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Les érables rouges : L’enchantement de la forêt

Martine Latulippe est une autrice qui n’a plus besoin de présentation. Elle a fait sa marque non seulement en littérature jeunesse, mais également en littérature grand public. Plusieurs savent que Martine Latulippe a déjà adapté un grand nombre de légendes québécoises afin qu’elles soient accessibles à un plus jeune lectorat. Je pense entre autres à Rose Latulipe, à La Chasse-galerie, à Alexis le Trotteur, à Julie et le serment de la Corriveau… Cette fois, Mme Latulippe nous transporte dans un univers tout aussi fantastique, mais trop souvent mis de côté: je parle de l’univers des légendes huronnes-wendates. Des légendes pourtant bien de chez nous. Vous vous êtes trompés depuis le début Depuis que l’on est jeune, on nous apprend à l’école que si les feuilles des arbres rougissent et tombent à l’automne, c’est tout bêtement à cause du froid. Erreur! Lors de ma lecture, j’ai finalement percé le secret derrière cette transformation. On apprend, en lisant Les érables rouges, que si les feuilles des arbres rougissent à l’automne, c’est à cause de Rat. Et oui! Rat, il y …

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Le vent en parle encore de Michel Jean : un roman qui vient nous toucher droit au coeur.

Dernièrement, je suis tombée sur un roman de l’auteur et journaliste innu, Michel Jean, intitulé Le vent en parle encore. Pour être honnête avec vous, en terminant ma lecture, étant assez chamboulée, cela m’a pris du temps pour me remettre de mes émotions. C’est sans aucun doute un des romans les plus difficiles que j’ai eu à lire. Difficile parce qu’il touche un sujet sensible, d’autant plus qu’il est basé sur des faits véridiques. Mais j’ai envie de vous parler de ce que j’ai ressenti lors de ma lecture. Résumé  Le roman raconte l’histoire de trois jeunes innus, Virgine, Marie et Thomas, envoyés au pensionnat de Fort George, île se situant dans la Baie-James, dans les années 1930. Près de sept décennies plus tard, une jeune avocate tente de les retrouver afin qu’ils puissent obtenir une indemnisation à laquelle ils ont droit. Mais la question se pose : qu’est-il advenu des trois adolescents? « Kill the Indian in the Indian child »  Comme mentionné précédemment, Michel Jean aborde dans Le vent en parle encore une période sombre, soit …

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Dix jours avant le Jour J

Ken Follett est un auteur que j’ai découvert durant la dernière année, avec beaucoup de plaisir. Auteur très prolifique, il se spécialise surtout dans les romans historiques et ceux d’espionnage. Je me suis plongée dans sa série du Siècle cet été, puis j’ai eu envie d’essayer un roman d’espionnage, un genre que je n’avais jamais vraiment expérimenté auparavant. Je me suis donc tournée vers Le Réseau Corneille.  Femme de tête L’histoire prend place dans la France occupée de 1944, à quelques jours du grand débarquement, qui se prépare. Ce roman de près de 500 pages raconte des événements se déroulant sur une période de dix jours. Le rythme est très soutenu, les actions s’enchaînent et on s’essouffle pour les personnages, qui n’ont que peu ou pas de répit. Ces personnages, pas si nombreux, sont séparés en deux groupes très distincts que tout sépare, sauf la préparation au débarquement. D’un côté, le groupe de Résistants britanniques et français; de l’autre, des hauts gradés allemands en poste en France. Le premier groupe a Betty Clairet à sa tête, major de l’armée britannique, 29 …

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Ton absence m’appartient : où l’identité se construit face au vide

