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J’aurais voulu qu’on me parle de maternité multiple, dans Les Tranchées de Fanny Britt

Les tranchées évoquent la guerre, les combats, les bons et les mauvais jours, les victoires et les défaites. Quand j’ai commencé ce livre de Fanny Britt (autrice très appréciée chez Le Fil Rouge!), j’avais très hâte d’apprendre ce qu’elle avait à me dire sur la maternité. Honnêtement, mes attentes étaient très élevées, ce qui explique peut-être pourquoi j’ai fini ma lecture avec un fort sentiment d’insatisfaction. J’avais l’impression d’être devant quelque chose de partiel, comme s’il manquait l’autre côté de la médaille. Je n’ai pas été déçue par la qualité de l’écriture de Fanny Britt ou par les idées qu’elle élabore au travers des histoires, témoignages et discussions. L’angle d’approche qu’elle aborde est généralement bien développé et défendu. Mais voilà, pour moi, le problème résidait justement dans le fait qu’il y a seulement une partie de l’expérience de la maternité, plutôt sombre d’ailleurs, qui était présentée. Elle voulait parler d’ambiguïté dans la maternité, tenter de décloisonner le rôle de mère et de rejeter les étiquettes qui sont parfois contraignantes et angoissantes. C’est une démarche qui …

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La nécessité des petites tempêtes

Après Tu peux toujours courir et La théorie du drap contour, Valérie Chevalier nous sert avec brio un road novel fragmenté. Les petites tempêtes nous fait découvrir l’univers de Raphaëlle et celui de toutes les personnes qui croisent son chemin dans de courts chapitres de quelques pages. Son père, sa meilleure amie Chanterelle et des hommes de tout type (un ancien amoureux, un mannequin, un amant, une relation stable, un amour d’été, etc.) C’est l’histoire de l’amour qui va et qui vient, comme une ballade où l’on regarde défiler le paysage. Raphaëlle est une âme en construction, une identité en quête de soi: les hommes qu’elle rencontre la forgeront et ils lui rappelleront également la place de l’art dans sa vie. L’artiste Ce que Valérie Chevalier fait de façon sublime: intégrer l’art à son oeuvre. L’art, c’est comme l’amour: il n’a de valeur que dans les yeux de celui qui le regarde. (p.165) Peu importe où dans le monde se situe notre narratrice, Paris, Vermont, Montréal, l’art la suit et reflète son état d’esprit. Les petites tempêtes …

Cartographies II : Couronne Nord

Couronne Nord : cartographie de la périphérie

J’ai grandi dans un des creux de la Baie des Chaleurs, près de l’embouchure de la rivière Restigouche. Ma maison n’était pas située dans une municipalité mais dans une uncharted community, un bout de territoire en périphérie d’une petite ville dont la population, encore aujourd’hui, dégringole inexorablement en-dessous de la barre des 10 000 habitants. En se forçant un peu, on pourrait presque dire que c’était une banlieue. Les nouvelles de Cartographies II : Couronne Nord ont ce don de nous ramener à nos recoins de mythes fondateurs, ceux qui dorment dans les lieux où on n’a pas choisi de grandir. Le recueil se pose sur la rive nord de Montréal, mais le projet est porté par une préoccupation pour les territoires oubliés, aplanis parce que traversés trop vite ou quittés à la hâte. Il ne s’agit pas ici d’idéaliser les municipalités mises en scène (les pamphlets touristiques des Basses-Laurentides et de Lanaudière peuvent dormir tranquilles), mais bien de les investir d’un sens et d’y déterrer des récits. Six nouvelles se déploient ainsi en bordure de …

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Les signets, gardiens silencieux de nos lectures

