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Motherhood : être ou ne pas être mère

Dans ce livre difficile à catégoriser, l’autrice canadienne Sheila Heti se questionne sur la maternité et sur le désir -ou pas- d’avoir un enfant. Elle commence à écrire ce livre vers 36 ans et elle sent qu’il ne lui reste plus autant de temps qu’avant pour prendre sa décision. On sent rapidement le sentiment d’urgence qui perd en importance au fil des pages. Ce qui m’a attiré vers ce livre, ce sont les premières pages : l’autrice pose des questions en utilisant la méthode Yi Ching. Les réponses à ses questions sont donc aléatoires et elle tente d’avoir une conversation de cette manière, de trouver un sens à ses interrogations. À l’image d’une discussion qu’on pourrait avoir avec soi-même dans son esprit, les premières pages m’ont charmée par la vulnérabilité avec laquelle l’autrice aborde ses propres tourments et obsessions. Elle utilisera aussi le tarot, les rêves et les étapes du cycle menstruel pour l’aider à voir plus clair ce qu’elle désire sincèrement. Ce livre, c’est une méditation bruyante sur ce désir de prendre position sur la …

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Le pouvoir ou who runs the world ? girls

À quoi ressemblerait le monde si tout d’un coup la femme était considérée comme le sexe fort sur la planète? Naomi Alderman tente de répondre à la question en créant une œuvre fictionnelle et fantastique intitulé Le pouvoir. Ce livre est partout, sur toutes les tablettes des palmarès en librairie et sur tous les réseaux sociaux. C’est sans doute car ce livre, dont la portée féministe est si forte, est important de nos jours. On est loin de La servante écarlate, une histoire fascinante que j’ai adorée, où les femmes sont réduites à des machines à bébés ou à des esclaves. C’est un livre où chaque femme peut y trouver un peu de réconfort, une histoire qui démontre la société patriarcale chute vers l’ascension des femmes. Une histoire différente Le pouvoir raconte le moment où les jeunes femmes développent une nouvelle capacité : une sorte d’énergie électrique sortant de leurs mains et la capacité d’envoyer des chocs au toucher. Ce pouvoir est créé par un fuseau qui s’apparente à un organe. Chaque femme et certains hommes le possèdent. Ce pouvoir se manifeste à …

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Les coulisses de la littérature aux Correspondances d’Eastman

J’ai eu l’immense bonheur de couvrir les Correspondances d’Eastman pour leur 16ème édition, portant le thème « Les coulisses de la littérature ». J’avais en tête le doux souvenir d’un après-midi d’été passé là-bas en 2011 avec ma mère. Nous nous promenions dans le parc près du théâtre de la Marjolaine et avions écrit des lettres à de purs inconnus selon notre inspiration du moment. Un concept (quelque peu) farfelu Cette année, je me voyais déjà profiter d’une manière bien différente des correspondances en m’y impliquant davantage : la programmation était tentante et la thématique intrigante se laisserait manipuler, ai-je pensé, par chacune et chacun des écrivain.es invité.es. La porte-parole de cette édition, Stéphanie Boulay musicienne et écrivaine, était un autre élément qui stimulait chez moi la hâte de m’y rendre! Le concept est agréable, bien pensé et un peu farfelu : le village devient un paysage aménagé pour recevoir les lecteurs et lectrices ainsi que les écrivains et écrivaines qui sommeillent en chacun de nous. Des boîtes aux lettres sont dispersées dans les rues et près des parcs, dans …

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Le pamplemousse de Maude Bergeron

