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Cartes : un atlas jeunesse pour découvrir le monde

C’est en travaillant en librairie que j’ai pu me plonger dans l’univers des atlas jeunesse. Un monde infini que je ne connaissais que très peu venait de s’ouvrir à moi. C’est une de mes collègues qui m’a montré — sur un plateau d’argent, avec un jet de lumière éblouissant et un alléluia victorieux — le très magnifique atlas Cartes : voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde de Aleksandra Mizielinska et Daniel Mizielinski, auteurs polonais. Mon cœur a bondi lorsque je l’ai aperçu. Ce grand livre était parfait en tout point. Je ne pouvais m’arrêter de l’usurper, en me faufilant dans la section jeunesse de la librairie quand un temps mort me le permettait, afin de le feuilleter avec ravissement. Ce livre bleu me fascinait. Destiné à un jeune public, Cartes présente plusieurs pays de tous les continents, cartographiés à l’ancienne, à la manière des cartes des grands explorateurs d’autrefois. Chaque page est ornée d’illustrations minutieuses, détaillées et naïves qui désignent à tout coup une particularité du pays présenté. On y découvre les attractions principales, …

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Entre amour, obsession et jalousie : les sœurs du Musée des espèces disparues

Ayant seulement une petite sœur, je trouvais que le premier roman de Nina Berkhout, Le musée des espèces disparues, me parlait tout particulièrement. Plus on vieillit, moins on se voit sans cette sœur qui a toujours été présente pour nous, dans les bonnes et les pires situations. On ne l’échangerait pour rien au monde et on ne lui souhaite que du bonheur. Comment se déroulerait une vie où l’on voit cette sœur, toujours près de nous, s’éloigner, s’embourber et disparaître? Comment réagirait-on? C’est ce qu’a représenté Nina Berkhout dans son roman, et ce, avec une délicatesse teintée d’espoir, mais aussi d’un peu d’amertume. Le poids familial L’idée centrale de l’œuvre est le développement de la relation entre deux sœurs que tout oppose, Vivienne et Édith (pour Vivien Leigh et Édith Piaf, vouant ces enfants à un destin difficile déjà tracé d’avance par le choix de leur prénom). L’une est semblable à la mère, l’autre au père. Une mère névrosée, nostalgique d’une vie qu’elle n’aura jamais; un père collectionneur, passif, retiré dans l’art et la création. Édith, narratrice, …

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Une auteure et son œuvre : Sophie Bienvenu

Sophie Bienvenu est une écrivaine franco-québécoise, d’origine belge et française. Elle s’installe au Québec en 2001, après avoir fait ses études à Paris. Aujourd’hui, elle s’identifie presque davantage à son pays d’adoption qu’à la France, car les Québécois lui semblent plus proches de sa culture belge. Elle œuvre dans les milieux du web, du journalisme et de la communication, mais écrire des romans demeure sa passion la plus puissante. Une passion qui se sent à travers ses mots, et qui est particulièrement contagieuse. Lucie le chien (2006)  Cette première publication de Sophie Bienvenu rassemble les meilleurs billets de son blogue du même nom. Plutôt court, écrit dans un style léger et facile à lire, ce petit livre est parfait pour les lectures à temps perdu; en attendant l’autobus, par exemple. Il annonce également un thème que l’on retrouvera souvent au cœur des œuvres de l’auteure : les chiens. Étant elle-même une grande amoureuse des animaux, Sophie Bienvenu trouve important de parler de ces bêtes souvent mal-aimées, particulièrement dans notre province. Et il ne faut pas se …

Grandir avec les livres

J’ai commencé à lire très jeune. Bien que je ne me rappelle plus le titre du premier roman que j’ai lu (faute d’avoir beaucoup cherché), je me rappelle l’immense satisfaction que j’ai ressentie. Comme l’approche du Fil Rouge le mentionne : «la lecture procure un bien-être et les œuvres littéraires peuvent nous aider à cheminer personnellement.» C’est d’ailleurs depuis plus de 22 printemps que la littérature me permet de me découvrir, en plus d’être devenue une passion incroyable. Dans cet article, je vous raconte mon parcours littéraire en vous révélant les livres qui m’ont le plus marquée jusqu’à maintenant en tant qu’enfant, adolescente et jeune adulte. Enfant Même si je ne lisais pas de romans en 1ere année du primaire, je me rappelle d’un livre au service de garde de l’école que j’aimais bien consulter, et j’en suis certaine, je ne suis pas la seule. Il s’agit d’Arc-en-ciel le plus beau poisson des océans, j’étais éblouie par la beauté du livre, tout en découvrant différentes espèces de la vie marine. Par la suite, vers la deuxième …

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Éloge du « pavé », ou comment lire à l’infini sans que ça soit fini

Quand j’étais jeune, je dévorais les livres à une telle vitesse que si on ne m’avait pas vue les lire, installée soit dans la cuisine, le salon ou ma chambre – je lisais PARTOUT – on aurait pu facilement croire que je ne disais pas la vérité, que je ne les lisais pas vraiment. Mais il a fallu se rendre à l’évidence: malgré mon jeune âge, je passais à travers des livres et des livres, et même si ceux-ci étaient gigantesques. En fait, mes livres préférés étaient justement ces briques volumineuses, souvent de style « fantastique » ou fantasy que je dévorais avidement, et dont Harry Potter, Le seigneur des anneaux, À la croisée des Mondes, Narnia et Les Chevaliers d’Émeraude faisaient partie. Ces temps-ci, à cause des lectures obligatoires, du temps incroyable que je passe devant mon ordinateur à écrire ou lire des textes, ou juste à cause des horaires mélangeant pas toujours harmonieusement les études, le travail et le social, je préfère largement écouter des films, le soir, afin de me changer les …

