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Une lectrice exigeante passe aux aveux

Vous l’aurez compris, comme toutes les collaboratrices de ce blogue, la lecture figure en tête du palmarès de mes activités favorites. Je l’ai déjà mentionné auparavant, mais ce passe-temps en est un duquel je ne pourrai jamais me lasser et dont je n’atteindrai jamais « le fond » : de nouveaux livres paraissent en librairie chaque semaine, sans compter la panoplie de classiques que l’on ne parvient jamais à lire en entier… et c’est absolument merveilleux. Je ne lirai jamais tout, je ne manquerai jamais de lecture… le simple fait d’y penser me rend très heureuse! (Mais ça, c’est moi, hein ; je connais beaucoup de gens qui sont angoissés à l’idée qu’ils n’auront jamais assez d’une vie pour lire tout ce qui les intéresse!)

Ceci étant dit, j’ai récemment constaté, en analysant mes intérêts littéraires, un phénomène qui m’a fait sourciller. Vous savez, à l’adolescence, quand notre visage change et qu’on ne s’en rend pas vraiment compte, mais qu’un beau matin, on ressort une vieille photo datant d’il y a quelques années et on réalise à quel point notre visage est différent? Ça m’a fait un peu cet effet quand j’ai réalisé à quel point je suis devenue exigeante au niveau de mes critères de lecture!

Auparavant, je lisais de tout, je pouvais attribuer, disons, un 4/5 à un livre dont j’avais simplement apprécié la lecture et je n’étais pas (tant) difficile sur le plan de la formulation, du vocabulaire, de la langue. Des milliers d’heures de lecture, d’écriture et un bacc en littérature plus tard, je lis encore de tout, je sais encore apprécier les bonnes histoires… mais la qualité de la langue et l’originalité de la structure ont pris une place que je ne soupçonnais pas! Maintenant, je sais que j’aurais du mal à coter un livre plus de 3/5 s’il ne respecte pas certains critères, même si l’histoire me plaît de façon générale.

C’est une vraie malédiction.

Parfois, je commence à lire un roman et je réalise tout de suite que quelque chose m’agace dans la plume de l’auteur. Si l’histoire est palpitante, que j’aime les personnages et que le rythme me captive, je suis en mesure de passer par-dessus mes premières hésitations pour me plonger davantage dans l’univers que l’auteur m’offre.

D’autres fois encore, l’écriture me happe dès les premières pages, j’en suis enchantée, mais je découvre rapidement que l’histoire est du réchauffé, qu’elle ne m’apporte rien. Bref, elle m’emmerde.

Une malédiction, je vous dis.

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Parfois, je me prends à regretter la lectrice que j’étais avant. Celle qui se fichait bien du « show, don’t tell« , qui se moquait que le vocabulaire ne soit pas parfaitement adéquat, qui ne trouvait pas que certaines scènes avaient l’air un peu ridicules en raison de certaines tournures de phrase ; celle qui affectionnait sans distinction les personnages unidimensionnels et ceux plus complexes, qui ne devinait pas la fin des récits après quelques chapitres, bref, celle qui n’était pas aussi difficile.

Mais parfois, j’ouvre un livre et la magie opère. L’écriture me charme, l’histoire et ses ambiances me submergent, j’ai envie d’apprendre à connaître les personnages, de les laisser m’entraîner sur des sentiers inattendus, me confronter à des situations auxquelles je ne m’attendais pas, me faire passer du rire aux larmes en quelques heures de lecture. Dans ces moments-là, la malédiction devient un don, une capacité à déceler toute la beauté et la complexité d’une œuvre, que je n’aurais sans doute pas pu entrevoir autrement.

Attention, eh, ne vous méprenez pas: je ne vais pas affirmer qu’un livre n’en vaut pas la peine parce que certains points ne m’auront pas plu! Je vais simplement considérer que pour me plaire davantage, il aurait eu besoin de quelques petites touches de plus. Ce sont mes goûts personnels, et ça n’enlèvera jamais rien au talent de l’auteur, à son travail acharné et à l’enthousiasme du public qui adore ses œuvres!

Alors oui, je l’avoue, je suis exigeante. Sans doute plus encore envers ma propre plume que celle des autres. Mais si cela m’agace souvent, d’un autre côté, je sais que c’est parfois une bonne chose. Parce que ça me permet de révéler la magie derrière les mots…

Et vous, considérez-vous parfois que vous êtes des lecteurs ou des lectrices difficiles?

Critique commune de « Toutes celles que j’étais » d’Alba Farhoud, lecture d’août du défi littéraire

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Ce que j’en ai pensé

J’avais entendu une de mes amies nommer Abla Farhoud quelques fois et je me souviens d’avoir mis Le sourire de la petite juive sur ma liste mentale de livres à lire. Alors quand j’ai vu que Toutes celles que j’étais gagnait le sondage pour la lecture du mois d’août, j’étais bien contente d’avoir enfin la chance de me plonger dans l’oeuvre de cette auteure. Je n’irai pas par quatre chemins : J’AI ADORÉ MA LECTURE. Honnêtement, en ce neuvième mois de l’année, je déclare que Toutes celles que j’étais est ma plus belle découverte du défi littéraire En 2015, je lis un livre québécois par mois.

Le roman inspiré de faits réels de la vie de l’auteure n’est toutefois pas une autobiographie au sens propre du mot. On remarque beaucoup de similitudes dans la vie de la narratrice comme dans celle de l’auteure, mais on se doit d’en faire abstraction pour se plonger dans la vie d’Aablè. Elle raconte son arrivée au Québec lorsqu’elle n’avait que 6 ans. Elle raconte le parcours de sa famille lorsqu’ils ont décidé de venir rejoindre le père déjà en Canada, comme elle le dit.  La fusion des identités, de la petite fille à la jeune adulte qui raconte, a été un des éléments qui m’ont le plus charmée. Au fil que les pages défilent, on remarque le langage, la confiance, la passion, la tourmente, la peur et l’adaptation dans l’écriture de Farhoud. On sent le parcours de la petite fille tout juste partie du Liban et celle qui est devenue une réelle Montréalaise.

On sent surtout que la passion pour le théâtre a été sa bouée de sauvetage, sa façon bien à elle de prendre et trouver sa place dans ce pays qui devient, peu à peu, le sien. Cette liberté ressentie par la joie d’être sur scène est contagieuse et démontre le fait que l’art sauve réellement des vies.

L’écriture est remarquablement poétique, douce et franche. Abla Farhoud nomme les questionnements et les incertitudes propres à l’exil et à l’immigration. Le parcours décrit de la jeune Aablè jusqu’à la jeune fille est tourmenté, on passe du bien-être au mal-être, au bonheur à la découverte, et à la dépression et c’est au fond ce qui fait le charme de toutes celles qu’elle est, Aablè.

Ce qu’en a pensé Marjorie 

Il y a, dans Toutes celles que j’étais, une certaine universalité à laquelle je ne m’attendais pas. Abla Farhoud réussit à mettre en mots les tournants d’une quête de soi bien personnelle et d’une identité décousue tout en dépeignant de manière vraie et touchante la réalité qu’est celle de grandir, de changer, d’apprendre et de se perdre.

