All posts tagged: anorexie

Reste encore un peu : se reconstruire malgré la douleur

Quand j’ai reçu le roman, j’étais curieuse de découvrir l’écriture de Perrine Madern. Après la lecture de la quatrième de couverture, j’ai commencé à douter à savoir si cette lecture était vraiment faite pour moi, à cet instant de ma vie. J’ai lu beaucoup de romans d’amour mélancolique dans ma vie. Je m’y reconnaissais et leur contenu était quasiment thérapeutique. En vieillissant, je me suis graduellement éloignée de cela. Malgré mes appréhensions, l’histoire a réussi à me captiver. Je n’ai pas moins aimé le roman parce que je ne m’y reconnaissais pas en ce moment. Je crois que j’ai plutôt lu le tout d’un autre œil, avec de l’empathie et une sagesse nouvelle, et je me suis sentie fière de mon cheminement et reconnaissante de ma vie d’aujourd’hui. L’histoire de Loue À la suite d’une rupture douloureuse, Loue s’éteint peu à peu, jusqu’au jour où elle se réveille dans une ambulance. À l’hôpital, le médecin constate que son IMC est très inquiétant et craint pour la vie de la jeune femme. Loue est transférée en psychiatrie …

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Les filles sont-elles folles?

Quand j’avais douze ans, j’ai arrêté de manger. Au secondaire, Léa prenait des antidépresseurs. Avant ça, mon amie Jessica voulait mourir. Quand les gens dans notre entourage n’allaient pas bien, on ne disait rien. On savait, mais on ne disait rien. On n’en parlait pas parce que c’était comme ça. Pas de mots, pas de maux, nous disions-nous, peut-être? Ou l’on se contentait de pointer du doigt, en murmurant en silence, pour éviter d’avoir à comprendre. J’ai longtemps pensé que parler feelings était un signe de faiblesse, le propre des personnes pas solides, pas endurcies. À force de côtoyer les gens, et la vie, je me suis rendue compte que c’est moi qui m’empêchais de régler des choses en refusant d’en parler. Qu’au fond, je faisais partie du problème si je préférais me complaire dans le jugement plutôt que d’essayer de comprendre. Me comprendre, moi, ou comprendre les autres. Les filles sont-elles folles? On connait bien Carolane et Josiane Stratis pour leur blogue Ton petit look. Après avoir écrit un premier livre avec leurs collaboratrices, elles ont …

Entrevue avec Fanie Demeule : Dans le coffret de septembre

Quand nous avons appris que notre fileuse Fanie allait sortir un premier roman, on a tout de suite su que nous devions le mettre dans un coffret. Sans même l’avoir lu, nous savions déjà que ça allait être une valeur sure et nous ne nous sommes clairement pas trompées. Déterrer les os est un magnifique roman, vrai, intime et touchant. Pour reprendre les mots que nous avons utilisé dans notre mot de M&M : On était unanime, son roman, Déterrer les os, était totalement en lien avec notre mission de bibliothérapie des coffrets. C’est une lecture touchante et brutale qui vient raconter les rapports d’une jeune fille à son corps, qui devient une prison qu’elle tente de contrôler. Entre angoisse, peur et désir, la narratrice nous entraîne dans son inconfort physique comme mental qui peut tous nous toucher. Les thèmes qu’abordent un roman et les émotions qu’il nous fait ressentir sont vraiment les deux choses qui nous permettent de choisir, chaque mois, un roman. Nous croyons fortement que c’est la seule façon possible de bien …

Écrire l’indicible : « Déterrer les os », anorexie de l’intime

Je dois vous dire, pour débuter, que je connais Fanie personnellement, et qu’elle est en plus collaboratrice pour Le Fil rouge (!). Pourtant, cela ne m’a pas empêchée de lire son livre avec les yeux d’une lectrice anonyme, et de découvrir un livre extraordinaire, à la différence près que je sais qu’il a été écrit par une femme extraordinaire. *** Je lis le livre de Fanie et j’ai faim. Mon ventre se creuse à mesure que je tourne les pages. Mes deux toasts me semblent bien loin, alors que je pose mes yeux sur ces lignes qui décrivent le défi de ne manger qu’une clémentine par jour. Je lis le livre de Fanie un dimanche matin, en engloutissant mon café, qui me réchauffe le corps alors que cette fille, dans le livre, n’a que de la peau sur les os. J’ai froid. J’ai froid et j’ai faim. J’ai envie de la serrer très fort, cette chère auteure. La réchauffer et l’entourer de mes bras bien dodus, qui pourraient peut-être la réconforter un peu. Car je …

La réalité des adolescents en 36 tabous

  Tabou Connaissez-vous la collection Tabou, publiée aux Éditions De Mortagne ? S’adressant à un lectorat adolescent, elle est une véritable mine d’informations à propos de divers sujets importants, et évidemment, tabous! La liste ne cesse d’augmenter: intimidation, pacte de suicide, douleurs sexuelles, viol, cyberprédation, homosexualité, transsexualité, automutilation, TDAH, TAG, hyperphagie, boulimie, anorexie mentale, bipolarité, violence conjugale, cancer, etc. Ses 36 romans vont au-delà des préjugés afin de décrire des réalités difficiles face auxquelles les jeunes (et moins jeunes) peuvent être confrontés. Les différents thèmes abordés permettent aux ados concernés par le sujet de se sentir moins seuls dans des histoires où ils peuvent se reconnaître et, pour ceux qui ne connaissent pas, de faire des découvertes, d’ouvrir leur esprit puis, on l’espère, développer de la compassion ou du moins une certaine compréhension de la problématique. Ces livres sont de bons outils pour les professionnels qui interviennent auprès des jeunes, notamment pour les enseignants. Les dernières pages contiennent des ressources par rapport au sujet abordé. J’ai particulièrement apprécié le dossier d’informations très étoffé que contient …

