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Le fil rouge Le fil rouge lit Littérature Bibliothérapie Les livres qui font du bien Les cent plus beaux poèmes québécois Pierre Graveline Fides Découverte Poésie

La poésie, cette créature que je ne savais apprivoiser

Mes premières rencontres poétiques, à ce que je me souvienne, étaient avec Nelligan et St-Denys-Garneau. C’était à la fin du secondaire et au début du cégep. On ne peut pas dire que nos premières dates aient été fructueuses. Je n’arrivais pas à ressentir quoi que ce soit au travers leurs images. Je pense que mon esprit analytique et pragmatique empêchait quoi que ce soit de se produire. Je ne voyais que la surface, déboussolée par des mots que l’on ne pouvait associer ensemble pour décrire une réalité. Il y avait bien peu au-delà du Vaisseau d’or qui s’échoue et j’aurais bien aimé savoir qui était cette joie qui marchait aux côtés de St-Denys-Garneau. La poésie est longtemps restée bien mystérieuse. Je ne savais comment la définir, je ne savais comment l’apprécier, je ne savais comment l’apprivoiser. Mais je ne pouvais détacher mon regard d’elle. Et puis un jour, j’ai repris contact. J’ai participé à un atelier d’écriture. J’y ai mis tout mon cœur, mais l’animateur m’a dit à la toute fin que je n’avais pas …

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L’art de perdre : une fresque intergénérationnelle fascinante

C’est par le personnage de Naïma qu’on pénètre dans cette famille qui a immigré en France pendant la guerre d’Algérie. Dès les premières pages, j’ai été interpellée par cette femme en quête identitaire. Elle est née en France, mais elle est constamment ramenée à « son » pays, l’Algérie. Elle le visitera pour la première fois à l’âge adulte; une chance que Wikipédia et Google ont été là pour la préparer, parce que ce pays auquel on la ramène constamment, elle en sait rien. Écrit par Alice Zeniter et gagnant du prix Goncourt des lycéens, ce roman en est un marquant. On suit pendant des décennies le parcours d’une famille, débutant par le grand-père Ali, son fils Hamid et sa fille Naïma. On y parle beaucoup de transmission, de ce qu’on transmet à ses enfants, et ce, particulièrement dans un contexte où le sentiment identitaire est différent pour chacun d’entre eux. « – Je veux retrouver mes racines. – Les miennes, elles sont ici, dit Hamid. Je les ai déplacées avec moi. C’est des conneries, …

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Oma lit, ou les livres comme liens entre les générations

Si on devait faire un personnage à partir de ma mère, ses attributs seraient le peignoir, la tasse de café et le livre. Bien qu’étant une grosse dormeuse, elle se lève bien plus tôt que nécessaire, juste pour avoir le plaisir de traîner à la table du déjeuner en peignoir avec sa 4e tasse de café devenue froide et son roman. La lecture selon ma mère Il y a 2 choses essentielles dans ses habitudes de lecture : La première est qu’elle préfère les livres qui finissent bien. Ainsi, elle n’a jamais lu la fin de La petite sirène d’Andersen, et elle a une attirance particulière pour les romans policiers (qui finissent bien par définition, puisque le coupable est toujours découvert). D’ailleurs, les polars, elle les commence souvent par les dernières pages, comme un épisode de l’inspecteur Columbo : le nom du coupable n’a pas d’importance réelle, tout l’intérêt est dans l’enquête. La deuxième est qu’elle ne sait pas choisir. Alors un jour, elle a décidé de lire les livres de la bibliothèque du village par …

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Rien du tout! Éloge de la lenteur à l’usage des enfants… et de leurs parents!

Avec sa couverture tout en douceur et ses illustrations aux couleurs pastel, Rien du tout! de Marie-Hélène Jarry et Amélie Dubois est un album jeunesse qui apporte un beau regard sur l’écoute de soi, la lenteur, la créativité et l’art de ne rien faire! Trop de livres éducatifs ? Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir des enfants, mais à chaque rentrée littéraire, j’observe une recrudescence de livres pour enfants. Cette année ne fait pas exception: le dernier Salon du Livre que nous avons fait était majoritairement consacré à la littérature jeunesse. Dans un certain sens, je trouve cela très bien, et d’un autre côté… je suis souvent déçue par le contenu des ouvrages. Je remarque que pour beaucoup d’entre eux l’aspect «éducatif» prime trop sur le contenu. Faut-il absolument que pour qu’un livre soit «bon», il ait une valeur éducative? Ce serait un sujet à débattre… L’enfant ne peut-il simplement lire pour son propre plaisir sans que nous cherchions, en tant qu’adulte, à nous rassurer sur nos choix? Beaucoup de livres abordent des …

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Club de lecture de la Ville de Québec : Remèdes pour la faim

Depuis l’automne dernier, j’ai la chance d’animer les séances du club de lecture du Fil rouge dans la ville de Québec. Pour notre dernière rencontre de la session d’hiver, notre choix s’est arrêté sur Remèdes pour la faim, un récit autobiographique écrit par Deni Y. Béchard.  Avant chaque rencontre, je suis toujours un peu fébrile de connaître l’appréciation du livre choisi par les participantes bien que je dois dire que les échanges sont toujours captivants, et ce, même quand la lecture du mois ne fait pas l’unanimité. Dans le cas de Remèdes pour la faim, j’étais encore plus préoccupée de l’appréciation du livre, car il s’agit d’une brique de presque 600 pages sans grands rebondissements et la dernière chose que je souhaite est que la lecture devienne une corvée pour les participantes. C’est donc avec ce petit stress en tête que je me suis rendue au lieu de la dernière rencontre. Or, ce stress a vite disparu, car tout le monde a réussi à terminer le livre avant la rencontre et la plupart des participantes ont beaucoup aimé leur lecture. …

