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Cinq albums jeunesse pour peaufiner ses techniques d’évasion dans l’imaginaire

Dans le cadre de mon métier, je travaille avec le réel, dans sa grande cruauté comme dans son étonnante beauté. Au quotidien, je suis confrontée à la violence, aux oppressions et aux injustices qui façonnent notre monde. Décrocher devient alors essentiel et la lecture est un moyen particulièrement efficace pour ce faire. Depuis quelques temps, je prends un immense plaisir à découvrir les albums pour enfants. Il y a quelque chose d’extrêmement libérateur dans ce laisser-aller dans l’imaginaire que permet la littérature jeunesse. Les histoires inspirantes ponctuées de belles images que recèlent les albums jeunesse constituent une accalmie dans un monde qui me semble parfois trop fulgurant. Where the Wild Things Are (traduit en français sous le titre Max et les maximonstres) a été mon premier coup de cœur, il y a quelques années déjà. Cette ode au monde de l’enfance est depuis une source d’apaisement et un rappel de l’importance de la créativité, de la spontanéité et du jeu. J’ai voulu partir à la découverte d’autres ouvrages jeunesse abordant le thème de l’imaginaire. Voici …

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Une lecture en famille : Crapule

Mon fils de 8 ans est en train de prendre son indépendance littéraire et commence à lire en toute autonomie. Il ne se laisse plus imposer un titre et choisit ses livres avec beaucoup de précautions. Dernièrement, nous avons fait une entorse à mes habitudes et sommes allés en librairie au lieu de la bibliothèque. Tout en décidant maintenant seul de ses lectures, il m’a clairement dit que lui, contrairement à moi (qui préfère ne pas en posséder, comme je l’ai déjà raconté), aimerait bien avoir quelques livres rien qu’à lui, qu’il puisse garder « pour toujours ». Sincèrement, je m’attendais à ce qu’il se prenne un livre « populaire » avec lequel il pourrait faire sensation à l’école. Pas pantoute. Il s’est choisi Crapule, rien que pour lui, hors de toute influence. Il l’a lu au moins 4 fois, a dormi avec pendant quelques semaines, et surtout, il nous a conseillé à son père et à moi de le lire, parce qu’on allait l’adorer, mais aussi pour qu’on puisse en parler avec lui. Paroles du loulou « J’ai choisi …

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L’hiver au quotidien chez Réjean Ducharme

Tout ce qui m’effraie me fait grandir On me répète souvent que je dois à tout prix lire les écrits de l’auteur québécois Réjean Ducharme, qui malgré l’absence physique dans les médias du temps de sa vie, n’a plus besoin de présentation. Alors je traîne avec moi mes exemplaires de L’hiver de force et de l’indomptable roman L’avalée des avalés. Ils me suivent de lieu en lieu, de ville en ville, dans tous mes déplacements nomades et dans toutes mes résidences temporaires. Il m’arrive d’ouvrir L’avalée des avalés et de lire les premières pages, puis de le refermer, prise d’un vertige aux horizons multiples. Je ne sais pas encore comment respirer les mots de Ducharme. Je plonge, mais je n’y trouve plus l’air que j’ai l’habitude de respirer. Je cherche à entendre sa voix et à l’unir à la mienne. Sa voix, ses émotions, sa respiration. Ce que je ne comprends pas m’attire et m’effraie, tout à la fois. Avec le temps, je comprends que tout ce qui m’effraie me fait grandir. Je sais d’instinct …

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Un Jane Austen dont vous êtes le héros

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais moi, quand j’étais jeune, il y avait toute une série de « livres dont vous êtes le héros », que j’ai dévorée! J’adorais ce genre d’histoire où je devais être une lectrice active, prendre la bonne décision. Ma lecture en était que plus surprenante, parce que deviner la fin devenait pratiquement impossible! Vous imaginez donc ma joie lorsque je suis tombée sur Lost in Austen, Create Your Own Jane Austen Adventure, qui s’inspire évidemment des romans de Jane Austen (pour laquelle j’ai déjà établi mon amour inconditionnel dans d’autres articles, notamment ici) pour créer une version pour adulte d’un livre dont vous êtes le héros, ou dans le cas qui nous occupe, l’héroïne! Le concept est plutôt simple, vous commencez l’histoire dans le rôle d’Élizabeth Bennet et votre mission est de faire un mariage d’amour tout en vous assurant une bonne position socio-économique. Tout au long de la lecture, vous tenez une liste de vos défauts et de vos qualités ainsi que de vos échecs et de vos succès, ceci …

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Les écorchés de Montréal-Nord

J’explorais les dernières sorties littéraires sur le site des Libraires et j’ai été subjuguée par cette illustration de Stephen Mackey représentant une jeune fille sous un voile blanc. Tout était énigmatique. Et définitivement intéressant. Je n’ai pas pu résister à l’achat du recueil. Sixième recueil de nouvelles de Suzanne Myre, L’allumeuse livre les récits de la survivance d’enfances étranglées et vécues par des personnages écorchés mais bien vivants. Suzanne Myre m’était tout à fait inconnue. Très prolifique nouvelliste, elle a huit livres publiés en moins de quinze ans où elle explore l’homme sous toutes ses facettes. Elle a d’ailleurs remporté de nombreux prix et été finaliste au Prix des libraires du Québec. Dans ce dernier ouvrage, Suzanne Myre nous fait visiter Montréal-Nord, quartier où elle a grandi, quartier qui n’est pas suffisamment exploré dans notre littérature. L’allumeuse Parmi les douze nouvelles du recueil, la nouvelle éponyme est définitivement la mieux ficelée, la plus touchante et la plus satisfaisante. L’allumeuse donne le ton à l’œuvre entière : elle met en scène « Montréal-Mort » et elle dépeint l’enfance dysfonctionnelle de la petite …