Certains ou certaines d’entre vous auront probablement déjà eu l’occasion de tomber sur les illustrations féministes et inclusives de Les folies passagères, projet tout droit sorti de la tête de Maude Bergeron. Pour ma part, c’est en suivant cette dessinatrice engagée que j’ai eu vent de Pamplemousse, son premier roman, qu’on pourrait aussi qualifier de livre illustré. Des sujets sensibles La curiosité et l’envie de soutenir dans son travail la talentueuse illustratrice m’ont poussée à acheter, avec ma sœur, ce petit bouquet de feuilles auto-publié et en vente sur Etsy. Je l’ai reçu quelques jours après ma commande avec une dédicace, ainsi qu’un signet représentant la diversité des corps féminins. Quoi demander de mieux comme préambule? Il n’est pas étonnant de constater que Maude Bergeron sait écrire sur les tabous sociétaux qui sont souvent aussi des enjeux féministes (les menstruations, les problèmes mentaux, la pilosité du corps, les relations amoureuses malsaines, etc.), puisque des textes sont souvent joints à ses illustrations publiées sur les réseaux sociaux. Cette fois-ci cependant, le propos devient très intime, très personnel …

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Libres! un anti-guide nécessaire

Lors de mon dernier passage à Paris, j’ai bien sûr pris le temps de visiter une librairie! J’ai fait un tour à la sublime librairie Jousseaume, dans le passage Vivienne du 2ème arrondissement, fondée en 1826! Mais c’est à la FNAC que j’ai trouvé Libres! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, écrit par Ovidie et illustré par Diglee. Se voulant comme un anti-guide, cet ouvrage franc, cru et nécessaire aborde plusieurs sujets essentiels et intimes tout en conservant une simplicité rafraîchissante. On y parle de sperme, de rapports homosexuels, de poils, de statistiques, du couple, des relations ouvertes et de sadomasochisme. J’ai particulièrement apprécié le ton direct et déculpabilisant de l’autrice, en plus de la page de bande dessinée terminant chaque chapitre. Ovidie et Diglee, un duo d’enfer Ovidie, féministe engagée et française, milite depuis l’âge de 15 ans. Elle s’est d’abord intéressée à l’homophobie et le sexisme, puis se concentre maintenant sur le féminisme et la libération sexuelle. Elle est également l’une des seules femmes à avoir réalisé des films pornographiques, principalement destinés à un …

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Et si Bloody Mary était féministe?

Je me confesse, je suis une mordue de poésie. Sous toutes ses coutures, de tous les genres. Il n’y a pas grand-chose que j’aime plus que de lire un poème et de me sentir connectée à celui-ci, comme s’il avait été écrit pour moi, pour ce que je ressens. J’aime découvrir de nouveaux artistes, de nouveaux vers, mais aussi relire ceux de mes auteurs préférés. C’est pourquoi le recueil de France Théoret, Bloody Mary, n’est jamais bien loin. Celui-ci, publié en 2011, est un amalgame de plusieurs œuvres de l’auteure, parues entre 1977 et 1992. Féminité crue L’image de la femme parfaite, de la femme toujours posée, jolie, épilée et prête à se donner est détruite dans ce recueil, parce qu’elle n’a en fait jamais existé. Cette femme, qu’on nous montre comme étant le modèle idéal dès un jeune âge, n’est qu’une illusion. Un mirage qui veut créer des femmes en séries, toutes pareilles et sans débordements. Sans désir autre que de satisfaire l’homme et de se faire envier par les autres femmes. « Image …

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Jouer comme des enfants

J’ai toujours été une raconteuse d’histoires. Lorsque j’étais enfant, j’occupais le plus clair de mon temps à imaginer des mondes et les personnages extraordinaires les peuplant. Je me souviens même avoir utilisé les jeux vidéo pour en détourner l’objectif initial dans l’unique but de réinventer une vie au protagoniste principal. Avec moi, Link vivait de toutes nouvelles aventures sur son île dans Wind Waker. Le plus intéressant dans tout cela, c’est que j’avais déjà un public à l’époque, incarné par mon petit frère. Aujourd’hui, presque vingt ans plus tard, je me prête encore à ce petit jeu à travers les jeux de rôle.   Comment on écrit une partie de Donjons et Dragons? En fait, c’est assez simple. J’écris une histoire comme j’écrirais un roman. Il y a de courtes descriptions amalgamées à des dialogues. Bien entendu, je dois laisser des trous dans le scénario puisque je ne peux pas prévoir les réponses de mes joueurs. Par conséquent, il m’arrive très souvent de devoir improviser, et ce, même si le texte est écrit depuis plusieurs …