J’ai aimé le ton du roman, les questionnements, les anecdotes, le fait de voir grandir Abla (Aablè) à travers les pages et aussi à travers le langage. Ce dernier est vraiment le miroir du parcours d’Abla, j’ai adoré voir celui-ci changer et évoluer en même temps que le récit, à travers les extraits de son journal, les anecdotes et les réflexions.

De l’oeuvre au complet, c’est les quelques dernières pages qui m’ont le plus touchée. L’entièreté du roman implose dans ces dernières pages, la complexité de la fin de son séjour au Canada est mise en mots de manière forte et pleine de vulnérabilité à la fois, à l’image d’Alba Farhoud comme elle se présente dans ce roman.

Bref, j’ai grandement apprécié ma lecture et je la conseillerais à tous. C’est un roman à la fois si personnel et universel, fort et doux. Je lirai sans aucun doute les autres roman d’Abla Farhoud, en commençant par Splendide solitude qui me semble excellent.

Ce qu’en a pensé Karina 

Je ne vais pas vous mentir. J’étais déjà en amour avec le roman Toutes celles que j’étais lorsque j’ai vu la couverture. J’ai eu un vrai coup de cœur. Et cela fut de même quand j’ai commencé ma lecture. Je m’embarquais dans la vie de Abla. On commence l’aventure avec une jeune fille de six ans. L’auteure réussit à nous faire croire que nous sommes dans la tête de cette jeune fille de six ans. De celle qu’elle était lorsqu’elle habitait dans le village de son père. Une fois au Canada, cette jeune fille tente de se retrouver, de savoir qui elle est dans toutes celles qu’elle était.

Comme je vous l’ai dit plus haut, le roman d’Abla Farhoud fut pour moi un vrai coup de cœur. Je pourrais même dire que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi rapidement. L’histoire se lit tout seul. L’auteure a une écriture fluide. On suit son histoire dans un ordre semi-chronologique, faisant parfois des petits sauts vers le futur et d’autres vers le passé. Mais ce dont j’ai particulièrement apprécié est son partage de l’amour des mots. De constater son besoin de s’exprimer, de vivre dans la peau de d’autres personnages et cela grâce au théâtre ou encore à la télévision. J’ai aimé être dans les années 50 et 60 avec cette famille libanaise. J’ai aimé être avec cette adolescente qui se cherche, qui tente de retrouver ses repaires quand sa famille rêve encore du Liban alors qu’elle, elle se cherche. Suivre le parcours d’Abla, c’est également suivre celle de sa famille immigrante dans un Québec encore sous l’emprise de l’église.

Toutes celles que j’étais est un roman que je ne peux que vous conseiller de lire !

Rentrée 2015: Renouveler sa boîte à lunch

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Parce que « retour à l’école » est synonyme de « faire des lunchs ».

Parce qu’on est déjà pus capable du classique sandwich beurre-de-pinottes-confiture.

Je me suis donc donnée comme défi de m’improviser cuisinière de vous offrir une semaine de nouvelles recettes, soit cinq repas super santé, super faciles et super rapides à cuisiner, inspirés du contenu de ma propre boîte à lunch d’étudiante et réalisés avec ce que j’avais dans l’fond d’mon frigo.

À noter que ce sont des dîners froids pour ceux qui, comme moi, sont beaucoup trop lâches d’aller faire la file pour les micro-ondes (c’est tellement long, pas l’temps d’attendre quarante-cinq minutes pour manger, j’ai trop faim).


LUNDI : Salade de mangues et d’avocats
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INGRÉDIENTS:
 (je n’indique aucune quantité, puisque c’est vraiment au goût)

  • Laitue frisée
  • Épinards
  • Mangue, coupée en cubes
  • Avocat, coupé en tranches
  • Tranches de concombre, coupées en quatre
  • Noix de Grenoble
  • Un oeuf cuit dur, coupé en tranches

VINAIGRETTE: (mélanger avec un fouet)

  • Vinaigre balsamique
  • Moutarde de dijon (ou moutarde au curcuma)
  • Jus de citron
  • Sirop d’érable
  • Huile d’olive

Disposer tous les ingrédients dans le plat. Arroser avec la vinaigrette.


MARDI : Sandwich au thon et aux olives

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INGRÉDIENTS:

  • Pain au choix (personnellement, je conseille un pain ciabatta ou un tortilla pour une version en wrap)
  • Préparation au thon (voir plus bas)
  • Laitue frisée
  • Tomate, en tranches
  • Fromage mozzarella, en tranches ou râpé

PRÉPARATION AU THON:

  • La moitié d’une conserve de thon (pour un sandwich de six pouces, environ)
  • Mayonnaise (ou yogourt nature)
  • Câpres (facultatif)
  • Amandes tranchées (facultatif)
  • Olives, coupées en petits morceaux
  • Quelques gouttes de sauce Sriracha ou Tabasco
  • Poivre

Mélanger, au goût, les ingrédients de la préparation au thon, dans un bol (conseil: ajouter de la mayonnaise jusqu’à l’obtention d’une préparation crémeuse). Tartiner le pain avec celle-ci. Ajouter les feuilles de laitue, les tranches de tomate et le fromage.


MERCREDI : Salade de pâtes au saumon et au citron

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INGRÉDIENTS:

  • Macaroni
  • Saumon (voir les étapes pour l’assaisonnement)
  • Carottes, râpées
  • Fraises, coupées en petits morceaux
  • Céleri, coupé en petits morceaux
  • Noix de cajou, en miettes
  • Vinaigrette à l’estragon (voir plus bas)
  • Zeste de citron

VINAIGRETTE: (mélanger avec un fouet)

  • Mayonnaise
  • Vinaigre blanc
  • Sirop d’érable
  • Huile d’olive
  • Persil
  • Sel et poivre

Faire cuire les pâtes et le saumon (je suggère d’assaisonner le saumon avec de l’huile d’olive, sel et poivre, du jus de citron et de l’estragon lors de la cuisson en papillote, soit dans du papier d’aluminium). Préparer les ingrédients et la vinaigrette. Mélanger tout ensemble. Pour la présentation, ajouter le zeste de citron sur le dessus de la salade avec un peu de persil.


JEUDI : Sandwich au poulet et aux raisins

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INGRÉDIENTS:

  • Deux tranches de pain brun
  • Préparation au poulet (voir plus bas)
  • Épinards
  • Fromage mozzarella, en tranches
  • Mayonnaise (facultatif)

PRÉPARATION AU POULET:

  • Morceaux de poulet
  • Yogourt nature
  • Moutarde à l’ancienne (moutarde de meaux)
  • Raisins rouges et/ou verts, en tranches
  • Basilic séché
  • Poivre

Défaire les morceaux de poulet à la fourchette dans un bol. Ajouter le yogourt nature jusqu’à l’obtention d’une texture crémeuse. Ensuite, ajouter la moutarde à l’ancienne, les tranches de raisins, le basilic séché et le poivre à la préparation, au goût. Mélanger ensemble. Faire griller les deux tranches de pain et les tartiner de mayonnaise (facultatif). Disposer les épinards et les tranches de fromage, puis la préparation au poulet, sur le pain.


