable de m’en remettre : étant assez anxieuse de nature, j’ai tendance à me laisser démolir par de toutes petites choses, souvent banales, et à dramatiser nombre de situations auxquelles je suis confrontée. Alors souffrir d’un syndrome pareil et endurer les moqueries d’autant de gens… L’enfer!

Puis, au fur et à mesure que la conférence se déroulait, j’ai commencé à ressentir un véritable sentiment d’admiration pour cette jeune femme, pour son courage. Parce qu’à chaque moment où elle a souffert du regard des autres ou de leurs commentaires haineux, elle s’est retroussé les manches et a continué à avancer. Parce que, quand elle était jeune, on a dit à ses parents qu’elle ne pourrait rien faire de sa vie, et elle a écrit des livres, donné des conférences, obtenu des diplômes. Parce qu’on lui a déjà dit qu’elle devrait se tuer, qu’elle était horrible à regarder, qu’elle n’était rien, et qu’aujourd’hui elle est un véritable modèle, suivi par près de 90 000 personnes sur facebook.

Le parcours de Lizzie Velásquez m’a beaucoup fait réfléchir, sur le bonheur, oui, mais aussi sur notre détermination à atteindre nos objectifs, parfois contre vents et marées. Dans le cas de cette jeune femme exceptionnelle, choisir le bonheur n’était pas un simple caprice: c’était une question de survie. Marche ou crève, comme on dit. Mais ne pourrions-nous pas prendre exemple sur elle, sur sa détermination à ne pas se laisser abattre trop longtemps par ce qui l’afflige?

Ne pourrions-nous pas, lorsque nous nous trouvons confrontés à une situation difficile, nous poser sérieusement la question: est-ce que je me laisse détruire par mes détracteurs, est-ce que je m’effondre, ou bien est-ce que je choisis d’être heureux, malgré tout? Peut-être que si nous agissions tous ainsi, nous aurions plus de facilité à vivre dans le fameux moment présent et à savourer les beaux côtés de la vie, plutôt que de voir uniquement ce qui nous tourmente.

Alors depuis ce temps, depuis que j’ai visionné cette conférence, j’essaie d’apporter un peu de changement dans ma vie, dans ma perception des choses. Et quand je rencontre des écueils, des situations qui me rendent nerveuse et angoissée, je m’efforce de penser à Lizzie, et de me dire: « Non, cette fois, je décide d’être heureuse. »

Et vous, que choisiriez-vous?

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Musique d’ici: Peter Henry Phillips

Si vous avez manqué ma découverte musicale québécoise du mois de Juillet, c’est par ici.

En Août, on écoute Peter Henry Phillips.

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Originaire de Saint-Adrien, Pierre-Philippe Côté (de son vrai nom) s’est lancé récemment dans un projet anglophone et a sorti son premier EP cet hiver sous le nom de Peter Henry Phillips.

Je suis tombée en amour avec sa chanson « Secret » la première fois qu’je l’ai entendue. Depuis, elle joue sans arrêt dans mes oreilles. Elle agit comme un plaster sur le cœur quand il va moins bien. On a juste besoin de fermer ses yeux et de l’écouter pour aller un peu mieux.

Sa musique a un son planant, un peu comme celui de William Fitzsimmons ou celui des ballades de City and Colour.

Je vous donne un p’tit avant-goût de son travail (attention, vous risquez de devenir accro comme moi).

Le mois dernier, il a fait la première partie de Coco Méliès (ça vous dit quelque chose?). C’était sûrement un excellent spectacle! J’aurai la chance de me reprendre. Il revient le 4 octobre prochain, à l’Astral, en première partie de Patty Griffin.

On peut entendre sa musique dans le film Le règne de la beauté de Denys Arcand, duquel il signe la trame sonore.

N’attendez plus, Peter Henry Phillips est définitivement un artiste à découvrir.

Bonne écoute!

Top 3 de mes chansons préférées de Peter Henry Phillips:

1 – Secret

2 – Mirror

3 – Bloom


Site web : http://www.peterhenryphillips.com

Bandcamp : https://peterhenryphillips.bandcamp.com

Facebook : https://www.facebook.com/peterhenryphillips

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Un été avec Jacques Poulin

J’avais entendu le nom de l’auteur dans un cours de littérature québécoise. Nous étions sur le retour d’une grève, celle de 2012. Dans ce genre de circonstances, le cerveau n’est pas toujours apte à assimiler toutes les informations qui devraient lui parvenir. J’ai tout de même retenu le titre, je l’ai trouvé beau: Les yeux bleus de Mistassini. Il faisait partie du corpus.