Il y a quelques temps, une amie m’a ramené un souvenir de son voyage au Portugal:  un très joli signet en forme de sardine, fait en liège. Il s’agit du premier signet ayant une signification importante pour moi, non seulement provient-il de l’autre côté de la mer, mais il me vient d’une personne qui m’est chère. Depuis, j’ai cessé de plier le coin de mes pages, car je l’avoue, c’était l’une de mes habitudes! Enfant, j’accumulais des dizaines de signets (souvent autographiés) amassés lors des Salons du livre ou foires littéraires de l’école. Malheureusement, cette boîte de souvenirs s’est perdue avec le temps et je n’ai jamais cherché à rebâtir une telle collection. Je me suis donc questionnée par rapport à l’importance que l’on accorde aux signets et les divers moyens que l’on prend pour garder le fil de notre lecture. J’ai demandé aux Fileuses quel est leur moyen de prédilection pour garder leur page! Voici quelques-unes de leurs réponses : Roxanne : J’utilise des cartes postales, cartes d’affaires, vieilles enveloppes, bout de papier coloré, …

Sophie Labelle : dans le tumulte, rejoindre son public

Sophie Labelle et son travail ont été l’objet d’attaques incessantes de la part de groupes néonazis. Comme nombre de fans de sa BD Facebook pro-trans assignée garçon, je souhaite souligner l’importance de la prise de parole de cette auteure montréalaise. Cette chronique s’intéressera à la toute dernière publication « papier » de la bédéiste, Comment sortir avec quelqu’un quand on est trans et queer. Une histoire intriguante dans un format appétissant Ce qui saute aux yeux, c’est la qualité de l’objet-livre : en couleur à l’extérieur comme à l’intérieur, avec des dessins comportant tous une composition simple, mais truffée de détails judicieux. Pour une publication « maison », la finition n’est pas balayée du revers de la main. Analyser les vêtements des personnages est d’ailleurs en soi un plaisir de lecture. Dans les premières pages, on nous présente les personnages avec de courtes descriptions amusantes, d’une façon qui m’a donné un baume sur le cœur en me rappelant les BDs d’Astérix et Obélix que je lisais, enfant. Pour cette publication, l’histoire ne tourne pas autour de Stéphie, jeune fille trans …

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Hannah Arendt à travers la BD

Quand j’étais jeune, je détestais les bandes dessinées, je trouvais que ça laissait trop peu de place à mon imagination et je n’arrivais pas à prendre le rythme. C’est bien plus tard, alors que je travaillais à la bibliothèque de mon cégep, que j’ai découvert le plaisir des romans graphiques. J’ai appris à aimer la vitesse, particulièrement cette certitude qu’avant la fin de la journée j’aurais fini ma lecture. J’aime aussi comment on peut combler quelques minutes de vide, en suspens entre deux obligations, avec une BD. C’est une chose que je trouve beaucoup plus difficile à faire avec un roman. Et j’aime le nouvel esthétique adopté par de nombreux romans graphiques, qui semble s’inspirer de l’aquarelle et du dessin au pastel. Bref, je me suis réconciliée avec ce genre littéraire et c’est tant mieux parce que cela me permet de faire de magnifiques découvertes, comme la biographie de Hannah Arendt en image. Qui est Hannah Arendt? Elle est née en Allemagne, en 1906, où elle étudiera la philosophie, mais étant juive, elle devra fuir, …

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Les secrets d’une mère racontés par Fawzia Zouari

Des livres en attente d'être lus dans ma bibliothèque, je n'en manque pas. Malgré tout, je continue à fréquenter les librairies de manière compulsive et à me laisser charmer par certains livres que je m'empresse de lire en faisant fi de l'ordre de lecture que j'avais soigneusement prévu. Le roman Le corps de ma mère de l'auteure d'origine tunisienne Fawzia Zouari est l'un de ces livres qui ont attiré mon attention. Pourtant, cette auteure m'était inconnue. Toutefois, j'avais le goût d'ouvrir mes horizons à la Tunisie et aux femmes qui peuplaient les villages de ce pays avant d'être chamboulées par « la modernité ». Ce fut une belle découverte littéraire qui m'a permis de me plonger dans un univers surprenant. Le roman de Fawzia Zouari est divisé en trois livres. Dans le premier livre, la narratrice raconte comment se sont déroulés les derniers jours de la vie de sa mère, Yamna. Alors que cette dernière est à l'hôpital dans le coma, sa fille, revenue de France dans l'urgence, passe ses journées à son chevet en compagnie des autres …

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« Tale as old as time… » La Belle et la Bête et autres contes à (re)découvrir!