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C’est pas toi, c’est eux

Faire sentir quelqu’un infiniment petit pour se sentir infiniment grand. C’est ce qu’on a tous fait, de façon volontaire ou non, à un moment ou à un autre de nos vies. Il y a trois ans de ça, je suis tombée sur ce tout petit livre, écrit pour des adolescents, mais que tout le monde devrait lire. Un petit livre rempli de puissance, de rage, de trahison, de peur et finalement, d’abandon. Eux, de Patrick Isabelle, saura vous déranger et vous déstabiliser, que vous soyez un adolescent, un adulte dans la fleur de l’âge ou à la retraite. Je parle en connaissance de cause parce que même si je l’ai lu il y a longtemps déjà, ce livre me hante encore. Je me revois, tournant la dernière page dans un autobus bondé, la larme à l’œil, me demandant comment un livre pouvait m’avoir tant touchée. « J’ai vu la peur dans ses yeux. Ça m’a fait du bien. Alors j’ai tiré. » Je vous rassure, je ne viens pas de vous donner un extrait de …

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Désirer jusqu’à en perdre l’équilibre

Dans la dernière année, j’ai fini mes études universitaires et depuis, j’essaie de prendre un pas de recul sur ma vie, de me questionner : « qu’est-ce que je devrais faire maintenant? » vs « qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant? » C’est angoissant un peu, parce qu’il faut trouver la bonne réponse, mais surtout choisir la question à laquelle on veut répondre. Dans le fond, je sais que mes désirs seront toujours plus forts et que même si je choisis la mauvaise réponse, je finirai par bifurquer vers mes vraies envies. Je dois juste arrêter de me sentir coupable. Eh bien, quand j’ai lu Danser au bord de l’abîme, de Grégoire Delacourt, j’ai commencé à mieux respirer (image pour dire que j’ai commencé à me sentir moins mal). *** Leur vie va basculer « comme dans les romans » Emma est à l’aube de la quarantaine. Si elle mène une vie bien paisible avec son mari, ses trois enfants dans sa grande maison blanche près de Lille, elle n’a plus l’impression de vivre dans le présent. Le couple s’aime beaucoup, …

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La deuxième personne heurte plus que la troisième

La femme qui fuit (un autre article à propos de ce roman ici), c’est un roman qui m’a tout de suite bousculée dans mes habitudes de lectrice, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, le format du roman n’est pas habituel. Les chapitres sont courts et les phrases sont succinctes. Pour moi qui venais tout juste de terminer Raison et sentiments de Jane Austen, disons simplement que le contraste était grand. Sinon, les premiers chapitres traitent d’une mère qui a abandonné ses enfants et qui, plusieurs dizaines d’années plus tard, ne souhaite toujours pas les revoir. Lire tout cela, sans connaître l’historique de la mère en question, m’a remuée et même un peu contrariée. Une dernière chose que je n’ai pas souvent eu l’occasion de croiser lors de mes lectures: une narration à la deuxième personne du singulier. L’histoire derrière cette histoire Il m’a fallu un certain temps pour m’habituer à cette narration particulière, et encore plus longtemps pour comprendre les raisons faisant en sorte que c’était en fait un très bon choix. Avant de commencer, il faut savoir …

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« Les remèdes littéraires » de Berthoud et Elderkin : prescriptions de fiction pour les maladies de la vie

L’ouvrage encyclopédique des Remèdes littéraires de Ella Berthoud et Susan Elderkin a tout d’un manuel médical qui propose des traitements aux maux courants du quotidien ou aux plus grandes blessures et épreuves de la vie… à quelques différences près. D’abord, « il ne fait pas de distinction entre les peines affectives et les douleurs physiques; vous pourrez trouver dans ces pages de quoi soigner un cœur brisé ou une jambe cassée » (p. 4). Ensuite, est-il bien indiqué, les médicaments prescrits ne sont pas disponibles en pharmacie, puisque, d’ordre livresque, ils se présentent plutôt comme des suggestions de lecture ayant le pouvoir de soulager les problèmes de tout ordre. Quelle que soit votre maladie, nos prescriptions sont simples : un roman (ou deux!), à lire à intervalles réguliers. […] Certains traitements mèneront à une guérison complète. D’autres offriront simplement une consolation, en vous montrant que vous n’êtes pas seul.  À la base des Remèdes se trouve ainsi l’idée que les amoureux de la littérature utilisent les romans comme onguents depuis des siècles. L’ouvrage met de ce fait en avant une foi inébranlable …

Pablo Neruda La Solitude Lumineuse Le Fil Rouge

La solitude lumineuse de Pablo Neruda, un voyage en quelques pages

Pablo Neruda est un auteur et poète chilien que j’aime beaucoup. Ce genre d’auteur qui sait révéler la beauté et la cruauté du monde avec des mots simples et percutants. Qui sait balader le lecteur sur le fil qui sépare le réel de l’imaginaire. Je reviens d’un (trop) court séjour au Chili, durant lequel j’ai beaucoup appris sur la dictature de Pinochet, ce régime qui a contrôlé le pays entre 1973 et 1990 et qui n’est pas encore tout à fait reconnu comme dictature par le gouvernement chilien. Si vous allez un jour à Santiago et que le sujet vous intéresse, je vous recommande d’aller faire un tour au Musée de la mémoire et des droits de l’homme. Une belle claque dans la face. Si je vous en parle, c’est parce que la vie et l’œuvre de Neruda y sont liées. Le coup d’État de 1973 Dans les années 70, le Chili est gouverné par le socialiste Salvador Allende. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis de Richard Nixon voient d’un mauvais œil la …