All posts tagged: Littérature étrangère

Le fil rouge le fil rouge lit bibliothérapie littérature lecture livres les livres qui font du bien Svetlana Alexievitch Une auteure et son oeuvre La supplication La guerre n'a pas un visage de femme

Une auteure et son œuvre : Svetlana Alexievitch

Écrire dans l’ombre, en laissant la parole à ceux qui ne sont pas pris en compte par l’histoire, ces gens qui se déplacent dans l’obscurité sans laisser de traces et à qui on ne demande rien, c’est ce que Svetlana Alexievitch sait faire de mieux. Cette journaliste et auteure russophone soviétique et biélorusse est la première femme de langue russe à remporter le prix Nobel de littérature, et ce, pour l’ensemble de son œuvre. Elle écrit des textes engagés, dissidents, qui causent parfois la controverse. Ce n’est pas seulement sa carrière de journaliste qui l’a conduite à écrire sur les conflits politiques et sociétaires, comme la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la guerre d’Afghanistan ou la dislocation de l’URSS, mais son enfance marquée par les récits de sa grand-mère et de son père, qui n’ont jamais cessé d’influencer son imagination fertile.   L’auteure Svetlana Alexievitch se met toujours volontairement dans l’ombre lorsqu’elle travaille. J’ai donc décidé de lui donner, dans cet article, une lumière particulière. Pour commencer, explorons brièvement son histoire : Svetlana Alexievitch est née …

e fil rougeRetirer un terme : le fil rouge lit le fil rouge litRetirer un terme : bibliothérapie bibliothérapieRetirer un terme : les livres qui font du bien les livres qui font du bienRetirer un terme : littérature étrangère littérature étrangèreRetirer un terme : suise suiseRetirer un terme : aude seigne aude seigneRetirer un terme : editions zoe editions zoeRetirer un terme : une toile large comme le monde une toile large comme le mondeRetirer un terme : internet internetRetirer un terme : technologies technologiesRetirer un terme : réalité virtuelle réalité virtuelleRetirer un terme : roman sur les technologies roman sur les technologiesRetirer un terme : vie sans internet vie sans internetRetirer un terme : la grande panne la grande panne

Une toile large comme le monde : entre virtualité et réalité

Et s’il était possible de couper l’internet ? Pas seulement en désactivant son Wi-Fi, non. En déconnectant la terre entière de la toile. Le feriez-vous ? C’est ce que propose Aude Seigne dans son troisième roman, Une toile large comme le monde. Lentement, chapitre après chapitre, elle met en place une multitude de personnages modernes, tous dépendants, d’une façon ou d’une autre, de la technologie. Les personnages sont variés, intéressants et indubitablement dans l’ère du temps. (C’est bien l’une des premières fois que je lisais une auteure qui parlait de Pinterest et de la série Mr. Robot dans un roman.) C’est à travers le trio amoureux formé par Oliver, Evan et June; la programmeuse Pénélope;  l’adepte de jeu vidéo et de Youtube Lu Pan; et la militante pour un internet vert, Brigit, que se construit ce récit. Alors qu’on navigue, durant la première moitié du roman, à travers les différents personnages, on sent bien que les questions s’immiscent en eux, qu’ils se mettent tous, indépendamment l’un de l’autre, à se questionner sur l’influence de la grande toile sur …

Le bruit des vagues

Je l’avoue, je suis éprise des histoires d’amour. Elles me fascinent par leur complexité, mais aussi par leur temporalité. Qu’elles soient destructrices ou émancipatrices, ces histoires occupent la plupart de nos pensées et nous font évoluer en tant qu’êtres humains, à une vitesse incroyable. Ces histoires nous brisent, nous forgent et nous rendent plus fort. Les épopées amoureuses sont omniprésentes dans la littérature. De Musset à Anna Gavalda, elles ont façonné les classiques d’hier et ceux d’aujourd’hui. Si les récits romanesques peuvent sembler, à bien des égards, porteurs de légèreté et d’insouciance, il n’en demeure pas moins que certains personnages trouvent en l’amour une manière de déjouer les préjugés et de dénoncer la société dans laquelle ils évoluent. C’est le cas précis de l’auteur anglais Ian McEwan. Ses œuvres s’articulant autour de l’amour, de la dérision et du mensonge, on est happé par ses romans psychologiques et sa plume unique. D’Amsterdam à Expiation, on lui doit une quinzaine de romans et plus de 15 millions de livres vendus à travers le monde. Parmi les œuvres …

Tous (un peu) extraterrestres, non?

