All posts tagged: Adolescence

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John Green conquiert à nouveau notre cœur avec Tortues à l’infini

J’ai toujours un peu souffert d’anxiété, ce n’est un secret pour personne… mais ça l’a déjà été pour moi. Quand j’étais adolescente, je me demandais constamment si c’était normal, de ressentir autant les émotions, d’avoir besoin de me retrouver seule aussi souvent (quitte à aller m’isoler dans un cubicule du département de musique de ma polyvalente pour être loin des gens, du bruit et des situations sociales). J’angoissais à l’idée d’aller dans des partys (durant lesquels je finissais quelques fois dans un coin, à écouter de la musique sur mon disque-man pour me couper des gens et « recharger mes batteries »). J’aurais aimé tomber sur un auteur aussi compréhensif que John Green pendant mon adolescence. Je dois avoir lu absolument toute son œuvre, et chaque fois, je me reconnais un peu dans ses personnages qui sont si foncièrement… humains. Avec des doutes, des défauts, des peurs, et, dans le cas du personnage principal de son dernier roman Tortues à l’infini, de troubles obsessifs compulsifs dus à une grande anxiété. Aza est une adolescente qui souffre d’une …

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Oh, Billie

Je lis en marchant. Ça fait toujours réagir les gens. On m’arrête souvent pour me demander comment je me débrouille ou si je n’ai jamais eu d’accident en pratiquant cette activité controversée. Vous serez peut-être surpris de l’apprendre, mais j’arrive à lire tout en anticipant la présence des obstacles, les feux rouges ou les gens à ne pas bousculer. Lire en marchant, sans jamais faire d’accident, j’en étais plutôt fière. Jusqu’à Maxime. Par trois fois, lors de ma lecture, j’ai failli. Un poteau d’arrêt, un cycliste et un piéton qui marchait dans ma direction ont risqué un face à face malheureux avec ma personne, trop captivée par les mots que je dévorais. Parce que je n’arrivais pas à détacher mes yeux de ce roman aux couleurs vives et attrayantes — le troisième, et dernier, de la trilogie de Beauchesne, qui met de l’avant le personnage attachant de Billie Fay — mes superbes statistiques sont tombées à l’eau. Dans ce troisième tome, Billie déménage avec sa meilleure amie, poursuit le Cégep, vend des grilled-cheese dans un …

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L’unE pour l’autrE : ensemble, envers et contre tous

Il y a quelques mois, nous avions reçu, en service de presse, un roman graphique bien intrigant. D’un trait foncé, gras, au plomb, l’œuvre de l’auteure et illustratrice Hilding Sandgren m’avait alors transportée dans l’univers de trois pré-adolescentes aux sens éveillés qui ne savaient pas encore faire la différence entre jeux d’enfants, caresses non-désirées et limites. C’était fort et doux à la fois, violent et touchant. J’ai donc été agréablement surprise lorsque nous avons reçu la suite de Ce qui se passe dans la forêt, L’unE pour l’autrE. Dans cette suite, on retrouve les trois mêmes personnages, quelques années plus tard. Aïda, Marlène et Tess ont 16 ans et font l’expérience de la vie, ensemble ou chacune de leur côté. Encore plus que dans le premier tome, c’est l’amitié qui a le rôle principal. Une continuation  J’avais quelques réticences, sachant que la mauvaise traduction très franchouillarde m’avait déplu auparavant. Ce fût aussi le cas dans l’unE pour l’autrE. C’est destiné à un public très européen et ça parait. Mais bon, une fois qu’on s’y attend, on …

La fin de l’innocence

L’été est une saison unique. Chaque année, elle nous tient en haleine par son imprévisibilité. C’est elle qui anime les conversations et les espoirs de chacun. Elle marque la fin de l’hibernation et le début d’un souvenir ancien. Elle se dissocie des trois autres par sa légèreté, ses chaleurs et ses nuits sans fin. C’est le temps des glaïeuls, de l’amour et de la nouveauté. Je garde un souvenir précis de mes étés de jeune adolescente. Ces 2 mois qui nous semblent éternels et qui nous dissocient de la tempête qui gronde entre les casiers de la jungle du secondaire. C’est le seul moment où rien ne nous oblige à quoi que ce soit. Pas besoin de fuir, de faire semblant, de survivre. C’est la possibilité infinie de slush, de premières bières et de marathon THE O.C. (j’avais une belle vie, eh oui). C’est être soi-même complètement, et c’est se découvrir à travers nos propres yeux. 

C’est aussi la fin de l’innocence, l’éveil des sens et de l’émancipation. C’est s’opposer à toute figure parentale, être …

Relire la série « Le Roman de Sara » d’Anique Poitras à 28 ans #jelisunlivrequébécoisparmois

Je ne sais pas pour vous, mais lorsqu’un auteur me marque particulièrement, c’est comme s’il faisait partie intégrante de ma famille. Le tout est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un auteur qui m’a marquée pendant ma jeunesse, car on dirait que les récits que nous lisons lors de notre âge formateur nous marquent au fer rouge. C’était le cas d’Anique Poitras et de sa sublime série « Le Roman de Sara ». C’est probablement pourquoi j’étais si troublée d’apprendre sa mort en décembre dernier. J’étais secouée, et, pour faire mon deuil, j’ai décidé de relire sa trilogie qui avait marqué ma préadolescence : La Lumière blanche, La Deuxième Vie et La Chambre D’éden. 

