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Plonger de Christophe Ono-dit-Biot, l’autopsie d’une histoire d’amour

Avec ce roman, pas de mauvaise surprise. Cette histoire est tragique et on le sait dès le premier paragraphe : Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau. Une provocation. Une exhortation. À écrire ce livre, pour toi, mon fils. À mi-chemin entre le roman d’amour et le roman policier, Plonger de Christophe Ono-dit-Biot nous emmène au cœur d’une relation vouée à l’échec entre deux êtres diamétralement opposés, qui se rejoignent toutefois sur un point : leur égoïsme. Vous l’aurez compris, ces deux personnages n’ont pas vraiment attiré ma sympathie. César, le narrateur, raconte à son fils l’histoire de sa mère, Paz, retrouvée morte alors que ce dernier n’était encore qu’un bébé. Ce récit, César ne le fait pas seulement pour son fils, il le fait aussi (surtout) pour lui : pour essayer de comprendre comment il a pu perdre la femme qu’il a tant aimée. On apprend donc que Paz est une jeune photographe d’origine espagnole, fougueuse, indépendante, insolente et avide …

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Lire des femmes de diverses origines en mars… et toute l’année

En 2018, je me suis résolue à lire davantage d’œuvres littéraires non occidentales, car il me semblait que mes lectures étaient très enracinées en Amérique du Nord et en Europe occidentale, et surtout réalisées par des personnes blanches. Diversifier mes lectures me permettrait de mieux connaître les expériences de vie et les terrains de luttes de celles et de ceux dont la réalité quotidienne est tout autre que la mienne, en raison de leur appartenance ethnoculturelle et de leur parcours migratoire. J’ai voulu partir à la rencontre de ces personnes qui disposent d’assez peu d’espace dans la société pour diffuser des représentations justes et positives d’elles-mêmes et de leur communauté. Avec l’arrivée du mois de mars et à l’approche de la Journée internationale des femmes, visant à souligner les contributions des femmes à travers le monde et à mettre en évidence les obstacles et les violences qui demeurent encore à enrayer pour parvenir à une réelle égalité entre les genres, j’ai jugé qu’il était plus que temps d’accorder une plus grande place aux femmes de …

Ce que Alexandra en a pensé : Pour ma petite personne, l’année 2018 a débuté un peu dans un état général de panique extrême. Est-ce que j’avais fait les bons choix? Est-ce que je me dirigeais au bon endroit? J’angoissais – comme toujours – sur comment j’allais réussir à organiser tous les magnifiques projets que je me donnais et si j’étais prête d’affronter toutes ces peurs qui me réveillaient la nuit. J’avais peur. J’ai encore peur. Et il me fallait un livre pour m’aider. Un bouquin pour me remettre les pieds sur terre. Un bouquin qui me dirait « ça va bien aller, crois-moi ». J’ai eu entre les mains Le chemin du beau de Cheryl Strayed à la librairie où je travaille. Tout juste sorti des boîtes pour l’étiquettage, j’ai feuilleté ce livre entièrement composé de citations et de pensées de cette auteure à qui l’on doit Wild, roman autobiographique qui a assurément changé plus d’une vie. Ayant été transportée par le périple à travers les montagnes vertigineuses du Pacific Crest Trail de Strayed, ma curiosité était piquée, mais surtout j’avais ce grand besoin d’un livre inspirant écrit par une femme qui, comme moi, a eu peur et a foncé avec détermination dans la vie. J’ai su que Le chemin du beau était le livre qu’il me fallait. En fait, Strayed nous livre dans ce tout petit bouquin jaune moutarde, d’à peine une centaine de pages, ce genre de citations qu’on garde près de soi, dans un tiroir de notre tête, pour les moments difficiles lorsqu’on a besoin de se remonter l’estime, de se donner un peu de lumière et de continuer à croire en nous, en les autres et en tout le reste. Exactement ce que je cherchais. « Je ne saurai jamais, et vous non plus, à quoi aurait ressemblé la vie que nous n’avons pas choisie. Mais une chose est sûre, cette vie alternative aurait été tout aussi importante et tout aussi belle. C’est un bâteau fantôme à bord duquel nous n’avons pas embarqué. Tout ce que nous pouvons faire, c’est le saluer depuis la rive. » En guise d’introduction, Strayed mentionne qu’elle a toujours collectionné les citations : « drôles ou profondes, simples ou complexes, tristes ou émerveillées, exaltantes ou sévères : chaque fois que j’ai besoin de réconfort ou d’encouragement, d’un peu de recul ou d’un bon coup de pied au derrière (ce qui m’arrive souvent), c’est vers elles que je me tourne ». C’est pour cette raison qu’elle a décidé d’écrire ce livre, un « mini-guide à l’usage de nos âmes » qui nous tiendra compagnie lorsqu’on en aura besoin. Passant de propos féministes, afin que les femmes soient fières d’elles, à des propos plus généraux sur les relations, le respect de soi, la souffrance, les hésitations, les choix, le lâcher prise, la force d’aller de l’avant et l’importance de confronter notre zone de confort, on y trouve une panoplie de phrases-clés susceptibles de nous faire réfléchir pendant de longs moments. « Salut, la peur. Merci d’être là. Tu es la preuve que je fais le bon choix. » « Voyagez à pied. On rate tellement de choses quand on va trop vite. » « Partez parce que vous en avez envie. Parce que vouloir partir est une raison suffisante. » Tous les lecteurs de Wild se souviendront de ces passages où Cheryl Strayed se répétaient en boucle « je n’ai pas peur, je n’ai pas peur » comme un mantra qui allait l’aider à surmonter les moments où, seule dans la nature sauvage avec comme seul abris sa tente de nylon, l’inquiétude et l’anxiété menaçaient sa tête. C’est là toute la beauté des ces citations et de ces phrases qu’on joue en boucle pour transformer nos pensées négatives, se redresser et se mettre sur « le chemin du beau ». Malgré quelques passages qui m’ont paru un peu flous et maladroits, Strayed réussit à livrer un bouquin remplit d’espoir qui fait du bien aux gens un peu perdus, comme moi, et donne une grande bouffée de chaleur à travers ses mots. Je le recommande à ceux qui aiment les quétaineries et les livres de croissance personnelle et qui n’ont pas peur de l’assumer avec fierté. Et vous, quelles sont la ou les citation.s qui vous font du bien?