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Chroniques d’une anxieuse : À toi, cher monsieur déplacé de la librairie

À toi, cher monsieur déplacé de la librairie, Apparemment que mes sourires et mes bonjours polis t’ont turné on. Apparemment que tu comprends pas que ce ne sont pas des avances. T’as comme pas catché que je fais juste ma job et que ça fait partie de mon travail de te sourire même si j’en n’ai pas envie. Sorry, mais cette journée-là, je t’aurais plus pitché un livre dans face que de te sourire à pleines dents. Mais je faisais ma job. J’étais une femme en train de faire son travail, tu vois. Je n’ai aucunement demandé à ce que tu me considères comme une pièce de viande prise dans son enclos à la caisse. Comme si je n’existais que pour le plaisir de tes yeux. Je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais été un homme tu ne m’aurais pas dit des propos déplacés concernant ta libido. Mais pour toi c’était une blague, c’est ce que tu as dit, comme si je m’insurgeais pour rien. C’était juste une blague d’insinuer que malgré tes …

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Aidez Gilbert et Henriette à financer leurs découvertes

Ce n’est un secret pour personne, chez le Fil rouge, on est bien fan de tout ce qui est bande dessinée et roman graphique, surtout quand c’est créé au Québec. Alors j’ai immédiatement été emballée lorsque j’ai entendu parlé du projet Les dépassés, proposé par Gamet Productions, une jeune maison de production établie à Repentigny. De qu’est-c’est? Les dépassés, c’est une bande dessinée imaginée par l’illustratrice Sévrine Dumais qui met en scène Henriette et Gilbert, un couple de personnes âgées qui tentent tant bien que mal de se familiariser avec la technologie d’aujourd’hui. On a tous dans notre entourage une personne (vieille ou moins vieille!) qui éprouve des difficultés avec sa compréhension des réseaux sociaux et des différents appareils électroniques. On sait donc à quel point des mises en scène loufoques peuvent ressortir de ce genre d’anecdotes! Mais en plus d’une BD, Gamet Productions proposera bientôt une websérie où l’on pourra suivre ces deux personnages à travers leurs découvertes et (més)aventures, et c’est Bernard Fortin* qui assurera les rôles de script-éditeur et de consultant artistique. …

Un soir de juin, la poésie a pris toute sa place — Chapitre II

 Ce matin, je cherche l’écriture dans le vol des oiseaux.  Michel Pleau  Sublimer le jour et la nuit Ce soir de juin, j’étais assise dans la salle de spectacle, très intime, de la Vieille Usine, entourée de mes amis et nous étions tous attentifs à la poésie qui déferlait sur nous. À la suite du spectacle, nous étions tous fébriles, une forte impression d’être différents, nous ne pouvions nous quitter ainsi. Alors nous nous sommes rattaché les uns, les autres, cette nuit-là, mais aussi les jours suivants et même si la saison file comme l’éclair, la poésie reste imprégnée sur nos peaux de sensibles, de curieux et de vivants. Avec d’autres, nous avons commencé à poser des gestes poétiques. Des carnets d’écriture à deux. Des échanges de bouts de papier contenants des fragments, offerts, comme on offre des fleurs sauvages. Des désirs de se réunir pour se lire nos poèmes favoris. Des recueils en circulation. Ce ne sont que des petits gestes, mais ils nous font vibrer et ils permettent à la poésie de continuer …

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Un retour au bercail qui vire au cauchemar

Les suicidés d’Eau-Claire n’est pas un roman pour la plage. En tout cas, pas si on se fie à l’image traditionnelle d’un roman de plage : léger, rapide à lire et joyeux. Le roman n’est rien de tout ça. Il faut dire qu’il commence par un suicide. Puis, il vous entraîne dans un univers de désespoir pour vous expliquer comment une jeune famille a pu finir par décider de s’enlever la vie tous ensemble, quelques jours avant Noël. Pourtant, même si ce premier livre de l’écrivain Éric Mathieu n’est pas gai, je l’ai bien dévoré sur la plage de Gloucester, dans le Massachusetts. Ses 500 pages sont particulièrement empoignantes. Une fois commencé, je n’avais qu’une envie, avancer de chapitre en chapitre et me plonger de plus en plus dans la noirceur de la vie de ces personnages alors que devant moi s’étendait un des plus beaux paysages de la côte est des États-Unis. Comme quoi, parfois, on lit et on aime des livres qui ne correspondent vraiment pas au contexte qui nous entoure! Les suicidés d’Eau-Claire, …

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Pourquoi lire Marguerite Duras l’été

Vous avez sûrement déjà entendu parler du concept de « lecture d’été ». Généralement, ce sont des lectures légères pour se détendre en profitant du soleil. Rien de compliqué, pas besoin de se torturer les méninges, un livre que l’on peut prendre entre deux saucettes dans la piscine sans jamais vraiment perdre le fil. C’est un concept intéressant, on a tous besoin de mettre notre cerveau à « off » de temps à autre. Toutefois, je vous propose une version un peu différente de la lecture d’été, aujourd’hui, quelque chose de plus immersif : lire du Marguerite Duras en pleine canicule! On s’entend, il n’y a rien de simple et de léger dans un roman de Marguerite Duras. Cependant, ses livres se déroulent très souvent en Indochine française où il fait chaud et humide. Lire un Duras pendant la canicule permet une expérience immersive totale. Il n’y a pas de meilleure façon de comprendre la détresse des personnages qu’en souffrant nous-mêmes de la chaleur au moment de notre lecture. Je ne me suis jamais sentie aussi proche de ces personnages …