All posts tagged: Littérature canadienne

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Un peu de brut et de frais : Autobiography of Red

J’avais deux petites semaines de vacances en juillet et une cabane pas d’Internet qui m’attendait sur le bord du fleuve. Deux pièces, la cabane : une cuisine et une chambre. Une grande cour ensoleillée, un recoin d’ombre sur la galerie, quatre poules rousses comme voisines immédiates. J’y suis arrivée un mardi après-midi, toute seule avec mon sac à dos et mes provisions. Je traînais huit livres dans mes bagages. J’avais mis beaucoup de temps à les choisir, avant de partir : je cherchais des histoires particulières, de celles qui donnent envie de raconter les nôtres. Parce que c’était pour écrire, la cabane. La cabane, le fleuve, les poules : un moment soigneusement découpé dans l’été. Je voulais avoir les bons livres. Je voulais lire pour pouvoir mieux écrire. Quelque part dans le lot, il y avait Autobiography of Red. Anne Carson y met en scène, de façon merveilleusement troublante, le personnage de Geryon, jeune garçon puis jeune homme, qui cache une grande paire d’ailes rouges sous ses vêtements. Élevé par une mère qu’il adore, très tôt victime des …

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Un retour au bercail qui vire au cauchemar

Les suicidés d’Eau-Claire n’est pas un roman pour la plage. En tout cas, pas si on se fie à l’image traditionnelle d’un roman de plage : léger, rapide à lire et joyeux. Le roman n’est rien de tout ça. Il faut dire qu’il commence par un suicide. Puis, il vous entraîne dans un univers de désespoir pour vous expliquer comment une jeune famille a pu finir par décider de s’enlever la vie tous ensemble, quelques jours avant Noël. Pourtant, même si ce premier livre de l’écrivain Éric Mathieu n’est pas gai, je l’ai bien dévoré sur la plage de Gloucester, dans le Massachusetts. Ses 500 pages sont particulièrement empoignantes. Une fois commencé, je n’avais qu’une envie, avancer de chapitre en chapitre et me plonger de plus en plus dans la noirceur de la vie de ces personnages alors que devant moi s’étendait un des plus beaux paysages de la côte est des États-Unis. Comme quoi, parfois, on lit et on aime des livres qui ne correspondent vraiment pas au contexte qui nous entoure! Les suicidés d’Eau-Claire, …

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La servante écarlate : une dystopie d’actualité, sur papier comme à l’écran

On parle beaucoup, ces temps-ci, de la pertinence de plusieurs œuvres de fictions dystopiques. Malheureusement, à l’ère de Donald Trump, de nombreux livres de science-fiction semblent pâlir lorsque comparés à la réalité absurde du paysage politique américain. C’est peut-être pourquoi Hulu a décidé d’adapter l’œuvre de Margaret Atwood La Servante Écarlate (v.o. The Handmaid’s Tale) plus de 30 ans après sa publication originale. Étant une grande fan de l’auteure canadienne, j’ai décidé de lire le roman et de le comparer à la série. Le synopsis Dans une société totalitaire où la religion domine sur la politique, les femmes sont maintenant divisées en trois classes : les Marthas, qui sont chargées de l’entretien et de la cuisine, les Épouses, qui sont les seules femmes à avoir un peu de pouvoir et qui dominent sur la maison, et les Servantes Écarlates dont le seul rôle est la reproduction. Les femmes ne peuvent plus lire, plus écouter de musique, elles doivent chacune porter un uniforme typique à leur caste. Celles qui sont jugées comme étant trop vieilles ou …

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Next year for sure : quand le sentiment polyamoureux s’invite dans le couple

Kathryn et Chris, les principaux personnages de Next Year for Sure de Zoey Leigh Peterson, s’aiment depuis neuf ans et cohabitent dans un douillet petit nuage routinier et affectueux, jusqu’à ce que Chris confie à sa conjointe son attirance (affectueuse et mentale, et non sexuelle en premier lieu) pour Emily. Ils décident donc mutuellement d’ouvrir leur couple, et c’est ainsi que Chris commencera à donner rendez-vous à Emily, avec l’approbation et l’encouragement de son amoureuse. Bien sûr, les choses sont rarement aussi simples lorsque l’on s’engage dans une relation polyamoureuse…

Le tout dernier Lori Lansens : un voyage en montagne dont on ne revient jamais

Pour la petite anecdote, le premier roman que j’ai lu en anglais, c’est The girls de Lori Lansens, ce qui explique peut-être mon attachement envers cette auteure canadienne, ou c’est plutôt grâce à l’humanité qui transcende ses œuvres… Probablement plus, en fait! Lorsque j’ai su qu’Alto publiait Les égarés, la version française de The mountain story, je voulais à tout prix le lire. C’est avec bonheur que j’ai retrouvé des personnages touchants et surtout, cette écriture jamais faible, ni tendre, mais toujours tellement précieuse et axée sur les vraies choses ; les rapports humains, les émotions et ce désir plus fort de vivre et dans ce cas-ci, de survivre. Les égarés, c’est l’histoire de Wolf, qui écrit une lettre à son fils Daniel pour lui raconter des choses qu’il n’a jamais osé lui dire. Ces secrets prennent place dans un drame et une expérience hors du commun que Wolf a vécue. Il s’est perdu dans la montagne surplombant Palm Springs accompagné de trois inconnues qui ne le sont pas restées longtemps : Nola, Bridget et …

