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Les monologues du vagin

eve-ensler-one-billion-rising-807x600Eve Ensler a tenu à rencontrer plus de 200 femmes pour parler de la relation qu’elles entretenaient avec leur vagin et ce, partout autour du monde. C’est ainsi qu’elle a  écrit  sa pièce de théâtre Les monologues du vagin en 1996. Cette féministe et auteure américaine a tenté de comprendre et de nommer autant les relations saines comme les malsaines que les femmes entretiennent avec leur propre corps et la violence que subit celui-ci. Dans Les monologues du vagin, elle s’est intéressée à rencontrer des femmes qui ont vécu des inégalités sociales, de la violence physique comme psychologique et des drames terribles. On y parle de tout ce qui concerne le vagin soit l’orgasme, la violence, la première fois, le viol, l’excision, la masturbation, les sex-toys, les règles, l’homosexualité et j’en passe.

Très activiste, Eve Ensler accorde une importance à l’aspect de communauté féminine afin de contrer les inégalités dont les femmes sont victimes. La création du V Day en est un exemple. Or, voilà pourquoi on y lit un grand espoir social de changer les choses. Que ce soit en lien avec la découverte de son propre corps qu’avec la dénonciation des violences physiques commises aux jeunes filles et aux femmes.

Le texte, à la base de la pièce, nous amène à rencontrer des femmes qui ont subit des tourments incroyables comme les plus simples banalités. Des femmes ayant été violées, excisées, agressées, battues et aussi, bien entendu, aimées. Eve Ensler ne censure rien dans les témoignages des filles, ce qui fait que la lecture est souvent difficile. Je pense aux histoires de viol, d’inceste et d’excision. Ces femmes sont des Combattantes du Vagin, comme elle les appelle, et c’est l’oeuvre d’Ensler de les faire entendre et de les amener à dénoncer.

« Ce qu’on ne dit pas devient un secret et les secrets souvent engendrent la honte »

Néanmoins, il y a de la lumière dans l’oeuvre. On y rencontre des femmes qui n’ont jamais pris conscience de leur sexualité et on les amène à découvrir leurs corps. Des femmes âgées découvrent leur clitoris et osent enfin regarder ce trou noir… comme elles disent! La relation que les femmes entretiennent avec leur corps est fascinante et me ramène à ne pas comprendre pourquoi il n’y a plus de cours d’éducation à la sexualité au Québec. C’est le manque de connaissances et d’ouverture d’esprit qui fait en sorte que les jeunes, comme les moins jeunes, ne sont pas conscients de leur propre sexualité, de leur corps et surtout, de notions fondamentales comme le consentement.

Il s’agit d’un texte court, frappant, inspirant, désolant et nécessaire. Eve Ensler est une femme que j’admire et j’aspire à vous faire découvrir d’autres de ses oeuvres dans un prochain article.  Je vous laisse  lire le manifeste écrit par elle-même en hommage aux Combattantes du Vagin lors du V-Day. Vous comprendrez mieux la noirceur comme la lumière dans son engagement féministe et politique.

Je me suis assise avec des femmes dans des usines décrépites à Juarez, dans des asiles délabrées au fin fond de petites ruelles au Caire, dans des centres de planning familial de fortune pour femmes et adolescentes à Jérusalem, Johannesburg, Pine Ridge et Watts, dans des villas à Hollywood, dans des jardins ravagés par le feu au Kosovo et à Kaboul, au milieu de la nuit avec des prostituées dans une fourgonnette roulant sur le périphérique à Paris. Parfois, ces rencontres se prolongeaient pendant des heures; une fois, avec une jeune esclave sexuelle bulgare de dix-sept ans, nous avons pu nous parler trente-cinq minutes avant que son maquereau ne vienne la chercher. J’ai entendu des histoires bouleversantes de violence – viols de guerre, viols dans des tournantes, viols en réunion, viols autorisés, viols familiaux. J’ai vu de mes yeux les stigmates de la brutalité – yeux au beurre noir, brûlures de cigarettes sur des bras et des jambes, un visage fondu, des bleus, des entailles, des balafres et des os brisés. J’ai vu des femmes vivre privées des choses les plus essentielles – la vue du ciel, du soleil, un toit, de la nourriture, des parents, un clitoris, la liberté. Je me trouvais là quand des crânes venaient s’échouer sur les rives des fleuves, et quand on a découvert des corps de femmes nus et mutilés dans des fossés. J’ai vu le pire. Le pire vit dans mon corps. Mais à chacune de ces expériences, toujours, j’étais escortée, transportée et transformée par un guide, visionnaire, activiste, combattant révolté et utopiste. J’ai appris à connaître et reconnaître ces femmes (et parfois ces hommes) pour ce qu’elles sont: des Combattantes du Vagin.

C’est Zoya, la première qui m’a emmenée dans les camps boueux des réfugiés afghans au Pakistan; c’est Rada qui m’a traduit les récits des femmes réfugiées, tandis que nous traversions la Bosnie déchirée par la guerre; c’est Megan qui a organisé et dirigé une manifestation pro-vagin sur un campus gelé dans le Michigan; c’est Igo qui faisait des blagues sur les mines pendant que nous roulions dans sa jeep sur les routes de l’après-guerre dans la région autour de Pristina, au Kosovo; c’est Esther qui m’a conduite sur les tombes marquées de croix roses à Juarez, au Mexique; c’est Agnès qui m’a ouvert le chemin, au milieu de jeunes filles massaïs vêtues de rouge, chantant et dansant, pour célébrer l’ouverture du premier refuge V-Day pour les jeunes femmes qui veulent fuir les mutilations génitales.