VENDREDI : Salade de quinoa au poulet et aux pommes vertes

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INGRÉDIENTS:

  • Quinoa (une portion équivaut environ à une demi-tasse)
  • Morceaux de poulet
  • La moitié d’une pomme verte, coupée en cubes
  • Canneberges séchées
  • Fromage cheddar, coupé en cubes
  • Vinaigrette au sésame (voir plus bas)
  • Graines de sésame (facultatif)
  • Ciboulette (facultatif)

VINAIGRETTE: (mélanger avec un fouet)

  • Huile de sésame (en petite quantité, puisque c’est très goûteux)
  • Sauce de soja
  • Sirop d’érable
  • Huile d’olive

Rincer le quinoa et le faire bouillir dans une quantité d’eau équivalente au double de la quantité de quinoa (pour une demi-tasse de quinoa; une tasse d’eau). Retirer du feu lorsque le quinoa a complètement absorbé l’eau. Ajouter les morceaux de poulet, les pommes vertes, les canneberges, le fromage cheddar, la vinaigrette, les graines de sésame et la ciboulette. Mélanger.


Bon appétit et bonne rentrée avec un estomac content (j’espère)!

Des diamants et des femmes

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Dans mon tout premier article chez Le fil rouge, je vous parlais du roman Les débutantes de J. Courtney Sullivan. J’avais vraiment été portée par l’histoire et surtout charmée par le ton féministe de l’auteure. En lisant son deuxième roman Maine, j’avais aussi retrouvé autant dans son écriture que chez les personnages féminins une réelle connivence et je m’étais promise de me tenir au courant du parcours de l’auteure! En juin dernier, j’ai appris que son oeuvre Les liens du mariage était enfin disponible en format poche, mais impossible de le trouver à Montréal avant mon départ, c’est donc à St-Malo en France que j’ai eu la chance de mettre la main sur cette petite brique de 600 pages.

 Après avoir analysé l’amitié dans Les débutantes et la famille dans Maine, elle nous raconte cette fois-ci les liens du mariage. Bon, d’emblée ça m’attirait pas comme thématique, sauf que Sullivan nous montre plusieurs facettes du mariage et ce, en ne tombant jamais dans les clichés. Le roman suit cinq couples dans différentes époques et selon différentes situations. Il y a les mariages d’amour, forcés, passionnés, brisés, inexistants, inutiles…

Années ’50 : Frances

Frances est une des premières rédactrices publicitaire aux États-Unis et crée des campagnes de publicité pour vendre des diamants. Ses campagnes sont toujours reliées au mariage, ainsi on en apprend beaucoup sur le statut de la vie de couple au fil des années. Que ce soit des mariages arrangés ou plutôt des refus de marier, la place des diamants parcourt l’oeuvre et c’est ainsi qu’on découvre le monde complexe de la publicité et qu’on réalise surtout que le mariage est, avant tout, un marché payant. Les liens entre les campagnes de publicité et les habitudes de la société envers le mariage sont montrés dans le roman, c’est un peu le fil rouge du roman. Frances étant une femme carriériste, elle a dû faire le choix (à cette époque) de consacrer tout son temps et son énergie à son boulot. Elle a d’ailleurs extrêmement bien réussi et est devenue une référence hors pair du monde de la publicité. C’est le personnage le plus solitaire du roman, mais aussi un exemple inspirant de femme de tête, indépendante et en avance sur son temps. J’avoue avoir eu un coup de coeur pour elle, non seulement par son petit côté anticonformiste vis-à-vis sa société, mais aussi parce que les parties du roman consacrées à son histoire sont de véritables sources d’informations en lien avec le monde de la publicité, du mariage et des standards traditionnels liés aux relations amoureuses.

Années ’70 : Evelynn
Evelynn correspond à l’image de la femme idéale à l’époque. Elle est enseignante et dévouée, au travail comme à la maison. Elle est fidèle et se consacre à son mari et à son fils. Toutefois, ce dernier qui vivait une vie amoureuse des plus normales avec sa femme et ses filles se trouve en plein centre d’une passion qui le fait tomber amoureux d’une fille tout sauf idéale. Elle est vulgaire et ne plait aucunement à Evelynn. Celle-ci va donc vivre un énorme moment de tristesse en réalisant que son fils trahit sa propre famille. Sa vision très traditionnelle du mariage l’amène à considérer que le divorce n’est pas une solution. Bref, Evelynn est toutefois un personnage agréable à découvrir par sa sensibilité et sa grande confiance en soi. Elle tiendra à ses convictions jusqu’au bout et pour cela, je l’admire.

Années ’80 : James
Le seul personnage masculin du roman offre une vision des plus « classiques et normales » des relations amoureuses. Marié à son amour de jeunesse avec qui il a eu des enfants, il est fondamentalement heureux et amoureux. Les problèmes financiers et son travail pas tant passionnant seront toutefois des éléments qui viendront, au fil des pages, miner son bonheur. La difficulté de devoir faire vivre sa famille en lui offrant une maison, des activités, des voyages, etc. créé une pression chez James. Le mariage et la vie de couple ne suffisent peut-être pas totalement pour être heureux…

Années 2000 : Delphine
Delphine est une française mariée à un homme qu’elle aime, sans nécessairement en être follement amoureuse. Une passion viendra chambouler sa vie et l’amènera aux États-Unis avec son nouveau fiancé américain. C’est peut-être l’histoire la moins intéressante, car prévisible. Bien évidement, les choses ne se passeront pas comme prévues. Delphine tente de s’émanciper et de vivre indépendante, mais elle ne peut rester seule. Le personnage est peut-être le plus stéréotypé et traditionnel dans son besoin d’être en couple, il n’en reste pas moins qu’en représentant cette réalité, Sullivan offre une multitude de portraits de la vie de couple.

Aujourd’hui : Kate
Kate est bien évidemment celle avec qui j’ai le plus de points communs. Très probablement parce que nous vivons à la même époque. Elle vit avec sa fille et son copain dans une maison en campagne. Elle tient à offrir à sa fille une vision libre des relations de couple et c’est pour cela qu’elle considère le mariage comme une idée un peu trop traditionnelle et qu’elle a une réelle hantise contre l’institution. Alternant entre la culture de son jardin et des moments de grand bonheur avec sa famille, Kate est claire dans ses opinions, elle pense que l’amour n’a pas besoin de cérémonie et encore moins d’un diamant! En nous entrainant dans sa vision moderne, Kate permet une réflexion sur le véritable sens de l’amour.

Ces récits, qui jusqu’à la toute fin semblent être reliés simplement par la thématique du diamant, du couple et du mariage, se croiseront et ce, de manière non-prévisible. J’ai réellement été surprise de voir les liens s’embarquer l’un dans l’autre et cela apporte une profondeur aux personnages comme à l’histoire. Finalement, je vous conseille fortement de vous plonger dans l’oeuvre de Sullivan! Cette auteure américaine offre des romans comme je les aime, assez volumineux pour nous donner la chance de comprendre chaque nuance dans chaque personnage, ainsi on referme le bouquin convaincus d’avoir tissé des liens avec les personnages. Ces romans à plusieurs voix, dont Sullivan raffole, permettent une réelle connivence et un sentiment d’intimité avec l’histoire. Les débutantes, Maine, Les liens du mariage, il n’y a pas de doute, J.Courtney Sullivan est ma nouvelle auteure américaine contemporaine préférée

Avez-vous déjà lu un de ses romans ? Qu’en avez-vous pensé?