Il s’avère que Dany Laferrière y était également. Ceux qui me connaissent comprendront. Le choix fut aisé.

Quelques années plus tard, je suis retombée sur le nom de Jacques Poulin, mais sous son fameux titre de Volkswagen Blues. J’aime les «road movies». Je les apprécie autant cinématographiquement que sous forme de littérature. Je suis folle de Kerouac. J’envie la nature sauvage des poèmes de Whitman. L’histoire de Alexander Supertramp (Christopher McCandless) m’a percutée de plein fouet.

Nous étions au début du mois de juin. J’avais congé tous les jeudis. Mon copain travaillait. Je profitais en avant-midi du gymnase de l’université et l’après-midi, j’allais m’étendre sur le gazon vert d’un parc du centre-ville coincé entre deux blocs. Puis, je m’évadais.

C’est qu’avec Jack Waterman ( Est-ce un joli clin d’œil à notre cher Jack Kerouac?) et la Grande Sauterell1505_tne, le lecteur voyage sur un temps. Du Saint-Laurent à San Francisco en passant par les Rocheuses et la route des pionniers, le road trip littéraire est plus que palpitant.

Il faut le lire en été. Le vent se doit de balayer votre visage. Vous vous devez de voir les feuilles vertes frémir dans les arbres. Le soleil traverse les branches pour dorer votre peau par endroit. C’est de cette manière que vous vous retrouverez le plus facilement dans la vieille Volkswagen, accompagné du duo le plus attachant qu’il m’ait été permis de connaître dans les dernières années.

C’est que Jacques Poulin semble fidèle à ses habitudes. Il aime les duos puissants harmonisant femme et homme. On retrouve le même genre de protagonistes dans son roman Les Grandes Marées. L’homme mature qui s’entiche de la belle jeune femme énigmatique.  Et qu’il soit traducteur de bandes dessinées (Les Grandes Marées) ou écrivain (Volkwagen Blues), on aime ce vieux bonhomme touchant.

Il y a des saisons pour tout dans la vie. L’automne, c’est pour la poésie. Je regarde tomber les feuilles sur les vers de Baudelaire. L’hiver, c’est pour les gros romans. On revisite Monte Cristo et les fameux Misérables. Le printemps, c’est pour les courts romans ou les nouvelles. Le genre de bonbons offerts par Schmitt.

L’été c’est le théâtre et c’est maintenant Jacques Poulin.

64528231D’abord, avec Les Grandes Marées, il nous transporte sur une île complètement isolée au milieu du Saint-Laurent. Tout y est décrit de façon enchanteresse;

[…] des volées d’oies blanches venaient se poser sur la batture (p. 9)

Le fleuve était inondé de lumière. (p.16)

[…] les feuilles, qui venaient de sortir, étaient vert pâle et douces pour les yeux. (p.19)

On veut y être nous aussi. Les vacances nous appelle. On sent presque la brise du matin nous frôler les joues. Nos pieds se plongent dans la froideur du sable qui se réveille à peine. Les matinées sur l’île Madame vous appartiennent et c’est Poulin qui vous les donne en cadeau.

Alors que Les Grandes Marées vous charme dans son immobilité, c’est dans la découverte et l’aventure que m’a séduite Volkswagen Blues.

C’est une vraie épopée à travers l’Amérique que vivront les deux acolytes à la recherche de Théo, le frère de Jack. C’est également une véritable leçon d’histoire que cette conquête de l’Ouest. C’est qu’ils en connaissent des légendes ces deux voyageurs. Par moment, on se fait raconter l’histoire de l’Eldorado alors que quelques pages plus loin, on vous plonge dans les récits des Premières Nations. D’ailleurs, on n’épargne pas les découvreurs et les journaux des premiers voyages de Jacques Cartier.

Sur la route, il y a emprunt à long terme de livres à la bibliothèque, visites de musées, rencontre avec des personnages émouvants et la naissance d’un amour atypique. Vous ne voulez qu’emballer vos affaires et boucler vos valises pour rejoindre ce couple de joyeux lurons dans leur périple.