Rose-Aimée Automne T. Morin a publié dernièrement son premier livre, Ton absence m’appartient, aux Éditions Stanké, et la frénésie de ce nouveau livre s’est emparée des réseaux sociaux. Je fais partie de ces personnes, toujours à l’affût des bookstagram pour faire des découvertes littéraires, particulièrement celles du Québec, et davantage si les livres sont encore chauds de l’imprimerie. Je suis le genre de personne qui se présente trop tôt en librairie le jour d’arrivée du livre alors que celui-ci est encore dans sa boîte de livraison. C’est à ce point que j’aime les nouveautés littéraires, mais mon portefeuille, un peu moins, disons. Le livre Ton absence m’appartient est l’un des livres dont j’attendais impatiemment l’arrivée dans ma bibliothèque. Ce n’est d’ailleurs pas mon premier coup de foudre chez cette maison d’édition. « Un ouvrage coup-de-poing sur l’identité, porté par une écriture d’une grande vulnérabilité. » (Éditions Stanké) Des histoires de grande résilience Ton absence m’appartient raconte plusieurs petites histoires sur la vie et sur le deuil. En effet, l’autrice raconte le deuil à travers six …

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Les filles font la loi!

Depuis les années 60, les marvels ont captivé plusieurs générations de lecteurs avides d’aventures fantastiques. Qu’elles frappent fort, voyagent à travers les dimensions ou soient dotées d’une super intelligence, les super-héroïnes de Marvel savent toujours tirer leur épingle du jeu. Powers of a girl leur rend non seulement hommage, mais nous transmet aussi un message inspirant. Parce qu’on n’a pas besoin de posséder des super-pouvoirs pour être une super-fille ou une super-personne. Ce petit bijou est écrit par Lorraine Cink qui en connaît long sur l’univers de Marvel. Par le passé, elle a coécrit deux ouvrages sur le sujet. On peut dire que c’est une geek professionnelle. Powers of a girl est le premier livre qu’elle écrit seule. Le style d’écriture est très dynamique et va surtout rejoindre un lectorat jeune. Honnêtement, je l’ai acheté en premier lieu pour regarder les illustrations. Je ne m’attendais pas à le lire d’une traite. Mais dès que j’ai lu l’introduction de Lorraine, je me suis sentie envahie par une fierté exaltante, assez pour me lancer tête première dans l’aventure! Et que …

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Le petit Roberge un petit peu illustré : la vision (hilarante) de Jonathan Roberge

On connaît Jonathan Roberge pour son humour mordant et grivois. Que ce soit sur le web ou à la radio, l’humoriste québécois n’y va jamais de main morte quand vient le temps d’aborder différents sujets. Je l’ai découvert avec sa série web Fiston, dans laquelle il s’est filmé en train de donner des « conseils » à son fils sur divers sujets de la vie. Son humour vient beaucoup me chercher. J’apprécie particulièrement ses références, étant de la même génération que lui. Je n’ai jamais écouté ses chroniques radiophoniques sur les ondes d’Énergie 94.3, d’où proviennent les textes du Petit Roberge un petit peu illustré, mais j’ai été emballée lors de la sortie du premier tome en 2017, et encore plus pour le deuxième tome en 2018. «Ami(e) n. m. ou f. […]La vérité, c’est que lorsque tu es un enfant, un ami désigne quelqu’un avec une piscine. Alors que quand tu es un ado, un ami représente quelqu’un qui a un char. Et une fois adulte, un ami correspond à quelqu’un qui possède un chalet.» (Tome 2, p. …

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À la verticale de soi, de Stéphanie Bodet

Déjà le titre, rien que ça. Comme un appel à se hisser sur des hauteurs qui nous dépassent. Et puis la couverture, vertigineuse ascension sur une paroi exempte de toute aspérité hormis cette faille, mince et étroite. Enfin la préface — bien sûr! — de Sylvain Tesson. TOUT dans ce livre m’appelait, sans compter ces incroyables similitudes avec l’autrice: la littérature, la région grenobloise, la montagne, l’escalade, la quarantaine: l’âge où l’on prend rendez-vous avec soi-même… Plus qu’un récit d’aventure Je suis comme ça, j’aime les récits qui me font voyager, m’emmènent hors de ma douce zone de confort. Lors de mon dernier voyage en France, qui fut un retour aux sources pour moi, je suis allée avec bonheur errer dans une de mes librairies préférées à Grenoble. Je ne saurais décrire le sentiment qui m’habite quand je rentre dans la section dédiée aux « Grands » de la région : alpinistes, grimpeurs, explorateurs, skieurs hors pair… C’est comme un second voyage! Je retrouve alors tout ce qui me fait vibrer, et principalement la montagne. Le récit …