Le chemin du beau : des citations qui font du bien

Les citations font partie prenante de ma vie. Elles sont souvent l’élément déclencheur de certaines réflexions, elles remplissent mes tableaux Pinterest, me font jaunir les pages de mes livres à coups de marqueur et m’inspirent, au quotidien. Les mots des autres peuvent parfois résonner en nous de manière imprévisible, agir comme un baume ou une bombe et nous faire réaliser des choses que nous n’arrivons pas nous-mêmes à mettre en mots. C’est pour cette raison que j’ai été intriguée par le petit recueil de citations de Cheryl Strayed, l’auteure derrière le best-seller Wild. Quand j’ai vu qu’Alexandra l’avait aussi acheté, nous avons décidé d’en faire un article commun, partageant nos deux points de vue sur Le chemin du beau et tout le beau que celui-ci nous a insufflé. Ce que j’en ai pensé :  L’introduction que fait Cheryl Strayed de ses propres citations m’a beaucoup plu. Ça m’a accrochée et j’ai aimé qu’elle prenne quelques instants pour expliquer son processus. Comme moi, elle semble toujours être à la recherche de la citation qui conviendra à son état, …

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Rétrospective 2017 : analyser la représentativité de ses lectures personnelles

C’est connu, les débuts d’années sont propices aux remises en question et à l’évaluation de l’année qui vient de s’écouler. Que ce soit par la participation à un défi littéraire ou par l’adoption de résolutions axées sur les livres, les adeptes de la littérature en profitent pour planifier et rêver leurs lectures de la prochaine année.

Pour ma part, avant de mon plonger dans ma PAL de 2018, j’ai voulu me questionner sur mes soixante lectures de 2017, plus particulièrement sous l’angle de la représentativité des auteurs.trices lu.e.s et des genres littéraires explorés.

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La fille à histoires : s’inventer des mères de papiers

Irène Frain est une auteure bien prolifique que je ne connaissais que très peu, moi qui avais seulement lu Beauvoir in love. Elle publie presque un livre par année depuis 1979, ce qui est ma foi fort impressionnant. Sa page Wikipédia m’a aussi appris qu’on avait la même date de fête, mais je doute que ce soit vraiment nécessaire de vous le mentionner. 😉 J’ai eu la chance de découvrir cette auteure pour la deuxième fois, avec son tout nouveau roman, La fille à histoires, publié en 2017. Dans ce texte, elle aborde la relation qu’elle a eue avec sa mère, et plus précisément la place de l’écriture et de la lecture dans leur famille. Le prénom Ayant été prénommée le même nom que l’amante de son père, Irène a avec sa mère des rapports extrêmement conflictuels et difficiles. De plus, sa famille est très modeste et l’écriture est un sujet fort tabou. Elle est la troisième fille de ses parents. Au fil du temps, elle comprend qu’elle est arrivée après que sa mère ait …

Club de lecture : Moi, Tituba, sorcière…

Dimanche le 21 janvier, café Zoha.  Le café Zoha est un petit café bien chaleureux situé dans Centre-Sud, sur Ontario. Si vous voulez aller au Sfouf mais que vous vous butez à un café plein, dirigez-vous vers le Zoha, à deux pas de là. Nous avions le café à nous pour une bonne partie de la séance, nous en avons donc profité pour prendre place sur le bord de la fenêtre, sur les banquettes, question d’être bien installées pour discuter du magnifique livre qu’est Moi, Tituba, sorcière… de Maryse Condé. Alors, qu’en avez-vous pensé? À l’évidence, toutes les participantes ont apprécié leur lecture de Moi, Tituba, sorcière… Ce fut un bon moment de lecture, une histoire intéressante, intrigante qui nous porta à avoir une multitude de discussions sur le rôle des femmes, la liberté, le racisme, etc. L’une des participantes a d’abord mentionné comment elle avait eu l’impression de se faire raconter une histoire, quelque chose de presque chanté, de mélodieux. Par contre, malgré le talent d’écriture de Maryse Condé, malgré l’aspect musical, rythmé et doux de …

