All posts tagged: les livres qui font du bien

Le jeu de la musique : Entrevue avec Stéfanie Clermont

En septembre, notre choix s’est arrêté sur un livre bien attendu de la rentrée littéraire : Le jeu de la musique. Premier roman de l’auteure Stéfanie Clermont, il fût rapidement encensé par la critique et par les lecteur.e.s, avec raison. C’est une magnifique fresque moderne, un juste portrait de notre génération, que nous offre l’auteure. Ce fût, pour nous deux, un coup de cœur que nous avions grandement envie de partager, malgré la rapide popularité de celui-ci – c’est toujours un risque à prendre lorsqu’on choisi des nouveautés pour les coffrets. Voici l’entrevue que nous avons réalisée avec Stéfanie Clermont. Composé d’une trentaine de nouvelles, Le jeu de la musique est qualifié de roman par nouvelles. Comment expliquez-vous cette appellation? Il s’agit plutôt d’un livre de nouvelles interreliées, ou de ce qu’on appelle en anglais un short story cycle. J’ai écrit le livre comme ça d’abord parce que le genre littéraire de la nouvelle me parle beaucoup et que je compte plusieurs auteurs de nouvelles parmi mes auteurs préférés : Lorrie Moore, Alice Munro, Raymond Carver. …

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Mes découvertes théâtrales à l’université (Partie 1)

J’étudie à l’université en écriture de scénario et création littéraire, ce programme bi-disciplinaire est constitué à 50% de cours orientés vers la littérature, puis l’autre moitié vers le cinéma. Lors de mes cours de littérature, je me suis principalement dirigée vers les cours de dramaturgie pour les cours à choix. À mon plus grand plaisir, je suis tombée en amour avec le genre, je trouve que l’évolution de cette forme d’écriture est passionnante. Dans cet article je vous présente mes coups de cœur à travers mes découvertes théâtrales au cours de mon bac. La mouette de Tchekhov De tout ce que j’ai lu de littérature russe, j’en ai toujours apprécié la lecture. Il n’est donc pas étonnant que La Mouette d’Anton Tchekhov soit l’œuvre dramaturgique que j’ai le plus appréciée au cours de mon parcours scolaire jusqu’à maintenant. C’est une histoire de famille, une histoire de triangle amoureux, une histoire de passion. L’art devient le nœud de l’histoire, chacun aspire à se découvrir et réussir de leur passion. Nina veut devenir actrice, Treplev cherche la …

The mother of all questions : Le féminisme de Rebecca Solnit

Rebecca Solnit, c’est un peu ma découverte de 2017. Je la trouve intelligente, posée, nuancée et tranchante à la fois. Elle m’impressionne sans cesse par sa prose et par la manière excessivement intéressante qu’elle a de mélanger histoire, actualité, statistiques, faits, art, littérature, environnement, politique, sociologie et j’en passe. Bien que je sois loin d’avoir lu l’ensemble de son œuvre, elle a quand même 17 livres à son actif, je crois quand même pouvoir affirmer qu’elle est une essayiste et une auteure fascinante qui mérite d’être lue. J’étais donc bien heureuse de retrouver sa plume dans son tout dernier essai : The mother of all questions, présenté comme une suite à son plus populaire — et controversé — livre qui popularisa le terme « mansplaining » : Men explain things to me. Une suite logique The mother of all questions est véritablement une suite au premier recueil d’essais féministe de Solnit. On y retrouve le même ton, le même humour, les mêmes thématiques. Très souvent, l’auteure s’attarde à la violence faite aux femmes. Au viol, à la violence conjugale et, plus …