J’ai d’abord pensé que c’était une espèce d’individus assez rare, des femmes à part, qui avaient été violées ou qui avaient connu des souffrances telles qu’elles n’avaient plus d’autre choix que d’agir. Mais, après cinq années de voyages, et après avoir visité quarante pays, un modèle m’est apparu, celui d’une espèce en pleine évolution. Les Combattantes du Vagin sont partout. En ces temps de violence croissante et explosive sur la planète, ces Combattantes sont en train de générer un nouveau paradigme. Bien que, prises séparément, ces Combattantes du Vagin soient uniques au plus haut point, elles possèdent toutes certaines caractéristiques communes bien définies:

Elles sont acharnées, obsédées, passionnées, et surtout, on ne peut pas les arrêter. Elles ne sont plus retenues par les conventions sociales ou inhibées par des tabous. Elles n’ont pas peur d’être seules, elles n’ont pas peur d’être ridiculisées, elles n’ont pas peur d’être attaquées. Elles sont toujours prêtes à affronter n’importe quoi pour assurer la sécurité des autres. Elles adorent danser. Elles sont mues par une vision, et non pas menées par une idéologie. Elles sont citoyennes du monde. Elles chérissent l’humanité plus que la nationalité. Elles ont un sens de l’humour redoutable. J’ai vu une activiste palestinienne raconter des blagues à un soldat israélien qui pointait un fusil-mitrailleur sur elle, pendant qu’elle tentait de passer un point de contrôle. Elle l’a littéralement désarmé grâce à son humour.

Les Combattantes du Vagin savent que la compassion est la forme la plus profonde de la mémoire.Elles savent que ce n’est pas le châtiment qui fait cesser l’arbitraire. Elles savent qu’il est plus important de créer un espace où le meilleur peut se produire, plutôt que « de faire apprendre une leçon aux gens ». J’ai rencontré une activiste extraordinaire à San Francisco, une ancienne prostituée qui avait subi des sévices sexuels lorsqu’elle était enfant. À présent, elle collabore avec l’administration pénitentiaire et elle a crée un atelier thérapeutique, qui aide les proxénètes et les violeurs incarcérés à affronter leur solitude, leur insécurité et leur détresse.

Les Combattantes du Vagin ne seront plus jamais des victimes. Elles savent qu’elles n’ont de secours à attendre de personne. D’ailleurs, elles ne voudraient pas qu’on vienne à leur secours. Elles ont éprouvé la rage, la dépression, le désir de vengeance. Elles les ont transformé en deuil, et en besoin de servir. Elles ont affronté leur propre nuit. Elles vivent dans leur corps. Ce sont des bâtisseuses de communautés. Elles laissent tout le monde y venir.

Les Combattantes du Vagin ont une grande capacité à vivre avec l’ambiguïté. Elles peuvent, en même temps, avoir deux avis contraires sur la même question. J’ai pris conscience de cette qualité pour la première fois durant la guerre de Bosnie. Dans un camp de réfugiés, j’interviewais une activiste musulmane dont le mari avait été décapité par un Serbe. Je lui ai demandé si elle haïssait les Serbes. Elle m’a regardée comme si j’étais folle. « Non, non, je ne hais pas les Serbes, m’a-t-elle dit, si je devais haïr les Serbes, ça voudrait dire que les Serbes auraient gagné. »

Les Combattantes du Vagin savent qu’après la violence, le processus de guérison est long, et se déroule en plusieurs phases. Elles donnent ce dont elles ont le plus besoin, et en le donnant elles guérissent et redonnent vie à la partie blessée à l’intérieur d’elles-mêmes.Beaucoup de Combattantes du Vagin travaillent surtout sur le terrain, à la base. Parce que ce qui est fait aux femmes l’est souvent dans l’isolement et demeure secret, les Combattantes du Vagin oeuvrent à rendre visible l’invisible. Mary, à Chicago, se bat pour les droits des femmes de couleur, afin qu’elles ne soient plus méprisées ni soumises à la violence; Nighat a pris le risque d’être frappée d’indignité publique et de subir la lapidation au Pakistan pour avoir produit Les monologues du vagin à Islamabad, afin que ces paroles et ces émotions de femmes soient dites; Esther exige que les centaines de jeunes femmes disparues à Juarez soient honorées et ne tombent pas dans l’oubli. Chez les Indiens d’Amérique, un guerrier est quelqu’un dont la responsabilité première est de protéger et de sauvegarder la vie. La lutte pour mettre fin à la violence est une guerre permanente. Émotionnelle, intellectuelle, spirituelle, physique. Elle demande toute notre force, notre courage, notre acharnement. Cela signifie parler quand tout le monde dit de se taire. Cela signifie tenir la distance, pour qu’un jour enfin les coupables soient confrontés à leurs actes. Cela signifie exiger la vérité même si pour cela il faut perdre sa famille, son pays, ses amis. Cela signifie développer la force d’esprit nécessaire pour plonger et survivre dans les tourments que cette violence provoque et pour, dans cet espace dangereux, fait d’inconnu terrifiant, acquérir une sagesse plus profonde.

Comme les Vagins, ces Combattantes sont le centre de l’existence humaine, mais elles sont encore trop largement sous-estimées et anonymes. Chaque année, le V-Day sert à célébrer ces Combattantes du Vagin de par le monde. Ce faisant, nous voulons reconnaître ces femmes et rendre hommage à leur travail. Dans chaque communauté, il y a d’humbles activistes qui oeuvrent chaque jour, au coup par coup, pour détruire la souffrance. Elles sont assises auprès des lits dans les hôpitaux, elles font voter de nouvelles lois, elles scandent des mots tabous, elles rédigent des pétitions ennuyeuses, elles récoltent des fonds, elles manifestent ou défilent en silence dans les rues. Elles sont nos mères, nos filles, nos sœurs, nos tantes, nos grand-mères, nos meilleures amies. Toute femme a une guerrière en elle, qui attend de naître. Pour permettre à un monde sans violence d’exister, dans cette époque de danger et de folie grandissante, nous leur demandons de se montrer au grand jour. Qu’elles soient honorées et vues. Pour que, grâce à leur exemple, d’autres naissent encore et encore.

-Eve Ensler

Marchons pour l’égalité

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Le 8 mars se trouve à être la journée internationale des femmes. À chaque année, les mouvements féministes se retrouvent pour déterminer un objectif commun. Cette année, il s’agit de : «Libérez nos corps et nos territoires». Et plus précisément au Québec, nous toucherons un sujet d’actualité : l’austérité.