Moi, je suis pas comme les autres. Je marche sur la Terre, je vais à l’école, j’ai une maison, un papa, une maman et un chien. Ça, c’est normal. Mais le truc bizarre, c’est que plusieurs fois par jour, je voyage sur une autre planète. L’imagination enfantine à l’âge adulte est trop souvent broyée par les responsabilités, le quotidien en urgence et les to-do-lists qui n’en finissent plus… Un album pour recommencer à rêver un peu : pourquoi pas? C’est avec des croquis délicats et colorés, avec un petit Léon adorable et attachant, que nous arrive le duo Jo Witek et Stéphane Kiehl. Cet album nous ouvre, avec justesse, une porte menant à l’univers imaginaire des enfants. Un album qui, sans aucun doute, fera surgir des souvenirs d’enfance; les bols de céréales, les dessins de craie, les mains sales, les premières journées d’école, les courses de petites voitures, toutes ces grandes premières fois… Léon est un petit garçon aussi sensible que rêveur. En apparence, il est un enfant comme les autres. Tout de ce qu’il …

Marie-Aude Murail École des loisirs Littérature jeunesse Oh, boy! Sauveurs & fils Miss Charity

Lire et aimer Marie-Aude Murail

Hochelaga, mon quartier. Une surprise qui pointe le nez alors que je ne l’avais jamais même espérée. Un matin, une librairie jeunesse voit le jour à quelques pas de chez moi. Et moi, vous savez, la littérature jeunesse, j’en mange. Mais surtout, j’y crois. Parce qu’il faut leur proposer des ouvrages de qualité, aux jeunes, des livres qui les transporteront ailleurs, qui leur donneront envie de lire toujours plus, de découvrir le monde, les mots, le bonheur d’une phrase bien tournée, d’une histoire menée avec talent. Et il me semble que de s’y plonger, aussi, ne fait aucun tort. Pour voir ce qui peut animer et émouvoir les cœurs des petits. Ou nous toucher, nous aussi. La librairie Bric à brac vit donc au coeur d’Hochelaga, avec ses portes grandes ouvertes, ses vitrines vives et attrayantes, ses livres qui débordent des étagères, mais surtout, avec ses amoureux des livres. Rarement on ne m’aura partagé des découvertes littéraires avec autant d’enthousiasme. La plus récente à ce jour: l’autrice Marie-Aude Murail. C’est en me disant que tout …

À la recherche de la mer et du temps perdu

On rêve tous de tomber sur la parfaite lecture de vacances. Celle qui nous permettra vraiment de décompresser, de nous perdre dans un monde qui n’est pas le nôtre, mais surtout d’avoir le sentiment de s’arrêter et de prendre le temps pour s’émerveiller. On a beau arpenter les librairies, les sites Internet et les suggestions de nos amis, rien n’y fait; on ne trouve jamais la perle rare. Car rien n’est moins sûr qu’un excellent livre. C’est notre propre perception qui influence nos choix, nos intérêts. Et ce qui fait un bon livre à bien des égards n’en déçoit pas d’autres pour autant. C’est une entreprise difficile certes, jusqu’au moment où vous le trouvez. Caché dans le fond d’une bibliothèque, ce livre dont vous ignorez tout est sur le point de vous hypnotiser pendant des semaines, et vous ne savez même pas encore dans quoi vous vous engagez vraiment. C’est cette histoire d’amour que j’ai vécue le mois dernier alors que je suis partie découvrir l’Amérique centrale durant quelques semaines. Ayant angoissé pendant plusieurs semaines …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, L'assassin royal, Robin Hobb, Éditions J'ai lu, Fantasy, Pavé, éloge du pavé, lecture d'été, littérature étrangère, saga, série, Château, lenteur,