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut lire Poulin l’été.

Moi, je l’ai fait et ce fut comme la croisée des chemins.

Et à chaque coin où ils sont allés, je les ai suivis parmi le soleil et les fleurs du mois de juillet.

Crédit photo: http://www.lemeac.com

http://www.dansmonchapeau.canalblog.com

Crimes, mystères et Hercules Poirot

Ma jeunesse fut rythmée par la lecture de certains classiques de littérature notamment Heidi (1881) de Johanna Spyri, la série de Sherlock Holmes (1887+) de Sir Arthur Conan Doyle ou bien Little Women (1868) de Louisa May Alcott. Tranquillement, j’apprenais ce que j’aimais et ce que j’aimais moins en terme de lecture. Durant une autre période de ma jeunesse, j’ai beaucoup accroché aux romans fantastiques (probablement comme beaucoup de vous). J’étais obsédée par Harry Potter (1997+) de J.K. Rowling ou bien la série À la croisée des mondes (1995+) de Philip Pullman.

En vieillissant, j’ai développé un amour pour la littérature anglaise de toute forme – (même si je dois avouer que je ne lisais pas toujours dans la langue d’origine – shame on me!) – qui me semblait tellement envoûtante. Bien que j’appréciais la littérature d’autres pays ou régions bien sûr (les États-Unis, le Québec, etc.), je gravitais toujours naturellement vers les romans anglais, souvent sans même le savoir. Tout cela pour dire que j’étais prédestinée à devenir fanatique des romans d’Agatha Christie et ma première poussée vers ses romans eut lieu en secondaire 2 quand j’eue à lire Le crime de l’orient-express (1934) pour lecture obligatoire. Si ma mémoire est bonne, je crois que ses livres fut mon obsession pendant un bon 2 ans suivant cette lecture et que j’en lu environ une vingtaine. La bibliographie d’Agatha étant extensive, j’en avais pour nourrir ma frénésie.

Si vous ne connaissez pas Agatha Christie, c’est surprenant, puisqu’il s’agit d’une écrivaine majeure du XXe siècle. Née en 1890 et décédée en 1976, elle est notamment l’origine des personnages Hercules Poirot et Miss Marple. On lui crédite le titre de romancière la plus vendue au monde et ses œuvres sont surclassées seulement par l’œuvre de Shakespeare et la Sainte Bible. Certaines sources indiquent que son roman phare, Les dix petits nègres (1939) est un des romans les plus vendus au monde avec environ 100 millions de copies vendues. Considérant ceci, on ne peut qu’être impressionnés.

La romanciere anglaise Agatha Christie (1891-1976) vers 1945 ---  English novelist Agatha Christie (1891-1976) c. 1945 colorized document

Agatha Christie – Crédit: lefigaro.fr

Ainsi, durant ma jeunesse, j’ai découvert Agatha Christie, mais précisément j’ai découvert Hercules Poirot qui reste, à ce jour, un de mes personnages de fiction préférés. Les romans d’Agatha Christie sont parfaits pour une bonne journée pluvieuse, de même que par une belle journée ensoleillée d’été, il suffit de bien choisir le titre. Par exemple, tous les romans mettant en vedette Hercules Poirot se situent dans différents contextes – différentes mises en scène. C’est pourquoi ils sont toujours d’appoint. Aussi, ces romans sont pour tous âges, mais je trouve qu’il s’agit de livres particulièrement intéressants pour les jeunes pour leur donner envie de lire. Personnellement, j’ai toujours aimé lire, mais je me souviens qu’au secondaire Le crime de l’Orient-Express est un des romans qui a provoqué le moins de remous et même, le plus de réactions positives (tsé – il y avait toujours des chialeux qui ne voulaient pas faire la lecture obligatoire, même pour moi parfois c’était plate car les lectures obligatoires étaient souvent très moches).

Pour la suite des choses, j’aimerais vous faire quelques petites recommandations des livres d’Agatha Christie qui m’ont le plus marquée. Gardez en tête qu’il s’agit de mes goûts personnels et que je ne les ai pas tous lus (bien que j’en ai lu beaucoup!)