Si vous souhaitez participer à la marche organisée par l’organisme : Femmes de diverses origines je vous donne rendez-vous le 8 MARS à la PLACE NORMAND BETHUNE (métro Guy Concordia) vers les 13H.

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Pourquoi parler de féminisme en 2015? Parce que le féminisme restera toujours d’actualité, et parce que c’est nécessaire. Oui, nous avons gagné des combats, mais rien n’est coulé dans le béton. L’histoire le dit, nous avons gagné des droits, pour les reperdre et les regagner.

Nous avons tout à réapprendre. Puisque tout vient de notre socialisation. On s’entend tous pour dire que la femme et l’homme sont nés égaux? Super! Alors pourquoi dans les publicités, dans les films, les séries TV, dans la vie de tous les jours, je constate que le sexisme est normal? Non, je ne vois pas le mal partout, c’est seulement de porter de petites attentions. Ça semble anodin dit comme ça, mais ces petits commentaires peuvent être blessants et signifier qu’on s’en fout, alors que ça crée l’effet inverse.

Il est également question de ce que sont une femme et un homme. Des questions que le mouvement Queer tente de démystifier pour la population.

Pour le 8 mars, au Québec, c’est de l’austérité dont nous parlons. Parce que ce sont les femmes qui sont particulièrement touchées par ce phénomène. Par l’augmentation des services en garderie, les frais de scolarité etc. L’austérité touche en fait toute la population! Alors c’est un combat auquel je vous invite à participer!

« La tempête » de Gabriel Anctil : lecture de mars du défi littéraire

Après avoir lu La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen et Javotte de Simon Boulerice, nous sommes déjà rendus au mois de mars. Voilà pourquoi nous avons effectué un sondage pour savoir quelle sera notre lecture de mars. Les résultats ont été assez serrés, mais nous lirons La tempête de Gabriel Anctil ce mois-ci!

Bonne lecture! Et n’hésitez pas à venir nous dire ce que vous en pensez sur le groupe Facebook!

Pour vous joindre à l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, cliquez ici.

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r_673_sLe 5 janvier 1998, une tempête de pluie verglaçante s’abat sur le Québec. En l’espace de quelques heures, des millions de personnes seront privées d’électricité. Jean, quatorze ans, et ses parents, Marie et Louis, sont de ceux-là. Ils trouveront refuge chez la grand-mère de Jean dans le quartier Outremont, à Montréal, où habitent également son oncle Arthur et sa femme Manon. Ce qui aurait pu être une occasion de resserrer les liens familiaux se transforme vite en un huis clos intense et révélateur, où les masques tomberont un à un.

-Description des éditions XYZ

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La tempête, Gabriel Anctil

Les éditions XYZ, 2015
978-2-89261-906-5

Éléments clé pour un mode de vie plus durable

 

Ces derniers temps, je suis de plus en plus attirée par les modes de vie alternatifs du genre vivre sans déchets. Bien que je n’ai aucunement l’intention d’aller à cet extrême, je trouve tout de même l’idée très intéressante. Je n’aurais jamais la capacité, ni la patiente et le dévouement nécessaire pour, par exemple, ne produire qu’un simple pot masson de déchet en un an. C’est ce qu’a réussi à faire la jeune auteure du blogue new-yorkais Trash is for tossers.  Que vous soyez plus modérés ou que vous soyez prêts à faire le saut, ce blogue est une vraie source d’informations et d’inspiration pour tous ceux et celles qui s’intéressent à ce type de mouvement/mode de vie .

 

 

Après avoir fait quelques recherches, j’en suis venue à la conclusion qu’il y a moyen d’être conscient de nos déchets, d’en réduire la quantité  et, surtout, de consommer plus durablement sans pour autant se ruiner et changer son mode de vie du jour au lendemain.

Dans la cuisine

Dans la salle de bain

  • Bye bye aux lingettes démaquillantes et aux tampons démaquillants. Pourquoi ne pas se nettoyer le visage dans la douche ou bien avec une débarbouillette, tout simplement. Ça évite bien des petits déchets inutiles.
  • La coupe menstruelle. Karina vous en a déjà parlé ici , je pense que je n’ai pas à vous faire de dessin pour vous expliquer le pourquoi du comment.

Dans la vie de tous les jours

  • Éviter les produits sur-emballés
  • Éviter le gaspillage de nourriture (faire du bouillon de légumes avec vos légumes mous, acheter en plus petite quantité, etc)
  • Le compostage: je suis loin d’être une experte en la matière et, habitant au 3ième étage, je ne peux pas vraiment m’y adonner. Par contre, si vous avez une cours ou que votre arrondissement (à Montréal) offre les poubelles à composte, ça évite vraiment le gaspillage. Voici un petit document super intéressant fait par la ville de Montréal.
  • Bien faire le tri lors du recyclage
  • Les fameuses bouteilles d’eau/tasses à thé et café réutilisables, plus besoin d’en faire l’éloge.

Alors voilà, je crois que ces petits gestes peuvent faire une différence autant pour l’environnement que pour la conscience. Bien sûr, le tout nécessite un peu de planification, d’argent et de temps. Par contre, je suis convaincue que, en bout de ligne, ça fait la différence. Et vous? Est-ce un sujet qui vous intéresse? Quels sont vos gestes quotidiens pour un mode de vie plus durable? Je veux vous entendre!

 

 

 

Javotte de Simon Boulerice vu par l’équipe du fil rouge

photoDans le cadre de notre événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, nous avons lu le roman Javotte de Simon Boulerice! On vous invite à nous faire part, dans les commentaires, de votre lecture ou sur notre groupe Facebook Un livre québécois par mois où l’on discute de nos lectures, communes ou pas!

Ce roman, publié en 2012, est un peu une construction moderne du conte de Cendrillon avec la mythique soeur méchante, Javotte. En emmenant le lecteur dans une société des plus modernes avec des adolescents des plus normaux, Simon Boulerice a-t-il réussi à récréer le conte de fées de Cendrillon dans une petite ville au sud de Montréal?

