All posts tagged: lecture

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Comment survivre à la fin du monde avec un bidon d’essence et des graines de citrouille

J’adore les romans d’anticipation dystopiques et autres visions catastrophiques du futur, génératrices d’angoisses nocturnes! Cependant, après la déferlante des Hunger Games, Divergente et pléthore de séries du même acabit d’il y a quelques années, je croyais avoir eu ma dose de récits post-apocalyptiques «young adults» pour un moment… Jusqu’à ce que je me retrouve Dans la forêt de Jean Hegland. Je ne sais pas pourquoi, mais les éditeurs francophones ont cru bon de nous faire patienter plus de dix ans avant de traduire ce petit bijou de la littérature américaine, qui avait pourtant connu un succès respectable à sa sortie, en 1996. Loin d’être passés date, les thèmes abordés sont, au contraire, tout à fait d’actualité. Dans la forêt raconte l’histoire touchante et douloureusement réaliste de deux sœurs adolescentes qui se retrouvent seules face à la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. Très différent des autres livres du genre, c’est un roman sur la résilience… qui a un subtil arrière-goût de propagande new age! Girl power et patchouli On ne se le cachera pas: ce …

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Carnet de voyage: Pérégrinations et retrouvailles au pays des patates

Quand je voyage, j’aime bien profiter des longues heures de route pour lire. Tourner les pages en me laissant bercer par les vibrations de la voiture, en jetant un œil de temps en temps aux paysages qui défilent: pour moi – et pour d’autres aussi – c’est le moyen parfait pour s’évader! Cet été, je suis allée passer mes vacances à l’Île-du-Prince-Édouard et, bien entendu, aucune lecture n’aurait pu mieux meubler les 924 kilomètres qui séparent les pignons bleus de ma maison des proverbiaux Pignons verts, que les aventures d’Anne – avec un «e»! Ma vieille amie Anne Je n’en étais pas à ma première rencontre avec l’héroïne du plus grand classique jeunesse canadien de tous les temps.  Anne et moi, ça remonte à loin… Mon enfance a donc été bercée par les souvenirs de ce mémorable périple familial dans les Maritimes – marqué par une Anne cauchemardesque, une varicelle fulgurante et une rencontre importune avec un jellyfish! – mais aussi, heureusement, par le dessin animé japonais d’Anne aux pignons verts et plus tard, par …

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Bière et poésie : deux ingrédients pour une symbiose étonnante!

La bière, était devenue pour moi le paradis des correspondances baudelairiennes. En effet, les bières de microbrasserie (et même certaines bières «commerciales») rivalisent entre elle pour atteindre des niveaux de complexité au niveau des arômes et des effluves, rappelant parfois les saisons (sèche ou onctueuse en bouche), la nature (foin, fleurs, herbes) ou encore les sentiments (lait, chocolat, ou quoi que ce soit qui soit personnellement associé à un doux souvenir pour vous!). 

Le drap blanc de Céline Huyghebaert : Retracer les souvenirs

Retrouver le père absent Après le décès de son père, Céline constate qu’elle ne l’a pas vraiment connu, qu’il lui est quasi étranger. Il s’agit en quelque sorte d’un reproche qu’elle lui fait, mais surtout qu’elle se fait à elle-même. Ce projet de recherches se veut personnel, mais aussi documentaire et journalistique, car l’autrice y présente, entre autres, l’analyse de la signature de son père par une graphologue, parsème les pages du livre de photos d’archives et tente de récolter toutes les bribes d’informations à son sujet à l’aide d’entrevues enregistrées auprès de sa famille et de ses ami-e-s. La mémoire comme seule matière Elle interroge des proches avec des questions précises qu’elle reposera quelques années plus tard afin d’y déceler des éléments nouveaux, singuliers, qui lui permettront de définir Mario, son père. Céline désire confronter les paroles dites par les interviewés parce que la mémoire est une source instable et que les mots choisis ou modifiés par chaque individu peuvent être porteurs de sens inédits. Le temps fait la différence, bien que remuer les …

Un livre québécois par mois : Septembre : Édition Mémoire d’encrier

En septembre, on lit un livre de la maison d’édition Mémoire d’encrier! Mémoire d’encrier fut fondé en 2003 à Montréal. Elle s’est donné le mandat de recueillir le plus d’auteurs-trices de diverses origines. L’importance de la voix est très présente. La maison Mémoire d’encrier veut passer un message : qu’il y ait une voix commune, visible et vivante. Elle publie également différents types d’ouvrages. Ça peut être de la fiction, tout comme de la poésie ou encore des nouvelles. Pourquoi avoir choisi Mémoire d’encrier ? Principalement parce qu’elle amène une diversité dans ses auteurs et autrices. Je crois que c’est la grande force de cette maison d’édition, c’est que nous pouvons enfin entendre la voix de nos québécois-e-s de diverses origines. Qu’ils-elles soient autochtones, arabes, antillais, etc. Voici quelques suggestions de lecture : Manikanetish, Naomi Fontaine Soigner aimer, Ouanessa Younsi Je suis une maudite Sauvagesse / Eukuan nin matshi-manitu Innushkueu, An Antane Kapesh Nous ne trahirons pas le poème, Rodney Saint-Éloi Les décalages contraires, Mylène Bouchard La balançoire de jasmin, Ahmad Danny Ramadan Et vous, …

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Quatre romans pour un été noir