Les dix petits nègres (1939)

livredepoche.fr

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Vous connaissez probablement un peu l’histoire puisque des versions comiques sont toujours adaptées dans les émissions, notamment Family Guy. Dix personnes sont invités pour différentes raisons personnelles à la demeure d’Algernon Norman O’Nyme (A.N.onyme). Ils y sont séquestrés et tués un à un d’une manière rappelant une vieille comptine pour enfants. Ce livre est considéré comme l’un des meilleurs livres de tous les temps et le mystère entourant ce petit roman est tellement satisfaisant.

Mort sur le Nil (1937)

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Une histoire tragique de triangle amoureux avec comme mise en scène une belle croisière sur le Nil, en  Égypte. Ce roman classique d’Agatha Christie met en scène son célèbre détective Hercule Poirot. L’amante d’un homme nouvellement marié est retrouvé morte lors du voyage de noces du jeune couple.

Le crime de l’Orient-Express (1934)

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Hercule Poirot se retrouve sur l’Orient-Express afin de voyager vers Londres où il se retrouve au centre d’une autre histoire de meurtre. Un américain est tué par 12 coups de couteaux et les passagers sont tous des suspects. Poirot découvre que l’homme était connu sous un autre nom, le leader d’un groupe connu pour l’enlèvement d’une jeune enfant et une tragédie qui se conclue par la mort des deux parents de la petite. Poirot interroge tous les passagers afin de déterminer qui est l’origine de ce meurtre.

Poirot quitte la scène (1975)

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Pour ce roman, nous retournons à Styles Court, l’origine du mythe d’Hercule Poirot. Notre héros est sur sa fin de vie, il est très malade et affaibli. Poirot rend compte que beaucoup de mystères ayant eu conviction ont une personne en commun. Les évènements entourant le mystère de cette personne sont précipités à Styles Court et Hastings devra découvrir d’une manière fort triste la conclusion de ce dernier mystère.

Ce que j’aimais le plus des romans mystérieux d’Agatha Christie, particulièrement des romans mettant en vedette Hercule Poirot, est le fait qu’il m’était littéralement impossible de découvrir qui était le coupable au centre du mystère. Je ne sais pas ce que ce serait si je relisais les histoires avec ma maturité d’adulte, mais dans ma jeunesse la conclusion était toujours une surprise. Ainsi, cela témoigne de la qualité narrative des romans d’Agatha Christie. Le fait que ses romans se vendent encore par milliers démontre également qu’il s’agit de romans qui perdureront sans doute pour longtemps encore, bien qu’Agatha Christie soit décédée depuis très longtemps maintenant.

J'avais appelé mon oiseau Helcules Poirot en hommage au personnage qui m'avait tant marqué.

J’avais appelé mon Toui Céleste Helcules Poirot en hommage au personnage qui m’avait tant marquée.

Le plaisir d’être à table & gourmandises

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Quand Marjorie et moi, on a vu le livre de Chefs de famille en librairie, on a tout de suite voulu l’avoir et le découvrir. C’est qu’il s’agit réellement d’un des plus beaux livres de cuisine québécois, oui oui, rien de moins. Le stylisme culinaire, la beauté des photographies et le graphisme font de ce livre de recettes un incontournable à laisser traîner pour enjoliver la cuisine ou même la table à café (pour l’inspiration!) Publié chez les Éditions Cardinal, la même maison d’édition que le magnifique Trois fois par jour, je pense qu’il n’est pas faux de dire que cette maison sait nous offrir des livres incroyables comme objets, mais aussi créativement parlant, ultra alléchants. C’est évident qu’à partir de maintenant je vais porter une attention particulière à leurs prochaines publications gourmandes!
Capture d’écran 2015-06-19 à 17.16.29Chef de famille a été publié il y a quand même quelques mois, en avril, alors désolée pour l’article tardif, mais je ne devais pas passer à côté parce que, comme dit précédemment, c’est un de mes nouveaux chouchous québécois. Écrit par deux journalistes spécialisés en gastronomie, on sent dès les premières pages l’amour de la nourriture, de la dolce vita et du plaisir de manger. Il ne suffit que d’admirer les magnifiques photographies produites par Cindy Boyce pour comprendre la philosophie derrière le livre : Le bonheur est à table!