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 Ce que j’en ai pensé 

J’ai lu Javotte en l’espace d’une soirée, tellement le personnage m’a fascinée. Javotte est incroyablement surprenante, on tourne les pages et on craint de plus en plus de ses gestes comme de ses pensées. Elle fait et pense des choses si violentes et méchantes, mais parfois aussi si singulières et attentionnées, qu’on ne peut faire autrement que de la trouver entière. Javotte souffre tellement au fond de la mort de son père et de son grand besoin d’aimer qu’on s’attache à elle et ce, malgré sa profonde méchanceté. Son si grand besoin d’attention m’a énervée par moment et j’étais exaspérée de la voir mettre tant d’énergie à faire du mal, sauf que cela ajoute au personnage. Je sais que plusieurs personnes ont trouvé le personnage trop « noir » pour continuer leur lecture, mais personnellement, c’est ce qui m’a donné envie de continuer. Je voulais comprendre la douleur de Javotte et surtout, j’ai craqué pour l’écriture. Un peu sous le genre journal intime, on entre entièrement dans les pensées (extrêmement dérangeantes!) de Javotte et on la laisse nous guider dans ses folies… L’humour noir créé par Simon Boulerice m’a faite rire, mais rire jaune. Il a un vrai talent pour avoir su créer un personnage adolescent si complexe et si détestable, mais pour nous avoir amené à l’apprécier et même à rire de ses pensées noires! Cette lecture m’a définitivement donné envie de lire Martine à la plage du même auteur!

Ce que Marjorie en a pensé 

Je crois qu’il faut un talent bien spécial pour mettre en scène un personnage tel que Javotte. Elle est détestable, horripilante et, plus que tout, destructrice. Ses raisonnements m’ont parfois laissée avec un goût amer dans la bouche tellement ils étaient étranges, malsains et méchants. Malgré cela, on peut percevoir, à travers cette cause perdue qu’est Javotte, une certaine vulnérabilité qui, loin de la rendre attachante, la rend tolérable le temps d’une lecture. J’ai vraiment aimé ce roman, quoi que j’en suis sortie un peu engourdie par les pensées et actions de la jeune fille. Simon Boulerice a sans aucun doute réussi à mettre du piquant, ainsi qu’une bonne dose de réalité, à ce vieux conte de Disney. À mon avis, la grande force de ce roman se trouve dans toute la construction des personnages, que ce soit Javotte, Anastasie ou bien Stephane. Aucun d’eux n’est laissé intact par le plume de Boulerice qui se place, avec ce roman, aux antipodes de ses romans jeunesse.

 

Ce que Karina en a pensé

Je peux commencer cette critique en disant que ce fut ma première lecture de l’auteur Simon Boulerice et que ça ne sera pas ma dernière. Les très courts chapitres et l’écriture vive de l’auteur m’ont beaucoup aidée dans l’appréciation de ma lecture. Je suis même presque triste que ma lecture soit déjà terminée (vite, je dois me procurer un autre Boulerice!). L’idée est simple: inventons une histoire contemporaine d’un célèbre conte, Cendrillon. Utilisons des personnages détestables: les belles-sœurs de Cendrillon, mais avant la rencontre de celle-ci. Je dois vous avouer que je croyais que nous allions rencontrer Cendrillon bien plus tôt. Comment dire? Javotte est… fascinante. Boulerice a très bien réussi son coup. Comment nous faire détester et aimer un même personnage. Javotte est loin d’être attachante, elle n’est faite que de pure méchanceté et c’est ce qui la rend si intéressante. Et avouons-le, elle est également une opportuniste. Bref, malgré le fait qu’elle soit détestable, nous souhaitons en connaître plus. Ce que j’ai le plus apprécié du roman est l’écriture imagée et remplie de références de Boulerice. Dans le roman, il est beaucoup question de plaire, d’acceptation et de beauté. Javotte tente d’être féminine, mais dans sa maladresse d’adolescente, elle en est incapable. Pour conclure, je ne peux que vous conseiller cette lecture à sujet parfois «trash», mais laquelle nous apprécions.

Ce que Louba-Christina en a pensé

Le côté sombre de la princesse.

Impatiente de lire mon premier Boulerice, je suis enchantée que Javotte soit le choix de lecture du défi En 2015, je lis un livre québécois par mois, pour février. J’ai décapité le roman licencieux et lacérant en quelques heures. Le livre clos, j’entame ici ma critique, encore tourmentée par les images marquantes de ce roman animé d’un souffle saccadé et d’une voix rafraîchissante et percutante.

Je connaissais de nom et d’image l’auteur prolifique Simon Boulerice et j’attendais que ce jour arrive, celui où j’aurais entre les mains un livre de cet être coloré que je ne peux qu’admirer et jalouser en même temps. Ne me demandez pas pourquoi j’ai attendu si longtemps, je n’ai pas la réponse.

Dès les premières lignes, j’ai entendu sa voix. Une voix toute là. La voix présente, d’un auteur vrai et audacieux. Bien sûr, j’ai laissé passer cette belle surprise pour me laisser prendre par le personnage de l’adolescente Javotte Tremaine, résidente d’un monde sans magie et d’un quotidien banal. Dans le premier chapitre, tout est là. Tout est dit, il ne nous reste qu’à apprécier et à nous laisser prendre au jeu.

Qui n’a pas un jour rêvé d’être une princesse ? Qui n’a jamais joué la comédie pour oublier un peu le sinistre de sa vraie vie? Qui n’a jamais entretenu d’idées assassines pour quelqu’un qui te vole la vedette? Et qui n’a jamais fantasmé sur le prince charmant? D’une manière ou d’une autre, on a toutes un petit côté conte de fées, certaines l’ont juste un peu plus que d’autres.

Tout au long du texte, j’ai pris plaisir à déroger de l’histoire pour penser à celle qui l’a inspirée, le conte de Cendrillon. D’où est extirpé un personnage d’arrière-scène, Javotte, pour l’occasion placée en premier plan, au «JE» de ce roman. Mais bien qu’elle soit mise à l’avant ici, Javotte reste de celles qui doivent user de beaucoup d’imagination pour être remarquées. J’apprécie énormément l’idée d’inventer une vie, une réalité intangible, à un personnage de l’ombre et d’être fataliste quand même en ne lui offrant que la moitié de son désir.