C’est grâce à Hercule Poirot, dont ma grand-mère regardait tous les jours à la même heure l’adaptation télévisée, que j’affectionne les romans policiers, les intrigues mystérieuses et les secrets enfouis de génération en génération… J’aime particulièrement dévorer ce genre de romans en été, lorsque mon rythme de vie est ralenti par la chaleur (et à l’automne évidemment, Halloween n’étant pas très loin). L’été étant déjà bien commencé, j’ai eu l’occasion de me plonger dans plusieurs histoires qui m’ont tenue en haleine. Si vous aussi vous appréciez lire des polars ou des thrillers sous le soleil et les pieds dans l’eau, voici un petit échantillon de mes derniers coups de cœur en la matière. Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, de Céleste Ng «Lydia est morte, mais ils ne le savent pas encore.» Ohio, 1977. Lydia, jeune fille brillante de 16 ans, est retrouvée dans un lac non loin de la maison familiale. Avec sa mort, c’est sa famille tout entière, née d’une rare union mixte entre une femme blanche et un homme d’origine chinoise, …

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Jusqu’au Mexique ou juste avant

C’est souvent en sortant de notre liste de livres à lire que l’on fait de belles trouvailles. Je marchais donc dans les allées de la bibliothèque lorsqu’une couverture dans les teintes d’orangé a attiré mon œil. On dira ce qu’on voudra, mais une première de couverture attrayante amène souvent bien des lecteurs à se plonger dans ses pages. Le bref résumé et l’étiquette apposée déclarant qu’il s’agissait d’un auteur québécois ont achevé de me convaincre. Je me suis donc plongée dans Une virée américaine, le sixième livre de François Jobin. L’origine de la virée américaine Le protagoniste, Zacharie Desforges, vit dans le petit village de Saint-Lude. Alors que certains villages ont pour principale caractéristique la tranquillité, ce n’est pas le cas de celui-ci. À Saint-Lude, la famille Charron fait sa loi. Le père fait trembler de terreur les plus vieux, tandis que son fils répète le scénario avec les plus jeunes. Un beau jour, Zach en a assez de subir les assauts de Mario, le plus jeune de la lignée des Charron. Il rouspète finalement, mais …

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This woman’s work, lire Julie Delporte en anglais

Le dernier bijou de Julie Delporte, intitulé This woman’s work, paru en 2019 chez Drawn and Quarterly, est une œuvre à saveur autobiographique, comme la plupart de son travail. Cette nouvelle sortie est la version traduite de Moi aussi je voulais l’emporter, dont la parution, il y a à peu près un an pile, a enflammé les réseaux sociaux pendant plusieurs mois. Depuis, je suis entrée dans une espèce de bulle nommée Julie Delporte et je me suis mise à m’abreuver de toute sa bibliographie. J’ai décidé de relire ce chef-d’oeuvre en anglais, pour voir quel effet cela me ferait. Julie Delporte mentionne régulièrement qu’elle souffre du syndrome de l’imposteur et j’espère que ma critique pourra contredire ce sentiment. La pression d’être une femme À la base, This woman’s work devait être un livre sur Tove Jansson, la créatrice des Moomins, mais petit à petit, l’œuvre s’est transformée d’elle-même en une réflexion sur le rôle de la femme et ce qu’on assume de celui-ci. La femme mère, la femme maîtresse, la femme amoureuse, etc. Delporte réussit à …

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Sans domicile fixe: la force du déni

Le dernier roman de Susin Nielsen raconte l’histoire du jeune Félix, 12 ans, qui est sans domicile fixe (SDF). Déjà, le titre éveille l’intérêt, ainsi que la page couverture représentant un campeur Westfalia. Mais on ne peut qu’imaginer brièvement le récit que l’autrice s’apprête à nous livrer. Une histoire touchante, enlevante, construite comme un thriller psychologique qu’on a du mal à lâcher tellement c’est passionnant. Le roman vise la tranche d’âge 12-15 ans, mais si on a déjà lu d’autres ouvrages de Susin Nielsen, on sait que l’auditoire s’étend bien au-delà du jeune public. Félix, le SDF de 12 ans ¾ Le récit de Sans domicile fixe débute dans un poste de police, alors que le jeune Félix Knutsson discute avec l’agente Lee. Les informations sont livrées au compte-goutte afin de laisser planer le mystère sur la raison de sa présence au poste. Astrid, la mère de Félix, est interrogée au même moment, sans qu’on en sache la raison, et Félix insiste sur le fait qu’Astrid est une bonne mère. Il semble s’être produit un …

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Soie d’amour

Alessandro Baricco est un auteur qui a certainement marqué la communauté littéraire avec Soie, ouvrage paru originellement en italien, en 1996. Son écriture touchante, toute en finesse et en douceur, m’avait paradoxalement happée avec ce roman, et j’avais ensuite découvert Océan mer, puis plus tard Mr Gwyn. Sans le savoir, j’avais quitté Soie seulement pour mieux y revenir… La soie L’histoire prend racine en France, dans le petit village de Lavilledieu, en 1861. Hervé Joncour, un homme discret et à son affaire, heureux en mariage avec Hélène, toute aussi discrète et à son affaire, est le personnage au cœur du roman. Son parcours de vie, tout tracé d’avance par son père, prend un tournant des plus originaux alors qu’il devient importateur d’œufs de vers à soie pour son petit village. Le bout du monde Entraîné et motivé par son mentor, un homme tout à fait éclectique et marginal, Hervé Joncour traversera donc la France, l’Autriche, la Russie et l’Océan, puis, à l’aide de contrebandiers hollandais, rejoindra la terre lointaine du Japon, là où personne ne l’attend. Ce voyage en est un …