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Au menu : du sexisme

Il y a un rapport étroit entre alimentation et féminisme. Il peut être difficile de le percevoir au premier regard, mais le sexisme passe (aussi) malheureusement à table. L’autrice et journaliste Nora Bouazzouni en a d’ailleurs fait le sujet de son tout dernier essai: Faiminisme : quand le sexisme passe à table, publié aux éditions Nouriturfu. Patriarchie parmentier C’est un essai qui a piqué rapidement mon intérêt, tout d’abord parce que le sujet m’interpelle, mais aussi par la couverture poignante et le titre des chapitres tel que Patriarchie Parmentier me faisait bien rigoler. Or, j’avoue que j’ai été relativement déçue du manque de profondeur de l’ouvrage, quoique je pense qu’il s’agisse d’une délicieuse (tiens, moi aussi je m’amuse avec le vocabulaire alimentaire!) entrée en ce qui concerne le problème du sexisme dans tout ce qui englobe l’alimentation. Le sexisme dans la cuisine En abordant les inégalités entre les chefs dans l’imaginaire collectif (n’avez-vous pas remarqué que les femmes sont des cuisinières et des hommes des chefs ?), les stéréotypes des goûts féminins ou masculins ou la charge …

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Tout ce qui se dissimule dans Nos silences

Les femmes, en raison de leur genre, subissent la guerre de manière toute particulière. C’est ce que l’auteure Wahiba Khiari raconte, en libérant son propre vécu, dans Nos silences. Ce court roman, paru en 2018 aux Éditions XYZ après avoir été publié en Tunisie il y a quelques années, entrelace fiction et autofiction pour faire le récit de la guerre civile algérienne du point de vue des femmes. En composant un roman à deux voix, l’auteure brise le silence des femmes happées par le conflit armé. S’y alternent donc le récit d’une enseignante d’anglais ayant fui le conflit et les violences à leurs débuts et celui de son étudiante plongée dans l’épouvante de ce qui sera baptisé la «décennie noire». La première, tenaillée par les remords et l’impuissance, n’arrive pas à se défaire de l’idée que son élève traverse le pire là-bas.  «Je suis loin, mais pas elle. Ils l’ont eue, j’en suis douloureusement convaincue. Des années qu’elle m’habite comme une deuxième possibilité de moi-même.» Par l’écriture, elle la fait exister et elle fait exister …

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Nos clubs de lecture mai 2018 : Souffler dans la cassette, Moi aussi je voulais l’emporter et Journal d’un réfugié de campagne

En mai, c’était le début de nos trois clubs de lecture de l’été à Montréal. Nous avons lu trois livres complètement différents pour ce premier mois, les avis ont été mitigés et c’est ce que nous préférons, car cela créé des discussions excessivement riches! C’était aussi un grand plaisir de retrouver d’anciennes participantes et d’en rencontrer des nouvelles. On sent déjà que cette session estivale sera riche en inspirantes discussions autour des livres. Voici donc les comptes rendus de nos rencontres : Groupe #1, Rencontre au café Sfouf, lecture : Journal d’un réfugié de campagne de Jean Bédard Il s’agissait, pour toutes les participantes, de la première immersion dans l’oeuvre de Jean Bédard. De notre côté, deux participantes d’un autre de nos clubs de lecture ont adoré les romans de cet auteur, donc nous avions quelques attentes pour cette lecture. Or, ce livre-ci est bien loin d’être un roman. Comme le titre l’indique, il s’agit vraiment du journal de l’auteur qui vit à la campagne et qui partage son temps à entretenir sa terre et …