Un livre québécois par mois : Avril : Leméac

En avril, on lit un livre de la maison d’édition Leméac! Leméac a été fondé en 1957 par Gérard Leméac-Vigneau qui était le fils du libraire René-Jules Leméac. Alors qu’au départ, on y retrouvait des livres scientifiques, d’arts et des ouvrages d’intérêt général, aujourd’hui, nous connaissons surtout la maison d’édition pour ses romans, ses œuvres de théâtre ainsi que sa magnifique section jeunesse! On peut dire que la maison Leméac offre une littérature très variée. On peut aussi constater, depuis les années 2000, une tendance à traduire les œuvres d’auteurs et d’autrices canadien.ne.s anglais.e.s. On pourrait en conclure qu’elle est l’une des maisons d’édition les plus présentes et importantes au Québec. Pourquoi avoir choisi Leméac? Je crois que cette maison d’édition offre tellement de choix en ce qui a trait à la littérature qu’il est certain que je pourrais, ou que vous pourrez, tomber sur une oeuvre que vous allez aimer. De plus, elle sont rares les fois où j’ai été déçue de mes lectures. J’ai  un coup de cœur particulièrement pour leur sélection de livres jeunesse. …

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Le Mile End selon Michel Hellman

Quand j’ai vu Mile End de Michel Hellman dans le corpus de livres à lire dans le cadre de mon cours de paralittérature, j’ai ressenti un bonheur qui ne m’arrive que très peu souvent : avoir hâte de lire un livre obligatoire. Depuis un moment déjà, je le reluquais dans toutes les librairies que je croisais, le feuilletant et essayant de trouver une bonne raison de l’acheter, considérant que ma pile à lire contient déjà plus d’une centaine de livres. J’avais maintenant une raison parfaite : être une élève modèle. La bande dessinée déconstruite Cette lecture, je l’ai savourée une tasse de thé à la main et un sourire aux lèvres. C’est avec une grosse dose d’humour et une touche de douceur que Michel Hellman nous amène dans son univers d’écrivain vivant dans le Mile End. Son personnage, qui est autobiographique, est représenté sous la forme d’un ours, ce qui le rend attachant à souhait. C’est le genre de livre qui nous donne envie de nous lover dans une couverture et de passer des heures à lire …

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Un roman en 130 épisodes

Le roman Épisodies est arrivé un peu par hasard dans ma pile de livres à lire. En fait, je souhaitais explorer des nouvelles avenues en littérature, et c’est dans la section «microrécits» de La Peuplade que j’ai pu assouvir ce besoin de variété. Je n’avais jamais lu quelque chose qui ressemblait de près ou de loin à cette création de Michaël Lachance. 130 microrécits La toile de fond de ce roman est ce que Michaël Lachance appelle «l’Hôtel du Temps». Il s’agit en quelque sorte d’un non-lieu : jamais abordé de front, jamais réellement décrit en détails, l’Hôtel du Temps habite presque tous les microrécits et est aussi habité par eux: il permet donc de les relier entre eux. C’est en fait une réflexion générale sur la mémoire, sur notre lien avec le temps qui est tout à fait modulable et sur la présence forte des souvenirs et du ressenti dans nos parcours de vie.  «À l’Hotêl du Temps, je ne sors pas de mon crâne, pourtant le crâne peut recueillir l’Obscur, sinon les suies …