Dée de Michael Delisle : l’envers du décor de la banlieue américaine

Ai-je manqué le mémo? Est-ce que tous mes professeurs de littérature québécoise ont comploté contre moi pour omettre volontairement de leur corpus l’auteur Michael Delisle? On dirait bien! Je viens de découvrir cet auteur (dont Laurence L. vous a parlé ici), poète lauréat du prix Émile-Nelligan en 1987, romancier émérite depuis le début des années 2000, et je suis subjuguée. Je vous parle aujourd’hui du court roman Dée, publié en 2002, roman magistral grâce, entre autres, à son laconisme particulièrement efficace. Longueuil dans les années 1950. Entre la campagne et la grande ville, on commence à goudronner les rues, à installer l’eau courante dans les maisons. C’était il n’y a pas si longtemps, pourtant l’histoire d’Andrée Provost prend place dans une maison digne des Filles de Caleb, une maison bancale, affligée par des armées de mouches et par des odeurs de porcherie. Dée a treize ans, mais elle a déjà les dents complètement cariées, connaît une sexualité précoce troublante, est destinée à travailler à l’usine dès l’âge de 15 ans. Avant même de réellement commencer, la vie …

Ce qui se passe dans la forêt : adolescence et petites violences

Ce qui se passe dans la forêt, en Suède, n’est pas bien différent de ce qui pourrait se passer en forêt ici au Québec. Dans ce roman graphique aux magnifiques images au plomb, on retrouve trois adolescentes suédoises qui explorent les relations avec les garçons, expérimentent avec l’alcool et doivent faire face aux changements qu’apporte l’adolescence. «Aida Karlsson, une jeune suédoise de quatorze ans, vit à proximité d’une petite ville dans la région du Småland. Elle et ses amies, Tess et Marlène, sont en classe de cinquième et se retrouvent confrontées à de nombreux changements dans leurs relations avec les garçons ; nouvelles règles du jeu, nouveaux comportements, attouchements qui dégénèrent en agressions, relations amour/haine et cette frontière parfois ténue entre les simples jeux d’enfants et la violence… Les trois amies réalisent qu’elles vont devoir s’endurcir pour ne pas perdre leur place dans la nouvelle hiérarchie qui s’instaure dans ce monde où les adultes sont presque perçus comme une menace, un monde où elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes.» Sous ces allures de récit …

Un duo des plus merveilleux ; Fanny Britt et Isabelle Arsenault

Il y a de ces lectures qui marquent l’imaginaire et qui restent en nous longtemps, Jane, le renard et moi en fait partie. Il a eu longtemps une place de choix dans ma maison, sur ma cimaise où je prenais souvent le temps de m’immerger dans l’atmosphère si tendre de cette bande dessinée, la lire était tel une médiation pour moi, j’en ressortais ressourcée, chavirée et toujours entièrement comblée. Rares sont les bijoux littéraires qui me font cet effet, des années passées, mais Jane le renard et moi, c’est mon chouchou. (Et celui de bien d’autres gens, bien heureusement, les livres tels que celui-là méritent d’être partagés, lus, et relus.) Alors, vous devinerez que j’avais le coeur serré d’apprendre que le merveilleux duo d’Isabelle Arsenault et Fanny Britt retravaillait ensemble de nouveau. J’étais heureuse, mais inquiète aussi. Et si je restais sur ma faim, et si Jane, le renard et moi, n’était pas égalable ? Des soucis de lectrice un peu intense me direz-vous, mais c’était un réel conflit dans mon coeur. Lorsque j’ai reçu …

Cette tristesse qui ne te quitte plus

Dans ce premier roman de l’auteure et mannequin française Loulou Robert, on y découvre de la pure et vraie tristesse. La jeune Bianca a été retrouvée les poignets ouverts dans la salle de bain de ses parents, et depuis se trouve à Primivères, un hôpital psychiatrique pour enfants. Elle y croise des cas d’inceste, de dépression ou comme le sien, d’anorexie mentale. Bianca pourrait facilement tomber dans les clichés noirs de l’adolescence, mais c’est vraiment plus que ça. La construction du personnage est profonde et nous entraîne dans des sentiers noirs, quoique maintes fois écrits et lus, d’une façon juste et incroyablement sensible. Le personnage de Bianca, la jeune adolescente mal dans sa tête et dans sa peau, qui voit tout en noir trouvera tout de même un certain réconfort dans cet hôpital qui deviendra tout doucement sa deuxième maison. Avec un père distant et une mère alcoolique, elle souffre d’anorexie mentale depuis assez longtemps. Elle est entraînée dans un cercle vicieux où la mort n’est plus si inaccessible que cela. Il y aura aussi l’amour …

39 longueurs dans une piscine en Grèce

Elle nage 39 longueurs, une pour chacune des années de sa vie. Elle nage et réfléchit. Fait le point sur son existence. Kat est en Grèce, son pays natal, avec sa fille, adolescente éprise des premiers émois amoureux et érotiques. Kat pense à sa relation avec le père de sa fille, à leur séparation et à l’infidélité. Elle pense à son rapport à sa fille, à la maternité et avec ce que cela a eu comme impact sur son couple. Sur son identité de femme. De l’autre côté de la piscine, il y a sa fille, magnifiquement pure, qui se fait courtiser par un jeune homme et qui a encore en elle toute l’espérance naïve des relations amoureuses. Kat, en nageant, tente de trouver le moment exact/précis où son couple s’est brisé. Elle cherche la parole, le geste, le regard qui est venu changer l’entièreté de leur avenir. Bien convaincue de l’importance de plonger dans ses souvenirs pour trouver la nuance qui vient expliquer ce besoin si grand de venir en Grèce, avec sa fille. De prendre du recul face au quotidien. Marianne Apostolides …