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie III –

Je suis en plein cœur d’un dilemme majeur. Comme la plupart des Québécois, ou des gens de passage, j’ai attendu la venue du soleil des semaines durant. Il fallait garder le moral et surtout apprivoiser la brume, la grisaille, la pluie et les gens maussades. Mais plus souvent qu’autrement, on avait le droit à un temps joueur de tour, soleil et averses, avec au bout (parfois) un ou plusieurs arcs-en-ciel. Et août s’est amené, avec lui notre bonne étoile, sa chaleur, les sourires en fusée et enfin on a pu sortir les vêtements de saison.

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Ce matin, alors que je suis déjà en retard pour l’écriture de ce présent article, je traverse le parking entre la Vieille-Usine et la plage et je descends près des vagues, abandonnant mes chaussures à l’ombre d’une bûche polie (garder ses chaussures sur la plage, pourquoi ?). «Écrire sur le bord de la mer, quelle bonne idée !»

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Avec la mer, arrivent les dilemmes ! Par exemple, ici à L’Anse-à-Beaufils (Percé), la petite plage semi-rocailleuse est reconnue pour sa forte teneur en agates oeillées (petits cercles) et donc, pour moi qui suis devenue une ramasseuse de pierres et de jolies roches, me voilà prise de vertige à chaque pas. Je deviens une cueilleuse concentrée et plus rien ne m’arrête, sauf peut-être la lourdeur de mon sac à dos. Trouver la plus belle agate est une quête inassouvie (j’exagère…à peine).

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Aujourd’hui, la mer m’a tout de même offert un vrai beau petit bijou trois couleurs. Merci !

Et il y a cette mer, hypnotisante. Avec sa musique qui «dit tout sans rien dire». Son mouvement, qui m’accroche et me ramène sans cesse. L’immensité et l’infini face à moi. Alors j’avance vers elle et je ne veux plus que plonger (mais j’ai laissé mon maillot, qui d’ailleurs n’a servi que deux petites fois depuis juin, alors que l’an passé, il était ma seconde peau). Devenir la mer moi aussi.

Mais je reste là, en bordure et je laisse les vagues me frapper. Les minutes passent sans consistance et je reste là. Je ne demande plus rien au monde. Sans temps. Plus de monde. Je ne suis même plus tout à fait là. Je suis autre ou ailleurs. Quelque part entre les deux.

Me voici à te parler de la mer, au lieu de te parler de l’art. Mais la mer et l’art, c’est pareil.

*

La nuit dernière, j’ai dormi au centre-ville de Percé (vous me direz, «Centre-ville, Percé…hummm !», mais oui, il y a un centre-ville à Percé). J’ai dû migrer vers le bas de la côte pour quelques jours. Et je ne me souviens pas avoir déjà dormi si près des vagues. Je vis, bien sûr, entourée d’eau, je perçois la mer de chez moi, mais il est rare que j’entende aussi bien les vagues venir frapper aux flans de la terre de cette manière. Ma nuit, balancée au rythme de la mer. Les battements de mon cœur, même chose. Comme pour plusieurs, j’ai un rapport presque religieux à la mer. En sa présence, je comprends mieux, je trouve des réponses à des questions lancées et je nais et je renais encore et encore. C’est chaque fois un genre de baptême.

Je ne peux vivre trop longtemps à distance de la mer. L’appel sourd finit toujours par m’engourdir la tête. Comme l’est pour certains, le bruit du centre d’une grande ville. Ce vrombissement sourd, qui à force se transforme en bruit de vague.

Qui m’appelle, encore et encore.

*

La mer et l’art, c’est pareil.

Apprendre à voir les choses et à les ressentir.

Laisser l’émotion monter.

Les vagues parler pour moi.

Être mon reflet.

*

Quelques jours passés, avec maman, on a eu envie d’un café. On marchait au centre-ville de Percé (hey oui !) et on s’est arrêtées à la boulangerie le Fournand. J’ai toujours adoré les salles de bain à cet endroit (!), elles sont tapissées d’affiches de divers évènements culturels et certaines datent de plusieurs années. Alors c’est un plaisir de se perdre quelques minutes entre quatre murs et un plafond tapissés de l’histoire artistique de Percé.

J’ai d’abord été attirée par son allure actuelle. Puis par son titre Regroupement présenté par la Maison de la culture de Percé. Je me suis dit «wow !», l’air rêveur de celles qui veulent à tout prix visiter Paris pour vivre la bohème. Intriguée, j’ai commencé à me questionner sur la personne de ces gens photographiés. J’ai cru en reconnaître quelques-uns, alors j’ai continué à explorer en allant découvrir les noms de ces artistes exposants. Et, totalement surprise, je me suis rendue compte que je les connaissais presque tous.

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Ces artistes, certains que je connais et admire depuis grand nombre d’années et d’autres que je découvre petit à petit.

Les voilà qui, une fois de plus, m’inspirent par leur seule présence (je suis impressionnable, certes, mais curieuse de l’autre et éblouie plus souvent qu’autrement par lui).

Je tiens à saluer et à remercier ces grands artistes gaspésiens (qu’ils soient encore ou non parmi nous) qui tiennent encore de grands rôles dans la dynamique culturelle de cette ville singulière et qui continuent de m’inspirer. Ils sont aussi le souffle en continu de l’art à Percé. Et moi, je suis fière de marcher sur leurs traces.

Danielle Gagné, Arnold Flynn, Francine Laberge, Yves Gonthier, Marius Jomphe, Mao, Jocelyne Audet, Rachel Thibault et Chris Varady-Szabo.

Merci.

Avouez qu’ils ont fière allure !

L’indépendance du Québec : le clan du peut-être

Je suis née de parents franco-québécois, la plupart de mon entourage est souverainiste et la majorité de mes idéaux politiques sont de gauche. Il n’en faut pas plus pour que les gens me classent dans la catégorie  »Oui ». Comme ça, sans me demander mon opinion, on insinue que je suis pour l’indépendance du Québec. Ce n’est pas vrai… Mais ce n’est pas totalement faux non plus.

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Tout comme Simon de Ces gars-là, je suis team indécis!

Le problème avec le débat sur la souveraineté, c’est que ce n’est pas un débat. Chacun est convaincu d’avoir raison et tente d’écraser les opinions opposées plutôt que de les écouter.  Les partis politiques qui s’expriment sur la question semblent penser que l’on nait souverainiste ou non, that’s it. Que la solution est de provoquer les partisans du oui pour qu’ils crient plus fort que ceux du non, et vice-versa. En aucun cas, on tente de convaincre les indécis. Parce que personne ne semble penser qu’il y a des indécis!