L’histoire est donc cousue sur celle que l’on connaît tous, avec une saveur d’aujourd’hui, de modernité, d’école secondaire, de trottoir en ciment, de désirs sexuels et de vengeances sans scrupules. Dès le départ, on se débarrasse du père dans un moment de presque beauté. Du cutex rouge sur une robe blanche. Et de grands éclats de rire. Javotte a une sœur, sa naïve cadette Anastasie. Leur mère, froide comme la glace est peu présente. Javotte déteste à en tuer une certaine Carolanne, présage d’une Cendrillon qui arrivera à la toute fin du récit. Le prince charmant, un certain Luc, n’est pas si charmant, heureusement il a une sœur qui le complète par sa gentillesse et son amour de débutante.

Le roman est composé de courts chapitres se liant l’un à l’autre, mais aptes à vivre l’un sans l’autre. Les phrases sont courtes, saccadées, c’est le souffle de la princesse qui s’essouffle à force de vouloir jouer la comédie et de croire de moins en moins à son rôle.

Je suis de nature très visuelle et ce roman de Boulerice est fortement illustré, de par la force des descriptions, la mention récurrente des couleurs (surtout que les sœurs Javotte et Anastasie, si on s’en souvient bien, sont différenciables par leur fétichisme aux couleurs vert et violet).

Finalement, ce que j’aime du personnage de Javotte, c’est qu’elle est l’actrice de sa vie et elle connaît son rôle. Elle se fait tout de même rattraper par la vraie vie et elle se satisfait de ce qu’on lui donne.

Je crois que vous pourriez aussi aimer Ma belle blessure de Martin Clavet et Les sangs d’Audrée Wilhelmy, pour le besoin de fantasmer une vie ridiculement banale et à chercher la beauté dans la douleur et dans la cruauté humaine.

 Questions pour susciter la discussion

1-Qu’avez-vous pensé du personnage de Javotte? Vous a-t-elle semblé incroyablement méchante ou vous avez ressenti de la compassion pour elle?

2- La relation de Javotte avec sa soeur Anastasie vous a-t-elle rappelé celle de Cendrillon avec sa méchante belle-soeur?

3- Qu’est-ce que la sexualité dans Javotte a suscité en vous? De l’étonnement? Du dégoût? De l’inquiétude?

4- Souhaiteriez-vous une suite?

5- Que pensez-vous des décisions de vengeance du personnage?

6- Lirez-vous un autre Boulerice ou avez-vous déjà lu un de ses romans?

7- Irez-vous voir la pièce de théâtre adaptée du roman?

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Source : site web du Théâtre Denise-Pelletier

Pour les fans de Javotte, une adaptation théâtrale de la pièce a été créée, au Théâtre Denise-Pelletier.  Les représentations auront lieu fin mars et début avril, cliquez ici pour connaître les dates et pour acheter vos billets!

La place du féminisme en Chick Tv : Sex and the city et Girls

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Dans mon cours de Culture populaire, la session dernière, j’ai fait un travail qui consistait à comparer le féminisme, la sexualité, l’écriture, la consommation et l’argent dans la série Girls et la série Sex and the city. J’ai eu envie de vous parler un peu de la différence entre le féminisme dans Sex and the city et dans Girls, car je suis persuadée que des fans de ces deux séries de Chick Tv se cachent en vous! Et ce, même si c’est votre petit plaisir coupable…

Tout d’abord, il serait absurde de nier la place du féminisme dans ces deux séries. Elles sont, à leur façon, féministes, autant dans les thèmes qu’elles utilisent que dans la construction même des personnages principaux. En commençant du côté de Sex and the city, il est clair que les quatre femmes, Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda, ont quelque chose à apporter au féminisme. On peut penser au fait que Samantha vit sa vie sexuelle sans se soucier des idées préconçues liées aux valeurs traditionnelles. Toutefois, les quatre personnages offrent des visions simplistes des femmes. À quatre, elles représentent toutes les facettes des femmes, mais individuellement, elle ne représente qu’une parcelle des femmes. Par exemple, l’amoureuse, la carriériste, la bombe sexuelle et la fille ordinaire. Ainsi, la série contribue à réduire les femmes selon des standards et ne représente pas réellement les femmes individuellement. Ces archétypes féminins ne sont pas entiers et représentent que des aspects d’une femme.

C’est cet élément qui fait en sorte que Sex and the city est connu pour ses questionnements face aux personnages. Qui suis-je ? Une Charlotte mélangée à une Miranda ou une Samantha mélangée à une Carrie? Chaque spectateur de Sex and the city se retrouve confronté à ces questionnements. Dans Girls, dès le premier épisode, le personnage de Shoshanna fait une référence à Sex and the city en parlant des personnages avec Jessa :

 « You know you’re funny, because you’re definitely like a Carrie, but with some Samantha aspects, and Charlotte hair. That’s like a really good combination. I think I’m definitely a Carrie at heart, […] »

Dans le même épisode de Girls, on voit la moitié d’une affiche du film de la série, ainsi on peut comprendre la référence nette à Sex and the city, mais on peut aussi comprendre que, non seulement les actrices de Girls n’ont pas besoin de connaître la série, mais surtout, que Sex and the city est à moitié représenté dans Girls : 

« Les ladies auxquelles les Girls s’opposent, dans l’univers de Dunham, sont celles de Sex and the city, un intertexte installé dès le premier épisode et noté par nombre de critiques. La comparaison était inévitable. (1)»

Sex and the city est malheureusement basé aussi sur l’idéal du patriarcat. La série repose entièrement sur la finale, soit le mariage de Carrie. C’est l’union avec Big qui viendra boucler sa quête personnelle et identitaire. On se souviendra que Carrie débute chaque émission en se questionnant sur les relations amoureuses ou sexuelles. Or, la série se termine au moment où elle aura atteint l’idéal, soit le mariage. Comme si elle n’avait plus de questions à se poser!