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J’aime beaucoup le fait que les auteures Clémence Risler et Émilie Villeneuve ont invité plusieurs chefs et cuisiniers populaires à contribuer au livre en intégrant leurs recettes et leur vision personnelle de la cuisine et de la vie de famille. Effectivement, le livre s’adresse surtout aux familles et aux parents. Les recettes sont inspirées de la vie familiale des chefs et de cette volonté de faire manger de bons aliments à des enfants pas toujours convaincus. Or, le livre n’est pas simplement bon pour les parents, car les recettes sont succulentes et alléchantes! Je n’ai pas d’enfant et je cuisine souvent que pour deux personnes, même juste pour moi, et j’ai trouvé que le livre correspondait entièrement à ma réalité personnelle aussi.

Voici mon top 3 des recettes à essayer :

  • Quiche courge, bacon et chèvre
  • Bouchées aux herbes fraiches et aux épinards
  • Salade de tomates, nectarine et féta

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Bref, c’est le livre de cuisine PARFAIT, non seulement parce qu’on a envie de l’ouvrir et de le laisser trainer des heures sur le comptoir tellement il est beau, mais aussi parce ce qu’il offre des recettes faciles, originales et franchement gourmandes!

 


*Le fil rouge tient à remercier les éditions Cardinal pour nous avoir offert en livre numérique, une copie de presse de Chef de famille*

*Les magnifiques photos de cet article sont tirés du livre et ont été prises par la talentueuse Cindy Boyce*

 

Raconter l’insularité: les conteurs des Îles-de-la-Madeleine

J’ai la chance d’avoir un pied à terre aux Îles-de-la-Madeleine; il s’agit de la maison familiale ancestrale que mes parents s’attèlent à rénover depuis le rachat de la demeure en 2005. Il va sans dire que j’y suis allée bon nombre de fois et que je commence à plutôt bien connaître ce petit archipel du Golfe du Saint-Laurent. Toutefois, je suis toujours aussi charmée et inspirée par cet univers insulaire. En étonnante ébullition culturelle pour la modestie de leur superficie, les Îles-de-la-Madeleine renferment plusieurs trésors littéraires imprégnés d’impressions maritimes et de vent salin. C’est pourquoi, suite à mon retour de deux semaines d’exil en ces eaux lointaines, je vous rapporte deux chroniques sous la forme d’un diptyque s’articulant autour de la narration de l’insularité. La chronique de la semaine prochaine sera une plongée dans l’univers de la nouvelle et de la poésie avec le recueil Le sel et le goémon, de Christine Arseneault-Boucher, paru cet été aux Éditions de la Morue Verte. Je vous propose aujourd’hui une incursion chez les conteurs des Îles, à la rencontre des désormais légendaires Nicolas Landry et Dominique Leroux. L’embarquement est immédiat!

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Dominique Leroux

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Nicolas Landry

Le conte et la légende sont deux modes littéraires de l’oralité, et oralité rime drôlement bien avec insularité. Le conte est plus qu’une histoire fabuleuse: il s’agit d’un moyen de transmission privilégié des savoirs, des idées, des peurs, des fantasmes et de la mémoire culturelle et patrimoniale d’un peuple, d’une communauté. Quiconque à déjà tendu l’oreille chez les Madelinots a su percevoir l’énorme bagage légendaire des Îles, comme c’est le cas de bien des îles à travers le monde; comme si l’insularité, cet enfermement de la terre par la mer, cet isolement extrême, poussait l’esprit au dépassement  des limites terrestres et physiques vers un imaginaire fertile en création. Comme si, sur une île, tout était possible.

Nicolas Landry

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Nicolas Landry, conteur.

Nicolas Landry, fier natif des îles-de-la-Madeleine, est le descendant direct de cette immémoriale lignée de conteurs. Alors qu’il avait 35 ans, en 2011, ce spécimen madelinot s’est mis à écrire des contes originaux. Et depuis, il ne s’arrête plus, enchaînant spectacles solo et festivals de toutes sortes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a le vent dans les voiles! J’avais déjà eu la chance d’assister à l’une de ses performances en 2013 (Le pêcheur d’or), lors d’une soirée de conteurs à la micro-brasserie À l’abri de la tempête. Cet été, c’est à l’hôtel Château Madelinot que j’ai écouté son magnifique Calibettes, qui m’a tout autant charmée que le précédent.