Bien sûr, si la possibilité d’un référendum se concrétise, et ça ne devrait pas trop tarder, je vais m’informer, me questionner, lire et poser des questions. Mais ce n’est pas le cas de tous. Plusieurs vont simplement voter en fonction de ce que leurs parents ou amis feront, ou même ne pas voter du tout. Plusieurs seront perdus et voteront Non par peur des conséquences qu’un si gros changement pourrait apporter. Parce que plusieurs ignorent les conséquences réelles, à long terme. En cas de doute, on coche non et on n’en entend plus parler pendant deux décennies. Ma génération n’a pas connu de référendum, on en a seulement entendu parler dans nos classes d’histoire au secondaire, et pour ce que ça vaut…

Il faudrait arrêter de penser que tout le monde a déjà une opinion précise, qui ne peut être ébranlée, sur le sujet. Plutôt que de clamer  »Vous voterez [oui ou non] parce que vous êtes intelligents », pourquoi ne pas tenter de convaincre en informant? Pourquoi ne pas donner les ressources nécessaires à la compréhension des enjeux, plutôt que de simplement fourrer des phrases plus ou moins cohérentes dans la tête des gens? Ça s’applique à tous les débat politiques, j’en conviendrai, mais il s’agit ici d’une question qui changerait l’histoire à jamais! Ne croyez-vous pas qu’il serait important que la décision soit prise de manière éclairée et réfléchie, plutôt que pour  »faire plaisir » à quelqu’un en disant qu’on a voté [oui ou non]? Et à l’opposé, il faudrait arrêter de juger les gens parce qu’ils ne savent pas où cocher.

Je me souviens que, quand j’étais toute petite, je pensais que les Québécois voulait se séparer physiquement du Canada. Dans ma tête d’enfant, plutôt que de me demander comment c’était possible, je m’inquiétais pour les provinces maritimes et le trou laissé entre elles et le reste du pays. C’était seulement des interprétations d’enfant, mais je me questionne maintenant sur ce qu’elles en pensent. S’identifient-elles plutôt au Québec ou au reste du Canada? Mais elles ne seront probablement jamais interrogées sur la question…

J’aimerais aussi ajouter une légère réflexion sur les immigrants,  »le vote ethnique ». Que ce soit pour fuir la guerre, refaire sa vie personnelle ou faire avancer sa carrière, on choisit d’immigrer dans un nouveau pays dans l’espoir d’améliorer sa condition de vie, en général, n’est-ce pas? Imaginez que vous êtes un tout nouveau citoyen canadien et qu’on vous dépose un bulletin de vote entre les mains, vous déclarant que la province que vous avez choisie veut se séparer du pays que vous avez choisi. Comme ça, sans explications, avec pour seul commentaire: c’est qu’on est différent du reste du Canada. Personnellement, j’aurais peur. Et plusieurs ont (eu) peur.

On explique jamais, en aucun cas, ce qu’est la souveraineté, en quoi ça rendrait notre province/pays meilleur(e). On rit des ignorants, mais on ne leur enseigne rien. On stigmatise les indécis en insinuant qu’ils connaissent la réponse, ils ont seulement besoin d’un peu de pression sur les épaules. Mais ce n’est tellement pas le cas! Plusieurs personnes, moi comprise, ne demandent qu’à être convaincues. Mais à l’aide de vrais arguments, de faits et de statistiques, d’exemples et d’arguments. Ce n’est pas à coup de  »nous ne parlons pas la même langue » que je choisirai mon camp.

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Crédits photo : (fleur de lys)(background)  ; Montage par Roxanne K

Je n’apporte aucune solution aujourd’hui, je ne fais que me plaindre, me direz-vous. Et vous avez raison. Je ne règle aucun problème avec mon petit article. Mais j’aurai peut-être, je l’espère, réussi à convaincre quelques personnes de s’informer plutôt que de se fier à des paroles qui font peur. J’aurai peut-être réussi à vous faire réaliser que tout n’est pas noir ou blanc dans cette question d’indépendance, qu’une très grande zone grise sépare les deux clans. Mais j’espère surtout que j’aurai fait comprendre qu’on ne nait pas [souverainiste ou fédéraliste]. Il faut se faire une idée, comprendre les enjeux. C’est bien mieux d’expliquer aux indécis que d’assumer qu’ils sont de tel ou tel bord.

Suis-je la seule à cocher peut-être? Quand avez-vous su que votre décision était prise et indéniable?

Grandir avec les vieilles

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Déjà en écrivant ces premiers mots, je me sens obligée de me justifier de l’utilisation des mots les vieilles dans mon titre. C’est comme si on avait une certaine pudeur à appeler les personnes âgées ainsi, que ce soit pour des questions de respect, de politesse et autres. Mais ce n’est pas le but de mon article, car le titre fait référence aux deux livres qui seront présentés dans cet article, soit Grandir de Sophie Fontanel et Les vieilles de Pascale Gautier. Loin de moi l’idée d’insulter ou de manquer de respect à ces personnes âgées, au contraire en choisissant ces deux livres, je me suis entièrement ouverte et laissée charmer par ces vieilles. J’ai ouvert mon coeur à un univers trop souvent non représenté en littérature (et comme partout ailleurs, on se souviendra qu’au cinéma, les femmes deviennent vieilles à 30 ans, contrairement aux hommes..)

J’utiliserai donc le terme vieille, comme le font les auteures de ces deux romans, pour vous faire découvrir des femmes -avant d’être des vieilles-, leur quotidien, leur passé, leur futur, ainsi que la façon dont on conçoit la vie, quand on est plus près de la fin que du début. Ça faisait plusieurs années que je voulais lire l’oeuvre de Sophie Fontanel dont j’avais pris connaissance lors de la sortie de son roman L’envie (que je veux vraiment lire d’ailleurs!). C’est en voyant Grandir dans une librairie, il y a quelques semaines, que je me suis laissée tenter par cette lecture. En ce qui concerne Les vieilles, c’est un simple coup de coeur. J’étais en train de lire Grandir et j’ai vu ce livre à la couverture rigolote, avec cette femme aux yeux magnifiques, et elle m’a fascinée par son petit sourire moqueur. Ensuite, j’ai réalisé que les deux livres mettaient en scène des femmes âgées et voilà, j’ai eu envie de vous faire découvrir ces oeuvres pour du moins, dans un article, rendre hommage à ces femmes si souvent oubliées.

Grandir

Assurément le plus touchant des deux (et celui que j’ai préféré). On y suit Sophie, l’auteure elle-même, dans ses derniers moments avec sa mère malade et vieillissante. La relation maternelle est tournée de bord, car c’est la mère qui devient l’enfant. Sophie se met à s’inquiéter continuellement pour sa maman qui vieillit et qui, parfois, oublie des choses. Elle passe son temps à rendre visite à sa mère, mais en même temps, elle se sent si coupable de la quitter et de la laisser seule par moments. La culpabilité est grande de réaliser que sa mère est seule et qu’elle a tant besoin d’elle. En même temps, c’est à ce moment-là que les deux femmes entretiennent la plus grande intimité et ce, malgré l’enfance. Sophie et sa mère deviennent intimes à tel point qu’elles arrivent à se parler franchement, de la vie comme de la mort, et à entrevoir ensemble un sens réel à cette existence.