Club de lecture : Les faux mouvements

Mardi soir, le 17 octobre. 17h30, au café La graine brûlée, il fait déjà presque noir à l’extérieur. Peut-être dit-on ça de chaque endroit – signe qu’on choisi bien nos cafés – mais La graine brûlée est vraiment l’un des cafés les plus plaisants pour y tenir un club de lecture. Entourées de livres usagés tous un peu plus drôle les uns que les autres – si vous voulez tous les livres de Twilight, c’est LA place – c’est dans cette ambiance un peu loufoque qu’on se retrouve donc pour parler de notre second livre de la session, Les faux mouvements de Emmanuel Bouchard. Les qualificatifs qui ressortent pour parler du recueil de nouvelles de Bouchard sont : doux, sensible, atmosphère, émotions. Bref, on aurait pu aussi résumer en disant que c’est un roman qui se lit bien en automne. Du moins, c’est l’effet qu’il nous a fait. De la couverture aux diverses nouvelles, c’est vraiment cette attention aux détails et cette douce sensibilité dont fait preuve l’auteur qui a capté l’attention des participantes. Alors, est-ce que …

Nos suggestions d’essais québécois pour le mois de novembre du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un essai? «L’essai est un texte qui propose une réflexion, il expose, analyse. Il se distingue aussi du traité scientifique ou de vulgarisation : le savant y reste dans le cadre de ce qu’il a étudié. L’essayiste, lui, s’interroge même sur des sujets qui se situent hors de sa spécialité.» – Jaimelefrançais.org Je vous l’avoue, je ne suis pas portée à me procurer ou à lire des essais. Cependant, avec le temps, j’essaie de varier mes lectures, c’est pourquoi j’essaie de lire de plus en plus d’essais féministes. Les suggestions / lectures des fileuses :  Je compte lire Tenir tête de Gabriel Nadeau-Dubois, tout simplement parce que ça fait des années qu’il est dans ma bibliothèque. Andréanne Lauzon conseille Les libéraux n’aiment pas les femmes, Aurélie Lanctôt/ Maternité, la face cachée du sexisme, Marilyse Hamelin/ Dans l’oeil du pigeon, Luc-Alain Giraldeau Stephanie Pronovost conseille le recueil d’essais Fuck le monde, de Simon-Pierre Beaudet Louba-Christina Michel conseille la série des documents de Nouveau projet. Roxanne Kègle Demers propose, pour une introduction aux notions de consommation responsable : Acheter …

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L’importance de diversifier ses références culturelles

Ai-je lu trop de romans d’amour? Dès mon plus jeune âge, ma mère m’a traînée dans les bibliothèques et je suis rapidement devenue une avide lectrice. Je lisais de tout, j’étais curieuse de tout, avec une préférence pour les romans à saveur historique. Plus tard, lorsque j’étais adolescente, j’ai lu une grande quantité de romans d’amour. Mes préférés étaient ceux où le gars mourait à la fin, me laissant seule à pleurer toutes les larmes de mon corps. Je ne me lassais pas de ces romans, j’étais absolument fascinée par l’idée que deux personnes puissent se rencontrer et qu’elles soient vraiment faites l’une pour l’autre. Statistiquement parlant, quelles sont les chances?!? Pourtant, immanquablement, l’héroïne rencontrait l’amour de sa vie. C’était comme si la maxime de ma grand-mère, chaque chaudron trouve son couvercle, se réalisait à chaque fois. Plus tard, je me suis souvent demandé si tous ces romans d’amour ne m’avaient pas tourné la tête, me donnant une idée irréaliste de l’amour et des relations de couple. Comment les livres influencent-ils vraiment leurs lecteurs? C’est …

Club de lecture : L’autre moitié du soleil

Dimanche 22 octobre 2017 Pour une seconde fois en 24 heures, nous nous retrouvons au café Chez l’Éditeur. C’est toujours un plaisir de nous retrouver dans ce café lumineux, entouré de livres, sur cette grande table de bois autour de laquelle les discussions coulent de soi. Cette fois-ci, pour notre seconde séance de notre club féministe, nous sommes en effectif réduit, à quatre autour de la table et nous nous demandons bien comment nous allons meubler notre temps. En plus, les deux participantes n’ont pas terminé le livre du mois. C’est des choses qui arrivent, surtout lorsqu’on donne à lire un livre de 660 pages tel que L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie. On profite du petit groupe pour se payer la traite avec les plus gros breuvages chauds possible, parfait pour la clémente température d’automne. On se rappelle qu’en septembre, lors de notre première rencontre, on était en pleine canicule. Considérant les lectures non terminées nous décidons de changer notre première question habituelle — qu’en avez vous pensez? – pour comprendre ce qui …