Nicolas Landry, c’est une sorte de Fred Pellerin des Îles, et pas seulement physiquement! Comme son « cousin » de Saint-Élie-de-Caxton, le madelinot se plaît à partir de son vécu et de son histoire familiale pour faire naître des récits oniriques, des quêtes initiatiques touchantes et poétiques, dans lesquels jeux de mots et cabrioles langagières sont toujours agilement intégrées. Le tout, bien sûr, imprégné de l’accent et de la parlure uniques aux îles! Avis aux non-initiés: ouvrez grand vos oreilles et demandez à Nicolas en cas de doute. Il se fera plaisir de vous répondre avec beaucoup d’humour! Celui-ci possède d’ailleurs un véritable don d’improvisation et de comédien et il est tout à fait fascinant de le regarder habiter et vivre ses histoires.

Pour voir Nicolas Landry en action cet été aux Îles, le conteur travaille fort et donne des spectacles quatre soirs par semaine, soit au Château Madelinot, au Parc de Gros-Cap et à la Salicorne. Outre le spectacle Calibettes auquel j’ai assisté, Nicolas offre son « Léo du ciel » et son denier-né Le Vieux Vent’arrière. Vous trouverez son horaire complet sur son site internet. Quoi de mieux que de découvrir et d’explorer les îles par les voies (voix) du conte!

Dominique Leroux – La Petite Théâtrerie

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« La Minuscule: poésie visuelle pour marionnette, matières et vidéos », interprété par Dominique Leroux.

La montréalaise Dominique Leroux, à la tête de La Petite Théâtrerie, est une conteuse bien particulière. Entremêlant théâtre de marionnettes, théâtre d’ombres, perfomance, art et projections vidéos et sonores, c’est une artiste multidisciplinaire proposant des contes sensoriels. Unique, vous dites? Fondée entre Montréal et les Îles en 2011, La Petite Théâtrerie compose ses spectacles à Montréal l’hiver avant de les importer aux Îles-de-la-Madeleine l’été, où elle les présente pour le plus grand bonheur des petits comme des grands. J’avais déjà été conquise en 2013 par sa production « Conte pour un Gus », et parallèlement, de Gus, que j’ai adopté aussitôt.

La cabane de pêcheur de la Théâtrerie, autrefois située sur le site historique de la Grave sur l’île de Havre-Aubert (à côté de chez nous!) a déménagé et a désormais pignon sur mer au site de la Côte à l’Étang-du-Nord, Cap-aux-Meules. C’est un véritable micro théâtre pouvant accueillir une dizaine de spectateurs par performance, une formule intime magique fort appréciée. De l’autre côté du rideau, c’est un atelier de fabrication de Gus et un centre d’adoption!

Le spectacle que Dominique présente cet été et auquel j’étais complètement impatiente d’assister s’intitule La Minuscule: poésie visuelle pour marionnette, matières et vidéo. Le texte, la conception et l’interprétation sont de Dominique Leroux, la mise en scène de Karine St-Arnaud et la (sublime) conception sonore de Colin Gagné. C’est l’histoire de Minuscule, tricotée dans la chaleur et l’amour, qui rêve de plus grand que son île, et qui entreprendra un voyage de rencontres et de découvertes qui la transformeront, même si elle demeurera, malgré tout, une Minuscule. Ce fut un coup de foudre total pour Minuscule, qui tient maintenant compagnie à mon Gus. La Minuscule tourne cet été du 4 juillet au 6 septembre.

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Mon Gus et ma Minuscule!

Les contes de Dominique Leroux nous plongent dans une ambiance symbiotique et poétique, dont la narration minimaliste et polysémique peut autant parler aux jeunes qu’aux moins jeunes. Chacun s’approprie le sens de ses contes, chacun se bricole, à l’intérieur de soi, sa propre Minuscule. Et que dire de Dominique, tout sourire, qui accueille ses jeunes spectateurs dans cet univers initiatique magique qu’est le théâtre, qui les guide, les fait rire, les écoute et discute avec eux à la fin du spectacle. Un conte poétique à la limite de l’abstraction est en soi une proposition hors du commun, et de voir les étoiles briller dans les yeux des auditeurs ne peut que témoigner de la réussite d’une telle création, que je vous encourage chaleureusement à découvrir par vous-même, d’abord en consultant le site de La Petite Théâtrerie.