Les trois autres personnages principaux ont aussi cette idée inconsciente que c’est la relation de couple qui parviendra à les satisfaire et les combler entièrement. Même le personnage de Samantha, qui résiste longuement à l’idée même, flanchera. Il est donc clair que la série offre des images de femmes émancipées (ce qui est fort important), mais que celles-ci restent néanmoins dans des idéaux patriarcaux. (Notons aussi que la série a débuté en 1998 et qu’elle ne passe même pas le test de Bechdel!)

Du côté de Girls, série crée en 2012 par la réalisatrice Lena Dunham, qui joue aussi le rôle du personnage principal, Hannah, représente davantage les valeurs du féminisme contemporain. Tout d’abord, Hannah et ses trois complices, Shoshanna, Marnie et Jessa, sont des femmes multidimensionnelles et complexes qui représentent bien les filles d’aujourd’hui… Voilà un élément très important entre ces deux séries, dans Girls on s’adresse à des filles, tandis que Sex and the city s’adresse à des femmes et :

« Le titre choisi par Dunham pour sa série est un méta-titre, une abstraction. Un titre, au fond, qui ne nomme rien d’autres qu’une catégorie: celles des filles. Impudiques, iconoclastes, irrévérencieuses, imprévisibles, imparfaites et maladroites, on les voit avancer dans la vie un petit ratage à la fois : «Je pense que je suis la voix de ma génération, dit Hannah à ses parents, ou au moins une voix d’une génération.(2)»

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Elles sont aussi en constante évolution pour devenir des femmes/filles plus épanouies individuellement. L’idée de l’atteinte du patriarcat n’y est pas. Cette façon d’avoir construit ces quatre personnages en dit longuement sur l’authenticité et la réalité des filles de Girls. Les spectateurs s’entendent pour affirmer que, dans Girls, ce sont de vraies filles. Lena Dunham, actrice, réalisatrice et auteure de la série, a désiré représenter une génération réelle de filles prises entre deux visions, celle de vouloir grandir et celle de vouloir rester de jeunes filles. Effectivement, Dunham présente des filles et ce, de manière jamais idéalisée. Le spectateur est confronté souvent à détester les personnages (tout en continuant de s’identifier à elles).

Par exemple, Hannah représente la fille un peu torturée qui se trouve à être extrêmement égoïste et centrée sur elle-même à certains moments. Cette façon de représenter des filles normales témoigne le soucis de réalisme et d’authenticité dont fait preuve la série. En Chick Tv, il est rare de voir autre chose que des filles dignes des grands magazines, tout comme il est très rare de voir des décors normaux et anodins. Or, Dunham nous présente des personnages, dont Hannah, qui ne correspondent pas au stéréotype corporel que la société se fait d’un personnage principal de série. Il en est de même pour ses vêtements qui sont ordinaires et pour son appartement qu’elle partage avec son amie Marnie. Girls est déglamourisé, au contraire de Sex and the city qui apportait une importance particulière à la mode et à la décoration, symboles de richesse et de réussite. Dunham et son personnage de Hannah apportent une fraicheur dans le monde de la télévision et ce, surtout face à son refus des normes. On déglamourise tout dans Girls: les carcans liés à la beauté féminine, la sexualité, la place de l’argent, la relation amoureuse, on y montre les vraies affaires.

Bref, la comparaison entre Girls et Sex and the city est évidente, ne serait-ce que par le fait qu’on suit les aventures de quatre personnages féminins à New-York. Toutefois, il est évident que les deux séries ont des publics cibles différents, soit des filles et des femmes. Le féminisme véhiculé dans ces deux séries ne se rejoint pas en revendications et ni en temporalité… mais elles sont toutes les deux divertissantes à regarder!

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Références
1 DELVAUX, Martine, Les filles en série, des Barbies aux Pussy Riot, Les éditions du remue-ménage, 2013 p.181 p.184
2. DELVAUX, Ibid, p.182

« Les Ignorants »: coup de coeur d’une initiation croisée

Mon colocataire, originaire de la région d’Anjou en France, m’a un jour parlé de sa rencontre mémorable avec un vigneron du coin, Richard Leroy, dans une soirée de famille où le vin coulait à flots. Il me l’a décrit comme étant un homme particulièrement ouvert et très curieux de l’avis de chaque dégustateur de vin, peu importe son bagage oenologique. Il se fout des classements, des prix et des conventions du métier mais porte une attention égale aux commentaires du débutant comme à ceux d’un grand connaisseur, car pour lui, l’amour du vin n’a pas de hiérarchie et chaque palais est à prendre en compte.

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Amoureux de la nature et des choses bien faites, méticuleux et très exigeant, Richard prône bien plus la qualité que la quantité. L’amour, la patience, la richesse de la terre, l’influence du vent et du soleil sont pour lui les éléments fondateurs dans le processus de production de son vin. Confiant envers Dame Nature, il refuse tout engrais, levures, produits phytosanitaires et réduit la quantité de souffre à 20mg par litre (contre une utilisation de 100 à 180mg par litre utilisé par 95% des oenologues français…). Cet artiste de la vigne ne jure que par l’agriculture biologique et la biodynamie, seules pratiques à même de ne pas polluer la Terre et de ne pas dénaturer le terroir.

« Travailler la vigne le plus simplement possible car le vin n’est rien d’autre que du raisin fermenté » – Richard Leroy

Mon colocataire m’a, par la suite, appris qu’une bande dessinée avait été faite récemment sur ce vigneron par un de ses amis dessinateur. Et ma curiosité en fut titillée…

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« L’homme est un animal social. Et puis, en tant que scénariste, j’aime les récits dont l’énergie est fournie par la cohabitation d’un groupe d’individus différents. Je ne me lasse pas de dessiner ça. » Etienne Davodeau

C’est dans les vignes et les caves de Richard que l’auteur de bandes dessinées Etienne Davodeau s’est immergé pendant plus d’une année, découvrant les joies de la taille, le travail de la vigne et la tonnellerie. À son tour, Richard s’est plongé dans le monde de la bande dessinée, entraîné dans les festivals de BD, séances de dédicaces et visites chez l’imprimeur. De cette initiation croisée est né Les Ignorants, récit documentaire emprunt de passions débordantes, de coups de joies et de coups de gueule, où deux ignorants échangent leurs savoirs-faire et découvrent les nombreuses similitudes qui réunissent ces deux métiers.