Regard sur une librairie d’ici: Drawn and Quaterly

En temps normal, mes visites chez Drawn and Quaterly sont synonyme d’après-midi chaleureux où, des heures durant, je me plais à parcourir ce joyeux fouillis composé d’ouvrages aux couleurs vives, à effleurer pour la énième fois ce cahier de notes tant convoité dont les pages ne demandent qu’à être noircies. Nous pouvons toujours trouver un coin où l’on peut bouquiner discrètement, tendant l’oreille à ce merveilleux silence, teinté par le doux crissement des pages qui se tournent et de conversations chuchotées à mi-voix. Les vieilles tables en bois, les étagères vacillantes, les nombreuses illustrations collées par-ci par-là sur les murs, ainsi que la fusée rouge (recueillant les albums de Tintin) posée tout au fond rendent l’espace encore plus charmant. Afin d’égayer ces premiers jours de décembre, ternis par le temps gris et la morosité de l’hiver, j’ai déposé l’espace d’un instant crayons de plomb, surligneurs et manuels scolaires pour me rendre dans l’une des plus jolies librairies montréalaises. (crédit photo: artreport.com) La bande dessinée à l’honneur  La maison  Drawn and Quaterly, fondée en 1989 par …

L’amour en sourdine dans la toundra

Le roman La nuit sur les ondes (titre original : Late Nights on Air) d’Elizabeth Hay aura toujours une place privilégiée dans mon cœur. Je l’ai lu en anglais quelques années après sa parution en 2007 et je l’ai relu récemment pour retrouver les personnages qui ont tellement envahi mon imaginaire au Cégep. Traduit par Hélène Rioux aux éditions XYZ, il est maintenant offert en français. Aux Territoires du Nord-Ouest, dans les années 1970, une communauté de personnages se lie d’amitié, d’amour ou d’animosité. Ils se connaissent et font partie de la même communauté parce qu’ils travaillent tous à la station de Radio-Canada de Yellowknife. Dido Paris, mystérieuse femme fatale, annonce les nouvelles de sa voix sexy et accentuée par sa langue maternelle, le néerlandais; Harry Boyd, DJ qui a déjà été célèbre, anime maintenant les ondes la nuit au bout du monde; et Gwen Symon a conduit d’Ottawa à Yellowknife juste pour réclamer un poste à la station. Ces trois personnages (et les autres que je n’ai pas pris le temps de décrire) forment la …

Station Eleven : entre nostalgie et fin du monde

Parce que survivre ne suffit pas. Le premier jour : Éclosion de la grippe géorgienne. On estime qu’elle pourrait contaminer 99 % de la population. Deux semaines plus tard : La civilisation s’est effondrée. Vingt ans après : Une troupe présente des concerts et des pièces de théâtre aux communautés regroupées dans des campements de fortune. La vie semble de nouveau possible. Mais l’obscurantisme guette, menaçant les rêves et les espérances des survivants.  Presque toutes les rubriques et médias littéraires en parlent, tous l’encensent comme étant le roman de l’été, une lecture émouvante, touchante, qui captive. J’ai eu le gout de m’y plonger et de voir de quoi il était question dans ce fameux quatrième roman de l’auteure Emily St. John Mandel. Ce roman choral joue dans le temps, dans les souvenirs et dans les moments tant avant, pendant, qu’après la grippe de Géorgie, pandémie qui tua 99 % de la population. Bien que le récit soit post-apocalyptique, qu’il s’instaure dans la lignée des dystopies, le point focal de celui-ci n’est pas la fin du …

Fugues quotidiennes : le pouvoir des nouvelles d’Alice Munro –

Alice Munro révèle le miraculeux dans l’ordinaire. Souvent décrite comme la Chekhov de notre époque, Munro est maître de son art : la nouvelle. Elle relate surtout des vies de femmes. Elle raconte nos voisines, nos sœurs, nos mères, nos amies; bref, elle raconte les gens qu’on connaît. On se reconnaît et on reconnaît les nôtres, les humains, dans ses nouvelles. En effet, elle est une auteure d’un talent indéniable. Trois fois lauréate du prix du Gouverneur général du Canada, Munro a accumulé plusieurs autres prix dont, ça vaut quand même la peine de le mentionner, le très prestigieux Prix Nobel pour la littérature en 2013! Seule canadienne à avoir remporté ce titre. Et une de trop peu de femmes. Je suis grande fan d’Alice Munro! J’ai suivi un cours à son sujet et ça m’a permis de goûter à plusieurs de ses recueils. Pour cet article, je vais faire l’éloge de Fugitives, son onzième recueil de nouvelles qui lui a valu le prix Giller à sa parution, car je le trouve particulièrement savoureux, mais je vous …

ROOM : l’aventure de Super Jack

Room est l’histoire de Jack et de sa maman. Jack a toujours vécu dans la chambre (« the room »). Tout ce qu’il a connu et ce qu’il connaît s’y trouve. Il a Monsieur lit, Madame commode, Monsieur tapis, etc., et tous les dimanches il a droit au « cadeau du dimanche » offert par le « Grand méchant Nick ». Jack tient sa force de ses cheveux, c’est pourquoi il garde ses cheveux longs, parce que tout comme les héros de ses livres, il sera le héros de sa propre histoire. Sa maman est parfois « ailleurs », ce qui lui permet alors de regarder plus longtemps la télévision où il retrouve ses ami-e-s, dont Dora l’exploratrice. À présent que Jack a 5 ans, sa mère lui dit qu’il faut être courageux. Qu’il est maintenant temps de sortir de la chambre. Mais Jack ne comprend pas, pourquoi s’en aller alors que l’extérieur n’existe pas? Ensemble, ils essaient divers plans d’évasion et Jack réussit! Il est le grand héros et « Grand méchant Nick » se retrouve en prison. « Grand méchant Nick » se retrouve en …