L’inéducation : manifeste pour une éducation renouvelée et populaire

Vous souvenez-vous de cette douce époque où nous allions à la petite école sans nous soucier du monde extérieur? On vous appelait affectueusement par votre prénom et on s’attardait sur votre cas s’il y avait la moindre difficulté. L’école débordait de ressources et si, par malheur, on avait oublié notre boîte à lunch pour manger ce midi, on nous en fournissait une. Il y avait des professeures dévouées, des éducatrices soucieuses et des spécialistes prévenantes. L’école est une institution fondamentale pour l’instruction et l’éducation, et pourtant. Aujourd’hui, il est pressant — ou urgent — de parler du futur de notre système d’éducation. Celui-ci se retrouve dans un étau qui se resserre dans la succession des gouvernements. L’éducation est en train de suffoquer pour diverses raisons : coupes budgétaires, précarité des enseignants, industrialisation de l’éducation. Pour ne nommer que ces causes, car elles sont nombreuses. Depuis cette vague d’austérité, nous avons vu des chaînes humaines pour protéger les écoles primaires. Comment en sommes-nous arrivés là? La professeure en philosophie Joëlle Tremblay démystifie toute cette confusion collective dans …

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À l’époque du choléra, Florentino était malade d’amour

J’ai découvert cet auteur alors que je cherchais désespérément un personnage notable ayant beaucoup apporté à la culture hispanophone, afin de faire une présentation orale pour mon cours d’espagnol. Le nom de Gabriel García Márquez revenait très souvent, mais je ne me souvenais pas avoir déjà entendu parler de lui. J’ai eu assez honte  de moi lorsque j’ai découvert qu’il était le récipiendaire d’un prix Nobel de littérature et que son livre Cent ans de solitude avait été placé parmi les cent meilleurs livres de tous les temps alors que son auteur était encore vivant. Impressionnant, vous dites? Un roman poétique J’ai préféré le roman L’amour aux temps du choléra à celui qui a fait la renommée de l’auteur à cause de la quatrième de couverture. Étant donné que je venais tout juste de terminer ma session au cégep, je voulais un livre qui se lirait facilement, un livre pour relaxer un peu. Bien que j’aie apprécié ma lecture, je ne peux pas dire que ce fut une lecture reposante. Ce n’est pas tellement l’histoire qui est …

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Vieillir donne le vertige

Les regrets. Plus on vieillit, plus on se demande si on a fait les bons choix. On regarde comment on a agi dans les dernières années. On scrute les diverses avenues qu’on aurait pu prendre. On juge le chemin qu’on a fini par emprunter. Il est toujours facile de se laisser emporter par les regrets et de se lamenter sans cesse en soupirant après le passé. Quand j’ai atteint la trentaine, il y a deux ans, je me suis posé beaucoup de questions. J’ai regretté certains choix. J’ai essayé en vain de m’imaginer une autre vie. Que se serait-il passé si j’avais continué ma maîtrise en littérature pour devenir prof? Et si je m’étais accrochée à mon premier petit copain et travaillé pour faire durer notre relation? Et si après mes études en communication, j’avais persévéré et décroché un job en événementiel mal payé au lieu de prendre un job de bureau plus routinier? Est-ce que je serais plus heureuse? Après des mois à me poser ces questions, je me suis enfoncée dans la tristesse …

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Le pape a donné un nouveau souffle à ma ferveur environnementale

Est-il pertinent que je précise d’entrée de jeu que je suis athée ? Peu importe, voilà qui est fait. Un collègue a glissé ce livre sur mon bureau en me disant que ce dernier traitait d’environnement. Mes yeux ont été aussitôt attirés par le visage souriant du pape François qui couvrait l’exemplaire. Ma curiosité a aussi été immédiatement piquée car, pour moi, il n’y a pas de relation possible entre la religion et la science. Comment le Saint-Père arrivait-il à en créer une ? J’ai grandi dans une famille chrétienne pratiquante, mais je n’ai pas la foi. Je suis aussi en désaccord sur plusieurs points de vue avec l’Église. De plus, jamais je n’y avais entendu quoi que ce soit sur la protection de l’environnement, encore moins sur la science ou sur la lutte aux changements climatiques, des valeurs incontournables pour moi. Or, le nouveau pape – de son vrai nom Jorge Mario Bergoglio – est plein de surprises. Je dois avouer qu’il est un personnage fascinant, et que je suis du coin de l’œil la réforme de …