Cette tristesse qui ne te quitte plus

Dans ce premier roman de l’auteure et mannequin française Loulou Robert, on y découvre de la pure et vraie tristesse. La jeune Bianca a été retrouvée les poignets ouverts dans la salle de bain de ses parents, et depuis se trouve à Primivères, un hôpital psychiatrique pour enfants. Elle y croise des cas d’inceste, de dépression ou comme le sien, d’anorexie mentale. Bianca pourrait facilement tomber dans les clichés noirs de l’adolescence, mais c’est vraiment plus que ça. La construction du personnage est profonde et nous entraîne dans des sentiers noirs, quoique maintes fois écrits et lus, d’une façon juste et incroyablement sensible. Le personnage de Bianca, la jeune adolescente mal dans sa tête et dans sa peau, qui voit tout en noir trouvera tout de même un certain réconfort dans cet hôpital qui deviendra tout doucement sa deuxième maison. Avec un père distant et une mère alcoolique, elle souffre d’anorexie mentale depuis assez longtemps. Elle est entraînée dans un cercle vicieux où la mort n’est plus si inaccessible que cela. Il y aura aussi l’amour …

« C’est l’histoire d’une petite fille en équilibre sur une branche, qui ne mange plus rien d’autre que des livres. »

J’ai une admiration sans bornes pour quelques auteures et je dois dire que Delphine de Vigan en fait partie. Son écriture sans flioriture coule d’elle-même et chacun de ses livres m’ont plu. Heureusement, je n’ai pas tout lu. C’est quelque chose que j’aime bien faire quand j’aime beaucoup un auteur, me laisser des livres à lire. Je comprend que l’idée de s’enfermer un week-end avec l’oeuvre entière est fantastique, mais après on se sent vidé. Vidé parce qu’il y a un deuil à faire de ne pas pouvoir relire une oeuvre avec des yeux nouveaux. Je suis certaine que cela vous est déjà arrivé, de lire le plus doucement possible, pour en garder, pour ne pas se précipiter, tellement les mots étaient bons. J’ai donc le plaisir de m’offrir de temps en temps un Delphine de Vigan. Cette fois-ci, j’ai lu Jours sans faim, son premier roman publié en 2001 sous le pseudonyme Lou Delvig. Dans ce premier roman, elle raconte l’histoire d’une jeune fille  de 19 ans, Laure, atteinte d’anorexie. Fanie a déjà écrit …

Entre un corps cactus et la peur de vieillir

Demoiselles-Cactus, c’est avant tout l’histoire de Mélisse, une femme (fille?) qui est continuellement en refus de grandir, de vieillir, d’accepter le temps qui passe. Atteinte de troubles alimentaires tels que l’anorexie et la boulimie, on l’a suit dans ses pensées chaotiques, son mal être et sa grande solitude. Melisse est complexe, froide, instable, oserais-je dire, folle. Elle traverse la vie en ayant en tête des pensées confuses, enfantines et blessantes, surtout envers elle-même. Ses troubles alimentaires l’amènent à avoir un regard ultra noir sur le monde médical et un ton vraiment méprisant. C’est un peu la complexité du personnage qui vient retarder le déroulement de l’histoire… J’avoue que je n’ai pas été entièrement charmée par ce premier roman de l’auteure Clara B.Turcotte. J’ai trouvé qu’il y avait trop de thèmes dans le roman et qu’ils étaient souvent trop en surface. Je m’explique: Mélisse vit avec l’autre, son « chum », même s’ils ne partagent aucune intimité ensemble. Elle se doute clairement qu’il consomme de la pornographie juvénile, mais prend lentement conscience du besoin d’éclaircir cela. Déjà là, on …

Une écrivaine belge chez les japonais

Amélie Nothomb Ou 8 romans de l’auteure qu’on doit lire. Au cours de l’année 2014, je me suis donnée comme défi de lire tous les romans d’Amélie Nothomb. Avec cette auteure tu aimes ou tu n’aimes pas son monde. Elle écrit des romans courts et faciles à lire. Son écriture m’intrigue et j’aime embarquer dans ses folies. Amélie Nothomb est un personnage, une dame qui aime porter des chapeaux extravagants. Elle est née au Japon de parents belges, dont son père fut l’ambassadeur de la Belgique. «[Elle] passe ses cinq premières années au Japon, dont elle restera profondément marquée, allant jusqu’à parler couramment japonais et à devenir interprète. Mais son expérience ne s’arrête pas là puisqu’elle vivra successivement en Chine, à New York, au Bangladesh, en Birmanie et au Laos, avant de débarquer à dix-sept ans sur le sol de Belgique, berceau de sa famille où elle entame une licence en philologie romane à l’Université Libre de Bruxelles.» (Source : Babelio) Et ce fut en 1992 qu’elle publia son tout premier roman, «Hygiène de l’assassin», depuis …