« J’ai savouré ces balades chez les vignerons que nous avons visités. Ce sont tous des mecs entiers, loyaux, des amoureux absolus de leurs terres et de leurs vins. D’authentiques hommes libres. Emmener Richard chez des auteurs a aussi été captivant. Nous avons passé des heures à explorer les raisons qui nous poussent à faire ce que nous faisons. Ça a été des heures de conversation passionnante, dont j’ai essayé de retranscrire la teneur. » Etienne Davodeau

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Cette bande dessinée est un réel coup de coeur. L’auteur nous touche par les petits détails qui font tout, l’honnêteté de se retranscription, les dialogues plein d’humour, les moments complices, les rencontres avec les grands noms du dessin et les amoureux de la vigne, les discussions enrichissantes, humaines et simples. Nous sommes au coeur de la vie, de l’amour des choses, de la simplicité d’être, le savoir vivre, le savoir savourer et apprécier.

Dans ce livre, l’ignorant est plein d’innocence et apprend à découvrir la beauté cachée de la vie dans des recoins qui lui étaient jusqu’alors inconnus.

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Le contentement, question de lâcheté ou d’acceptation?

Quand je pense à contentement, je pense aux phrases du style «contente toi donc de ce que tu as», «ha, lui il n’est jamais contenté». Avec ce type d’affirmations en tête, il est facile de voir le contentement comme quelque chose à portée négative. Il est aussi facile de se dire que se contenter de ce qu’on a, qu’on soit heureux ou non avec cela, ne permet pas de chercher plus, de chercher à se dépasser. Que c’est être bien tout en étant stagnant.

Je suis de celles pour qui le gazon semble toujours plus vert chez le voisin, faute de meilleure expression. Je suis de celles qui voyaient le contentement comme quelque chose de négatif et surtout, comme un acte lâche et las quand, en fait, c’est beaucoup plus que ça.

J’ai découvert ce que j’oserai appeler la «philosophie du contentement» à travers le tout dernier Ebook gratuit de Leo Babauta, auteur du blogue Zen habits. Je dois, dans un premier temps, confesser mon amour pour ce blogue que j’adore et qui me guide (woah c’est peut être un peu fort comme mot) dans bien des changements de perspectives. Bref, maintenant que c’est dit, passons au livre. L’Ebook s’appelle The little book of contentment et c’est, selon la description «A guide to becoming happy with life & who you are, while getting things done» Déjà là, peut-on s’entendre pour dire que pour une si simple phrase, on en promet beaucoup.

Concrètement, l’auteur aborde toute cette idée du contentement comme étant une manière d’être bien avec qui on est, ce qu’on a et ce qui nous entoure. Il parle du contentement comme étant aussi cet état d’esprit qui permet d’être un peu plus en paix avec soi et de se concentrer sur son propre gazon au lieu de perdre son temps à jalouser celui du voisin. Mais ce n’est pas tout, l’idée intéressante relève du fait qu’il tient vraiment à faire comprendre que le contentement n’est pas un état d’esprit stagnant mais, bien au contraire, une façon de voir les choses qui permet de mieux avancer et de mieux se concentrer sur le positif.

Dans The little book of contentment, Babauta aborde, entre autre, ces sujets :

  • Le contentement ne veut pas dire qu’on ne fait rien
  • Se comparer à ce qu’on n’a pas ne sert à rien
  • S’aimer soi-même et essayer de trouver le bonheur à l’extérieur de soi
  • L’importance de nos réactions face aux actions des autres et la jalousie face aux autres.

La liste des chapitres est longue et ces quatre points ne sont que quelques exemples de ceux que j’ai particulièrement aimés.

Dans The little book of contentment, tout est écrit dans un optique très concret, pas question ici de parler de spiritualité. L’auteur se base sur le quotidien, les expériences de la vie et les situations communes pour donner des exemples et conseils pratiques.

Depuis que j’ai lu ce livre, j’essaie vraiment d’être plus consciente et d’apprendre à aimer ce que j’ai, à apprécier, sans pour autant rester dans de mauvaises situations en me disant que je devrais m’en contenter, là est la différence.

Je tenais à vous en parler parce que je sais que je ne suis pas seule à envier un peu trop ce que les autres ont en ne portant pas attention à ce que j’ai. Toujours tout comparer n’apporte définitivement rien de bon et apprendre à apprécier ce qu’on a et ce qu’on est pour leur valeur intrinsèque vaut bien plus que de perdre son temps à vouloir et envier ce qu’on a pas, non ?

P.s : Le livre est seulement offert en version originale, en anglais. Par contre, le niveau de l’anglais y est assez basique pour bien comprendre sans être billingue-anglophone-étudiant en traduction-…

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Parlons projet de vie, le vôtre c’est quoi ?

Dernièrement, j’ai décidé de passer plus de temps sur mon moi-même. C’est assez égocentrique de dire ça de nos jours, quand tout le monde pense et parle de donner davantage au suivant, mais je pense qu’avant de donner aux autres, c’est important de se donner à soi.

C’est assez la mode le développement de soi par les temps qui courent. On n’a qu’à penser à tous les livres qui sont publiés à ce sujet chaque année. Personnellement, je suis de ceux et celles qui dévorent les livres de croissance personnelle, et ce, depuis très longtemps. J’en ai près d’une trentaine de lus à ce sujet, si ce n’est pas plus. Le dernier de ma collection est le récent livre d’Oprah Winfrey, « What I know for sure » ou  « Ce dont je suis certaine » en version française,  que l’on m’a fortement conseillé et dont je vous ferai la critique sous peu.