Éloge du « pavé », ou comment lire à l’infini sans que ça soit fini

Quand j’étais jeune, je dévorais les livres à une telle vitesse que si on ne m’avait pas vue les lire, installée soit dans la cuisine, le salon ou ma chambre – je lisais PARTOUT – on aurait pu facilement croire que je ne disais pas la vérité, que je ne les lisais pas vraiment. Mais il a fallu se rendre à l’évidence: malgré mon jeune âge, je passais à travers des livres et des livres, et même si ceux-ci étaient gigantesques. En fait, mes livres préférés étaient justement ces briques volumineuses, souvent de style « fantastique » ou fantasy que je dévorais avidement, et dont Harry Potter, Le seigneur des anneaux, À la croisée des Mondes, Narnia et Les Chevaliers d’Émeraude faisaient partie. Ces temps-ci, à cause des lectures obligatoires, du temps incroyable que je passe devant mon ordinateur à écrire ou lire des textes, ou juste à cause des horaires mélangeant pas toujours harmonieusement les études, le travail et le social, je préfère largement écouter des films, le soir, afin de me changer les …

L’âme des horloges

L’avenir ressemble beaucoup au passé. Dès la lecture de cette phrase, je me suis dit que ce livre allait répondre à mon besoin de fantaisie. Je croyais me retrouver dans un univers à la Diana Gabaldon, même si je n’en ai jamais lu. Je croyais qu’il allait y avoir des retours en arrière, des voyages dans le futur. Eh bien, ce fut tout le contraire! Pas de quétaineries ou de moments clichés, alors que je tombais en amour avec la bouillonnante Holly, adolescente amoureuse d’un jeune homme adulte dans les années 80. Tout commence par une dispute C’est à la suite d’une chicane avec sa mère que Holly décide de quitter le nid familial. Malheureusement, cette décision amènera plusieurs conséquences. Lors de cette fugue, Holly pensera au passé, lorsqu’elle entendait des voix qui referont alors surface. Ces voix seront appelées plus tard les voix de la radio. Ce qui amènera aussi la disparition mystérieuse de son petit frère. Alors que je croyais continuer d’être sur les traces de Holly, les parties du roman suivantes avancent dans …

pax et le petit soldat sara penny packer gallimard jeunesse renard guerre

Ceux qui ne renoncent pas

Il ne pensait pas que c’était possible, en venir à cette alternative. Il s’agissait d’une erreur de jugement, sans aucun doute, d’un égarement passager. Il ne pouvait pas être mis dans cette position. Il ne pouvait pas avoir accepté de laisser tomber l’être qui lui importait le plus au monde, le compagnon de son enfance, l’ami, celui qui le réconfortait dans les temps difficiles. Il ne pouvait certainement pas non plus être en train de le chasser à l’aide d’une ruse. D’une activité qui allait prendre des airs de jeu. Il n’allait pas lancer ce petit soldat, le même qu’il lui avait déjà lancé cent fois. Il n’allait pas lancer ce jouet, attendre qu’il coure vers lui, heureux, certain d’avoir affaire à un jeu de routine. Il n’allait pas lancer le petit soldat de plastique, regarder son renard partir à sa poursuite et s’enfuir en courant. Il n’allait pas l’abandonner dans une étendue sans fin et le supplier de le pardonner. Et pourtant, si. Peter a douze ans, et c’est la guerre. Son père, qui …

lefilrougelit, #lefilrougelit, bibliothérapie, thriller, roman policier, littérature étrangère, joyce carol oates, valet de pique, sacrifices, identité, double, mensonge, écriture de roman, plagiait, roman psychologique, stephen king

Valet de pique : Quand Joyce Carol Oates m’épate encore

J’aime me sentir obnubilée par une lecture. Avoir l’impression d’être complètement investie dans un récit et ne pas réussir à fermer le bouquin, avant de savoir. Savoir, tout simplement. Savoir comment les événements défileront. Vous connaissez sans aucun doute ce sentiment, vous lisez et hop, vous reprenez conscience de ce que vous étiez en train de faire! Quel plaisir de s’évader le temps de quelques pages, voire quelques heures, avec un bouquin entre les mains! C’est ce qui m’est arrivé à nouveau avec Joyce Carol Oates. La lecture de Sacrifice, un de ses derniers romans, m’avait totalement ravie et j’étais restée avec la forte impression que Carol Oates maîtrise à merveille les codes du thriller psychologique. En recevant Valet de pique, j’étais nerveuse à l’idée de lire à nouveau un de ses livres. Ça me fait toujours ça, quand j’aime trop un roman, je crains d’en lire d’autres du même auteur-e de peur de briser ce sentiment si fort que j’avais ressenti la première fois. Or, avec Valet de pique, je me suis sentie aspirée par …