À moins d’avoir passé l’hiver dans une grotte à la manière d’un ours qui hiberne, ou dans un village reculé sans électricité ni internet, vous avez très certainement entendu parler de l’immense « buzz » entourant la sortie au cinéma de la dernière adaptation de Disney, La Belle et la Bête. Mettant en scène Emma Watson, l’héroïne féminine de la saga Harry Potter, le film, un « remake » en prises de vue réelles du film d’animation de Disney réalisé en 1991, a maintenu un réel suspense pendant plusieurs mois, nous faisant attendre (bien trop!) impatiemment sa sortie. Donc, la nouvelle adaptation d’un de mes contes préférés m’a amenée au cinéma, un dimanche après-midi, avec ma sœur. Considérant mon intérêt académique envers les contes et surtout pour les réécritures et les détournements – j’y consacre, en effet, l’entièreté de mon mémoire – plusieurs de mes amis, de ceux qui m’appelaient déjà « princesse » depuis quelque temps, ont suggéré, visiblement soucieux de me déculpabiliser, que j’y allais [et je les cite] « probablement pour un …

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La servante écarlate : une dystopie d’actualité, sur papier comme à l’écran

On parle beaucoup, ces temps-ci, de la pertinence de plusieurs œuvres de fictions dystopiques. Malheureusement, à l’ère de Donald Trump, de nombreux livres de science-fiction semblent pâlir lorsque comparés à la réalité absurde du paysage politique américain. C’est peut-être pourquoi Hulu a décidé d’adapter l’œuvre de Margaret Atwood La Servante Écarlate (v.o. The Handmaid’s Tale) plus de 30 ans après sa publication originale. Étant une grande fan de l’auteure canadienne, j’ai décidé de lire le roman et de le comparer à la série. Le synopsis Dans une société totalitaire où la religion domine sur la politique, les femmes sont maintenant divisées en trois classes : les Marthas, qui sont chargées de l’entretien et de la cuisine, les Épouses, qui sont les seules femmes à avoir un peu de pouvoir et qui dominent sur la maison, et les Servantes Écarlates dont le seul rôle est la reproduction. Les femmes ne peuvent plus lire, plus écouter de musique, elles doivent chacune porter un uniforme typique à leur caste. Celles qui sont jugées comme étant trop vieilles ou …

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L’amour au temps du patriarcat

Côté humour en littérature, je suis difficile. Je souris beaucoup, je ris peu. Récemment, le roman graphique Les sentiments du Prince Charles de l’auteure suédoise Liv Strömquist est parvenu à renverser cette tendance en me faisant rire fort, à plusieurs reprises. À l’aide de blagues réussies, ce livre cerne des malaises qui pullulent notre quotidien. Le ton est sarcastique, revendicateur et féministe. La description – peu éloquente – des sentiments du Prince Charles à l’égard de Lady Diana constitue le point de départ de l’auteure dans sa déconstruction des dynamiques oppressantes que subissent les femmes – mais aussi les hommes – au sein du couple. Fini le temps où l’on riait de ces amoureuses considérées par leurs maris comme des boulets, c’est ici l’absurdité de notre société patriarcale qui est montrée et ridiculisée. Voici donc en quatre points en quoi le roman graphique Les sentiments du Prince Charles s’impose dans la liste de mes lectures les plus réjouissantes faites jusqu’à ce jour. La critique du couple et de la vision de l’amour  Sous ses airs ludiques, le livre de Strömquist …