À un moment, elle tombe et ne peut plus bouger et ce, jusqu’au retour de sa fille. Un grand rapport de dépendance se crée, mais ce rapport est si empreint d’amour et de résilience qu’on ne peut pas faire autrement que de souhaiter à tous de vieillir entourés de gens aimants et aimés. C’est rare que je lis des romans qui mettent en scène la vieillesse et par le fait même, la mort, et j’avoue que cela met dans un état pas super agréable, ça indique peut-être pourquoi on en parle presque pas….

Mais il faut y réfléchir, se positionner, se questionner, prendre les choses en main, en tant que société comme en tant qu’individu, car grandir, c’est une histoire de dévotion, d’amour et de profonde intimité.

Les vieilles

Dans Les vieilles de Pascale Gautier, le côté léger de la vieillesse, on le trouve assurément dans ce roman. Les habitants de la ville de Trou (oui oui) ont tous 65 ans et plus et vivent sous le soleil 365 jours par année. Les personnages sont colorés, peut-être même trop. Il y a la jeune retraitée de 65 ans, la sourde qui met la télé toujours trop forte, le vieux de 95 ans qui court les marathons, les vieilles qui se suicident et j’en passe. Étant un livre à la base pour rendre hommage à ces personnes âgées et pour les représenter autrement que selon les stéréotypes habituels, j’ai trouvé qu’il tombait un peu trop dans le farfelu et le loufoque. C’est divertissant, bien entendu, et léger et ça nous permet de rencontrer des personnages âgés différents, mais on reste un peu sur notre faim. Il est vraiment difficile de s’attacher aux personnages parce qu’on passe de l’un à l’autre. Même les passages les plus sensibles où on voit une vieille femme avec son fils qui se sent complètement délaissée par lui, car il agit avec elle comme avec une enfant. Ce fils agit comme s’il accomplissait une bonne action en invitant sa vieille maman à souper un soir par semaine et ça, ça devrait nous choquer et nous toucher, mais au final on se sent moyennement touché, tellement la scène est ponctuée d’humour (souvent pas très drôle). Pourtant, il y a un grand potentiel de raconter et d’exprimer des situations vécues par les vieilles, en alternant entre humour et sensibilité. Ce n’est pas un roman que je recommanderais à ceux qui ont envie d’une réflexion poussée sur le fait de vieillir, comme Grandir de Sophie Fontanel le permet, mais bien à un lecteur qui a envie d’entrer dans une ville multicolore où des personnages plus grands que nature se rencontrent.

Et vous, avez-vous déjà lu des romans qui mettent en scène des personnes âgées ? Trouvez-vous, comme moi, que les femmes, surtout, sont mises à part en littérature, tout comme au cinéma et dans plusieurs autres domaines, à cause de leur âge ?


Grandir, Sophie Fontanel, Laffont éditeur, 2010
Les vieilles, Pascale Gautier, Folio, Galliamard, 2010

Quand tu deviens une adulte trop vite

Je n’ai jamais été de ceux qui ont eu tout cru dans le bec. Je n’ai pas de parents riches. Je ne suis pas enfant unique. Il y a dix ans, on aurait pu me regarder en pensant que je n’irais pas très loin dans la vie.

Heureusement, j’ai de l’ambition.

Lorsqu’il m’arrive de dire que je suis la première universitaire de ma famille, j’ai droit à diverses réactions. Les gens sont étonnés, admiratifs et/ou outrés.

C’est qu’à 17 ans, j’ai quitté le cocon familial pour voler de mes propres ailes. J’en connais très peu des comme-moi et pour ceux et celles qui en font partie, je vous lève mon chapeau. Combien de fois m’a-t-on dit: Tous les jeunes que je connais qui ont quitté la maison aussi rapidement reviennent inévitablement chez leurs parents la queue entre les jambes?

Il y a sept ans, je me suis promise que ce ne serait pas mon cas.

À 24 ans, je suis donc totalement indépendante et fière d’être la seule responsable de ma réussite. Durant toutes ces années, j’ai payé mes études, mon loyer, mon épicerie, mon électricité, mon transport et mes dépenses personnelles, sans l’aide de qui que ce soit ou presque.

Bien entendu, il m’arrive de jalouser mes amis et collègues qui peuvent profiter pleinement de leur été puisqu’ils vivent encore chez papa-maman et que ceux-ci paient l’entièreté de leur étude. Cependant, je ne regrette pas mon choix. J’ai l’avantage d’avoir mon chez moi, de ne devoir de compte à personne et d’avoir appris à gérer des responsabilités.

C’est que je suis devenue une adulte trop vite.

Souvent, on me demande comment j’y arrive. Aujourd’hui, je vous réponds grâce à quelques petits trucs qui se sont avérés très efficaces dans mon cas, particulièrement lors de la rentrée scolaire, car concilier travail et études c’est un boulot à temps plein.

En cette fin d’août, je vous offre donc la possibilité de devenir une grande personne un peu plus vite, mais avec la sagesse en prime.

Les prêts et bourses

Au Québec, nous avons la chance de jouir de l’aide financière aux études. Ce service m’a été vital durant mes six années post-secondaires. Bien que plusieurs voient les prêts et bourses comme une dette, je persiste à penser qu’il s’agit plutôt d’un investissement à long terme, puisque c’est grâce à cet emprunt que j’aurai un métier, celui qui me plaît. Bien entendu, encore faut-il être éligible aux critères établis par le gouvernement. Vous pouvez obtenir cette information en utilisant le simulateur de calcul sur le site de l’aide financière aux études. Si vous êtes curieux, c’est ici. Si vos parents ont un revenu trop élevé pour que vous soyez éligibles aux prêts et bourses, ne vous découragez pas. Après un certain nombre d’unités acquis lors de vos études universitaires, vous serez reconnus comme indépendants et vous ne serez plus considérés à la charge de vos parents. C’est donc le moment où jamais de faire la grande demande. Et si on a de la chance, dans un avenir rapproché, nous prendrons exemple sur Terre-Neuve et nous n’aurons jamais à payer nos frais de scolarité puisque la gratuité scolaire remportera enfin son combat.

Faire un budget

Faire un budget, c’est facile. Ce qui est plus ardu, c’est de se garder un coussin (en bon vieux québécois). Dans la vie, on ne sait jamais ce qui peut nous arriver. On peut perdre son emploi du jour au lendemain. Ou avoir un bazou qui nous fait faux bond par un lundi matin. Il est donc toujours préférable d’avoir une petite poche secrète où sommeille un montant d’argent qui sert aux imprévus du quotidien. Vous pouvez commencer par 50$. Puis, vous rendre jusqu’à 100$ le mois prochain. Si vous pouvez vous permettre une plus grande flexibilité, allez-y pour 300$ ou même 500$. Lorsque vous aurez passé le cap du 1000$, je vous garantis que vous ne craindrez plus jamais les aléas du train-train routinier. Pour en arriver là, encore faut-il calculer. Prenons ma personne pour exemple. L’été, je travaille à temps plein et je suis payée aux deux semaines. Dès que je reçois ma paie, je soustrais à ce montant toutes les dépenses que je ferai jusqu’à la prochaine paie. On passe donc par le loyer, l’épicerie, les factures, les paiements préautorisés et les dépenses personnelles. Par la suite, il reste un montant (il faut qu’il en reste un, sinon c’est signe que vous ne gérez pas bien vos priorités). Dépendamment du coussin que vous vous êtes fixés, vous devriez toujours vous garder une petite somme pour vous gâter. Par exemple, si mon coussin est de 1000$ et qu’après toutes dépenses payés il me reste 1200$, j’ai une petite somme pour manger au restaurant, aller voir un concert ou boire une bière entre amis. Alors à vos crayons et à vos calculatrices, on sort les factures des deux prochaines semaines.