Même si les démarches de Nicolas Landry et de Dominique Leroux sont différentes, reste qu’elles demeurent toutes deux traversées, imprégnées de ce cadre insulaire qui est leur germoir. Non seulement sont omniprésents le vent, la mer, le goût du sel et l’horizon infini, mais aussi la liberté paradoxale de l’isolement, le rêve, le légendaire, la connexion avec la nature et les éléments sont indissociables des créations de ces conteurs contemporains aux accents intemporels. Une question demeure; que deviendraient ces contes si ceux-ci étaient performés en dehors de l’in situ particulier des Îles? Comment ce changement de lieu influencerait-il leur réception chez le spectateur? Sentirait-on autant ou de la même façon ce sentiment insulaire? Je lance la bouteille à la mer…

« Nous étions le sel de la mer » de Roxanne Bouchard : Critique de la lecture de juillet du défi littéraire

JLI15283024.1438508959.320x320La lecture du mois de juillet était Nous étions le sel de la mer de Roxanne Bouchard, voici ce que trois de nos collaboratrices en ont pensé! Bonne lecture !

Ce que Karina en a pensé :

Lorsque j’ai tourné les premières pages de ce roman, je sentais l’air marin. On y trouve dans cette histoire une nostalgie envoutante. Je n’ai malheureusement pas encore eu la chance de mettre les pieds en Gaspésie, mais grâce à ce roman je m’y sentais. J’étais tout comme Catherine, en vacances. Nous retrouvons Catherine, une femme insaisissable. Elle se cherche et elle croit trouver les réponses à ses questions en Gaspésie, où sa mère y habite. Il faut savoir que sa mère l’a mise en garde légale suite à sa naissance. Elle ne la connait pas. Sauf que, malheur pour elle, en plus de découvrir que sa mère est une femme soit trop aimée ou mal aimée, celle-ci est repêchée en mer! Catherine devra trouver réponses à ses questions autrement. Elle se retrouvera entourée de personnages, pour la plupart masculins et très «grossiers». Ce fut mon premier roman de Roxanne Bouchard et je ne fus pas déçue, elle a une très belle plume. Cependant, je ne m’attendais pas du tout à me retrouver avec une enquête policière! Cette enquête, même si elle prend une bonne place dans l’histoire du roman, n’est qu’intéressante puisqu’elle nous permet de découvrir qui est l’énigmatique Marie Garant. Suite à cette lecture, je ne peux que vous conseiller ce roman. Et il est certain que je vais retrouver la plume de l’auteure.

Ce qu’Elizabeth en a pensé :

«Debout dans la maison de ma mère, j’admettais enfin que, face à Marie Garant qui s’était choisie, je n’avais quant à moi, rien su faire de ma vie et j’accusais l’autour d’être incapable de me divertir. Par paresse ou couardise, je me confinais dans un cadre crispé que je m’imposais, complaisante dans le vacuum de mon no man’s land intérieur.»

J’ai eu la chance en juillet de voyager aux Îles-de-la-Madeleine, et c’est là que j’ai pu lire Nous étions le sel de la mer. Même si le roman de Bouchard se déroule en Gaspésie, le décor était rêvé pour apprécier pleinement les allusions maritimes et pour me coller au monde des pêcheurs de Caplan. Roxanne Bouchard y campe une communauté attachante où des personnages plus colorés les uns que les autres accueillent Catherine, une jeune femme à la recherche de sa mère. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Catherine, un personnage perdu qui tente tant bien que mal de trouver un sens à sa vie.

La figure centrale du roman, selon moi, reste Marie Garant, une femme libre, «une femme qui, jadis, avait viré le cœur des hommes à l’envers» à travers toute la Gaspésie. Et Catherine fait la même chose, avec le sergent Morales, avec son ancien patron architecte, un peu avec tous les hommes qu’elle côtoie. C’est fascinant de voir des personnages de femmes «chavirantes» mais qui sont surtout indomptables, libres de faire ce qu’elles veulent, souvent au détriment du bon sens, au détriment de tout le reste.