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Comment j’ai appris à aimer Harry Potter

Au printemps l’année dernière, le loulou est rentré de l’école avec une demande précise : « Dis maman, on pourrait lire Harry Potter ? La grande sœur de mon meilleur copain est en train de le lire et elle lui raconte tout. Moi aussi je voudrais connaître l’histoire. » Je dois reconnaître que j’étais pas contente-contente. Sincèrement, j’avais beaucoup de préjugés sur Harry Potter, et n’avais absolument pas envie de les lire. Et puis, il n’était qu’en première année, serait-il capable de rester accroché à un même récit pendant une longue période ? J’ai tenté de me défiler en lui montrant les films. Mais ce n’était pas suffisant pour lui, au contraire : ils avaient éveillé son intérêt, et il avait encore plus envie d’avoir tous les détails. Il fallait que je le reconnaisse : quoique mes préjugés me fassent en penser, Harry Potter est entré dans la culture générale de base, il est devenu un incontournable. Pis, comme la règle de nos séances de lecture du soir veut que ce soit lui qui choisisse la lecture, j’ai donc …

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Courtepointe: une histoire délicatement tissée

C’est un tout petit livre, court et au format étroit qu’est Courtepointe de Theresa Kishkan. C’est d’abord et avant tout l’illustration sur sa couverture qui a capté mon attention: le portrait coloré d’une jeune femme d’une autre époque. La quatrième de couverture me promettait une plongée dans une quête identitaire et le retour aux sources d’une jeune canadienne d’origine rom, qui, après la restauration d’une courtepointe transmise aux femmes de sa famille de génération en génération, décide d’entreprendre un voyage au cœur de l’Europe centrale. Le sujet me semblait ambitieux pour l’épaisseur du roman, et c’est avec curiosité que j’avais envie de me plonger dans l’univers des Roms. Dès les premières pages, on découvre cette fameuse courtepointe qui accompagne Patrin dans sa quête d’identité. Grâce à l’écriture fine et simple, on sent son odeur de laine et de fumée, on touche les différents tissus qui la composent, on voit ses couleurs délavées et sa bordure élimée. On comprend d’emblée que cette courtepointe est un legs précieux pour Patrin et qu’elle contient plus que des souvenirs …

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Les conseils d’Hubert, dans le ventre de la nutrition pratique et illustrée

Un après-midi anodin où je flânais au Marché Jean-Talon avec soif de produits frais et d’idées de recettes, je suis entrée à la Librairie Gourmande avec une envie de découvertes culinaires. Une conversation passionnée avec la libraire et quelques suggestions de livres plus tard, mes yeux s’attardaient sur de magnifiques illustrations. J’avais entre les mains Les conseils d’Hubert, un ouvrage de plus de 500 conseils et recettes, écrit par Hubert Cormier, nutritionniste et diététiste, illustré par Laucolo. Un coup de coeur, une évidence, que dis-je! un petit bijou avec lequel je repartais sous le bras. Cinq mois plus tard, il est non seulement toujours mon allié en cuisine, mais également une lecture fréquente et inspirante qui m’a donné envie de m’entretenir avec l’auteur: As-tu un attachement au format papier et, si oui, d’où te vient-il? J’ai bel et bien un attachement au format papier. En tant qu’auteur, c’est toujours excitant de recevoir son livre et de le tenir en mains propres une fois imprimé. On peut le sentir, le feuilleter tranquillement et ça n’a pas de …

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Autour des livres: Rencontre avec Meb

Meb a peut-être seulement un livre à son actif, mais elle fait déjà beaucoup parler d’elle. En décembre dernier, elle a lancé Aria de laine, un livre constitué de poèmes découpés dans Maria Chapdelaine, de Louis Hémon. Le recueil a été bien reçu par la critique. J’ai écrit un article sur son premier livre ici. L’autrice a gentiment accepté de répondre au questionnaire Autour des livres. 1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Un livre sur l’évolution du cheval de l’époque préhistorique à maintenant. J’adorais ce livre. Voir l’évolution des sabots, de la taille, etc., ça me fascinait. Je l’ai encore. 2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant ? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Enfant, je lisais un peu tout ce que je trouvais dans la maison. J’étais très curieuse. Adolescente, j’ai lu beaucoup de John Irving et j’ai dévoré tous les romans de Sherlock Holmes. Maintenant, il y a de longues périodes où je ne lis pas et d’autres où je lis beaucoup. J’aime beaucoup écouter des livres audio …

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Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, à mettre sur votre liste de lecture cet été !

Comment choisissez-vous un livre? À la suite d’une critique favorable? D’un conseil d’une personne de confiance? Personnellement, j’accorde énormément d’importance aux titres. J’ai besoin qu’il soit accrocheur, qu’il me laisse perplexe, qu’il donne envie de m’y intéresser. J’ai souvent l’impression qu’on délaisse le titre, qu’on ne lui accorde pas suffisamment d’attention lorsqu’on le choisi et qu’on néglige tout son potentiel d’influence sur la décision du lecteur de le ramener à la maison ou de le laisser sur la tablette de la librairie ou de la bibliothèque. S’il y a bien un titre qui ne m’a pas laissée indifférente c’est bien celui choisi par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows pour leur livre intitulé Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Tous les amateurs de littérature connaissent, un jour ou l’autre, la puissante captivité qu’un livre peut exercer sur un individu. Cette obsession qui se développe brièvement le temps que l’on atteigne la dernière page d’un livre qui nous obnubile. Ces histoires qui nous détiennent l’esprit et que l’on traîne toute la journée dans notre …