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375e de Montréal : Découvrir Ahuntsic

Il y a un peu plus de deux ans, j’ai quitté le nid familial, ou plutôt, mes nids familiaux. J’ai suivi mon copain qui déménageait en appartement. On a trouvé l’appartement parfait sur Kijiji, on l’a visité, on a supplié le proprio d’accepter notre chien, et l’affaire était réglée en moins de deux jours. Ma première chasse à l’appartement fut un vrai succès. Nous logeons donc depuis août 2015 dans un grand 3 ½ sur la rue Prieur à Montréal. La rentrée 2015 s’est donc caractérisée par une vague de changements (début de l’université et nouvelle demeure), qui bien que me réjouissant, m’a bouleversée. Même si j’étais heureuse de devenir plus indépendante, j’aurais pu habiter chez mes parents quelques années de plus sans problème. Il m’a fallu un bon 6 mois pour trouver une routine adéquate « école, épicerie, devoirs, ménage, vie sociale » avant de me sentir réellement chez moi. Le quartier que nous avons choisi, Ahuntsic, a certainement participé à créer un environnement agréable afin de devenir un endroit où je me sens …

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Les Certitudes : le désordre de Montréal

Lorsque j’ai reçu le tome 2 de la série L’année noire de Jean-Simon Desrochers, je me suis soudainement rendue compte que le temps passait à une vitesse folle, et qu’il fallait peut-être que je pense à ralentir un peu dans ma vie. Le tome 1 était sorti fin mars alors que de la neige parsemait encore le sol et que le printemps tardait à venir, j’avais dévoré l’énorme livre en une semaine et quand j’étais arrivée à la dernière page du livre, je m’étais dit que jamais je ne serais capable d’attendre aussi longtemps avant de lire le tome 2. Le tout s’était terminé par des coups de feu et je voulais savoir tout de suite qui était mort. Septembre me paraissait si lointain. Et pourtant, l’automne est maintenant bien arrivé! Lorsque j’ai lu le premier tome, je venais de me lancer à mon compte. Et depuis, j’ai tant couru à droite et à gauche, multipliant les contrats, que j’ai à peine eu le temps de m’ennuyer des personnages de cette incroyable saga noire. Cependant, …

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Les fileuses au Festival International de Littérature ; bilan de nos expériences

L’une et l’autre  Martine : J’ai passé une agréable soirée en compagnie de Gabrielle et de ces deux femmes exceptionnelles : Delphine de Vigan et La Grande Sophie. Étant une grande admiratrice de l’œuvre de De Vigan, j’allais à l’événement avec beaucoup d’attentes. J’ai aimé la façon dont les textes de De Vigan répondaient à la musique de La Grande Sophie et vice versa. Il y avait une belle énergie dans la salle, on sentait l’amour et l’attention que les gens portaient aux mots prononcés et aux mélodies. C’était un moment délicieux, touchant, dans lequel j’ai senti toute la profondeur et la qualité des œuvres respectives de ces deux grandes artistes. J’ai été fort heureuse d’assister à ce moment unique à Montréal. Gabrielle : Le spectacle L’une et l’autre m’a agréablement surprise. Si, au départ, il me semblait que ce serait difficile d’allier les univers respectifs des deux auteures, au contraire, elles s’arrimaient et se répondaient parfaitement, l’une et l’autre! C’était un spectacle touchant, autant grâce aux extraits poignants lus par De Vigan qu’aux paroles sublimes de La Grande …