Plus récemment, pour m’aider dans mon cheminement, une personne très précieuse à mes yeux (allô Sophie!), m’a invitée à faire l’acquisition d’un cahier pour y noter mes pensées et répondre à des questions de base dans ma vie afin d’y voir plus clair. Pour ma part, mon projet de vie consiste à trouver ma véritable passion, mais votre projet peut être différent du mien.  J’ai commencé l’exercice avec sa liste de questions et j’avoue que c’est intéressant tout ce que ça crée dans mon cerveau. Je vous avertis, cela peut créer une forte dépendance, mon cahier ne me quitte plus depuis!

Voici la liste des questions, si vous avez envie de faire l’exercice à votre tour (certaines sont plus difficiles que d’autres à répondre, vous verrez.);

  • Ce que vous aimez dans la vie en général (vos intérêts, les gens,  les traits de personnalités, à propos de vous, ratissé le plus large possible, dans mon cahier, j’ai même mis les saisons!),
  • Ce que vous n’aimez pas dans la vie en général (même chose),
  • Vos 3 mentors (les gens les plus influents dans votre vie, que vous connaissez personnellement ou non),
  • Ce qui vous rend vraiment heureux (les moments surtout),
  • Ce qui vous rend vraiment malheureux (même chose),
  • Votre emploi de rêve (si vous n’aviez aucune limite d’argent, temps ou autre),
  • Ce qui vous empêche d’y accéder,
  • Votre empreinte (ce que vous aimeriez que les gens se souviennent de vous après),
  • et finalement, commencez à écrire votre « Bucket list ».

Pour ceux qui ne sont pas au courant du phénomène de la  «Bucket list», il s’agit en fait de mettre sur papier une liste de l’ensemble des choses que vous aimeriez réaliser au cours de votre vie. Il peut s’agir de choses banales ou de choses exceptionnelles. Dans la mienne par exemple, je mentionne que je souhaite mettre un pied sur chaque continent, mais je mentionne également que je souhaite m’acheter une paire de soulier Louboutin. Chacun ses choix, haha!

D’ailleurs à ce sujet, j’ai lu un roman en début d’année qui fait l’éloge de la fameuse «life list / Bucket list». Le titre est «The life list (justement, très original je sais!)» ou «Demain est un autre jour» en version française de Lori Nelson Spielmann. Ça peut être un bon début pour vous mettre dans l’ambiance. Ce livre, c’est un vrai bonbon et voici le résumé en quelques phrases: Brett Bohlinger apprend à la mort de sa mère que celle-ci ne lui a pas légué l’héritage qu’elle attendait. Sa mère, la propriétaire prospère d’un empire de cosmétique, lui offre plutôt la chance de se retrouver et réaliser la «life list» qu’elle avait écrit à l’âge de 14 ans. Pour toucher sa part de l’héritage, elle aura un an pour réaliser l’ensemble de cette liste, mais Brett à bien changé depuis ses 14 ans et craint de ne pas pouvoir y arriver. Tout au long de l’histoire, lorsque Brett réussira une étape, le notaire responsable de l’héritage lui remettra une lettre de la part de sa mère pour souligner son avancement dans la liste (certaines m’ont même fait verser quelques larmes, grande sensible que je suis!). Évidemment, comme il s’agit d’un bon livre de filles, vous vous doutez après le premier chapitre que la fin sera heureuse, mais le livre m’a amenée à me questionner davantage sur moi par la suite. Est-ce que la fille de 14 ans que j’étais serait fière de celle que je suis devenue aujourd’hui?  Hélas, je ne suis pas comme Brett, je n’avais pas fait cette liste à 14 ans, mais il n’est jamais trop tard pour la commencer !

Alors on s’y met et on travaille sur soi en 2015?

Qui sait, peut-être que ça rendra l’année 2016 encore plus merveilleuse!

Traduire l’angoisse en images

« This too shall pass. »

Dans la vie, j’angoisse. Big time. (Et, par hasard, j’ai trouvé dans la gang du Fil Rouge une bande de filles qui comme moi, « anxiète » souvent. Allô les filles!). Mais ce n’est pas de ça dont j’aimerais vous parler. Catherine Lepage, artiste visuelle originaire de la région de Québec, a publié en 2007 et 2014, les bouquins 12 mois sans intérêt et Fines tranches d’angoisse, tout deux traitant de la dépression et de l’angoisse. 

 12 mois sans intérêt

Ce premier livre, sous titré « Journal d’une dépression » relate une épisode de dépression qu’a vécue l’auteure. La force des romans graphiques réside dans l’agencement parfait des images et des courtes phrases, et ça, Catherine Lepage le maîtrise parfaitement. Les mots font échos aux images et vice-versa. Les images parfois comiques, toujours ludiques, sont en adéquations avec le sujet très sérieux. Tout n’est pas noir et, par chance, Lepage réussit à poser un regard critique très juste sur sa situation, sans se victimiser et sans tomber dans les clichés que l’on entend toujours sur la dépression. J’ai particulièrement aimé les dernières pages où l’espoir renaît, et où l’on comprend que malgré tout, il est possible de s’en sortir.

Fines tranches d'angoisse

@lizalo (Instagram)

Fines tranches d’angoisse

On ne sait pas toujours comment ça fonctionne dans le cerveau d’une personne anxieuse. Pour ma part, je crois que l’anxiété naît d’un dérèglement du processus de pensée, comme si le cerveau était sans cesse en mode « panique », alors qu’il n’y a aucune menace à l’horizon. Dans Fines tranches d’angoisse, l’auteure a su mettre en images des sentiments si difficiles à expliquer avec des mots, même pour ceux qui vivent de l’anxiété chaque jour. Je conseille d’ailleurs la lecture de ce livre à tout ceux qui aimerait comprendre un peu mieux un proche qui ressent de l’angoisse. Certes, la clé du contrôle de l’anxiété ne s’y trouve pas, mais parfois ça fait seulement un peu de bien savoir que nous ne sommes pas seuls à se sentir ainsi.

 


Fines tranches d’angoisse,  Catherine Lepage. Éditions Sommes toutes, 2014.

12 mois sans intérêt, Catherine Lepage. Mécanique générale, 2007.