Travailler à temps partiel pendant l’année scolaire et à temps plein durant l’été

Les vacances? Qui a parlé de vacances? C’est l’énormité de la chose, mais parfois nous n’avons pas le choix. Personnellement, je ne pourrais pas me permettre de ne pas travailler, même avec l’aide des prêts et bourses, puisque je ne reçois aucune contribution parentale. Je suis donc dans l’obligation d’avoir un emploi étudiant. Ce n’est pas toujours facile, mais il est possible de concilier travail et études. Durant l’année scolaire, il faut d’abord prioriser les études. Ne jamais faire passer la jobine avant les résultats scolaires. Donnez un maximum d’heures à votre employeur et exigez qu’il ne vous en donne pas plus. Logiquement, vous ne devriez pas faire plus de 20 heures par semaine si vous êtes aux études à temps plein. Pendant l’été, vous pouvez choisir de travaillez 40 heures par semaine afin de pouvoir renflouer votre compte bancaire pour l’année scolaire à venir ou tout simplement augmenter très minimalement vos heures de travail afin de profiter au maximum des vacances d’été. Dans les deux cas, il y aura des sacrifices à faire, mais il paraît que c’est cela devenir adulte.

18871_257974153390_3673762_nUtiliser le transport en commun

Une voiture, c’est efficace. Mais elle se brise. Elle doit être dégivrée l’hiver. Elle doit pouvoir se stationner quand tu arrives de l’école à 18h parce que tu as été pris dans le trafic à l’heure de pointe. Elle boit beaucoup et elle coûte cher en essence. Alors, pourquoi ne pas emprunter le transport en commun? (je vous rappelle que c’est une Montréalaise qui écrit ce texte.) Vous payez une passe pour le mois et le tour est joué. Adieu les tickets de stationnement. Au revoir les interminables rendez-vous chez le garagiste du coin. Bonjour l’environnement et le porte-monnaie bien rempli.

Se garder une journée de repos pendant la semaine

Lorsque nous travaillons toute l’année, nous avons souvent l’impression de ne jamais vivre de moments de repos. C’est la raison pour laquelle il est important de se conserver une journée de congé par semaine sans boulot, ni cours. Il peut s’agir d’une journée où vous avancez des travaux à la maison. Vous pouvez également utiliser ce temps pour faire le ménage de votre chez vous afin de vous y sentir bien pour la semaine qui arrive. Mais vous avez également le droit d’en profiter pour ne rien faire du tout ou pour voir des amis, sortir, jouer aux jeux vidéos, faire l’amour… bref, mordre dans la vie à pleine dent.

Savoir distinguer le bon grain du mauvais

Il ne faut surtout pas vivre au-dessus de ses moyens. Pour se faire, il faut prioriser l’utilité. Les dépenses inutiles ne sont pas les bienvenues lorsque vous devez concilier travail et études. Les aspects vitaux doivent être au-dessus de la liste. On ne va pas au cinéma avec notre dernier 20$ si on n’a pas de pain ni de lait dans le frigo. Le gîte et la nourriture doivent donc être vos priorités. De plus, les excès peuvent mener à la perte. Il n’y a rien de mal à prendre une petite froide sur le balcon le vendredi soir, sauf si tu grattes tes cents pour payer celle-ci trois jours avant le paiement du loyer. En sommes, soyez des adultes et vivez selon vos moyens, non pas dans la luxure. D’ailleurs, la surconsommation ne fait qu’enrichir des multinationales qui n’ont pas besoin de nouveaux adeptes pour survivre.

Trouver des colocataires fiables

 Il peut être difficile de vivre seul, particulièrement si vous demeurez à Montréal. Partager un logement avec des colocataires peut s’avérer une solution efficace. De cette façon, vous pouvez choisir un plus grand espace et diviser les factures. Il faut tout d’abord que vous choisissiez des personnes fiables autant financièrement que moralement. Faites régulièrement des rencontres entre vous. Ne laissez personne devenir le chef de l’appartement. Vous devriez tous être rois en votre demeure. Divisez adéquatement et de façon juste les tâches ménagères. Assurez-vous que les noms de tous les colocataires se retrouvent sur le bail (truc pour ne pas vous retrouvez seul en plein mois de janvier). Plusieurs personnes décident de déménager avec des gens de leur entourage, ce qui peut être très agréable puisque les locataires se connaissent déjà bien. Petite mise en garde: déménager avec son meilleur ami ou sa meilleure amie n’est pas toujours une bonne idée. Il arrive que ce genre de décision brise des amitiés pour toute une vie.

Savoir se gâterIMG_2662

Et malgré tout, vous êtes jeunes et beaux. Vous avez le vent dans les voiles et vous avez le droit de vous gâter. Prenez du temps pour faire une activité qui vous plaît durant la semaine. Passez par une librairie de quartier et achetez vous un livre que vous pourrez savourer pendant une journée de congé. Flâner chez le disquaire du coin pour en ressortir avec de nouvelles mélodies à ajouter à votre Ipod. Parfois, il suffit de si peu pour nous rendre heureux.

Alors, pour tous ceux et celles qui n’ont pas foi en l’avenir, qui craignent de ne pas y arriver et qui ne comptent pas poursuivre des études postsecondaires, car il ou elle serait le premier de la famille, je vous dis: ALLEZ-Y. Fermons le clapet de ces gens qui sont surpris d’entendre dire que vous êtes le premier à poursuivre vos études. Mettez-en leur plein la gueule. Parce que l’ambition, elle, peut porter loin et faire des petits. Parce que vous avez toutes les stratégies à votre disposition. Il suffit de savoir lesquelles vous conviennent et de les utiliser à bonne escient.  Vous pouvez utiliser les quelques trucs proposés précédemment, mais vous pouvez également trouver vos propres astuces. D’ailleurs, l’étudiante à temps plein et l’employée à temps partiel que je suis, est bien curieuse de connaître les vôtres.

La bibliothèque des coeurs cabossés; un léger «feel good» suédois

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Il est difficile de ne pas craquer devant le titre et la couverture du premier roman de Katarina Bivald. Auteure suédoise, on est bien loin des polars qui caractérisent généralement la littérature scandinave – c’est un peu une généralisation, je l’admets, mais ma connaissance en la chose s’arrête là – La bibliothèque des coeurs cabossés est plutôt léger, avec un penchant pour la romance et les situations rocambolesques, ce qui en fait un compagnon plaisant pour les pluvieuses journées d’été.

Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…

Un roman sur l’amour des romans, une petite ville américaine, « des habitants attachants et loufoques », une correspondance entre une vielle dame et une jeune femme qui partagent un amour pour la littérature, ce livre a définitivement tout pour capter l’attention. Malgré tout, je n’ai pas été autant charmée que je l’aurais espéré. En fait, ce n’est que dans les 100 -150 dernières pages que j’ai vraiment pris goût à l’histoire et que j’ai commencé à apprécier ma lecture.

Quel est le problème donc? Le roman est placardé de clichés. Le personnage principal n’est pas très attachant et, à mon avis, partage un peu trop de similitudes avec la typique manic pixie dream girl Chacun des personnages secondaires est stéréotypé, je ne sais pas si c’est parce que la typique « petite ville américaine » est moins exotique vue du Québec que de la Suède, mais l’effet d’originalité n’y est pas.

La majorité des critiques sont pourtant bien encourageantes et positives face à La bibliothèque des coeurs cabossés  et je peux comprendre. Malgré les clichés, j’ai fini par m’attacher à l’histoire, j’ai aimé lire les extraits de correspondances entre Sarah et Amy et, surtout, j’ai apprécié la place qui est accordée aux livres dans l’oeuvre. Le livre se construit un peu de manière à ce que Sarah réalise que les belles histoires n’arrivent pas que dans les livres et que la vie peut parfois apporter son lot de  » happy endings », tout en accordant une superbe place à la littérature et à la philosophie qu’il y a un livre pour chacun de nous.

Somme toute, on se retrouve avec un roman amusant et accessible, qui plaît le temps d’une lecture, mais sans plus.

– Tu sens? L’odeur des livres neufs. Des aventures pas encore lues. Des amis dont on n’a pas encore fait la connaissance, des heures d’escapade hors de la réalité qui attendent.

Quand les livres prennent soin de nous : l’importance d’une bibliothérapie créative

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Ah ce petit livre, comme je l’ai désiré ! Je voulais tellement me le procurer, mais il semblait indisponible dans toutes les librairies que j’ai visitées. J’ai donc dû le commander et j’ai attendu près d’un mois pour enfin le tenir dans mes mains, mais je n’ai pas été déçue! Depuis plusieurs années, je crois aux bienfaits de la bibliothérapie. J’aspire dans ma vie de tous les jours à conseiller mes amis et ma famille à faire des lectures qui sont bénéfiques pour le coeur. Je fais partie de ces gens qui croient fermement à l’étendue des vertus de la lecture.

J’ai donc commencé ma lecture, déjà conquise par le sujet. Je connaissais Régine Detambel depuis quelques temps et je savais qu’elle offrait des conférences et des formations privées en bibliothérapie. Le rêve! En aprennant sur son site web qu’elle publiait un essai sur la bibliothérapie, j’étais déjà charmée! Avec Le fil rouge, je veux de plus en plus apporter cette approche qu’est la bibliothérapie. Les livres prennent soin de nous est le livre parfait pour comprendre de quelle manière un livre peut changer une vie. L’auteure dresse un portait historique de l’arrivée de la bibliothérapie. Pas très connue en Europe comme en Amérique du Nord, cette manière de concevoir les livres et la thérapie commence à être analysée et gagne en popularité. Quoique parfois on traite de bibliothérapie plutôt médicale que littéraire, l’auteure offre au fil de l’essai des exemples et des caractéristiques pour définir la bibliothérapie créative. 

Detambel porte aussi une attention particulière à expliquer tout l’intérêt de la bibliothérapie créative. Et c’est réellement ce qui me plaît. Loin des livres qui nous promettent le bonheur, les livres de psychologie populaire et les self-help books, mais plutôt comment la littérature doit venir en aide par la beauté de ses mots et de ses histoires. Elle est entièrement contre les publications psycho-pop dans le sens où cela n’est pas de la vraie bibliothérapie, ou du moins de la bibliothérapie créative. Je suis entièrement d’accord avec elle, rien ne peut remplacer et jouer le même rôle sur un lecteur qu’un bon roman, un poème, etc.

Même si je ne renie pas les bénéfices possibles des livres plus psy-pop, il n’en reste pas moins que lorsqu’on parle de bibliothérapie, on s’adresse à des oeuvres de fiction. Régine Detambel écrit dans son essai à quel point il serait frauduleux et faux de croire qu’un livre peut avoir le même effet pour chaque personne. D’où l’importance du bibliothérapeute. Ce dernier doit connaître des panoplies de lectures et faire preuve d’une extrême écoute envers la personne concernée. Il y a des tonnes et des tonnes de romans qui peuvent, tous à leur manière, offrir du réconfort ou une certaine lucidité. Or, ce n’est pas tous les gens qui réagissent pareillement vis-à-vis une lecture et encore moins qui ont besoin de la même oeuvre. Voilà toute la source de l’art du bibliothérapeute ; il y a des manières de comprendre, de découvrir, de savoir comment une personne peut être aidée par la lecture. À l’instar de la psychothérapie où le patient se confie à son psychologue, un bibliothérapeute se doit d’écouter et de tout faire en son pouvoir pour apercevoir les ficelles des moindres besoins littéraires comme thérapeutique du lecteur. Une des premières études réalisées sur les bienfaits de la bibliothérapie a été faite par Dr. Pierre-André Bonnet en 2012. Ce dernier a demandé à des lecteurs pourquoi certains livres leurs ont été psychologiquement bénéfiques. Les réponses ont été les suivantes  :

  • Comprendre, découvrir.
  • Réaliser que je ne suis pas seul
  • Un autre point de vue, angle de vision
  • Le livre est une aide importante
  • Lire est un voyage, une évasion, mais aussi une défense

Je trouve que la deuxième raison est, selon mon expérience de lectrice, une des plus fondamentales de la bibliothérapie. Réaliser que je ne suis pas seule, c’est ce que j’ai réellement ressenti en lisant L’attrape-coeurs de JD Salinger. Et oui, je vais encore vous casser les oreilles avec ce livre, mais c’est que dans cette lecture réside l’entité de mon parcours de lectrice, comme d’étudiante et aussi de femme. Je sais par expérience combien les livres peuvent changer des vies et cela me motive réellement à inspirer d’autres personnes à lire et à découvrir. Parce qu’il n’a rien de plus rassurant que de refermer un livre et se sentir apaisé, charmé, entier, compris et évolué.

En terminant, je conseillerais cet essai à tous ceux qui veulent partager leur amour des livres pour apaiser et apporter du bien-être à un lecteur. Même si je suis d’accord que la littérature n’a pas le devoir de toujours nous faire sentir bien et apaisé, je crois qu’il réside dans la bibliothérapie créative- donc dans les oeuvres littéraires – une réelle source d’épanouissement humain.

Connaissez-vous un peu la bibliothérapie créative ? Avez-vous déjà lu des livres qui ont eu des effets bénéfiques et thérapeutiques sur vous? 

« Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé » 
-Montesquieu