La mer dans Nous étions le sel de la mer est tellement liée au récit qu’elle en devient aussi un personnage central, ayant presque sa propre volonté, décidant du sort de certains, en épargnant d’autres. C’est un des points forts du roman selon moi. Bouchard a su dresser un portrait vivant, poignant de la mer, un regard tout à fait nouveau pour moi qui m’a fait l’aimer et la redouter un peu plus. C’est donc un roman réussi que nous offre Bouchard, autant sur le plan de l’histoire que pour tout ce qu’il nous donne à réfléchir.

Ce que Louba-Christina en a pensé

Je prévoyais un été de longues plages de lecture en bordure de mer et me voilà avec un seul livre en main depuis des semaines : Nous étions le sel de la mer.

Je suis Gaspésienne. Mais je ne connais rien ou presque rien à la vie en mer. Je suis de celles qui frôlent la plage, sans jamais prendre le large.

Ce roman a dû m’apprivoiser pour que j’embarque au début. Puis il est devenu une partie de mes jours et de mes nuits, une nécessitée comme l’est mon café noir le matin. Quelques phrases projetées vers les vagues, quelques pages dans le cœur, dans la tête ou dans le corps.

Et là je suis triste de l’avoir fermé. De devoir m’en séparer. Parce que j’ai décidé de l’envoyer se promener, de vivre sa vie, de voyager un peu, de voir de la route et des yeux le percer.

Je fais ça des fois. J’envoie promener des romans qui m’ont rentré dedans.

*

J’ai aimé beaucoup les extraits en poétique et en italique, la voix de Marie Garant ou de sa fille Catherine Garant. J’ai aimé connaître la force de la mer dans le regard des pêcheurs. Cette même mer du cœur que je connais du bord. Cette mer qui me prend et que je prends aussi dans mes bras, comme une combattante sans autre arme que la confiance du présent.

J’ai moins aimé l’abus de patois et de tics langagiers chez la plupart des personnages gaspésiens. Je comprends que certaines personnes puissent en avoir, mais dans un texte littéraire, j’en aurais peut-être retiré quelques-uns. Ça a rendu ma lecture légèrement moins fluide.

Sinon, un gros bravo à Roxanne Bouchard pour le choix de l’artiste Rogé qui a illustré le roman, c’est magnifique. Bravo aussi pour le titre, à la fois doux et fort. Et finalement, bravo pour l’âme du roman. Il capte quelque chose de si subtil et de si puissant en même temps.

Cet été, je me sens loin de la mer. Je la vois, mais je la vis trop peu. En lisant ce livre, ça m’a permis de ne pas me déshydrater trop. Merci !

«Vis pas avec ce qui manque, vis avec ce qui est là.»

Comment avez-vous trouvé les personnages (la construction des personnages)?

Avez-vous aimé l’atmosphère du roman, pourquoi?

Avez-vous déjà lu un autre livre de cette auteure?

« Toutes celles que j’étais » d’Abla Farhoud, lecture d’août du défi littéraire

Suite au vote sur le groupe Facebook de l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, il a été voté que nous lirons Toutes celles que j’étais d’Alba Farhoud

Bonne lecture, on se retrouve en septembre pour discuter de ce roman!


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Aablè a six ans lorsqu’elle quitte le Liban avec sa famille pour s’établir au Québec. Le français, la religion catholique, la neige ne lui font pas peur ; elle est farouchement déterminée à ne pas rester en marge. Mais c’est grâce au théâtre qu’elle arrive enfin à prendre racine. Jusqu’à ce que, quatorze ans après leur arrivée, son père décide qu’il est temps de repartir…

Dans ce récit par petites touches, l’auteure plonge dans son passé pour aller à la rencontre de celles qu’elle fut.

J’avais trouvé ma niche, ma maison, ma terre, mon théâtre.
Je venais d’un autre pays, oui, mais quand j’étais sur scène, j’étais de tous les pays.
Ou du pays que je choisissais.

Née au Liban, Abla Farhoud a été comédienne puis dramaturge avant de se consacrer au roman. Son œuvre a été maintes fois jouée, traduite et primée. On lui doit notamment Le bonheur a la queue glissante (1999), Le fou d’Omar (2005) et Le sourire de la petite juive (2011).
-Source site VLB éditeur

 

Toutes celles que j’étais, Alba Farhoud, VLB Éditeur, 304 pages, 2015
ISBN : 978-2-89649-589-4